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 Le décodeur de la manipulation

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MessageSujet: Le décodeur de la manipulation   Jeu 22 Juin - 23:44

Le décodeur de la manipulation

En lisant ce résumé, vous découvrirez comment déceler les signes de la manipulation afin de ne pas en être victime et encourager l’autre à communiquer librement en le considérant comme son égal.

Vous découvrirez aussi :

- comment repérer les actes manipulatoires ;

- quelles sont les différentes formes de manipulation ;

- comment s’en sortir ;

- des courants de pensée qui favorisent le mieux vivre ensemble.

“Le décodeur de la manipulation” regroupe toutes les techniques manipulatoires, expliquées en détail et enrichies d’exemples concrets et de conseils pour les combattre. Il décode le comportement des manipulateurs et évoque les problèmes créés par ces derniers au sein de la société.

La manipulation est une manière de déshumaniser l’autre

“Manipulation” est un mot qui fait rêver : obtenir n’importe quoi des autres, sans même parfois qu’ils s’en rendent compte. Le problème est que manipuler signifie aussi déshumaniser les autres. Toute forme de manipulation est négative, même en considérant qu’elle est pratiquée pour le bien d’un individu, car personne ne doit décider à la place de l’autre, cela signifierait lui ôter toute possibilité de choix. De plus, il existe beaucoup d’autres moyens d’arriver à son but.

En société, nombre de problèmes de communication sont issus de la manipulation. Celle-ci est largement utilisée, car elle permet d’obtenir tout et n’importe quoi, mais elle est aussi rapidement détectée et évitée, ce qui freine la mise en place de bonnes relations. Elle ne peut donc pas être utilisée à long terme. De plus, elle peut provoquer des ravages psychologiques chez ceux qui en sont victimes. C’est d’autant plus grave que, conscient ou non, chacun l’utilise en bafouant les règles de respect et de politesse entre individus. C’est pourquoi l’auteur insiste sur le fait que la communication efficace et saine devrait faire partie des enseignements fondamentaux de chacun.

La manipulation peut faire des ravages au niveau psychologique

Parmi les manipulations psychologiques fortes se trouve la culpabilisation, technique visant à faire croire à l’autre que tout ce qui arrive de mauvais est de sa faute. À force de se sentir coupable, celui-ci va tout mettre en œuvre pour se faire pardonner. C’est la technique la plus utilisée et celle qui fonctionne le mieux, surtout dans les pays occidentaux, où les croyances guident le peuple, par la condamnation du péché et des erreurs humaines. Sauf que les émotions ne sont pas le fait d’éléments extérieurs : chacun est maître de ses sentiments et de sa vie, de la façon dont il agit. Aussi, le meilleur moyen de ne plus être victime de culpabilisation est de répondre à son interlocuteur de manière positive et surtout de ne pas se sentir responsable pour l’autre.

La technique de la victimisation est également souvent pratiquée : elle vise à obtenir des faveurs en se faisant passer pour une victime, un être faible. C’est une manière de demander aux autres de faire les choses à sa place. Cette technique fonctionne dans la mesure où cette personne parvient à attirer la pitié, à donner envie de l’aider, afin qu’elle se sente mieux. Elle a toutefois ses limites.

Se positionner constamment en victime peut très vite lasser l’autre, qui refusera, après un temps, d’apporter son soutien. Une situation de ce genre peut rapidement se transformer en relation triangulaire : quelqu’un fait un reproche à une personne qui se victimise, l’autre a pitié et la victime se rebelle en accusant l’autre de vouloir lui faire du mal, qui finit lui-même par répliquer en victime. C’est donc un cercle vicieux au sein duquel les rôles s’interchangent sans cesse.

En outre, la manière la plus sûre pour le manipulateur d’arriver à ses fins est de rappeler un service rendu, ce qui oblige l’autre, moralement, à rendre la pareille. Rien ne vaut, dans ce cas, de répondre en occultant complètement l’idée d’apporter un quelconque soutien. Cela étant, il est plus sain de réaliser que chacun doit assumer ses actes que de se plaindre de la situation, car cela ne résout pas les problèmes.

La persécution est une technique visant à montrer sa supériorité tout en rabaissant l’autre. Il est possible de s’imposer de deux façons différentes : se valoriser ou dévaloriser l’autre. Dans tous les cas, il est nécessaire que la relation ne soit pas établie d’égal à égal, c’est pourquoi ceux qui persécutent font l’usage de toutes sortes d’armes humiliantes pour arriver à leurs fins, comme d’émettre un jugement négatif ou positif. Pour pouvoir juger, il faut posséder un ego important, penser être meilleur que les autres et donc apte à pouvoir porter un jugement.

