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 Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée

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MessageSujet: Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée   Dim 25 Juin - 18:17

Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée

En lisant ce résumé, vous apprendrez ce que l'auteur a compris des nombreuses expériences qu’il a réalisées sur notre manière de penser et de prendre des décisions. Il a réalisé ces expériences avec l'aide de psychologues et d'économistes.

Vous découvrirez aussi :

· que le résultat de ces analyses a permis de déterminer deux systèmes de pensée ;

· que l'intuition et la réflexion sont deux fonctions séparées ;

· que bien souvent, nous agissons sans réfléchir et que les décisions que nous prenons “sans réfléchir” ne sont pas pour autant mauvaises ;

· que l’optimisme propre à la nature humaine nous oriente vers le capitalisme ;

· que les prises de décisions font appel aux deux systèmes de pensée.

L’objet de ce livre est de faire la part entre l’intuition et la réflexion, les “deux vitesses de la pensée” que Daniel Kahneman nomme Système 1 (l’intuition) et Système 2 (la réflexion).

Sans aller jusqu’à dire que l’Homme a deux cerveaux, il détaille, à l’aide de ses expériences les différences capitales de ces deux façons de penser et montre que ces deux systèmes peuvent être parfois en concurrence mais se révèlent également complémentaires. Daniel Kahneman nous précise que la plus grande partie de ses recherches ont été faites avec Amos Tversky, psychologue israélien décédé depuis.

D’autres psychologues nomment cela “Pensée rapide” (intuition) et “Pensée lente” (réflexion) mais l’auteur préfère l’appellation des deux systèmes car leurs processus sont très différents. Ce sont ces deux systèmes qui vont être analysés dans cet ouvrage. Ses expérimentations ne suivent pas forcément une logique d’enchaînement et n’ont pas obligatoirement de liens entre elles.
Le Système 1 est automatique. Le Système 2 doit être sollicité.

Une photo de femme en colère est présentée par l’auteur. Notre intuition nous indique que cette femme va crier et une prémonition nous oriente vers les mots violents qu'elle s'apprête à prononcer : le tout, sans réfléchir. C'est le Système 1 qui fonctionne.

Si on nous propose une multiplication, un peu compliquée, notre activité mentale devra se mettre en marche pour trouver la solution et c'est le rôle du Système 2.

Quand le Système 1 se trouve en difficulté et ne parvient pas à trouver de réponse satisfaisante : il fait appel au Système 2. Le Système 1 a en effet quelques défauts : il comprend mal la logique, a tendance à donner des réponses systématiques et ne peut pas être “débranché”.

Les activités du Système 1 sont automatiques. Parmi celles-ci figurent, par exemple, les illusions d’optique ou cognitives. Le Système 1 en donne une interprétation qui ne peut être rectifiée que par le Système 2. Les activités du Système 2 demandent de l'attention, de la concentration et un effort.

L'activité du Système 2 influe sur le physique

Au cours d'expériences à l'université du Michigan, Daniel Kahneman a découvert que la taille de la pupille variait en fonction de la concentration du sujet. Plus l'effort mental était intense, plus la dilatation était importante. Dans ces cas là, le Système 2 prend le pas sur le Système 1 en obligeant le sujet à un effort pour résoudre les problèmes proposés. De la même façon, le rythme cardiaque s'accélère.

Dans le cas d’un effort mental intense, le sujet peut même devenir “aveugle”. Sa concentration sera telle qu’il sera incapable de percevoir certains éléments considérés comme “secondaires” et donc non prioritaires par le Système 2. Cette manière sophistiquée de la répartition de l’attention est héritable et le fruit de l’évolution. L’Homme a acquis la capacité de prioriser les menaces ou les opportunités rapidement.

Dans de nombreuses expériences, Daniel Kahneman a remarqué que, lorsqu’une personne donne une réponse approximative ou floue à une question, elle formule en fait la première pensée qui lui est venue à l'esprit. Dans ce cas, le Système 1 l'emportait sur le Système 2. Pour obtenir une réponse plus précise, il fallait obliger le Système 2 à contrôler le Système 1.

