Bien-être & Développement personnel

Discutions amicales
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

  Le travail à cœur - Pour en finir avec les risques psychosociaux

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin
avatar

Messages : 319
Date d'inscription : 16/04/2016

MessageSujet: Le travail à cœur - Pour en finir avec les risques psychosociaux   Lun 26 Juin - 17:22


Le travail à cœur - Pour en finir avec les risques psychosociaux

En lisant ce résumé, vous apprendrez que les risques psychosociaux sont devenus un véritable problème de société, mais qu’ils peuvent être évités.

Vous apprendrez aussi que :

- la France entretient une relation compliquée avec le travail ;

- le travail collectif tend à disparaître ;

- l’on peut mesurer les risques psychosociaux ;

- le bien-être au travail est un secteur en expansion.

Force est de constater que ces dernières années, en France, la qualité de vie au travail s’est considérablement détériorée. Aujourd’hui, les termes de “burn-out”, “troubles musculosquelettiques”, ou encore “suicides” sont couramment associés au monde du travail. La recherche constante de progrès et de résultats amène certaines entreprises à en demander toujours plus, au détriment, la plupart du temps, du bien-être de leurs salariés. Dans une société où l’avènement des nouvelles technologies a accéléré les cadences de production, il est aujourd’hui difficile de ne pas risquer sa santé au travail. Dans “Le travail à cœur”, Yves Clot, chercheur et psychologue du travail, mène une enquête sur l’ampleur des risques psychosociaux. Par le biais d’analyses, d’études de cas et d’immersions sur le terrain, ce spécialiste est résolu à informer tout un chacun sur les risques et déviances de nos conditions de travail.

La France a un rapport au travail très particulier

De tous les pays européens, la France est celle dont la relation au travail est la plus particulière. Les nombreux sondages visant à étudier la position des Européens vis-à-vis de leur relation au travail au quotidien font les mêmes constats ; alors que dans la plupart des pays d’Europe les salariés perçoivent leur travail comme une routine, une habitude, voire une contrainte, les salariés français veulent en tirer un accomplissement personnel.

Dans notre pays, travailler ne s’apparente plus seulement à une obligation ou une nécessité financière, mais plutôt à une quête de progrès, une volonté d’évolution. Les salariés français font en sorte de s’illustrer au sein de leurs entreprises et de se démarquer. La raison évoquée par les sujets interrogés concernant ce comportement est le besoin perpétuel de reconnaissance. Celui-ci passe bien évidemment par la volonté de faire évoluer son entreprise, mais surtout par l’envie d’avoir un rôle significatif et utile dans cette évolution.

De même, de nombreux Français déclarent chercher dans leur travail une ambiance familiale ou amicale. Malheureusement, les structures hiérarchiques très pyramidales des entreprises françaises privent les salariés d’une relation personnelle avec leurs dirigeants. Certains travailleurs avouent même ne pas savoir à quoi ressemble l’individu à la tête de l’entreprise ou du groupe pour lequel ils travaillent.

En outre, les travailleurs français s’imposent une grande pression. Celle-ci s’installe progressivement, naît du besoin d’améliorer toujours plus ses performances et d’être en mesure de rivaliser avec les autres salariés d’un même service ou d’une même entreprise. Cette concurrence toujours plus rude a provoqué ces dernières années une montée en flèche du mal-être au travail. On ne compte plus aujourd’hui le nombre de salariés régulièrement en arrêt de travail pour dépression, stress ou burn-out. Effrayés par cette recrudescence de maladies du travail, l’État et les syndicats tentent chaque année de trouver de nouvelles solutions à mettre en place afin de prévoir les risques et d’en minimiser l’impact sur le territoire français. Malgré tout, cette tendance au risque psychosocial est aujourd’hui bien établie. La France est d’ailleurs le pays d’Europe comptant le plus de salariés insatisfaits, stressés et déprimés.

La conscience professionnelle : le cœur du mal-être au travail

Bien que le mal-être au travail soit monnaie courante et connu de toute la population française et européenne, il est indispensable de s’interroger sur les facteurs à l’origine de ces problématiques.

Yves Clot a été interroger les travailleurs français d’aujourd’hui afin de découvrir les différentes raisons de leur mal-être actuel. Il a d’abord été rencontrer un ancien salarié de l’usine Lu d’Évry, qui a fermé ses portes en 2004. Rachetée par un groupe concurrent, un certain nombre de salariés ont été licenciés, alors que d’autres ont vu leurs conditions de travail évoluer, le temps que l’usine cesse définitivement son activité.

