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 L'art de la méditation

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MessageSujet: L'art de la méditation   Dim 25 Juin - 22:37

L'art de la méditation

En lisant ce résumé, vous découvrirez comment la méditation peut transformer votre esprit, alléger vos souffrances et vous ouvrir aux autres. Matthieu Ricard, interprète français du Dalaï Lama, décrit les étapes essentielles qui jalonnent ce parcours spirituel et les rend accessible à chacun d’entre nous.

Vous découvrirez aussi que :

– la préparation de l’esprit est une des clés du processus de méditation ;

– la pratique de la méditation ne sert à rien, si elle n’est pas tournée vers les autres ;

– l’éveil de l’esprit est un long parcours qui nécessite patience et ténacité.

Depuis quarante ans, Matthieu Ricard côtoie des maîtres spirituels qui l’ont accompagné sur le chemin du Bouddhisme. Loin de prétendre avoir atteint leurs compétences, il a cependant souhaité, en rédigeant ce livre, aider ceux qui, comme lui, sont curieux de découvrir la méditation. Il y donne quelques exercices simples qui peuvent être pratiqués à l’envie. Matthieu Ricard participe également à des travaux de recherche sur l’influence de la méditation sur la santé psychologique et physique de l’individu et démontre dans cet ouvrage combien cette discipline peut être bénéfique.
La méditation est un moyen d’éveiller notre esprit au bien-être collectif

La vie que nous menons aujourd’hui est extrêmement chargée en activités. Elle nous éloigne d’une question essentielle : qu’est-ce qui fait réellement notre bonheur ? Notre soif de tout faire ne nous rend pas plus heureux. Au contraire, elle frustre bon nombre d’entre nous et notre culture a littéralement oublié l’intérêt de transformer notre esprit.

Dans un monde où les relations humaines sont complexes et souvent conflictuelles, nous avons pris l’habitude de considérer que nos mauvais rapports avec les autres ou les frustrations que nous ressentons sont le lot commun de tout être humain. Nous nous y sommes accoutumés. Or, il ne faut pas accepter cela comme le prix à payer pour continuer à exister. Chacun doit pouvoir se libérer de sa jalousie, de sa haine, de tous ses sentiments négatifs, au profit d’un amour altruiste qui lui redonnera une paix intérieure.

Choisir de s’améliorer est un premier pas, mais il ne suffit pas. Il faut le faire avec l’acharnement dont nous avons fait preuve pour effectuer nos premiers pas, car l’esprit est comme notre corps. De la même manière que nous ne devenons pas un champion olympique de natation du jour au lendemain, nous ne parvenons pas à changer notre esprit sans effort. Ce changement est la clé de notre perception du monde. Modifier les éléments matériels de notre vie ne sert à rien, si nous ne modifions pas également notre perception de ces éléments.

Alors à quoi sert la méditation ? Tout simplement à développer des qualités humaines essentielles, telle que la faculté d’avoir une vision juste des choses. Elle nous permet également de révéler ce qu’il y a de meilleur entre nous, ce trésor que nous ignorons. Le Bouddhisme est un des moyens d’accéder à l’”éveil”, c’est-à-dire à la sublimation de notre personnalité.

A quoi sert d’atteindre le bonheur, s’il n’est pas partagé avec autrui. Il y a donc une dimension altruiste dans la méditation qui permet de communiquer le bien-être. L’égocentrisme dans la recherche du bonheur mène forcément à une impasse. Nul ne peut s’isoler et se contenter de son propre bonheur, car dans notre société, ce sont les interactions avec notre entourage qui nous permettent de vivre. Le Bouddhisme est tourné vers les autres. Il prône la transformation de l’individu, au profit du bien-être collectif.

Plusieurs études universitaires américaines prouvent les effets de la méditation pratiquée de manière intensive, sur la concentration, la diminution du stress, de la colère ou de la dépression. On estime que méditer, à raison d’une demi-heure par jour pendant huit semaines, renforce les défenses immunitaires, diminue la tension artérielle, améliore la guérison du psoriasis !