L'utilisation du Système 2 provoque une fatigue physique intense. Le cerveau a besoin de glucose pour fonctionner pleinement. Dans une expérience, l’auteur a constaté que les volontaires ayant bu une limonade sucrée entre deux activités intellectuelles intenses parvenaient à mieux solliciter leur Système 2 que ceux ayant bu une limonade contenant des édulcorants. L’auteur a également remarqué que les jugements étaient plus sévères dans les tribunaux, avant la pause du déjeuner qu'après cette pause.

Le Système 1 utilise la mémoire pour ne pas avoir à solliciter le Système 2. Plus on réalise une tâche et moins le Système 2 sera sollicité au profit du Système 1 qui aura assimilé le raisonnement et la tâche.

L’auteur introduit ensuite la notion d'amorçage. L'amorçage est l'influence d'une idée sur une action, il est également appelé l'effet idéomoteur. Dans une expérience, des sujets avaient à rédiger une phrase avec des mots proposés. Certains mots concernaient la vieillesse, d'autres, un tout autre sujet. Les participants ayant composé une phrase contenant les mots sur la vieillesse, se déplaçaient ensuite plus lentement que les autres comme si le Système 1 avait agi sur le physique. Cela paraît incroyable mais, dans ces cas là, le Système 2 ne gère pas le Système 1. L'amorçage peut intervenir dans de nombreux domaines : vie sociale, politique, culture etc.

L'amorçage agit sur le Système 1 sans que nous en soyons conscients.

Le Système 1 décide si le Système 2 doit être activé

Le Système 1 possède un certain nombre de contrôles qui déterminent s'il doit faire appel au Système 2. C'est l'aisance cognitive. Cette aisance cognitive ou tension mentale peut aller de “facile” à “tendue”. Lorsqu’il est confronté à ce dernier niveau le Système 1 fait appel au Système 2 .

L'aisance cognitive est différente de l'illusion cognitive : des faits qu'on a déjà vécus, des mots qu'on a déjà lus donnent une impression de facilité et peuvent entraîner des erreurs ou des faute d'attention. De la même façon, les illusions de vérité font que le Système 1 reste autonome et ne sollicite pas le Système 2. Ce sont des méthodes utilisées par les régimes dictatoriaux ou les agences de pub. Un texte est persuasif si la police de l'écriture est bien lisible, contrastée et de couleur vive. Les mots doivent être simples et faciles à mémoriser pour ne pas alerter le Système 2 et laisser son autonomie au Système 1. L'aisance cognitive est aussi associée à la détente physique. Si un sujet est tendu, il sera plus attentif lors de l'expérience. Le Système 2 aura joué son rôle.

Une autre activité du Système 1 est de nous faire considérer, comme normaux, un certain nombre de faits qui se répètent. Un événement exceptionnel et répétitif ne nous surprend plus. Le Système s'y attend et n'alerte pas le Système 2.

La mémoire et les a-priori (présents dans le Système 1) jouent un rôle dans la causalité ou l'illusion de causalité. Si un événement paraît normal le Système 1 ne va pas chercher plus loin.

Nos conclusions hâtives peuvent suffire à nos décisions

Le Système 1 est aussi le siège des conclusions hâtives qui peuvent être rentables si le risque n'est pas élevé. Inutile d'alerter le Système 2 quand l'enjeu n'est pas important. Des évènements récents, le contexte du moment peuvent nous orienter vers une conclusion, qui, bien que hâtive, peut être la bonne. L'effet de halo peut influencer celle-ci. Le halo est l'équivalent de la première impression. Toutefois, si l'on souhaite être rigoureux dans son jugement, il faut utiliser la méthode « Covera » (ce qu'on voit et rien d'autre), en s'appuyant uniquement sur les éléments visibles.

De la même façon, le Système 1 va nous fournir un avis sur des personnages, politiques par exemple, à partir de leur portrait. Une mâchoire carrée va nous inquiéter alors qu'un menton rond va nous faire considérer le personnage comme doux et inoffensif. Quelle mine pour la politique !