Cette technique ne peut fonctionner que si les persécutés sont consentants, ce qui est aussi vrai pour le harcèlement, qui est une forme de persécution. Cela revient à ressasser sans cesse la même chose à une personne et, même si ce n’est pas très violent, les effets sur celle-ci peuvent être conséquents, d’autant qu’il s’agit aussi de porter des jugements négatifs sur une personne. Si plus personne ne se laissait persécuter, alors le persécuteur disparaîtrait : il suffit donc de savoir être ferme pour que cesse la manipulation.

La technique de la pression et insistance est une manière de faire visant à obtenir de l’autre quelque chose en insistant, jusqu’à ce qu’il finisse par céder. Elle dépend du présupposé selon lequel beaucoup de décisions ne sont pas fermes et définitives, et qu’il est possible pour le manipulateur de les influencer. Celui qui pratique cette forme insistante de manipulation semble agir avec gentillesse pour arriver à ses fins, mais peut vite devenir tellement insistant qu’il en deviendrait violent comme, par exemple, les téléprospecteurs, qui insistent au téléphone malgré les refus.

Demander constamment à l’autre si sa réponse sera positive est une manière de l’obliger à accepter la requête. Il n’est toutefois pas toujours nécessaire de décider immédiatement et il est tout à fait normal de réfléchir avant de donner une réponse. Pour contrer ce type de manipulations, il suffit d’être ferme dans ses décisions, ou de dire calmement ses sentiments, et d’attendre avant de donner une réponse, quelle qu’elle soit.

Enfin, le paradoxe est aussi un exemple de manipulation psychologique. C’est une technique visant à semer le trouble dans les esprits en donnant plusieurs indications antagonistes. En effet, si une personne demande une chose et son contraire, comment est-il possible de lui rendre un travail correct ? C’est une technique dangereuse psychologiquement pour celui qui en est victime. Pour s’en sortir, il suffit de signaler son mauvais comportement au manipulateur et de ne pas entrer dans son jeu en refusant de faire ce qu’il demande.

La manipulation, c’est aussi utiliser la peur de l’autre à son avantage

La colère est une technique visant à faire peur à l’autre pour l’obliger à céder. Le mécanisme lié à la peur est inné ; il s’actionne au moment de la rencontre avec un obstacle, de manière à libérer l’énergie nécessaire à le surmonter.

La colère est également une technique d’intimidation utilisée pour éviter le conflit, mais n’est réellement négative que si elle est utilisée pour manipuler. Chez certains, la colère est tellement systématique que leur réputation les précède et personne n’ose s’exprimer en leur présence. Ce sont des manipulateurs qui menacent afin de renforcer le sentiment de peur chez l’autre. Il faut savoir que si quelqu’un se met en colère, c’est parce qu’il est dans l’erreur et qu’il est à court d’arguments. Pour contrecarrer la colère, mieux vaut donc encourager la discussion, quitte à s’éloigner un moment.

La menace est aussi une forme de manipulation s’appuyant sur la peur pour obtenir gain de cause. La peur est un sentiment très fort et face à lui, instinctivement, chacun cherche à se protéger et donc, à obtempérer. Dans le monde animal, le danger est soit combattu de face, soit il donne lieu à une fuite. Chez l’Homme, il existe différentes formes de menace qui vont à l’encontre des libertés individuelles ; la menace est une attaque et il faut savoir faire la différence entre avertissement et menace. Un avertissement quant aux conséquences de certains actes peut émaner d’un supérieur ou d’un détenteur de pouvoir, mais en aucun cas, il ne faut céder au chantage, quel qu’il soit, car il bafoue les libertés individuels et entraîne dans un engrenage malsain. Il est donc nécessaire de rester ferme sur ses positions ou bien menacer à son tour de dénoncer.

L’autorité, quant à elle, est une technique visant à faire croire à la victime qu’elle est moins instruite que son manipulateur et qu’elle doit donc se soumettre à un avis d’expert, qui se base notamment sur des connaissances scientifiques. Il est généralement facile de faire confiance aux spécialistes, car ils ont fait des études dans leur domaine. Le manipulateur, en faisant croire qu’il est expert dans un domaine, fait plier sa victime crédule.

Une expérience a été menée par des professeurs en psychologie pour voir jusqu’où iraient les étudiants sous leurs ordres : ils auraient été jusqu’à tuer, car ils étaient persuadés que leurs professeurs avaient raison. Face à une autorité supérieure, l’être humain se soumet ; il a même été démontré qu’une personne de grande taille forçait le respect. Afin d’éviter de se faire manipuler par l’autorité, il convient de vérifier les faits énoncés et de ne pas croire tout ce qui est dit sans avoir une bonne justification : tous les faits scientifiques doivent être vérifiés.