La méditation peut débuter lorsque l’on a trouvé un environnement et une posture adéquates

Le Bouddhisme définit l’esprit comme un flot dynamique d’expériences. Il est, en fait, souvent empreint de confusion et de souffrance et nous n’avons d’ailleurs pas besoin de l’entraîner pour cela, car il y tend naturellement. En revanche, la méditation peut lui apporter clarté et liberté.

L’art de la méditation souffre pourtant de clichés tenaces dans notre monde cartésien. Il serait réservé à des égocentriques passant des heures à se replier sur eux-mêmes. Il consisterait simplement à se relaxer et à éliminer des conflits intérieurs, en atteignant une sorte d’état de transe.

C’est faux ! La méditation permet de redevenir maître de son esprit, de façon à changer sa vision du monde et à sortir des chemins préconçus par notre société. Il ne s’agit en aucun cas de fuir la réalité, mais plutôt de la voir telle qu’elle est réellement.

Pour cela, la première étape est de calmer son esprit dont les tourments se traduisent par des émotions, des humeurs, des comportements et des traits de caractère. La connaissance de l’esprit est un préalable indispensable. Ainsi, passer une poignée de minutes par jour à apprendre à l’apprivoiser n’est pas un grand sacrifice au regard des bienfaits que cela procure.

Pour ce faire, il n’y a pas une méditation, mais des méditations. Pour chacune d’entre d’elles, l’important est de pratiquer, mais également se s’inspirer des écrits des maîtres, dans lesquels ils détaillent la marche à suivre, ainsi que les pièges à éviter.

Certaines méthodes sont reprises dans les lignes qui suivent et elles sont présentées de manière progressive, afin que chacun puisse s’y accoutumer graduellement. Ainsi, les premiers enseignements sont des conseils généraux, sortes de préliminaires à l’exercice de la méditation, mais qui sont essentiels.

L’idéal, dans cette démarche, serait de pouvoir bénéficier de l’encadrement d’un authentique maître spirituel qui puisse faire profiter ses disciples de sa grande expérience. Ceci n’est pas souvent possible. Il faut alors s’efforcer de se rapprocher de quelqu’un de sérieux qui pratique la méditation traditionnelle ou plus simplement de lire les textes traditionnels.

Des conditions propices à la méditation sont indispensables, du moins durant la phase d’apprentissage. Un environnement calme est conseillé. De même, il convient d’adopter une posture physique qui ne soit ni trop relâchée, ni trop rigide. Les textes décrivent la posture dite Adamantine. Il s’agit de croiser les jambes dans la posture du lotus ou demi-lotus, les mains jointes et posées sur le giron, les épaules relevées, la colonne droite et le regard dirigé droit devant ou vers le bas. Cette posture doit être maintenue le plus longtemps possible. Et en cas de douleur, il faut changer de position ou alors l’accepter comme toute autre sensation.

Si vous maîtrisez cette position et que vous parvenez à passer outre l’inconfort qu’elle peut provoquer, alors vous êtes prêts !
Le premier pas consiste à savoir que faire de notre vie au profit des autres

Pour que la méditation soit profitable, elle doit être pratiquée régulièrement, même à petite dose. Mieux vaut méditer souvent un peu, qu’en faire beaucoup en une seule fois, car entre chaque séance, les émotions négatives peuvent reprendre le dessus. Il ne faut pas non plus se laisser influencer par l’humeur du moment. Les séances doivent être accomplies, qu’elles soient plaisantes ou non. Si elles sont ennuyeuses et difficiles, cela signifie que notre esprit et notre corps ne sont pas assez entraînés.

De même, mieux vaut ne pas être trop pressé. Chaque individu dispose d’un potentiel de développement intérieur parfois enfoui au plus profond de son être. Ce potentiel est révélé au fur et à mesure de la pratique de la méditation et les premiers résultats peuvent tarder. L’important est de ne jamais se décourager.