Il faut se méfier aussi de l'évaluation complémentaire. Quand le Système 2 recherche un avis sur une question, le Système 1 en “rajoute” ; par exemple, le fait qu'on aime, ou pas, les produits fabriqués par une entreprise dont on analyse la santé financière ne doit pas intervenir. Dans ce cas il faut juguler le Système 1.

Le Système 1 est souvent suffisant

Une caractéristique du Système 1 est que, la plupart du temps, il trouve une réponse immédiate et simple à toutes questions banales. Si la réponse exacte ne vient pas à l'esprit immédiatement, il alerte le Système 2. Si l'on pose la question : “quel est le sens du bonheur ?” (question complexe) on va répondre : « je me sens heureux en ce moment » avant de demander au Système 2 de se mettre en marche pour une réponse plus précise.

La façon de poser une question peut aussi orienter la réponse. Si on demande à des jeunes gens : « Êtes-vous sortis ces jours ci ? » et « Êtes-vous heureux ? », la réponse sera différente si l'on inverse l'ordre des questions (phénomène d'amorçage vu précédemment).


Parfois la collaboration avec le Système 2 est indispensable

Daniel Kahneman expose ses expériences concernant les statistiques. Il en ressort que bien des résultats sont faussés faute d'un échantillonnage suffisant. Notre jugement est influencé par ces résultats car le Système 1 ne tient pas compte de la taille de l'échantillon. Pour cela, il faut analyser la statistique et c'est le travail du Système 2.

Un autre aspect met en lumière la collaboration du Système 1 et du Système 2 : l'ancrage, que l'on peut assimiler à l'amorce ou à la suggestion. Par exemple, lorsqu'une maison est mise en vente, un prix est fixé par le vendeur. C'est cet ancrage qui va solliciter le Système 2. Sans cet ancrage, le Système 1 aurait pu établir un prix tout à fait différent et peut-être irréaliste. Le Système 2 a travaillé à partir de la mémoire, de l'expérience, du bon sens bien que tous ces éléments appartiennent a priori, au Système 1.

L'auteur nous expose ses théories sur l'heuristique de la disponibilité (le fait de porter un jugement rapide et intuitif). Comme pour lors du fonctionnement d’autres heuristiques du jugement, le cerveau remplace une question par une autre, sans s’en apercevoir. Ainsi, si l'on doit estimer la fréquence des accidents d'avions, le fait qu’un crash ait eu lieu récemment peut nous influencer. C'est la mémoire, le Système 1 qui va travailler sans faire appel à d'autres éléments. La facilité avec laquelle on se souvient d'événements est une heuristique du Système 1. Si le Système 2 s'engage, l'analyse peut être tout à fait différente.

Ce que Daniel Kahneman appelle “la cascade des disponibilités” et “l'heuristique de l'affect” peuvent pousser l'opinion publique à des extrêmes. Un incident qui devrait rester mineur peut être monté en épingle par “la cascade des disponibilités” et va soudain devenir une polémique universelle. Les médias vont s'en emparer ; si l'on peut estimer qu'ils modèlent l'opinion publique, ils sont aussi modelés par elle. Dans le domaine de la prise de décision l'heuristique de l'affect va orienter nos jugements vers un résultat conforme à nos souhaits. On ne trouvera par exemple que des avantages à une technologie qui nous convient et à contrario que des inconvénients à celle qui ne nous convient pas.

Les calculs de probabilité sont l'affaire du Système 1

Une expérience de calcul de probabilité est décrite par l'auteur. Dans ce type de calcul deux éléments sont primordiaux : le taux de base (c’est à dire le catalogue des solutions possibles) et la représentativité (c’est à dire les souvenirs de nos expériences et de celles dont nous avons eu connaissance qui s’appliquent à ce cas). Dans la majorité des cas, l’auteur a observé que la représentativité l'emportait, et que le Système 1 fonctionnait seul sans que le système 2 ne soit sollicité.

A noter aussi l'influence étonnante du physique sur le fonctionnement du Système 2 : lorsque l'on fronce les sourcils pour réfléchir, le Système 2 fonctionne plus vite que d'habitude et une solution apparaît plus rapidement.