Jusqu’alors, la biscuiterie avait toujours eu à cœur de produire une marchandise irréprochable, confectionnée à partir de matières premières de qualité. Contrainte par des questions de coûts et de rentabilité, l’usine Lu a dû revoir ses exigences à la baisse et ouvrir ses chaînes de production à d’autres marques, afin de rentabiliser la fin de son activité. Les matières premières sont été ainsi modifiées et les produits ont perdu en qualité. En conséquence, de nombreux salariés ont vu le fonctionnement de l’entreprise changer et ont eu petit à petit le sentiment de bâcler le travail. La réévaluation des tâches a contraint un grand nombre d’entre eux à travailler plus vite et moins bien, allant jusqu’à renier leurs propres exigences au profit du seul résultat. Cette situation a engendré chez certains une profonde détresse, leurs compétences n’étant plus valorisées.

Par la suite, l’auteur a enquêté sur les plateformes d’appels mises en place par France Télécom ; deux catégories de salariés y travaillent : les jeunes employés en CDD, à qui l’on offre la chance de travailler au sein d’une grande entreprise, et les salariés plus expérimentés, relayés à leurs postes en étant remplacés régulièrement par des employés plus jeunes. Les jeunes en contrats précaires sont motivés par les primes offertes au salarié passant le plus d’appels dans la journée. Ils multiplient donc les coups de fil et répètent les mêmes phrases qu’on leur a demandé de dire, au détriment de la qualité du service. Au contraire, les salariés mis au placard s’échinent à rendre cette tâche la plus intéressante possible. Ils passent un moins grand nombre d’appels, mais ceux-ci sont plus longs, car ils ont à cœur d’offrir au client une prestation de qualité. Au fil du temps, ces salariés finissent par se plier aux exigences de l’entreprise, car aucune reconnaissance supplémentaire ne leur est accordée. Leurs ambitions sont peu à peu mises de côté et le travail devient stressant et routinier.

Ces deux cas sont tout à fait représentatifs du mal-être au travail, mais surtout des causes à l’origine de ce mal-être. Un salarié épanoui doit trouver un intérêt à son travail et obtenir une forme de reconnaissance, afin de satisfaire ses objectifs, mais également ses ambitions. Un changement trop brutal des conditions de travail, une dévaluation des compétences ou encore une mise en compétition trop intense, en amènent un grand nombre à baisser les bras chaque année et en plongent d’autres dans la détresse psychique.

Quand le travail collectif disparaît, une frustration née

Dans la plupart des milieux professionnels, les salariés sont rarement amenés à travailler seuls, ou du moins dépendent de quelqu’un. Rares aujourd’hui sont les travailleurs n’étant pas tenus de rendre des comptes, ou dont les tâches n’ont pas d’impact sur celles d’autres salariés de la même entreprise.

Pendant très longtemps, le travail collectif, et notamment la capacité à travailler en équipe, étaient de véritables plus-values. Les salariés étaient tous plus ou moins dépendants les uns des autres, les tâches étaient bien souvent communes, mais segmentées, afin que chacun puisse faire sa part avant la mutualisation des résultats. Depuis quelques années, certaines contraintes empêchent d’utiliser ces méthodes collaboratives de travail. En effet, dans certains corps de métiers, les contraintes budgétaires, organisationnelles, technologiques ou encore hiérarchiques ont peu à peu terni le travail collectif, si bien que les salariés ont été forcés de s’adapter à un nouveau mode de fonctionnement.

Dans les centres hospitaliers, les contraintes budgétaires ont obligé les médecins et le personnel soignant à changer leurs pratiques, étant donné que depuis quelques années les actes médicaux sont établis par la Sécurité sociale, et que les remboursements sont plafonnés et communs à tous les hôpitaux. Afin de ne pas multiplier les actes déficitaires, le personnel médical se voit obligé de recourir à des pratiques plus rentables pour l’hôpital au détriment du confort du patient. Le problème des médecins, et notamment des chirurgiens, est qu’ils sont contraints de revoir leurs prestations, afin de minimiser les coûts tout en assurant la sécurité vitale et sanitaire de leurs patients. Afin de contourner un système qui les met parfois dans l’embarras, ces médecins se voient même contraints de prendre des décisions tendancieuses d’un point de vue budgétaire, et de mettre leurs équipes de soignants dans des positions délicates pour couvrir ces décisions.