Les premiers pas de la méditation consistent à s’interroger sur la valeur de la vie humaine. Elle nous offre la possibilité d’offrir aux autres, de diminuer leur souffrance et, par la même occasion, la nôtre. Notre vie est un cadeau à condition de l’utiliser au mieux. A l’image d’un paysan qui sait en quelle saison semer et en quelle autre récolter, nous devons occuper tous les instants de notre existence au mieux.

La vie est à la fois la chose la plus précieuse que nous possédons et la plus fragile. Parce que la mort peut survenir sans prévenir, il faut absolument profiter de chaque seconde de vie, mais sans pour autant s’impatienter, lorsque les résultats ne viennent pas. A chacun sa vision de la mort et sa façon de s’y préparer. Certains en sont terrifiés, d’autres veulent l’affronter comme un défi. Il ne sert à rien de vouloir profiter de tous les instants uniquement à son profit. Celui qui mourra en paix est celui qui aura dédié sa vie aux autres.

Il n’est jamais trop tard pour adopter telle attitude. Le moine bouddhiste Gampopa prétendait qu’au début de sa vie, il faut avoir peur de la mort, qu’au milieu de sa vie, il ne faut rien regretter, pour qu’à la fin de sa vie, on puisse être entièrement satisfait de ce que l’on a accompli.

Alors évidemment, mener une vie entière et dévouée aux autres implique de savoir comment procéder pour utiliser au mieux les jours qui peuplent notre existence. La façon d’y arriver ne découle pas de dogmes, mais plutôt d’une observation attentive des mécanismes du bonheur et de la souffrance.

Notre existence est emplie de souffrances. Nous avons beau tenter d’y échapper en nous consacrant à une quête de richesse, de renommée ou d’autres choses futiles, rien n’y fait, nos souffrances reviennent tôt au tard. La première chose à faire est de nous détacher de notre égocentrisme et de nous tourner vers les autres.

Pour faire travailler son esprit, il faut avant tout l’apaiser

L’esprit doit pouvoir libérer chacun de son ignorance et de sa souffrance. Cette tâche peut être rendue difficile, par le fait que l’esprit est très souvent soumis à une agitation constante. Les maîtres de la méditation aiment à prendre l’image d’un singe enchaîné pour en parler. Ce singe est tellement agité qu’il empêche quiconque et donc lui-même, de défaire les nœuds de ses chaînes. L’unique moyen d’y arriver est de le calmer, non pas en l’entravant encore plus, mais au contraire en le libérant des conflits intérieurs engendrés par ses émotions et ses pensées.

Prenons un autre exemple. Imaginons que l’on fasse tomber une clé au fond d’un étang lors d’une partie de pêche. La clé est celle de notre maison. Comme il est tard et que nous sommes fatigués, nous sommes par conséquent relativement pressés de la récupérer. Nous prenons alors un bâton, afin de sonder le fond de l’étang. En faisant cela, l’eau se trouble et la clé a de grandes chances de s’enliser. Il faut alors faire l’inverse. Laisser l’eau reposer et lorsqu’elle redeviendra limpide, alors la clé pourra être récupérée facilement.

L’esprit fonctionne comme l’eau. Il doit être calme pour pouvoir en tirer le meilleur

Les écoles de bouddhisme distinguent deux pratiques complémentaires qui permettent d’acquérir cette tranquillité de l’esprit. La première est le Shamantha. Elle définit un état d’esprit apaisé et concentré sur un objet. La seconde est le Vipashyana ou « vision pénétrante ». Elle libère des émotions perturbatrices. Shamantha permet, dans un premier temps, d’apaiser l’esprit en se focalisant sur notre souffle. Celui-ci est toujours disponible chez nous et, à moins d’avoir fait un effort physique ou d’avoir retenu sa respiration, il est à ce point régulier qu’il devient à peine perceptible.