Il faut savoir flatter pour manipuler

Faire preuve de sympathie est une technique pouvant être utilisée pour conquérir la confiance de l’autre, en jouant sur la gentillesse. Deux facteurs rendent quelqu’un sympathique :

1. le connu : plus une personne est familière, plus il est habituel de la voir, et plus elle semble sympathique. Effectivement, la psychologie révèle que ce qui est souvent vu est de plus en plus apprécié — c’est la technique utilisée par les publicitaires ;

2. les choses ou les personnes parlant à l’individu : si l’autre a les mêmes goûts ou qu’il semble plus à même d’être côtoyé. Ainsi, les dragueurs ou les personnes inscrites dans des clubs de rencontre jouent sur la ressemblance, les premiers pour séduire, et les seconds en nourrissant l’espoir de rencontrer leur âme sœur. Souvent, les commerciaux utilisent cette technique pour faire croire qu’ils accordent des faveurs par favoritisme, alors qu’ils donnent les mêmes privilèges à tout le monde.

Il est donc nécessaire de se méfier des personnes qui trouvent des points communs avec des inconnus. De même, une autre tentative de manipulation est, pour se rendre sympathique, d’être plus ou moins tactile : il ne faut pas hésiter à faire de même pour déstabiliser. Un dernier conseil : il faut se méfier des personnes qui attirent trop l’attention sur elles et que tout le monde écoute, elles ne sont généralement pas dignes de confiance.

Une autre technique de manipulation est la flatterie, qui a pour objectif de mettre la personne dans sa poche pour obtenir l’effet escompté. Il ne faut pas la confondre avec le compliment sincère : la flatterie ne donne un avis positif que dans un but précis. Tout être humain a besoin d’être aimé : c’est ce dont se sert le manipulateur, en usant de son charme, de façon à rendre l’autre totalement vulnérable et prêt à tout. Il faut donc fuir la flatterie et refuser catégoriquement toute demande si elle en découle.

La flatterie conditionnelle, quant à elle, vise à faire comprendre à la personne que si elle ne fait pas ce qui est attendu d’elle, elle sera mal vue par l’autre. Le manipulateur laisse entendre que refuser de faire ce qu’il veut revient à perdre toute son estime. La flatterie négative ou “neg” est une technique permettant de sortir des sentiers battus, c’est-à-dire, flatter tout en ayant un air ou en utilisant un mot un peu ironique, ce qui va amener le manipulé à octroyer de l’intérêt au manipulateur.

Il est nécessaire de prendre conscience que la perfection n’existe pas, et qu’il est impossible d’être apprécié de tout le monde. Il faut agir pour soi et non pas pour les autres, et tenir fermement sa position.

L’empathie est une faiblesse bien connue des manipulateurs

Considérer que les liens familiaux ou amicaux unissant les individus sont prétextes pour demander n’importe quoi est un autre exemple de manipulation. En effet, faire partie de la même famille ou être très proche sous-entend qu’il faut s’aider les uns les autres, sans contrepartie. La violence conjugale en est le meilleur exemple : qu’elle soit physique ou psychologique, il faut savoir réagir rapidement, pour éviter d’être pris dans un engrenage.

Celle-ci est très fréquente : un individu sur trois est concerné. Le problème dans ce type de manipulation, c’est qu’elle s’impose d’elle-même à la victime et bien souvent, c’est un sentiment de culpabilité qui l’oblige à faire ce qui est attendu d’elle, sous prétexte d’éviter de faire de la peine à ses proches. Or, les liens familiaux ou conjugaux ne doivent pas être synonyme d’esclavage et il faut être capable de dire non, ou d’exprimer son mécontentement, même si cela peut créer des conflits. Les bonnes relations harmonieuses nécessitent de l’entretien.

Un autre moyen de se servir de l’empathie est le chantage affectif, une technique visant à mettre à mal les sentiments de l’autre pour s’assurer de son amour. À la naissance, l’être humain a besoin de quelqu’un pour survivre. Le chantage affectif part du même principe : le manipulateur convainc l’autre qu’il ne peut pas vivre sans lui.

Dans ce cas, une distinction entre besoin et désir est à faire : l’Homme a besoin de manger, de tendresse, ce qui peut se satisfaire facilement, mais le désir est éprouvé pour quelque chose de précis, qui sera satisfait uniquement par l’obtention de celle-ci.