Une autre expérience oppose la probabilité à la plausibilité. Il en ressort que la probabilité provient de la logique (Système 2). Pour aboutir à une probabilité, notre esprit doit fonctionner, analyser, calculer les différents éléments. La plausibilité par contre, n’est que le fruit du Système 1 : on se contente d’évoquer des souvenirs de situations semblables et on applique une solution que l’on a déjà utilisée ou dont on a eu connaissance. Le Système 1 fonctionne seul et le Système 2 se contente de cette solution.

En se penchant sur les statistiques et les taux de base, on s'aperçoit qu'ils intègrent parfaitement les stéréotypes, représentations de catégories sociales qui peuvent être exactes ou erronées (dans ce cas pernicieuses) mais beaucoup plus difficilement les cas individuels. Or, ces cas individuels influencent beaucoup plus notre jugement en agissant sur notre Système 1.

L'auteur analyse un élément important et complexe qu'il nomme « régression vers la moyenne » en se basant sur des résultats sportifs par exemple. Il explique le succès par : talent + chance. Or, si le talent peut être contrôlé, la chance ne l'est pas. C'est pourquoi il estime qu'un bon score est généralement suivi par un score plus moyen car il est rare que la chance persiste. La prédiction régressive est raisonnable mais non quantifiable, ni garantie. Par définition, nous n’avons aucun pouvoir sur la chance. Même en poussant le raisonnement à l’extrême, personne ne peut prévoir qu’un joueur de golf va atteindre le trou en un seul coup parce que le vent l’aura aidé. En dehors de son expérience, de sa forme physique (que l’on peut mesurer), il existe un “facteur chance” qui reste en dehors de notre portée.

Les prédictions intuitives doivent aussi être jugulées. Si on nous demande l'estimation d'un résultat universitaire par exemple, notre Système 1 va utiliser des indices familiers qui vont orienter notre opinion. On ne tiendra compte ni du taux de base, ni de la régression vers la moyenne qu'il faudrait prendre en compte. Pour cela, il faudrait forcer le Système 2 à fonctionner pour obtenir une estimation valable.

Daniel Kahneman s'attaque aussi aux erreurs de narration : ce sont des explications simples et concrètes à des situations qui n'accordent aucune place à la chance. Nous essayons toujours d'expliquer le passé pour pouvoir envisager l'avenir. Là encore, l'effet de halo positif ou négatif prend toute sa place. Si l'on prend l'exemple de la réussite de Google, on admire la stratégie des dirigeants, mais on oublie qu'un an après la création, ils avaient mis la société en vente à un prix si élevé qu'aucun acheteur ne s'est manifesté. L'auteur appelle ce phénomène le biais rétrospectif : le résultat influe sur l'opinion et cela est rassurant pour l'avenir. Dans le même esprit on peut étudier l'illusion de validité : cette idée paraît valable car elle est partagée par beaucoup de personnes fiables. De même l'illusion du talent peut engendrer de grands dégâts. Le talent d'un analyste financier peut être grand, mais si on ne tient pas compte de la chance, le risque est énorme. L'auteur insiste beaucoup sur le facteur chance dans l'évolution des marchés financiers.

Les algorithmes influent sur la prise de décision : se méfier du système 1.

Avec le psychologue Paul Meehl, Daniel Kahneman explique la complémentarité de la prise en considération des algorithmes et du jugement personnel. Il ne rejette pas l'intuition dans une prise de décision mais il pense qu'il faut impérativement l'associer à une étude statistique. D'après Paul Meelh « des règles statistiques simples sont plus fiables que des jugements intuitifs ».

En collaboration avec Gary Klein, l'auteur a tenté d'estimer la fiabilité des algorithmes par rapport à l'expertise. Ils prennent l'exemple des pompiers qui se trouvent, en cas de sinistre, devant des situations uniques mais qui déjà ont toutes été répertoriées. Même sans les avoir vécues, les pompiers savent (en principe) comment s'en sortir. Le Système 1 fait appel à la mémoire pour rechercher les cas qui ont été enseignés et soumet une solution au Système 2 qui détermine si elle est bonne. La prise de décision intuitive est la reconnaissance d'une situation antérieure.