Installé dans la position Adamantine décrite plus haut, il s’agit de se concentrer sur le flux d’air qui emplit nos poumons, sur son passage dans nos narines, sur l’interruption de la respiration entre expiration et inspiration. Cycle après cycle, l’esprit doit éviter de tomber dans la torpeur ou de se laisser distraire. S’il s’égare, il faut le faire revenir à la respiration. Parfois, les pensées ne peuvent être chassées parce que, par exemple, une douleur se fait ressentir. Dans ce cas, il est préférable de pratiquer, pendant quelques instants, la marche consciente, décrite plus bas, pour revenir plus tard avec un esprit à nouveau disponible.

Pour chaque méditation, il existe des variantes. Citons-en plusieurs pour celle-ci. Il est possible de compter, dans sa tête, les cycles de respiration. Ainsi, compter un, puis deux, puis trois…, jusqu’à dix et recommencer ou alors compter rapidement une série de un durant l’inspiration, puis de deux durant l’expiration… D’autres préfèreront réciter mentalement des phrases au cours du cycle.

La recherche de la pleine conscience permet d’atteindre la parfaite objectivité de l’esprit.

Dans un monde où tout va très vite, nous sommes très souvent projetés dans le futur ou en train de ressasser des expériences passées. Cependant, nous ne sommes pas attentifs à l’instant présent, ces secondes que nous vivons sans qu’on les perçoive.

L’état de pleine conscience consiste à être parfaitement éveillé à notre environnement. Il contient également une dimension éthique qui nous permet de savoir s’il est bien ou non de poursuivre ce que l’on fait.

C’est la méditation qui nous permet de savourer l’instant présent. Il s’agit d’être ouvert à tous les sons, toutes les odeurs, toutes les choses que nous voyons. Il faut arriver à se persuader que nulle expérience n’est désagréable ou agréable. Notre conscience doit accepter nos sensations comme telles, sans y ajouter d’éléments de jugement provenant de notre expérience. Entendre un son, par exemple, c’est l’accepter seulement en tant que son et non pas réfléchir à sa provenance, au fait qu’il indique peut-être une menace.

La marche attentive est un excellent exercice pour développer notre conscience. Elle peut se pratiquer facilement dans de nombreux environnements intérieurs ou extérieurs, mais mieux vaut être seul pour pouvoir se concentrer.

Ainsi, imaginez-vous parcourant un chemin forestier. Il vous suffit de vous concentrer sur l’enchaînement de vos pas, sur l’équilibre de chacune des parties de votre corps au cours du déplacement, sur la façon dont vos pieds viennent toucher le sol. Votre regard est posé vers le bas, à quelques mètres devant et ne se laisse pas distraire par l’environnement.

L’esprit doit cesser d’analyser son environnement au travers des filtres dont notre expérience nous a dotés. Il doit être objectif et impartial, détaché de tout jugement.

La méditation permet de concentrer l’esprit sur de multiples sources

Nous avons vu que la concentration pouvait se porter sur le souffle, mais pas seulement. On peut également choisir n’importe quel objet, inerte de préférence, tel qu’un simple caillou, une fleur ou encore un dessin. L’important est que l’esprit soit focalisé dessus. L’objet permet donc de concentrer l’esprit, même s’il existe un risque, c’est vrai, que lui-même nous déconcentre.

Lorsque l’esprit ne dispose pas de modélisation pour se concentrer, l’exercice devient plus ardu. Néanmoins, il faut bien comprendre que la méditation sans objet est un pas de plus vers sa libération. Comment s’y prendre alors ?