Cette forme de manipulation est exercée principalement en milieu relationnel proche ; elle est vouée à l’échec, car il est impossible de contraindre les sentiments des autres. Une personne peut menacer de vouloir mettre fin à ses jours si elle n’obtient pas ce qu’elle désire, mais cela n’engage qu’elle, et il ne faut éprouver aucune culpabilité dans ce cas. En effet, nul n’est irremplaçable et la perte d’une personne n’empêche pas les autres de continuer à vivre, malgré tout. Répliquer en expliquant sa position le plus calmement possible par le dialogue reste la meilleure des solutions.

Une autre forme de manipulation consiste à faire penser à l’autre qu’il doit quelque chose alors même qu’il n’avait rien demandé. Dans nos sociétés, un service en attend un autre en retour et le manipulateur le sait : en offrant son aide sans avoir été sollicité, il fait naître un sentiment de redevabilité, qui sera la plupart du temps à son avantage. En cas de refus, le manipulateur en demande plus que de raison, de façon à obtenir ce qu’il souhaite après coup, ou demande autre chose de moins contraignant. La victime, qui ne peut refuser deux faveurs consécutives, accorde donc généralement la seconde.

Il est nécessaire d’oublier les convenances et de donner en en ayant envie, sans attendre quelque chose en retour. Dans le cas où ça ressemblerait à un piège, il suffit de refuser ce qui est offert.

La manipulation est une forme de perversion

Le mensonge ou la mauvaise foi font partie des techniques de manipulation visant à influencer les choix d’autrui sans donner toutes les informations, ou en en donnant de mauvaises. Il y a tellement d’informations à disposition qu’il est difficile de toutes les vérifier ; l’être humain a donc tendance à faire confiance à ses interlocuteurs.

Il existe deux catégories de mensonges : le mensonge noir et le mensonge blanc. Le mensonge noir consiste à taire ou à modifier sciemment les informations dans une optique manipulatoire, alors que le mensonge blanc revient à taire ou à modifier les informations dans le but de protéger la personne. Ceux qui en font usage manipulent leur victime en créant le doute dans son esprit et donnent des informations différentes en fonction des personnes.

Il ne faut pas donner trop vite sa confiance, elle se mérite. Le menteur reste souvent très superficiel dans ses dires et raconte toujours la même chose comme s’il récitait une leçon. Il ne faut donc pas hésiter à demander de plus amples renseignements en cas de doute. Pour contrecarrer le menteur, il suffit de mettre sa parole en doute et de se renseigner sur les faits énoncés.

L’ironie ou les sous-entendus font partie des techniques qui visent à s’exprimer de façon détournée. En les utilisant, le manipulateur se place dans une position confortable, car si la personne se vexe, il peut toujours prétendre à la plaisanterie. La gestuelle est le moyen de déceler le manipulateur.

Si l’humour permet de s’exprimer sans en avoir l’air, il faut néanmoins faire une différence entre humour et ironie. L’humour doit normalement faire sourire tout le monde, excepté l’humour noir pas toujours apprécié de tous, tandis que l’ironie met une personne dans l’embarras, et celle-ci ne peut pas se défendre, sous peine de passer pour une rabat-joie. Afin de déjouer ces manipulateurs, il suffit de leur demander d’exprimer clairement leur opinion.

Une autre technique visant à faire parler les autres et à influencer leurs dires en insinuant connaître déjà la vérité est aussi efficace. C’est une forme de manipulation qui joue la réciprocité des confidences. Le manipulateur va essayer d’obtenir la vérité en donnant des informations fausses sur autrui. Pour déjouer la manipulation, il convient de s’en tenir aux faits et de ne pas croire aux suppositions. De toute façon, s’il n’y a rien à cacher, le manipulateur n’obtiendra rien. Lui répliquer que ses affirmations vont être vérifiées auprès d’un tiers le déstabilisera.

Il existe par ailleurs un autre moyen détourné de manipuler autrui : mener la victime sur un chemin duquel elle ne pourra décemment pas se détourner sans passer pour quelqu’un qui ne tient pas ses engagements. Or, tenir ses engagements est très important pour l’estime de soi et la victime se force à faire ce qu’elle sait qu’elle ne devrait pas faire. Par exemple, les techniques de vente suivent cette logique : il s’agit d’amener la personne à toujours répondre par la positive ou d’attirer des clients dans un magasin en leur faisant miroiter des avantages, tout en sachant pertinemment qu’ainsi, ils achèteront plus.

Il arrive souvent à des personnes de se forcer à aller jusqu’au bout de leurs choix tout en sachant qu’ils ne sont pas judicieux, simplement pour ne pas avouer qu’elles se sont trompées. Il faut faire attention à ne pas devenir psychorigide : l’erreur est humaine et il est tout à fait possible de changer d’avis.

