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 Au diable la culpabilité !

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MessageSujet: Au diable la culpabilité !   Dim 25 Juin - 22:22

Au diable la culpabilité !

En lisant ce résumé, vous découvrirez comment dominer le sentiment de culpabilité, afin de vivre votre vie pleinement et de manière responsable.

Vous découvrirez aussi que :

- les émotions dépendent surtout de l’interprétation qui est faite de l’événement culpabilisant ;

- culpabilité et toute-puissance sont les deux faces d’un même sentiment ;

- le sentiment de culpabilité est source de bénéfices secondaires ;

- la culpabilisation est l’ingrédient principal de toute manipulation ;

- culpabilité, perfectionnisme et dépression sont fortement liés.

Adulte, l’auteur de ce livre a consacré la plus grande partie de son temps libre à sa mère, dépressive, qui s’illuminait à chaque moment passé avec son fils. Il se sentait donc responsable de son bien-être et coupable à chaque moment passé loin d’elle. Cette dépendance a pris des proportions telles qu’elle a engendré la dissolution de son couple et que lui-même a fini rongé par la culpabilité, alors que sa mère s’enfonçait toujours plus dans la dépression, sans jamais vouloir demander l’aide nécessaire pour s’en sortir. C’est lorsqu’il a pris conscience qu’il pouvait contribuer au bonheur de sa mère, mais qu’elle était la personne pouvant réellement décider d’être heureuse, qu’il s’est libéré de sa culpabilité. Depuis, il voit sa mère avec plaisir et non par devoir, quel que soit l’état d’esprit dans lequel elle se trouve. Yves-Alexandre Thalmann a depuis eu l’occasion de recueillir beaucoup de témoignages sur le sentiment de culpabilité, dans des situations diverses, plus ou moins graves, et il livre dans son livre les clés pour comprendre ce poids et s’en délivrer, en acceptant notre pouvoir limité sur le monde.

Le sentiment de culpabilité est dépendant d’une certaine définition de la faute, plus personnelle que juridique

Qu’est-ce que la culpabilité ? Vous en connaissez la notion juridique et les peines passibles pour chaque faute. La culpabilité est aussi utilisée pour éduquer à un comportement juste, moral et respectueux des autres, afin que chacun contribue au bien-être social, même sans y être forcé. La culpabilité est ainsi l’intériorisation de certaines règles, d’un certain sens de la justice.

Le sentiment de culpabilité sert d’abord de réflexe de bonne conduite, de signalement d’un comportement néfaste qu’il faudrait réparer. La culpabilité — le sentiment — est l’expression de la bonne conscience de chacun, qui pousse à agir selon les règles, même en l’absence de surveillance. Le problème est que ces règles fluctuent fortement d’une culture, d’un cadre, d’une famille, d’une personne à une autre. Une femme, autorisée selon la loi de son pays à avorter, peut s’en sentir coupable en fonction des préceptes de sa religion.

La culpabilité est un sentiment changeant, car si une personne maquille ses déclarations de revenus ou vole au supermarché sans l’ombre d’un remords, une autre personne intègre toutes les règles juridiques et sociales et agit honnêtement, même sans la menace directe d’une sanction. D’autres personnes encore se sentent coupables, de ne pas être venu au chevet d’un proche mourant, de ne pas avoir pu éviter que leur enfant sombre dans la drogue, ou même simplement coupables de s’accorder un moment de repos ou de déranger les autres en leur adressant la parole. Aussi, une personne peut se sentir coupable d’avoir mangé une glace alors qu’elle avait décidé de se mettre au régime, une autre en raison de son éducation austère qui limite les plaisirs.

Chacun d’entre nous a fait l’expérience, à un moment ou un autre, du désagréable sentiment de culpabilité, qui peut se prolonger au-delà du supportable, gâter les plaisirs de la vie, paralyser une personne, jusqu’à devenir un sentiment hypertrophié chez certains, qui se sentent coupables de tout, tout le temps et s’en rendent malades. Ce qui pose la question : comment le sentiment de culpabilité peut-il avoir une telle emprise sur les êtres ?