Le grand maître tibétain Dilgo Khyentsé Rinpoché définissait ainsi la façon de méditer. Il s’agit, convenablement assis dans la position des sept points (position Adamantine définie précédemment), d’imaginer devant soi une représentation de Bouddha assise sur un trône, tenant un bol de nectar et vêtu de plusieurs robes monastiques. Ensuite, il faut s’efforcer de lui donner vie. Comment cela ? En imaginant tous les détails de son corps et de sa posture. Si d’aventure l’esprit s’égare, alors il faut baisser le regard et imaginer les pieds du maître ou de son trône. Si l’esprit s’endort, il faut au contraire relever le regard et imaginer le visage du maître.

Une fois l’esprit apaisé et l’image claire, il faut convenir que ce que l’on voit n’est pas Bouddha lui-même, mais plutôt une représentation de notre esprit qui se base sur une enveloppe corporelle pour être perçue.

Un entraînement régulier permet de contrer les obstacles qui handicapent la méditation

Nous l’avons dit, l’entraînement de l’esprit est primordial, mais il génère des difficultés. Celles-ci sont au nombre de quatre. Elles sont parfois susceptibles de réfréner notre motivation.

La paresse tout d’abord. Elle est dite ordinaire, si elle est ressentie de manière significative lorsqu’il s’agit de faire un effort. Pour la contrer, il faut alors se rappeler du prix de la vie humaine et contempler les bienfaits de la transformation intérieure. On peut aussi être tenté de remettre à plus tard ce que l’on sait important et préférer se concentrer sur des choses futiles. Dans ce cas, le remède consiste à hiérarchiser nos préoccupations et à se souvenir que le temps nous est compté.

Notre esprit étant naturellement indiscipliné, il est constamment soumis à la distraction. Ceci est normal et la méditation a justement pour but de lui permettre de se concentrer au mieux. Lorsque l’esprit a été distrait, s’en apercevoir est déjà un signe de prise de conscience. Le ramener dans le droit chemin est essentiel pour ne pas gâcher le temps qui passe.

Aux deux extrêmes de l’équilibre de la méditation, on trouve la torpeur et l’agitation. La torpeur peut faire plonger l’être dans le sommeil, l’ennui, la rêverie. Ainsi, la torpeur brouille la clarté de l’esprit. Il est alors conseillé d’adopter une posture plus droite, le regard un peu plus vers le haut, se découvrir si l’on a trop de vêtements.

L’agitation, elle, détourne constamment notre esprit de son état stable, par un flot discontinu d’imagination. A l’inverse de la torpeur, il faut alors se détendre et regarder vers le bas, afin de se “reconcentrer”.

La régularité dans l’entraînement est primordiale. Un équilibre doit être conservé et il ne faut pas céder à l’impatience en se livrant à un surentraînement, une sorte d’état d’excitation. Rien ne sert d’être pressé. L’éveil spirituel ne peut être atteint qu’à la fin d’un parcours long et rigoureux, comme le blé qui pousse dans un champ ne peut être récolté, qu’après une saison entière.

La méditation sur l’amour altruiste est un élément essentiel de l’ouverture aux autres

Nous sommes tous plus ou moins altruistes, à des degrés divers. Chez certains, ce sentiment est naturel, alors que chez d’autres, il est freiné par l’égoïsme et la jalousie. Pour méditer sur l’altruisme, il faut d’abord intégrer l’idée selon laquelle tout être préfère le bonheur à la souffrance et se persuader qu’il en est de même pour les autres.

Pour cela, les textes du Bouddhisme conseillent de cultiver quatre pensées : l’altruisme, la compassion, la joie devant le bonheur d’autrui et, enfin, l’impartialité.

L’altruisme se pratique au quotidien, par exemple lorsque nous prenons, dans nos bras, un de nos enfants pour lui témoigner notre amour ou alors en souhaitant le bonheur à un membre de notre entourage à qui le succès a souri.

La compassion, elle, est ressentie par exemple lorsqu’un être cher est victime d’un accident et lorsque, voyant ses souffrances nous imprégner, nous l’inondons d’amour, afin que ses souffrances s’atténuent.