Il arrive aussi que le manipulateur restreigne les libertés d’autrui en le forçant à faire quelque chose dans l’urgence, sous peine de passer à côté d’une aubaine. Afin de défendre sa chère liberté, l’être humain peut agir vite et sans réfléchir. Pour garder sa liberté, rien ne vaut la réflexion, quitte à passer à côté d’une occasion, car elle permet d’éviter de se précipiter et de faire de mauvais calculs. Le désir d’être libre fait agir parfois de façon inconsidérée, mais il faut affirmer son désir de prendre le temps avant de se décider.

Enfin, une autre technique est celle visant à faire faire quelque chose à autrui, sous prétexte que tout le monde le fait. L'être humain a tendance à suivre le troupeau, surtout face à une situation inédite et ce, depuis la nuit des temps. Des études ont montré qu’en cas d'accident, par exemple, si un grand nombre de personnes y assistent, moins viennent en aide aux blessés, car elles attendent que quelqu'un fasse le premier pas pour le suivre. L'expression : “le monde attire le monde” reflète très bien cette situation et il n'est pas rare de voir des files d'attente colossales devant des magasins pourtant fermés. Le mieux est de penser par soi-même et ce n'est pas parce que tout le monde agit d'une certaine façon qu’il faut le faire aussi : il vaut mieux essayer et se forger sa propre opinion.

L’hypnose et les images subliminales ne sont pas de l’ordre de la manipulation

Il existe des techniques, telles que les images subliminales ou l'hypnose, qui paraissent être de l’ordre de la manipulation, mais qui ne le sont pas.

Les images subliminales sont des images que la conscience ne perçoit pas, mais dont le cerveau a pris acte. En 1956, la légende voulait que la vente de boissons Coca-Cola ait explosé suite à la diffusion d'images subliminales dans un cinéma : le lien de cause à effet n'a toutefois jamais été prouvé. De plus, des études ont démenti que de telles images pouvaient avoir une influence sur les comportements des personnes les ayant perçues. En revanche, les images de films où les acteurs tiennent des objets particuliers influencent réellement le consommateur. En outre, des études ont également montré que contrairement aux idées reçues, écouter un enregistrement en boucle durant la nuit ne permet pas de mieux le retenir.

L’hypnose est une technique permettant de prendre le contrôle de l'esprit d'une personne. Celle-ci peut faire peur, mais est de plus en plus utilisée dans la lutte contre la douleur, ou par les psychothérapeutes pour mieux soigner leurs patients en entrant dans leur inconscient. Des études ont prouvé que bien que l'hypnose soit intrusive, elle n'enlève pas la volonté propre du patient auquel il est impossible de dicter un quelconque comportement ce n'est donc pas une technique de manipulation. Milton Erickson a même élaboré une technique d'hypnose qui a fait ses preuves en termes de guérison et qui a pour but de rallier conscient et inconscient.


Il est possible d’apprendre à repérer les actes de manipulation

Après avoir analysé les différentes formes de manipulations, il est dorénavant possible d’apprendre à parer celles-ci. En aucun cas, prendre la place du manipulateur en le manipulant à son tour ne saurait être la bonne solution. Il est préférable de se mettre sur un pied d'égalité et d'engager un dialogue serein. C'est pourquoi des méthodes de communication ont été mises au point afin d’éviter de se faire manipuler et de communiquer le plus sainement possible. Voici un guide pour déjouer les pièges des manipulateurs.

La manipulation peut se faire grâce à l'ambiguïté des demandes du manipulateur : il est donc nécessaire de demander une clarification pour pouvoir réfléchir à ce qu’il dit.

Chacun apprend à lire entre les lignes depuis l’enfance et a l’habitude des réprimandes sous-jacentes, qui ont pour but de modifier le comportement. Si, généralement, chaque chose est exprimée explicitement, dite sans équivoque, elle peut aussi être implicite, c'est-à-dire être suggérée par des sous-entendus ou des postures.

Il est donc possible de dire tout et son contraire par le biais de paroles implicites et antagonistes, qui suggèrent une requête de changement, dans le langage universel. Ces demandes indirectes sont nécessaires à la communication car sans elles, l'humour ou la séduction seraient réduits à néant. Cette forme d’expression n’est pas dangereuse en soi, sauf si elle est utilisée à des fins manipulatrices, car elle sème la confusion chez les personnes qui ne savent plus ce que leur interlocuteur attend d'elles. Aussi, le manipulateur favorise l’implicite, ce qui lui permet d’énoncer deux principes contraires, et de rebondir selon la situation. C'est pourquoi, la seule manière de s'en sortir est de demander une clarification de ce qui est attendu.