La culpabilité se couple à d’autres émotions et ne devient durable que par notre action mentale

Avant de pouvoir se libérer d’un ressenti désagréable, il est nécessaire d’en comprendre la nature et le fonctionnement. Pour ce qui est de la culpabilité, est-ce un sentiment ou une émotion ? On parle de sentiment de culpabilité, et souvent, en effet, la culpabilité perdure dans le temps, subsiste en arrière-fond, contrairement à l’émotion qui est un ressenti intense, mais de courte durée.

La culpabilité a ceci de spécifique qu’elle poursuit, hante la personne qui la supporte, ressurgit telle une émotion nouvelle à chaque évocation de l’événement déclencheur. Il est nécessaire de comprendre que la culpabilité ressentie est le résultat d’une interprétation de la situation. D’ailleurs elle se manifeste rarement seule et est couplée à une seconde émotion : la tristesse, la honte, le remords, voire même la joie ! Or, l’émotion, qui répond à un stimuli, naît en soi. Le stimuli n’est que le déclencheur d’une émotion qui dépend de chacun et peut donc varier. Ainsi, l’échec à un examen déclenche chez une personne tristesse, chez une autre culpabilité, chez une troisième colère, etc. De même, une insulte peut provoquer tristesse, humiliation, indignation, etc. C’est la preuve qu’un événement n’est jamais entièrement la raison de notre émotion, mais plutôt l’élément déclencheur.

Il est possible d’être maître de ses émotions qui font suite à un événement. En outre, si celles-ci sont passagères, c’est l’action mentale qui les transforme en sentiment durable. En d’autres termes, quelqu’un qui vit une culpabilité sur le long terme a quelque part choisi l’interprétation de l’événement qui permet à la culpabilité de perdurer. Certains finissent même par ressentir de la culpabilité à force de se sentir coupable ; l’auteur l’appelle culpabilité morbide, cette hypertrophie du sentiment de culpabilité, qui est de toute évidence une déformation pathologique de la saine émotion de culpabilité passagère.

Alors, si le sentiment de culpabilité est si désagréable et contournable en adoptant une autre perception des événements, pourquoi certains d’entre nous choisissent-ils consciemment de prolonger ce sentiment ?

La culpabilité est l’expression d’un désir narcissique de toute-puissance

Vous pensez qu’en ressentant de la culpabilité vis-à-vis d’une situation, vous vous innocentez, vous vous déresponsabilisez, voire vous vous mettez dans la position de victime ? L’auteur révèle qu’au contraire, la culpabilité est le revers d’un désir de toute-puissance. En effet, celui qui se sent coupable vit dans l’illusion cachée qu’il peut contrôler le déroulement des événements.

Le fils dont la mère est dépressive et qui pense qu’il est de sa responsabilité de lui redonner le sourire occulte le fait que celle-ci est la seule à même d’améliorer sa situation. De même, celui qui se sent coupable d’avoir été absent du chevet de son père au moment fatal s’illusionne sur le fait que sa présence aurait évité sa mort, ou surestime sa faculté à être présent, partout, tout le temps. Enfin, celui qui se sent coupable de prendre du temps aux autres en leur parlant, oublie que les autres sont responsables de leur choix de lui parler ou non, mais la personne en proie à la culpabilité est quelque part rassurée par celle-ci, car elle confirme ce qu’elle croit être sa responsabilité sur les choses. Se sentir coupable, par exemple, de l’humeur négative d’une autre personne, implique que l’on aurait seul le pouvoir de changer l’humeur de n’importe qui. De la même façon, se sentir coupable de la maladie ou de la mort d’un proche implique qu’une action de notre part aurait pu permettre à ce proche de ne pas être malade ou ne pas mourir.

Les personnes qui se sentent coupables pour un rien, pour tout ce qui ne fonctionne pas comme elles voudraient dans la vie de tous les jours, expriment là leur profond désir de contrôler toutes choses. Plus une personne est angoissée par son impuissance, plus elle se sent coincée dans une situation qui manque de sécurité et de prévisibilité, plus elle cherchera à regagner le contrôle sur son destin, en s’attribuant une responsabilité, donc une culpabilité. En acceptant qu’on n’a pas le contrôle sur toutes choses, il est plus facile de lâcher prise et d’arrêter d’agir en fonction d’un pouvoir illusoire que l’on s’attribuerait.