Se réjouir du bonheur des autres revient à être heureux de leurs actes, de leur parcours, de toutes les choses bénéfiques qu’ils ont faites. Ceci nous emplit de joie. C’est un excellent antidote à notre morosité, ainsi qu’à notre jalousie.

Enfin, l’impartialité est indissociable des trois précédentes méditations. Elle nous aide à faire face à nos sentiments et à souhaiter pour tout individu, même pour le pire d’entre tous, d’être heureux. Cette méditation n’autorise aucun parti pris.

Alors comment partager cet altruisme ? Une des pratiques consiste à échanger, mentalement et à travers la respiration, une part de souffrance de l’autre contre une part de notre bonheur. La souffrance que nous accueillons vient donc apaiser l’autre, mais elle ne nous affaiblit pas, car nous la dissolvons, en quelque sorte.

Imaginons que chacune de nos expirations envoie vers les autres une part de notre bonheur, de notre énergie, de notre amour. A l’inverse, imaginons qu’à chaque inspiration, le malheur, l’infortune et/ou la douleur des autres entrent en nous, pour y être dissoutes. Maintes fois répété, ce cycle purifie les autres et propage notre bonheur.

Il est également possible, à titre de variante, d’imaginer que notre cœur est un soleil dont les rayons viennent irradier les autres à chaque expiration et qu’en inspirant, nous ingérons leurs malheurs sous forme de fumée noirâtre, qui sera dissipée une fois à l’intérieur de notre corps.

La méditation est une méthode efficace pour réduire la souffrance

Nous l’avons dit, l’un des objectifs de la méditation est de se détacher de ses souffrances et de faire en sorte qu’il en soit de même pour les autres. Or, la souffrance est une des composantes de notre existence. La sensation qu’elle provoque dépend fortement de notre manière d’y faire face. Nous sommes souvent anxieux face à une douleur, qu’elle soit physique ou psychologique et sommes pressés de la faire disparaître. Ceci a malheureusement pour effet de la démultiplier, jusqu’à la rendre insupportable. Dans ce cas, l’esprit qui est préparé à une douleur, même intense, l’acceptera mieux. Les effets placebo et nocebo sont connus des chercheurs en neuroscience et leur intérêt n’est plus démenti.

Nous admettons d’autant mieux la douleur, si nous parvenons à évaluer son apport positif. Une douleur provoquée par les effets secondaires d’un médicament est acceptée comme le prix à payer pour guérir. Il en va de même pour la douleur provoquée par une aiguille, lors d’un don du sang. Nous acceptons la souffrance, car nous savons que le sang donné bénéficiera aux autres et pourra même sauver des vies.

Les douleurs les plus dures à supporter sont celles qui sont intenses et chroniques. Dans ce cas, lorsqu’il est impossible de leur échapper, car elles monopolisent notre attention, ainsi que nos actes, il vaut mieux les utiliser, plutôt que de les repousser.

Le Bouddhisme propose différentes méthodes. Parmi elles, l’observation dans un état de pleine conscience. Cette méthode repose sur une observation de la douleur, comme si elle était extérieure. Il ne faut pas penser « j’ai mal à la jambe », car le fait de nous associer à la sensation ressentie ne fait que la renforcer. Il faut simplement observer la douleur, la ressentir comme si elle appartenait à un autre, comme si elle ne faisait pas partie de notre corps.

Il est également possible de procéder par imagerie mentale, en imaginant par exemple qu’un fluide bienfaisant envahisse le lieu de la douleur et y pénètre petit à petit, jusqu’à se répandre dans notre corps tout entier pour estomper notre sensation.

Une autre méthode consiste à sortir de notre vision égocentrée pour comparer notre douleur à celles des autres. Pensons à tous ceux qui, sur Terre, souffrent autant, voire beaucoup plus que nous. Nous cessons ainsi de nous plaindre de notre sort et nous éprouvons de l’empathie envers la souffrance des autres.