Certaines situations amènent la confusion, notamment lorsque la communication se fait entre des personnes à des niveaux différents de la hiérarchie. Dès lors, il devient difficile de faire la différence entre ce qui relève d'une injonction ou simplement d'une requête amicale. Il devient alors nécessaire de se faire préciser si la demande peut être rejetée ou s’il s'agit réellement d'un ordre. Il est admis que dans ce type de relation, le plus haut placé hiérarchiquement a le droit d'ordonner certaines actions de l’autre, mais dans une certaine limite, qui ne doit pas sortir du domaine professionnel. C'est ainsi que naît la manipulation chez ceux qui n'ont pas le pouvoir d'ordonner, mais qui souhaitent obtenir ce qu'ils désirent malgré tout.

Si un ordre est donné par quelqu'un qui en a le droit, il est normal d’obtempérer, mais si cet ordre sort du contexte préétabli, il s’agit de manipulation et il faut y faire face. Le manipulateur use volontiers de techniques visant à faire croire que son interlocuteur a le choix, mais profère des menaces dans le cas où il ferait le mauvais choix. Dans ce cas, ce sont des ordres déguisés, car non légitimes. Ainsi, il est nécessaire de bien faire la différence entre un ordre auquel il faut obéir et une demande à laquelle il est décidé d'accéder.


La transparence est la solution face à un manipulateur

La meilleure solution pour sortir d'une relation manipulatrice est de demander à son interlocuteur d'arrêter. Pour cela, il est nécessaire de mettre en avant le côté positif de ce changement car “toute peine mérite salaire” et il est beaucoup plus valorisant d'être encouragé que victime de reproches désagréables.

Pour exprimer sa demande de changements au manipulateur, il est nécessaire d'être clair et précis, sans user de fioriture. Il faut tout dire sans sous-entendus, s'adresser à la personne directement sans passer par un intermédiaire, et faire preuve de précision dans la demande, qui doit faire office de consigne. Il est par ailleurs primordial de ne pas utiliser des verbes susceptibles d'être interprétés. En étant simple, concis et précis, il est possible de déjouer le piège de la manipulation et de se mettre à la place des autres, qui ne lisent pas les pensées. En s'exprimant de la sorte, il y a plus de chance d'être écouté, tout en menant une relation respectueuse avec les autres.

Bien souvent, refuser de faire quelque chose donne l’envie de se justifier : cela attire les manipulateurs, qui sentent l’hésitation et en profitent. Toutefois, si le choix est fait consciemment, il n'y a aucune raison de se justifier. Pour éviter d'avoir à dire non et à se confronter à l'autre, chacun s'invente de fausses excuses qui peuvent être de l’ordre de la manipulation et altérer les relations avec les autres. Dans les faits, accepter ou refuser devrait se faire avec autant de facilités, bien que ce soit des choix différents.

Dire non est difficile par peur de décevoir l'autre, par besoin de contenter l'autre. De plus, l’obéissance a longtemps été considérée comme un signe de bonne éducation. Aussi, au moment de dire non, la voix prend un ton hésitant, les paroles perdent en clarté et l’individu devient la proie des manipulateurs — les démarcheurs sont les spécialistes dans ce domaine. Pour réussir à dire non, il suffit d'être sûr de soi et d'être ferme sans se justifier : il n’y a pas à le faire. Ne pas oser dire non peut se transformer en acte manipulatoire, car cela revient à essayer de faire deviner ses intentions à l'autre sans le faire clairement. Même si dire non peut décevoir, il n’est de toute façon pas possible de plaire à tout le monde.

Au moment de la manipulation, il est essentiel d'exprimer clairement son ressenti, car mettre l’autre mal à l’aise permet d’y mettre fin. Exprimer ses émotions est souvent mal perçu, pourtant cela est un aspect de l’intelligence humaine, au même titre que parler ou compter, et permet d'entretenir de bonnes relations avec les autres. Laisser une place importante à ses émotions est essentiel à l’équilibre vital de chacun, car ce sont elles qui dictent les comportements.

D'une part, écouter ses émotions est difficile et d'autre part, les exprimer l’est encore plus. Deux solutions sont possibles : les garder pour soi, ce qui peut causer des problèmes de santé liés au stress, ou les extérioriser violemment, ce qui risque d’altérer les relations avec les autres. En fait, le mieux à faire pour gérer ses émotions est de les verbaliser calmement, au fur et à mesure de leur apparition. Afin de ne pas entrer dans le jeu de la manipulation en faisant porter le poids de ses émotions à l’autre, qu’elles soient de colère ou de joie, il est nécessaire de les exprimer à la première personne du singulier et ainsi ne pas l’en rendre responsable.


Il est possible de détourner la manipulation à son avantage

Au lieu de laisser la place à des accusations ou des paroles nées d’une perception personnelle, au moment de dire quelque chose, il faut s'appuyer sur des faits réels et impossibles à contredire. L'être humain a en effet tendance à interpréter tout ce qu'il perçoit et à juger les actes des autres sans savoir, un phénomène qui se veut rassurant, car toute chose ainsi perçue peut être catégorisée. De plus, juger est simple et catégorique, il n'est pas utile de développer un jugement de valeur.

Étant donné que porter des jugements est une affaire très personnelle qui repose sur une interprétation propre, cela conduit souvent à des discussions où les manipulateurs tentent de prendre le dessus. S'en tenir aux faits est la meilleure solution pour développer des relations saines.

En outre, comme signalé plus tôt, pour que la manipulation ait lieu, il faut au moins deux personnes consentantes. Refuser d’entretenir cette relation est la première étape pour fuir la manipulation, elle fait savoir à l’interlocuteur qu’il a été démasqué. Il convient toutefois, ce faisant, de surveiller son mode d'expression, car répondre à un manipulateur induit parfois d’avoir recours à des techniques de manipulation. Dans ce cas, il est inutile de chercher à savoir qui a commencé à manipuler l'autre, l'essentiel est de s’en sortir. Connaître les techniques de manipulation explicitées dans cet ouvrage permet d'y mettre un terme plus facilement.

Plusieurs exemples ont démontré, que ce soit au sein d’un couple, au travail ou dans la vente, que la tentative de manipulation est induite en échec par des réponses claires et sans ambiguïté. Il en ressort que pour éviter de se faire manipuler, il est nécessaire d’être certain de ses opinions et de ses choix, et de couper court à la discussion, afin de ne pas laisser le temps d’agir au manipulateur.


Plusieurs écoles de communication ont fait leurs preuves

Aux États-Unis comme au Canada, la communication est une discipline à part entière, au même titre que les sciences. Son étude permet de résoudre les problèmes rencontrés par le biais de divers outils. En France, il faut se contenter de suivre les courants de pensées pour la comprendre, et notamment quatre penseurs.

Le premier de ces penseurs est le psychiatre Eric Berne qui, en 1960, développe la théorie de l’analyse transactionnelle, dans le but de rendre la psychologie accessible à tous. Celle-ci divise la conscience en “trois états du moi” utilisés lors d’une communication avec autrui. Ces trois états sont :

1. l’Enfant, au plus proche de ses émotions ;

2. l’Adulte, qui réfléchit ;

3. le Parent, soucieux de répondre aux normes sociétales.

Ces trois états sont ainsi nommés, mais n’ont aucun lien avec l’âge réel de l’individu, chez qui cohabitent ces trois états en toute mesure.

Les états de Parent et d’Enfant se composent eux-mêmes de sous-états. En effet, l’état Parent peut être très strict ou très aimant, et l’état Enfant peut être complètement spontané, peureux ou créatif.

Lors de la communication, l’un des trois états d’une personne rencontre l’un des trois états d’une autre. Si deux mêmes états sont mis en relation, il n’y a généralement pas de problème, de même lorsque ce sont des échanges croisés entre Parent protecteur et Enfant obéissant. Quant aux autres interactions, elles sont toujours source de conflits, c’est pourquoi cette méthode a pour vocation de prendre conscience du phénomène et d’y remédier. La raison de ce conflit est que l’être humain a un fort besoin d’exister et cherche inconsciemment à attirer l’attention sur lui, que ce soit de façon positive ou négative : il préfère de loin être maltraité qu’être ignoré.

Le deuxième est Marshall Rosenberg qui, à partir des années 1970, publie des travaux visant à inciter les personnes à communiquer entre elles pacifiquement et avec de bonnes intentions, car la violence n’est pas seulement physique : elle peut aussi être psychologique. Son étude repose sur le fait que chaque individu a des besoins qui, s’ils sont assouvis, donnent naissance à un sentiment de plénitude. Ces besoins vitaux sont communs à tous, mais chacun a sa propre manière de les combler, ce qui amène une hiérarchisation des relations, où certains n’hésitent pas à écraser les autres pour obtenir satisfaction.

Ainsi, face à un comportement inacceptable, il est nécessaire de visualiser le besoin positif cherchant à être satisfait. Les besoins s’expriment par les émotions, qui sont agréables s’ils sont satisfaits, et inversement. Bien que les émotions soient souvent le fait d’éléments extérieurs, elles illustrent en réalité un besoin qui n’a pas été comblé.

La méthode de Rosenberg incite à réfléchir sur son ressenti. Toutefois, prendre conscience de ses besoins insatisfaits ne résout pas forcément le problème, encore faut-il réussir à les cerner et à les énoncer en quatre étapes, afin de trouver une solution satisfaisant tout le monde. Ces quatre étapes sont :

1. analyser l’évènement déclencheur ;

2. analyser l’émotion qui l’a provoqué ;

3. analyser de quel besoin provient cette émotion ;

4. proposer une action ou un comportement différent.

Le troisième est Richard Bandler, qui a mis en place, en 1970, avec John Grinder, la PNL. Cette théorie vise à comprendre pourquoi tout va bien, plutôt que ce qui ne fonctionne pas. PNL est l’abréviation de :

- programmation : comprendre le conscient et l’inconscient pour les modifier ;

- neuro : qui émane directement du cerveau ;

- linguistique : la programmation mentale se manifeste par le langage, aussi bien verbal que gestuel.

Pour prouver leurs théories, ils ont pris pour modèles des génies dans différents domaines de compétences et analysé leurs méthodes de réussite pour en dégager un modèle universel. De cette enquête en est ressorti une multitude de pratiques à mettre en application.

Par exemple, la représentation mentale de chacun sur ce que doit être la vie limite parfois les choix. Or, tout le monde possède les ressources nécessaires pour pouvoir changer, car tous les jours on a l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau, et la communication est estimée en fonction du résultat qu’elle donne : si un message est perçu de façon positive, c’est que celui qui l’aura exprimé l’aura bien fait. Cette façon de voir la communication comme constructive est souvent perçue comme une porte ouverte à la manipulation, puisque ce qui compte, c’est le résultat obtenu et non pas la manière d’y arriver. Échouer au processus de communication doit être vu comme le cheminement nécessaire et positif vers un meilleur futur.

La PNL utilise de nombreux outils pour favoriser la communication comme, par exemple, observer attentivement son interlocuteur pour mieux le cerner et lui parler de la manière adéquate. Il est aussi possible d’adopter le même comportement verbal ou gestuel que celui-ci. Cela permet de le mettre en confiance et d’associer des évènements ou des symboles à des émotions pour les reproduire si elles sont bonnes, ou éviter de le faire si elles sont négatives.

La PNL est désormais une technique très répandue dans les écoles de communication, de vente ou de psychologie.

Le quatrième et dernier de cette liste de penseurs est le psychosociologue français, Jacques Salomé, qui a pour ambition d’améliorer les relations entre individus, notamment au sein des couples ou des familles. Auteur de nombreux ouvrages, il anime des conférences où il délivre au public les clés de l’épanouissement personnel. Jacques Salomé définit le système SAPPE comme le mode de communication basé sur la manipulation la plus extrême, qui réduit à néant toutes formes de relations saines. Pour le déjouer, il propose la méthode ESPERE qui offre tous les outils nécessaires à des relations humaines de qualité. Elle énonce, entre autres, la nécessité de parler de façon positive, sans bafouer les besoins de l’autre. Ses travaux ont permis d’ouvrir différents organismes de formation s’appuyant sur sa méthode.

Conclusion

La liberté passe par la libération de soi et du manipulateur. Il faut apprendre à communiquer non seulement pour réussir à déjouer les jeux de la manipulation, mais aussi pour être capable de repérer ses propres actes manipulateurs et les éradiquer. En outre, cela est un bon moyen d’améliorer ses relations avec autrui et de vivre plus pleinement sa vie, car le manipulateur a besoin d’une victime consentante pour accomplir son œuvre. Refuser de jouer ce rôle est un acte de libération de ses propres tendances et une clé du bonheur.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- la manipulation est une manière de déshumaniser l’autre ;

- la manipulation peut faire des ravages au niveau psychologique ;

- la manipulation, c’est aussi utiliser la peur de l’autre à son avantage ;

- il faut savoir flatter pour manipuler ;

- l’empathie est une faiblesse bien connue des manipulateurs ;

- la manipulation est une forme de perversion ;

- l’hypnose et les images subliminales ne sont pas de l’ordre de la manipulation ;

- il est possible d’apprendre à repérer les actes de manipulation ;

- la transparence est la solution face à un manipulateur ;

- il est possible de détourner la manipulation à son avantage ;

- plusieurs écoles de communication ont fait leurs preuves.


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