Dans ces cas-là, les décisions personnelles et individuelles prennent le pas sur les obligations collectives, quitte à en faire subir les conséquences à autrui. Le problème de ces situations, qui tendent à se multiplier dans de nombreux secteurs d’activité, est la frustration des employés, qui sont obligés de choisir entre un travail individuel de qualité et un travail dont les processus sont collectifs et procéduriers, mais pour lesquels les résultats ne sont pas à la hauteur.

Le stress est un facteur important de mal-être

Ces dernières années la recrudescence du stress chez les employés en entreprise n’a cessé de faire parler d’elle, si bien que le terme de “risque psychosocial” fait désormais partie du vocabulaire courant.

La digitalisation, l’automatisation des processus et les nouveaux formats d’entreprises ont considérablement modifié les pratiques de travail. Les salariés peinent à prendre le pli de ces nouvelles méthodes et sont de plus en plus confrontés à un stress qui leur était jusqu’alors inconnu. Aussi, il n’est pas rare aujourd’hui de trouver au sein même de nos entreprises des psychologues et des médecins, qui veillent au bien-être des salariés. De même, les campagnes d’information sur le stress en entreprise sont de plus en plus courantes et les salariés sont dorénavant chargés de détecter les signes de stress chez leurs collègues, afin de limiter les risques de burn-out, voire, dans des cas extrêmes, de suicide. Le scandale de la hausse du taux de suicide au sein de certains grands groupes français n’a laissé personne indifférent.

La travailleuse française, bien qu’étant statistiquement la plus investie dans son travail, est, paradoxalement, celle qui souffre le plus de dépression, d’inconfort et de mal-être dans son métier.

À la question “quelles sont les causes de ce stress en entreprise ?”, plusieurs réponses sont envisagées. Tout d’abord, les métiers tendent à évoluer ; certains, jusqu’alors artisanaux, utilisent de plus en plus des chaînes de travail automatisé. Les salariés les plus anciens sont donc contraints de s’adapter à des pratiques de travail standardisées, qui recherchent bien moins le qualitatif et sont surtout moins gratifiantes qu’auparavant. Ainsi, plusieurs admettent se sentir quelque peu bousculés dans leurs habitudes.

Quant aux salariés reclassés ou mis au placard, ils voient leurs compétences remises en question, perdent courage, et finissent par douter de leurs compétences. La plupart des salariés victimes d’un mal-être au travail admettent ne plus avoir confiance en eux, car ils ont le sentiment de ne pas posséder les moyens techniques et personnels de répondre aux exigences des tâches demandées. Dans le doute, ils se persuadent qu’ils ne sont plus en mesure de fournir un travail de qualité ou à la hauteur des espérances de leurs supérieurs, qui pourraient alors leur reprocher leur manque d’investissement et mauvais résultats. C’est un cercle vicieux qui nuit à la fois au salarié, en détresse psychologique, et à l’entreprise : reste à réfléchir à de nouvelles solutions.

Il est possible de mesurer les risques psychosociaux

Au vu des conditions de travail en France ces dernières années, les chercheurs explorent des solutions pour évaluer de manière fiable les risques psychosociaux au sein de l’entreprise. Entité spécialisée dans l’évaluation et la prévention des risques psychosociaux, le Collège d’expertise propose un nouvel angle de vue.

Pour commencer, ils segmentent les différents facteurs de risque d’après les constatations et enquêtes menées sur le terrain auprès des salariés. Six facteurs de risques principaux ont été révélés :

1. les exigences liées au travail en lui-même, à savoir ce que le salarié doit faire quotidiennement pour remplir ses objectifs et faire fonctionner son entreprise ;

2. les exigences émotionnelles, qui peuvent comprendre le fait de devoir garder le sourire en permanence ;

3. la marge de manœuvre, soit la maîtrise de son travail et les décisions organisationnelles ou fonctionnelles prises par l’entreprise sans concertation avec ses salariés ;

4. les rapports émotionnels du salarié avec son travail et son entreprise, qui passent par les relations sociales entre collègues ou avec la hiérarchie ;

5. les différentes sources de conflits créant du stress chez les employés ;

6. l’insécurité au travail — la peur d’être licencié, par exemple.