Il faut, pour se libérer de cette culpabilité systématique, accepter l’incertitude des événements à venir : il est possible d’augmenter les probabilités que quelque chose se passe d’une façon ou d’une autre, mais on n’est pas seul responsable du fonctionnement du monde, surtout pas du comportement des autres. Se sentir coupable de facteurs hors de sa portée est enfin une manière de se replacer au centre du monde, de reporter l’attention sur soi ; tel un enfant qui se sent coupable du divorce de ses parents, l’autoculpabilisation automatique suggère que tout n’arrive toujours qu’en fonction de soi.
Se sentir coupable est une façon de ne pas accepter ou assumer le passé

Il vous est sûrement déjà arrivé de remonter le temps avec des “si seulement j’avais…” couplés à une forte culpabilité ? “Si seulement j’avais été plus présent pour telle personne qui a mal tourné”, “si seulement j’avais travaillé davantage pour cette promotion”, “si seulement je ne m’étais pas trouvé dans cet endroit à ce moment-là où j’ai été agressé”, etc.

Ressentir de la culpabilité vis-à-vis d’un événement dont on n’est pas responsable, ou pas entièrement, est une manière de vouloir réécrire le passé. Même en étant partiellement responsable, telle une mère qui aurait accidentellement blessé son fils, qui porte encore à l’âge adulte une cicatrice visible, le passé ne peut être changé ; cette mère ressent de la culpabilité à chaque fois qu’elle voit la cicatrice de son fils, même vingt ans plus tard. Cesser de ressentir cette culpabilité serait accepter le fait et admettre que l’on ne peut plus changer ce qui est déjà arrivé.

Le processus est encore plus insidieux lorsque des victimes d’agression, de vol, de viol, se sentent responsables de ce qui leur est arrivé. Le seul responsable est la personne qui a commis l’agression, et pourtant les victimes cherchent toujours des éléments dans leur comportement — “je suis sortie tard la nuit”, “j’étais habillée de telle manière”, “j’ai trop bu” — qui les rendraient coupables de l’agression, ce qui est une manière de se figurer que l’événement aurait pu être évité, si elles s’étaient comportées autrement.

Se sentir coupable d’une agression dont on a été victime — où le coupable est une vraie personne — ou coupable d’un accident qui nous est arrivé — où il n’y a pas de coupable identifiable, simplement la malchance —, cela revient à s’en attribuer la responsabilité, c’est-à-dire aussi à considérer “a posteriori” qu’il était en notre pouvoir de l’éviter. Se libérer de cette culpabilité morbide implique l’acceptation de l’existence d’un événement passé, négatif, qu’il n’est pas en notre pouvoir de changer, mais qu’il dépend de nous de modifier notre façon de vivre avec les conséquences que cela implique.

Se sentir coupable étant déjà un moyen de racheter ses fautes, cela mène à la déresponsabilisation et l’immobilisme

Lourde à porter, la culpabilité ? Déjà en elle-même une souffrance, elle apparaît souvent comme une première punition pour la faute commise. Le sentiment de culpabilité peut ainsi entraîner le bénéfice secondaire de ne plus se sentir responsable d’un acte.

C’est dans une certaine mesure le fonctionnement de la religion catholique, qui offre le pardon par l’aveu des fautes, le pardon de Dieu sans passer par la personne lésée par cette faute. S’il suffit de se sentir coupable, de se punir par le seul sentiment de culpabilité, sans chercher à réparer la faute, alors la personne qui l’a commise peut la reproduire à l’infini. Ainsi en est-il aussi des enfants qui, ayant intégré les règles, se punissent en cachette d’une bêtise jamais avouée. Ils s’absolvent de cette façon, mais n’apprennent pas forcément à modifier les conséquences d’une faute. C’est là l’effet pervers de la culpabilité systématique : elle permet de se redonner bonne conscience, mais encourage à ne jamais changer le comportement (répréhensible) à l’origine de la culpabilité. Par exemple : “je n’ai pas donné de pourboire au serveur”, “j’ai mal parlé à un proche”, “j’ai volé quelque chose”... “je me sens coupable”.

En tant que ressenti désagréable, la culpabilité est déjà en soi une punition : elle n’empêche donc pas de reproduire un même comportement. La fierté d’une personne qui en aura blessé une autre sera plus satisfaite du sentiment de culpabilité que d’aller s’excuser.

Si la culpabilité permet de redonner bonne conscience, elle ne pousse pas à modifier le comportement à l’origine de celle-ci, la culpabilité étant ressentie comme punition suffisante, sans considération pour les conséquences sur autrui.

Faire culpabiliser quelqu’un est une forme de manipulation largement répandue

La culpabilisation automatique de soi est aussi courante que la culpabilisation d’autrui, à petite ou grande échelle. Le sentiment de culpabilité, facile à manier et efficace, est une très bonne clé de manipulation, qui laisse des traces durables chez ses victimes. Selon l’auteur et son propre vécu, l’exemple le plus évident de culpabilisation à des fins de manipulation est la religion chrétienne.

Absente de l’ancien testament et de l’histoire originelle d’Adam et Ève, la notion de culpabilité transmissible — l’idée du péché originel, donc que chacun naîtrait pécheur, déjà fautif, par nature — a été utilisée dans les débuts de l’Église chrétienne comme un moyen d’éduquer les fidèles. Des siècles de distorsion des enseignements religieux ont placé la culpabilité au cœur de tout vécu religieux, et celle-ci a pu être utilisée comme levier de manipulation. Encore aujourd’hui, le catéchisme enseigne le plus souvent aux enfants, que cette idée marque profondément et négativement, qu’ils sont par nature coupables et que Dieu peut tout voir et deviner de ce qu’ils font, ce qu’ils pensent, ce qu’ils rêvent, etc. Autant dire qu’aucune liberté et aucun geste innocent n’est accordé ! La religion, la confession, la prière, sont dès lors les seuls moyens d’expier la faute, de se débarrasser de la culpabilité. Un cadre d’où l’on sort difficilement ! Une personne qui se sent coupable en permanence sans raison se maintiendra en effet sous la dépendance de ce qui peut racheter ses fautes imaginaires…

Ce mécanisme de culpabilisation peut aussi être utilisé par des harceleurs pour soumettre leurs victimes, par les gérants d’une secte, mais aussi plus couramment par des parents démissionnaires ou violents qui renvoient sur leurs enfants la responsabilité de leur propre comportement débordant, sans prendre en considération à quel point les enfants sont malléables et impressionnables.

La manipulation par la culpabilisation fonctionne grâce à notre empathie naturelle : c’est la corde sur laquelle tirent les associations qui démarchent dans la rue, les récolteurs de fonds, ou simplement le collègue ou l’ami qui ne vous laisse pas vraiment le choix quand il vous demande de lui rendre un service. Ainsi, chercher à culpabiliser quelqu’un d’autre est une manière détournée d’obtenir un résultat, mais la culpabilisation peut aussi être employée simplement pour se libérer d’une responsabilité et réaffirmer sa supériorité dans une situation donnée.


Culpabiliser autrui est une manière d’avoir l’ascendant dans une situation donnée

Il était question plus haut de la systématique culpabilisation des victimes d’agression ou de viol. Pour les agresseurs aussi, rejeter une part de la responsabilité sur les victimes en accusant leur manque de prudence, leur tenue, leur comportement, est une manière de se dédouaner en les culpabilisant.

Culpabiliser quelqu’un d’autre est une manière de ne pas reconnaître ou assumer entièrement une faute, de la plus innocente, “j’ai oublié d’acheter le pain parce que tu m’as appelé et distrait !”, à la plus grave : “je l’ai frappé parce qu’il m’a énervé, il l’a cherché”. Le plus souvent, on cherche à culpabiliser autrui pour ne pas avoir à assumer un ressenti, à exprimer des sentiments étant souvent perçus comme une marque de faiblesse. De fait, au lieu d’oser dévoiler à un proche un désir, une peur, ou une frustration, on va le plus souvent chercher à éveiller chez lui un sentiment de culpabilité. Par exemple, face à un fils adolescent qui préfèrerait passer des vacances avec ses amis, les parents, au lieu de lui faire part du plaisir qu’ils auraient à passer davantage de temps avec lui, chercheront à éveiller en lui un sentiment de culpabilité, en lui rappelant ce qu’ils ont sacrifié pour son éducation, etc. Il est plus facile de se mettre en position de pouvoir, d’agir en manipulateur, en rejetant la faute d’un ressenti propre sur quelqu’un d’autre.

Enfin, il arrive aussi de chercher à culpabiliser quelqu’un “a posteriori”. Dans ce cas, à quoi sert la culpabilisation, si elle n’est plus susceptible de changer le comportement d’autrui ? Par exemple, vous invitez un ami à sortir et il décline, pour diverses raisons. Vous vous sentez tout à la fois déçu et blessé dans votre orgueil. Vous ne sortez pas et après-coup, cherchez à culpabiliser votre ami de cette occasion ratée : “je suis resté à me morfondre toute la soirée, tout seul, par ta faute”. Toutefois, la soirée est passée, vous ne pouvez rien y changer. Rendre l’autre responsable de cette soirée morose dont vous êtes seul en cause est une manière — apparente, illusoire — de reprendre le contrôle de la situation.

La culpabilité est un terreau fertile pour la dépression

Ce qui est très insidieux dans ce mécanisme de culpabilisation systématique d’autrui est le réflexe morbide qu’il met en place : une personne plus sensible à la culpabilité, par éducation ou fragilité psychologique, aura davantage de chances de sombrer dans la dépression. Une des caractéristiques de la dépression est en effet le manque pathologique d’énergie pour accomplir les choses, donc pour sortir de cette situation. Les dépressifs, contrairement aux victimes d’une maladie purement physique, sont perçus par leur entourage comme responsables ; selon ceux qui ne souffrent pas de dépression, il suffirait qu’un dépressif y mette un peu du sien, fasse un effort, essaye de changer quelque chose, etc., ce qui ne fait qu’augmenter l’écrasant sentiment de culpabilité de ce dernier. Or, la culpabilité est liée au mépris de soi, et empêche de s’accorder des plaisirs. Un dépressif aura alors tendance, au contraire, à vouloir se punir d’être en dépression, la punition ultime pouvant trouver son expression dans le suicide.

Plus couramment, le sentiment de culpabilité imprègne les perfectionnistes qui s’épuisent à atteindre un but imaginaire — et qui souvent ne dépend pas que d’eux —, toujours aiguillés par la culpabilité de ne pas en faire assez, ou de n’être pas assez bien. Cette trop grande prise de responsabilité virtuelle mène à l’épuisement nerveux, le “burnout” et même à la dépression.

La culpabilité morbide qui engendre un sentiment de culpabilité permanent — concernant les autres, des fautes imaginaires, des résultats dont on n’est que partiellement responsable, voire sur lesquels on n’a aucune prise ! — plonge l’individu fragile dans une — toujours plus grande — dévalorisation de lui-même. Pour l’individu angoissé par le caractère imprévisible et incontrôlable de la plupart des situations — la météo, les accidents, la réaction des autres, les maladies —, prendre la responsabilité, quitte à se sentir coupable et se dévaloriser, est toujours une manière d’exprimer un contrôle.

Afin de se libérer de la culpabilité destructrice, il est nécessaire d’accepter que beaucoup de choses sont hors de notre portée. Il est donc indispensable, pour éviter une issue tragique, d’apprendre à ressentir la culpabilité, c’est-à-dire porter une responsabilité sans s’en alourdir pour autant.

Rendre à chacun ses responsabilités permet de se libérer de la culpabilité

Culpabilisation et culpabilité ont une dynamique solidaire : une personne essaye de prendre le pouvoir, certes, mais l’individu qui le lui donne a aussi sa part de responsabilité.

L’individu est maître des interprétations qu’il fait d’un événement, mais n’est pas responsable de l’interprétation que fait autrui de ses actes ou paroles. Si votre femme, pour vous empêcher de sortir un soir avec vos amis, vous offre son interprétation culpabilisante de la situation — “tu préfères passer du temps avec tes amis plutôt qu’avec moi : tu ne m’aimes pas assez” —, lui répondre sur le même ton serait entrer dans sa subtile manipulation. Or, il ne s’agit que d’une réaction possible à votre décision de sortir et il vous appartient de lui présenter d’autres visions de la situation, qui ne remettent pas en cause votre amour, et donc lui permettent de reprendre le pouvoir sur ses propres sentiments. En fait, une personne qui se laisse culpabiliser est une personne qui se laisse manipuler ; apprenez à libérer votre esprit des interprétations faussées d’autrui et à rendre à chacun la responsabilité qu’il a sur les choses, car responsabilité veut aussi dire pouvoir d’action : culpabiliser à la place des autres, c’est leur refuser leur libre arbitre.

Il est difficile — et inhabituel ! — de refuser de se laisser culpabiliser, mais c’est la mesure nécessaire à mettre en place pour sortir du cercle vicieux. Ne pas laisser autrui nous faire porter le poids de son ressenti, mais de même ne pas soi-même faire porter la responsabilité aux autres quand la situation est inversée.

À chaque fois que vous vous sentez coupable, demandez-vous d’abord ce que vous auriez dû faire, dans le meilleur des cas, dans quel but vous auriez dû vous comporter différemment et surtout, si ce but dépendait entièrement de vous. Par exemple, vous vous sentez coupable de ne pas avoir passé assez de temps avec un ami dépressif : vous auriez dû passer plus de temps avec lui, dans le but de le rendre plus joyeux. Or, la guérison de votre ami ne dépend pas que de vous : vous n’êtes pas seul responsable du mal-être de votre ami et ne pouvez vous en sentir coupable. Si véritablement, la culpabilité est le facteur de votre déresponsabilisation, apprenez à corriger vos fautes, ou à agir mieux par la suite : la culpabilité seule est stérile.

Pour finir, l’auteur propose un parcours en quatre étapes pour pallier le sentiment de culpabilité :

1. l’accueillir et l’analyser ;

2. accepter les limites de notre pouvoir ;

3. prendre ses responsabilités, mais aussi rejeter la responsabilité des autres ;

4. réparer les fautes, si possible, ou finir par accepter le passé.

Pour chaque événement qui déclenche de la culpabilité — ou une envie de culpabiliser autrui — il s’agit surtout de réfléchir sur qui porte réellement la responsabilité : le plus souvent, soit vous n’avez aucune prise sur le déroulement des événements, soit vous êtes coresponsable.

Conclusion

Le sentiment de culpabilité commun à tous les hommes exprime : le désir inconscient de nier les limites de notre action, un fantasme de prendre le contrôle un désir de toute-puissance et de perfection. Or, ressentir une culpabilité morbide revient à vouloir s’octroyer des responsabilités qui ne nous reviennent pas. Afin de ressentir une juste culpabilité, liée à une juste prise de responsabilité, il revient de reconnaître aux autres leur libre arbitre et leur pouvoir d’action, mais aussi d’accepter la part d’insécurité, d’injuste et d’inexplicable du monde. Dans la plupart des situations, il s’agit plutôt de coresponsabilité, ce qui ne justifie pas de souffrir de culpabilité sur la durée.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- le sentiment de culpabilité est dépendant d’une certaine définition de la faute, plus personnelle que juridique ;

- la culpabilité se couple à d’autres émotions et ne devient durable que par notre action mentale

- la culpabilité est l’expression d’un désir narcissique de toute-puissance ;

- se sentir coupable est une façon de ne pas accepter ou assumer le passé ;

- se sentir coupable étant déjà une manière de racheter ses fautes, cela mène à la déresponsabilisation et l’immobilisme ;

- faire culpabiliser quelqu’un est une forme de manipulation largement répandue ;

- culpabiliser autrui est une manière d’avoir l’ascendant dans une situation donnée ;

- la culpabilité est un terreau fertile pour la dépression ;

- rendre à chacun ses responsabilités permet de se libérer de la culpabilité.

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