La vision pénétrante consiste à faire taire son ego, au profit de nos relations avec les autres

La vision pénétrante vient en complément de Shamantha et permet de percevoir plus justement la réalité, de réfréner notre ego et d’appréhender la nature première de notre esprit.

Le Bouddhisme joue sur les émotions. Il prône l’éradication de celles qui sont perturbatrices, mais permet également de développer celles qui tendent vers l’amour altruiste et la compassion. N’oublions pas que c’est le cumul de nos émotions et leur empilement qui forgent notre humeur du jour et, plus généralement, nos traits de caractère.

Présentons deux méthodes de la méditation sur les émotions. La méthode des antidotes tout d’abord. Prenons l’exemple du désir. Il peut à la fois être source de dépassement, d’épanouissement et, au contraire, source de tourment. Lorsqu’il se présente sous une forme négative, il impose l’urgence, la soif d’obtenir. Méditer consiste alors à prendre le temps d’observer, par exemple, le souffle qui nous parcourt lorsque nous respirons. Lorsque le désir nous fait idéaliser un objet, il faut alors observer tous ses aspects, afin d’en percevoir des moins désirables.

La seconde méthode est celle qui nous permet de nous dissocier de nos sentiments. Lorsque nous sommes en colère, par exemple, nous ne faisons qu’un avec cette émotion. Elle nous emplit et guide nos réactions. Or, il suffit que notre esprit la considère comme un phénomène extérieur, pour qu’il soit capable de prendre de la distance.

L’erreur serait de refouler cette colère car, à ce moment-là, elle ne ferait que couver dans un coin de notre esprit pour mieux éclater plus tard. Au contraire, la méditation permet de l’affronter, mais en l’observant, en tentant de la caractériser. A-t-elle une couleur, une forme, une localisation ? En essayant de la décrire au mieux, nous allons en fait l’atténuer, jusqu’à ce qu’elle cesse de monopoliser nos pensées.

L’exercice paraît d’autant plus difficile qu’il intervient dans un contexte émotionnel intense. A force d’entraînement, l’esprit perçoit de plus en plus vite les émotions négatives en train de se développer en nous et parvient à les atténuer quasi immédiatement.

La compréhension de l'ego est essentielle dans le processus de libération de la souffrance. Depuis notre naissance, nous avons construit une vision du monde et des autres, centrée sur nous-même. Or, agir afin de conforter son égo est le chemin opposé au développement de la confiance en soi, car lorsque l’on a confiance en soi, on ne prête pas attention au regard des autres, on accepte les circonstances, en un mot, on sort de cette vision égocentrique. De plus, lorsqu’on s’est enfin dégagé de son ego, on peut alors aborder les autres autrement, puisque l’on a plus rien à gagner ou à perdre. Nos relations sont alors sereines et bienveillantes.

Conclusion

La pratique de la méditation s’adresse à n’importe qui et particulièrement à tous ceux qui désirent agir en faveur du bien-être collectif. Plusieurs étapes sont indispensables, telles que la préparation de l’esprit ou l’allègement de nos souffrances. C’est à ce prix et à force de travail que notre esprit éveillé sera en mesure de s’ouvrir aux autres dans un élan d’altruisme communicatif. Cette démarche profite à tous, car faire du bien aux autres, c’est avant tout se faire du bien.

Que retenir de la lecture de ce résumé :

– la méditation est un moyen d’éveiller notre esprit au bien-être collectif ;

– la méditation peut débuter lorsque l’on a trouvé un environnement et une posture adéquates ;

– le premier pas consiste à savoir que faire de notre vie, au profit des autres ;

– la recherche de la pleine conscience permet d’atteindre la parfaite objectivité de l’esprit ;

– la méditation permet de concentrer l’esprit sur de multiples sources ;

– un entraînement régulier permet de contrer les obstacles qui handicapent la méditation ;

– la méditation est une méthode efficace pour réduire la souffrance.

– la vision pénétrante consiste à faire taire son ego, au profit de nos relations avec les autres.
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