Ces différents facteurs sont les causes principales de désordres psychosociaux au sein d’entreprises françaises et européennes. Chacun d’eux peut être à l’origine d’un mal-être, sachant qu’ils peuvent parfois être combinés, plus ou moins présents, et sous différentes formes, selon les secteurs d’activité et les corps de métiers. Ce n’est qu’en croisant les données lors de futures études que les chercheurs seront à même d’établir des corrélations et d’obtenir des résultats significatifs, afin de réfléchir à de nouvelles solutions. En attendant de les trouver, des processus de surveillance et de prévention sont mis en place dans les entreprises afin de limiter les conséquences de ce mal-être. Ainsi, la plupart des entreprises bénéficient des services d’un médecin du travail, voire d’un psychologue, chargé de détecter le mal-être des salariés et de mettre en place un suivi régulier.

La prévention existe

Actuellement, le monde du travail et les questions de santé publique sont au cœur des réflexions : il est indispensable de trouver comment prévoir et contourner les risques psychosociaux. Le principal problème est que chaque corps de métier, chaque secteur professionnel possède sa propre méthode de travail, ses propres mécanismes salariaux, et que de nombreux spécialistes tentent de trouver des solutions qui, pour le moment, répondent de manière standardisée à ces problèmes. En somme, la prévention des risques n’est pas adaptée.

Un autre problème de taille est cette volonté de surprotéger les salariés : le cocon dans lequel les acteurs de la santé du travail les enveloppent ne fait qu’augmenter leur frustration, car ils se sentent alors trop surveillés.

Un individu vivant dans un lieu aseptisé et peu soumis aux allergènes sera en bonne santé, car son environnement est extrêmement sain, et vierge de toute source d’allergie. Un individu vivant avec plusieurs animaux ou étant soumis quotidiennement à des facteurs d’allergie potentiels va, quant à lui, forcer son corps à développer des défenses pour se protéger des allergies. Lorsque le premier individu sortira de sa zone de confort aseptisé pour se rendre dans une zone moins protégée, il y a fort à parier qu’il subira des crises d’allergie, car son corps n’est pas accoutumé à ce type d’agression. Il mettra donc du temps à s’y habituer. L’effet pervers des tentatives de prévention des risques psychosociaux suit cette même idée. À trop vouloir écarter les risques potentiels, certains facteurs imprévus peuvent venir enrayer ces mécanismes de prévention et stresser les salariés. Les chercheurs se sont aperçus de ce phénomène lors de tentatives de réintégrer des méthodes de travail ou de communication au sein d’entreprises sans en avertir les salariés. Ce qui avait pour objectif d’améliorer leur qualité de vie au travail est finalement apparu comme une contrainte et un imprévu difficile à gérer. Afin d’éviter ce type de problème, la plupart des spécialistes tendent à utiliser des grilles de facteurs de risques comme signes de dépistage, afin d’adapter les procédures au cas par cas, en prenant en compte le mal-être individuel plutôt que de tout miser sur une prévention collective des risques. Chaque individu possède sa propre sensibilité, et ce qui pose problème à l’un ne posera pas obligatoirement problème à l’autre. Il faut, de fait, améliorer l’observation et la gestion individuelle des risques psychosociaux.
La santé du travail est une industrie

La souffrance au travail est un fait avéré et commun à plusieurs salariés, quelle que soit leur activité. Les entreprises ont petit à petit fait de la santé du travail une vraie priorité, parfois même une marque de fabrique. De plus en plus de psychologues, de médecins du travail, et même de cadres en ressources humaines, sont spécifiquement formés à la gestion des risques psychosociaux. En outre, au-delà de l’aspect purement médical, voire psychologique, des questions psychosociales dans le monde du travail, les entreprises font en sorte de s’adapter au mieux.

Il n’est pas rare aujourd’hui de trouver sur les lieux travail des salles de repos aussi confortables que son propre salon, des salles de sport partenaires ou installées dans les locaux afin que les salariés puissent se détendre, des masseurs, des salles de sieste ou de jeux, des activités organisées durant les heures de pause, etc. ; tout est conçu pour que les salariés se sentent bien au travail. Ces pratiques visant à limiter les risques psychosociaux au sein de l’entreprise se sont généralisées et sont parfois de véritables plus-values lors des entretiens d’embauche : l’écoute dite “compassionnelle” sur le lieu de travail est devenue un véritable fer-de-lance. En effet, en tous lieux et dans n’importe quelle situation, qu’elle soit personnelle ou professionnelle, le salarié doit avoir la possibilité d’être écouté lorsqu’il est au travail. Ce phénomène tend à mêler vie privée et vie publique, si bien que beaucoup de spécialistes considèrent ces nouveaux procédés comme excessifs, comme une véritable déviance de la médecine du travail au profit de tentatives de prévention résolument hygiénistes et peu modernes.