Dans la prise de décision, deux éléments importants interviennent : la vision interne et la vision externe. Avec la vision interne on a “la tête dans le guidon” et grâce à la vision externe on peut comparer notre situation à des expériences vécues par d'autres. Pour la bonne prise de décision, il est impératif de “lever la tête” et de chercher des éléments à l'extérieur.

L'optimisme mène au capitalisme

L'optimisme fait partie d'après Daniel Kahneman du moteur du capitalisme. Bien qu'il le considère comme un danger, l'optimisme permet d'entreprendre. Personne n'investirait dans une entreprise dont les dirigeants annonceraient qu'elle est vouée à l'échec. L'idéal est de mettre l'accent sur le positif en gardant un œil sur la réalité. Et la réalité c'est le coût réel de l'opération, l'intérêt que le public va manifester pour le produit et l'existence d'une concurrence. L'excès de confiance est une caractéristique du Système 1 qu'il faut contrer ou tout au moins raisonner.

Une expérience intéressante nous est proposée : l'opération pré-mortem. Une décision est sur le point d'être entérinée dans une entreprise et on interroge les décideurs sur « et si ça ne réussissait pas ? » Cela permet d'analyser les échecs potentiels afin de les contrer.

Vient ensuite une analyse de la prise de décision. L’auteur énonce un grand principe dont il faut tenir compte : tous les choix s'accompagnent d'incertitude. Quand on achète un appartement, on ne peut savoir combien on le revendra. La plupart des humains détestent le risque et choisissent, s'ils le peuvent, des solutions certaines.

L'aversion à la perte est dans la nature humaine

Dans la théorie des perspectives mises au point par Daniel Kahneman et son ami Amos Tversky, un point très important est l'aversion à la perte. En règle générale, on aime gagner et on déteste perdre mais notre aversion à la perte est beaucoup plus grande que notre envie de gagner. A cela s'ajoute l'effet de dotation : on hésite à vendre un objet qui nous appartient et qu'on a eu du mal à acquérir, même si le bénéfice peut être important. Cette aversion est expliquée par la propension de notre cerveau à accorder plus d'importance aux mauvaises nouvelles qu'aux bonnes. L'aversion à l'échec est plus forte que la satisfaction du résultat. Dans toutes les négociations, le statu quo est la base au-dessous laquelle il ne faut pas descendre sous peine d'avoir l'impression d'échouer.

En matière de choix, il existe une constante dans nos décisions : la surestimation du résultat. Face à la prise de risque, il nous semble souvent préférable de choisir un arrangement, même s'il est moins favorable, plutôt que de risquer plus gros. Nous sommes prêts à payer la certitude et la tranquillité, ce qui fait le bonheur des compagnies d'assurance. Les évènements rares sont également surestimés. Le risque qu'une bombe fasse exploser un bus à Jérusalem est très faible, mais notre Système 1 se souvenant des images horribles qui ont été diffusées, met le risque à un très haut niveau. Idem pour les tsunamis en Asie ou les tremblements de terre en Californie. De même, un vaccin qui peut provoquer des lésions sur un patient sur mille fera plus peur que si on annonce le risque à 0,001 %.

L'aversion aux pertes, dont nous avons parlé précédemment, et qui est le lot commun de nos décisions, doit être modérée par une vision externe. Il est inutile et dangereux psychologiquement de vérifier quotidiennement son portefeuille boursier ; chaque perte est ressentie beaucoup plus profondément que les gains. Trop de prudence et trop de concentration sur les pertes empêchent la prise de risque et freinent l'évolution.

La prise de décision est la résultante de l'évaluation et de l'émotion

Daniel Kahneman nous explique qu'il y a une analogie entre la comptabilité et la gestion de notre vie. Il existe des « comptes mentaux ». Nos décisions sont prises en respectant nos émotions (ce qui n'existe toutefois pas dans la comptabilité). Si on envisage de vendre des titres boursiers, on vendra plus facilement ceux qui nous rapportent une plus value que ceux sur lesquels on a subi une perte. On espère toujours se refaire, l'optimisme étant inné. Ces comptes mentaux analysent aussi le risque. Un médecin ne va pas forcément appliquer un traitement potentiellement bénéfique mais trop récent et peu utilisé, le risque d'échec efface le succès éventuel.

La prise de décision peut se faire de deux façons différentes : par une évaluation simple qui ne met en œuvre que le Système 1 ou par une évaluation conjointe qui utilise le Système 2. La différence entre ces décisions mettra en valeur l'émotion que le Système 1 va nous transmettre. Ceci dit, si après avoir effectué une évaluation simple, on procède à une évaluation conjointe, la décision peut varier. L'auteur appelle cela le renversement de préférence.

Le cadrage émotionnel influe aussi sur la formulation des convictions et des préférences. Il suffit que la présentation d'un problème soit modifiée pour que la décision soit différente. Vous avez 50 euros : préférez-vous en garder 20 ou en perdre 30 ? Un vaccin va être distribué à 600 personnes : pourrait-on dire qu'il va sauver 200 personnes ou que 400 personnes vont mourir malgré tout ? Tout cela est le cadrage émotionnel.

La durée est l’élément primordial de nos estimations

Vient ensuite une expérience sur les utilités : l'utilité expérimentée et l'utilité de décision (ou utilité espérée). L'utilité expérimentée va s'appuyer sur des souvenirs d'expériences. En cas de douleur par exemple, le souvenir sera plus mauvais si la douleur est moyenne mais dure longtemps que si elle est violente et rapide. Dès que la douleur violente cesse, la mémoire la minimise. L'utilité de décision, par contre, va peser le pour et le contre, analyser les risques et la décision sera prise sans tenir compte de la durée de l'épreuve. L'exemple des malades atteints d'Alzeimer est significative. Leur moi mémoriel a disparu, les souvenirs sont confus, mais leur moi expérimentant existe. Ils apprécient toujours le moment présent, les visites, les aliments qu'ils aiment etc.

D'autres expériences se sont portées sur le bonheur ressenti par les participants à ces études. Le moi mémoriel semblant peu fiable, trop soumis aux sentiments, l'auteur s'est appuyé sur le moi expérimentant. Il s'est agi de mesurer l'indice U (pourcentage du temps passé par un individu dans un état déplaisant). Là encore, la durée a été le facteur le plus important de l'étude. En résumé, en contrôlant le temps que vous passez à des choses désagréables (transports, rangements, ménage), vous pouvez accroître votre satisfaction et allonger votre période de bien être. Un autre élément est important dans ces expériences, il s’agit de l'humeur du sujet. Un sujet de bonne humeur donnera des réponses plus optimistes. Si on pose les mêmes questions au même sujet à un moment moins favorable, les réponses seront totalement différentes. Le Système 1 prend le dessus très facilement.

Conclusion

En guise de conclusion, Daniel Kahneman nous indique ce qu'il a voulu nous faire découvrir dans son ouvrage :

- la différence entre le moi expérimentant et le moi mémoriel peut déformer notre expérience. Par son oubli de la durée et son optimisme rétrospectif, le Système 1 peut nous faire oublier les mauvais souvenirs ;

- il existe deux types d'individus : ceux qui vivent dans la théorie (qu'il surnomme les econs : homo economicus) et les humains qui vivent dans le réel. Ce sont ces humains qui ont besoin de l'aide du Système 2 pour se décider même si le Système 1 peut fournir parfois la bonne décision.

Les décideurs, qui sont en général des humains, vont donc pouvoir agir en sachant que, ce qui compte, c'est la façon de décider, et non pas uniquement le résultat.

Ce qu'il faut retenir de la lecture de ce résumé :

· le Système 1 est automatique, le Système 2 doit être sollicité ;

· l'activité du Système 2 influe sur le physique ;

· le Système 1 décide si le Système 2 doit être activé ;

· nos conclusions hâtives peuvent suffire à nos décisions ;

· le Système 1 est souvent suffisant ;

· parfois la collaboration avec le Système 2 est indispensable ;

· les calculs de probabilité sont l'affaire du Système 1 ;

· les algorithmes influent sur la prise de décision ;

· l'optimisme mène au capitalisme ;

· l'aversion à la perte est dans la nature humaine ;

· la prise de décision est la résultante de l'évaluation et de l'émotion ;

· la durée est l’élément primordial de nos estimations.
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