Pour prévenir la souffrance au travail, il faut remettre en question les tentatives des entreprises

Afin de ne pas totalement dénigrer les tentatives de prévention mises en place ces dernières années, Yves Clot préfère imaginer qu’il y aura une évolution de la situation sur le long terme.

Un chercheur ayant largement étudié les procédés hygiénistes a pris le parti de considérer les problèmes de santé publique comme des sujets politiques. Il pense que, pour plus d’efficacité dans la recherche de solutions, il est nécessaire qu’un porte-parole témoigne de la souffrance salariale sur les devants de la scène politique. Sans appui officiel, la médecine du travail ne serait d’aucune utilité, car inadaptée. Yves Clot n’est pas de cet avis : il pense que seule une application ciblée au cas par cas permettra d’élaborer des solutions viables sur la durée. Pour que la situation évolue, il faudrait que les individus s’impliquent et se sentent concernés par cette souffrance sociale. Les acteurs de la scène culturelle — cinéastes, documentalistes, journalistes — aussi bien que les patrons d’entreprise, doivent participer activement à la sensibilisation, afin d’instiguer une prise de conscience massive. Une fois les populations averties, il sera possible de se mobiliser pour mettre en place des actions efficaces, afin de faire évoluer la situation.

Pour pallier les difficultés sociales, il est indispensable que les salariés aient pleinement conscience de leurs compétences, mais également de leurs limites. Il revient à leurs employeurs de ne pas les soumettre au stress en réclamant des résultats inatteignables par manque de moyens ou de temps. Ainsi, si les limites de chacun sont respectées, et si les compétences de tous sont utilisées judicieusement, une bonne partie des problèmes psychosociaux pourront être évités. Le confort de travail n’en sera d’ailleurs qu’augmenté. De fait, dans un souci d’équilibre, lorsqu’un travail collectif est accompli et que l’un des collaborateurs n’a pas répondu aux attentes, il est nécessaire de rester objectif et de ne pas s’en prendre spécifiquement à l’individu dont les compétences n’ont pas été à la hauteur. C’est bien souvent en marginalisant un salarié au sein d’une équipe ou d’un service que naissent les phénomènes de stress et de remises en question, à l’origine de nombreux problèmes psychosociaux.

La prévention des risques repose avant tout sur une compréhension du travail et un juste équilibre des rapports sociaux entre collaborateurs. Les forces et faiblesses de chacun doivent se compenser afin que personne ne soit laissé de côté, et afin d’éviter le repli sur soi des salariés les moins performants. Un travail d’équipe correctement coordonné est une bonne base pour l’avenir d’une entreprise et le bien-être des salariés.

Conclusion

Dans son ouvrage “Le travail à cœur”, Yves Clot fait un véritable état des lieux de la notion de risque psychosocial. Souvent dépassés par des exigences entrepreneuriales toujours plus importantes, bon nombre de salariés subissent chaque année des modifications de leurs conditions de travail sans savoir comment y faire face. Malgré une amélioration évidente des procédés mis en place par les entreprises françaises pour lutter contre le stress et le mal-être au travail, il semble que les risques psychosociaux restent un véritable phénomène de société. S’il est généralement admis qu’il s’agit d’un problème de santé publique, aucune solution fiable n’a encore été trouvée. Reste à voir si l’implication des syndicats et des personnalités politiques du pays permettront de trouver un équilibre durable, qui permette de prévoir et de supprimer les problèmes psychosociaux en entreprise.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- la France a un rapport au travail très particulier ;

- la conscience professionnelle : le cœur du mal-être au travail ;

- le travail collectif disparaît ;

- le stress est un facteur important de mal-être ;

- il est possible de mesurer les risques psychosociaux ;

- la prévention existe ;

- pour prévenir la souffrance au travail, il faut remettre en question les tentatives des entreprises.

Revenir en haut Aller en bas
http://entraide.forumactif.org
 
Le travail à cœur - Pour en finir avec les risques psychosociaux
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La méthode simple pour en finir avec la cigarette - Allen Carr
» Brighelli : pour en finir avec la culture de l'excuse
» Pour en finir avec la laïcité
» [C2i2e] TICE : pour en finir avec l'Ecole de la République ?
» Pour en finir avec le gène ..de la dépression

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bien-être & Développement personnel :: Salle de lecture :: KOOBER( résumés) de livres-
Sauter vers: