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 Walden ou la vie dans les bois

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MessageSujet: Walden ou la vie dans les bois   Lun 26 Juin - 17:38

Walden ou la vie dans les bois

En lisant ce résumé, vous découvrirez que Henry David Thoreau, essayiste américain du XIXe siècle, a vécu seul pendant près de deux ans, dans une cabane au bord du lac Walden, dans l’État du Massachusetts. Il a construit cette cabane de ses mains et restreint ses besoins au maximum. Sans vivre totalement isolé (sa cabane se situait à quelques kilomètres de la ville de Concord), il a mené pendant plusieurs mois, l’expérience d’une vie en dehors des normes. Dans “Walden ou la vie dans les bois” il décrit cette expérience.

Vous découvrirez aussi :

- son refus de la société et l’affirmation de sa liberté ;

- comment avoir une maison à peu de frais ;

- les bienfaits de l’autosuffisance ;

- la simplicité volontaire : le vrai luxe c’est le temps ;

- comment se délester de ses possessions pour ne pas devenir l’esclave de ses biens ;

- que loin des contingences matérielles, il est possible d’observer le monde et soi-même ;

- comment apprendre à se connaître soi-même.

Les hommes vivent dans leur grande majorité une vie de tranquille désespoir. Du matin au soir, ils travaillent sans relâche pour subvenir à leurs besoins et payer leurs dettes. Ils ne perçoivent pas que leur vie s’écoule sans noblesse et que pour accéder à quelques biens, ils cèdent ce qu’ils ont de plus précieux : leur liberté. C’est pour arrêter cette fuite en avant, absurde et désordonnée, que cette expérience de retraite est menée, afin de retrouver le sens essentiel de l’existence.

Le refus de la société et l’affirmation de sa liberté

Thoreau part d’un constat simple : la société ne lui donnera pas facilement un rôle épanouissant, au contraire, il constate qu’il devra se battre à chaque étape, pour obtenir un travail dont le salaire lui permettra tout juste de survivre à l’image des hommes qu’il voit chaque jour s’épuiser à la tâche.

Cette vision lui rend évidente l’absurdité de l’existence de ses concitoyens sacrifiée sur l’autel de la productivité, condamnés à effectuer un labeur mécanique et aveugle pour l’assouvissement de leurs besoins.

Thoreau refuse cette privation manifeste de liberté qu’il juge inacceptable pour un Homme doté de raison.

Il n’accepte pas de devoir se plier aux règles de la société, qu’il considère comme les conséquences d’une absence de réflexion. Pour lui, la vie telle qu’elle existe dans les pays industrialisés est un amalgame d’habitudes appliquées sans réfléchir au pourquoi des actions et au comment de leur matérialisation. En fin de compte, les résultats produits sont dénués de valeur authentique car ils ne correspondent ni à la nature profonde des hommes, ni à la meilleure manière de répondre à leurs besoins et de résoudre leurs problèmes.

Thoreau est convaincu que le travail devrait quasiment être un loisir, et que l’Homme ne devrait travailler que parce qu’il en a envie. Son assujettissement à un travail répétitif, routinier et imposé lui est intolérable, quand bien même il pourrait rapidement en trouver un, car il est doué de ses mains et de sa tête.

Son admiration pour les Amérindiens, avant la conquête de l’Homme blanc, confirme sa vision qu’une autre vie est possible, que d’autres manières existent pour assurer sa survie, qui ne compromettent pas sa liberté et son épanouissement.

Bercé par les lettres classiques et orientales, Thoreau a accès à différents types de pensées, mais pour lui, la philosophie et la réflexion ne servent que si elles améliorent l’Homme et par conséquent font face à ses problèmes et ses difficultés : elles sont un outil que le penseur doit utiliser pour redécouvrir le sens réel de la vie.

En 1845, Thoreau décide qu’il est temps pour lui de mettre en pratique ses idées, afin d’expérimenter les limites de ses conceptions dans un corps à corps avec la vie réelle : il décide de mener l’expérience en s’isolant volontairement de la vie normale.

La mise en pratique : une maison à peu de frais

La décision étant prise, il s’éloigne de sa ville de Concord et s’installe dans la forêt, au bord de l’étang de Walden, car pour lui les étangs et lacs sont “les yeux de la terre” et il a une affinité et une attirance particulière pour eux.

Il ne choisit pas une vie d’ermite au sens propre du terme : ce lieu est suffisamment retiré pour lui permettre d’assurer sa tranquillité quotidienne, l’étang n’est éloigné de la ville que d’un kilomètre et demi, et les visiteurs, bien qu’occasionnels, ne manquent pas pendant son séjour.

Son but n’est pas de vivre une coupure totale avec le monde, mais plutôt d’essayer une nouvelle manière de vivre, ou de redécouvrir les anciennes.

Pour ce faire, il sait qu’il devra assurer en premier lieu ses besoins essentiels, et notamment avoir un abri. Il décide donc de construire une maison, ou plutôt une cabane, avec le minimum d’argent possible, pour prouver au monde que les sommes folles dépensées dans l’acquisition d’une demeure, et les prêts afférents, sont une source de gaspillage et de soucis injustifiés.

Il utilise une ancienne ferme en ruine en recyclant les éléments encore utilisables. Ensuite, au fur et à mesure il s’attelle lui-même à la rendre étanche et habitable, utilisant les matériaux présents en abondance dans la nature.

Il finit sa maison aussi vite que possible pour pouvoir commencer son expérience, et décrit en détails toutes les dépenses. Au final, la construction lui aura coûté 28,12 dollars : une somme dérisoire, même réévaluée.

Le choix de l’emplacement permet également un contact permanent et total avec la nature, ce qui constitue un autre axe fondamental de réflexion de la pensée de Thoreau : l’industrialisation a coupé l’Homme de la nature et par conséquent de lui-même, et seul un retour à un écosystème dans lequel l’Homme fait partie de la nature, plutôt que d’essayer de la dominer dans son intérêt, est une solution viable à long terme.

Le contact avec elle, dans une cabane rudimentaire permet la mise en pratique du but principal de l’auteur : la redécouverte de ce qui est vraiment essentiel, c'est-à-dire les actions et nécessités indispensables à la vie, libérées du poids du superflu.

Cette recherche d’essentialisme extérieur est la traduction matérielle de sa recherche d’essentialisme intérieur : c’est parce qu’il a peur de perdre sa vie à poursuivre des buts dénués de sens qu’il décide de se mettre à la lisière de ce qui est possible pour réfléchir à la liberté et jouir de sa vie sans entraves imposées artificiellement.

L’autosuffisance : un pas vers la liberté

La suite vient d’elle-même. Thoreau résume les besoins essentiels d’un Homme en quatre domaines : abri, combustible, vêtements et nourriture.

Pour l’abri et le combustible, il n’a que l’embarras du choix pour se chauffer. Les “corvées de bois” pour aller le chercher ne sont pas des obstacles : au contraire, elles lui donnent l’opportunité de se fondre dans la forêt et de découvrir de nouveaux endroits. Les flammes du feu sont selon lui une décoration d’intérieur bien plus subtile et satisfaisante que la meilleure peinture.

Concernant les vêtements, il constate qu’il faut bien peu pour se protéger des éléments, et que mise à part la volonté de paraître, rien ne justifie les dépenses en ce domaine. Bien plus : un vêtement qui est porté sans arrêt devient comme une seconde peau, et la patine et les accros qui se créent avec l’utilisation sont bien plus nobles que les changements de vêtements permanents qui rendent l’Homme semblable à un simple cintre. Il considère qu’il n’est utile de renouveler sa garde-robe que lorsque l’Homme a besoin d’un changement intérieur, et que le changement de vêtement doit laisser place à un nouvel Homme, comme le serpent qui mue.

Enfin, concernant la nourriture, il apprend bien vite à devenir agriculteur, cueilleur, chasseur et pêcheur. Il cultive un champ de haricots qu’il désherbe et entretient chaque matin et apprend à faire du pain. Il revend la totalité de sa modeste production et cette somme lui permet de couvrir la quasi-totalité de ses besoins en nourriture. Peu de ressources, peu de travail pour les produire, mais une quantité suffisante pour survivre, car il sait se contenter de très peu. Cette recherche d’absolu le conduit tout naturellement à refuser les conforts de la vie moderne : pas de café, de beurre ou de viande de bœuf par exemple, et encore moins de cigarette. C’est pour lui le prix à payer pour la liberté : le luxe coûte cher et mène à la servitude, il y renonce définitivement.

Quoi qu’il en soit, il démontre bien vite qu’il est possible de vivre, si ce n’est en autarcie complète, du moins de telle manière que l’indépendance est vite acquise par rapport aux obligations habituelles, en affirmant qu’il n’a travaillé en tout que six semaines pour assurer sa survie pendant un an.

La simplicité volontaire : le vrai luxe c’est le temps

Le leitmotiv de Thoreau est toujours de dire : “Simplifiez ! Simplifiez !” Il conçoit la société comme un énorme système d’habitudes compliquées, inutilement subtiles, douloureuses et contraignantes.

C’est à cause de trop de complications que l’Homme s’écarte de sa nature profonde, et l’auteur est convaincu qu’une fois ôtées les strates successives des époques qui ont chacune apporté leurs manières de faire, celui-ci non seulement sera plus libre, mais aussi plus heureux.

Une simplification drastique est donc nécessaire pour lui permettre de redécouvrir sa vraie nature sous ce vernis craquelé.

L’expérience de son repli dans la cabane a cette finalité : simplifier tellement sa vie pour permettre de redécouvrir l’essentiel, et ainsi pouvoir revenir à la civilisation avec un regard neuf et libéré de tous préjugés. C’est donc par un choix délibéré qu’il sacrifie les conforts et le superflu de la vie moderne en se concentrant sur l’essentiel de ses besoins et en étudiant les moyens les moins contraignants et les plus adéquats de les satisfaire.

Il faut se dédier à une ou deux activités, pas à une centaine.

Il faut avoir une ou deux pensées à la fois, pas un millier. Il se détourne par exemple bien vite du commerce, où il pourrait être talentueux, car faire du commerce implique des stratégies, des prises de risques, des réflexions nombreuses et parfois peu morales qui ne sont pas compatibles avec sa nature simple.

C’est l’intérêt de sa démarche : alors que la pauvreté et l’austérité sont imposées par la vie aux plus défavorisés, l’auteur ressent le besoin de s’y soumettre volontairement, en étant convaincu que cet état d’esprit est essentiel pour profiter d’une vie plus épanouie. En simplifiant son existence à tous les points de vue : abri, nourriture, combustible et vêtement, il se décharge de toutes les contraintes. Il est peut-être pauvre aux yeux du monde, mais selon ses dires, il devient extrêmement “riche de temps et de jours libres” qu’il peut alors dépenser sans compter.

Le vrai luxe serait donc le temps, et le moyen d’en avoir passe par une simplification drastique de sa vie en refusant tout ce qui viendrait la compliquer inutilement. Cette liberté absolue ne peut venir que d’une intransigeance totale avec les encombrements de toutes sortes, d’une vigilance de tous les instants aux invasions de la société moderne. Pour Thoreau, il est inutile de combattre le monde comme s’il était un ennemi. Plutôt que de se laisser envahir, il ne faut prendre que ce qui facilite les besoins incontournables et il faut refuser le reste : il s’agit d’une vraie philosophie minimaliste dans son application concrète.

Chaque amélioration de sa vie n’est en effet pas au prix de l’argent qu’il a fallu dépenser pour l’obtenir, mais plutôt au prix du temps de vie qu’il a fallu sacrifier pour obtenir cet argent : acheter un bien inutile revient donc à dépenser inutilement sa vie, par définition limitée.

Le refus des possessions, pour ne pas devenir l’esclave de ses biens

La meilleure illustration de sa volonté de simplification est dans son refus matériel de posséder. Il dénonce sans pitié le comportement absurde des gens qui travaillent sans relâche pour acquérir des maisons ou des possessions pour quand ils seront vieux ou malades, alors qu’ils se rendent vieux et malades en travaillant tous les jours au prix de grandes souffrances ; lors des vides-greniers, les choses inutiles, plutôt que d’être détruites, sont revendues à d’autres et elles s’entassent de nouveau dans des greniers différents. Quel intérêt ? Quelle satisfaction l’Homme peut-il tirer des choses qu’il amasse alors qu’il n’en a pas besoin ?

Ce qui est bien plus grave c’est que toutes ces choses ne sont pas possédées, mais qu’elles possèdent celui qui les détient ; en effet, c’est lui l’esclave qui doit s’occuper d’elles sans arrêt, en ayant l’esprit occupé par leur présence et éventuellement par les dettes qu’il a fallu souscrire pour les acquérir. L’élevage des bêtes par exemple, est un travail si chronophage, que celui qui possède une ferme y est totalement asservi, et le boeuf qui profite du foin qu’on lui apporte est bien plus heureux que son propriétaire.

Il voit avec pitié celui qui déménage sur les routes son mobilier à grand-peine alors que lui, qui n’a que l’essentiel, peut partir dans l’instant sans regarder en arrière et regretter quoi que ce soit. Il dénonce la grandeur des maisons, où on ne fait que passer de pièce en pièce, et où les meubles prennent toute la place vitale et la poussière, en les comparant aux tentes en peaux des Amérindiens, simples, luxueuses au sens propre car l’Homme s’y sent parfaitement protégé et à l’aise car elles sont sans meubles, démontables et déplaçables à volonté.

Faire plus avec moins, réfléchir à comment utiliser de multiples façons ses maigres possessions essentielles n’est pas de la pauvreté, mais de la créativité et de la liberté.

Thoreau refuse par exemple les dons des visiteurs, touchés par son apparente pauvreté, car il n’en a pas l’utilité manifeste et ce qui est inutile encombre inutilement son espace de vie et son esprit : l’encombrement a un coup intellectuel et matériel bien plus élevé que ce que l’Homme imagine, et seule une expérience de pauvreté voulue permet de s’en rendre compte : comprendre intellectuellement les avantages de posséder moins n’est pas suffisant.

Ce n’est que lorsqu’on possède moins, qu’on réduit ses besoins à l’essentiel qu’on peut retrouver sa liberté : sans cette application pratique, qui peut s’avérer douloureuse dans un premier temps car elle se heurte au bon sens et aux habitudes, on ne peut pas connaître cette liberté absolue qui naît d’une très grande simplicité.

Le naturaliste : entre observation et apprentissage

Le temps libre ainsi dégagé lui permet d’aiguiser ses sens et ses observations. Il devient bientôt un véritable spécialiste de la faune et de la flore environnantes, et ses observations sur les mouvements naturels s’approchent de celles d’un véritable naturaliste, au sens scientifique du terme. Fidèle à sa conception pragmatique, Thoreau prouve, même involontairement, que sa théorie de l’apprentissage est fondée : quelqu’un qui fabrique un couteau par lui-même en saura beaucoup plus sur la métallurgie que celui qui suit des heures de cours sur ce domaine. Celui qui tue et cuisine lui-même son gibier saura tout de l’essentiel de la cuisine. Celui qui vit en immersion dans la nature développera les compétences pour survivre et observer la nature. Ainsi, par exemple, il calculera la topographie exacte du fond du lac, de manière bien plus précise que les relevés existants. Il saura déterminer avec précision les infiltrations de glace aux fontes des neiges, ou l’épaisseur de la glace. Il sera un excellent géomètre et ses talents en ce domaine seront recherchés.

La similitude avec les anciens Amérindiens qu’il admire est frappante : la moindre trace de pas, la plus légère odeur de fumée, ou la plus petite fleur déplacée lui permettent de déterminer le nombre de visiteurs, leur direction et leur poids. Il apprend à repérer les plus subtils changements de température, de couleur, de luminosité, apprend à connaître presque chaque mammifère et oiseau distinctement, à ressentir profondément les changements de saisons et à vivre en fin de compte une sorte d’oisiveté bienheureuse, subjuguée par la beauté environnante, vagabondant à sa guise en se perdant lui-même pour mieux se retrouver.

Ce naturaliste qu’il devient petit à petit est indissociable d’un profond respect de la grandeur de la nature et de la petitesse de l’Homme. Au contact des éléments, il apprend à être humble, à respecter son environnement, et bien qu’attiré par les sensations primitives et sauvages de la chasse, il refuse bientôt, au nom d’une nécessité d’évolution de l’Homme, d’utiliser fusil ou pièges pour tuer des animaux et de consommer de la viande.

Le respect de la nature devient ainsi le socle sur lequel repose non seulement toute évolution future de l’Homme, mais aussi le préalable à son propre respect, car celui qui ne respecte pas la nature ne se respecte pas lui-même.

La contemplation : loin des contingences matérielles, il peut observer le monde et lui-même

Cette expérience avait une finalité : se dégager des contingences matérielles pour se libérer le maximum de temps, réfléchir sur le sens réel de la vie, et voir en quoi consiste réellement la nature de l’être humain, en profondeur, lorsqu’il est libre de réfléchir et de prendre son temps.

Car à quoi utiliser son temps libre si on ne sait pas comment l’utiliser ? Thoreau y apporte une réponse : à la contemplation et à une tranquille admiration de la vie.

Le contact proche avec les éléments lui a permis de peu à peu se fondre dans les environs et d’en devenir partie intégrante. Il a tout le temps de pêcher, se promener, lire, écrire, faire de la poésie. Le jour en lui-même est très calme, dit-il, il ne se presse pas, la course du soleil avance sans précipitation, ce n’est donc pas lui qui jugera le comportement d’un Homme.

Aussi la contemplation doit être encouragée si elle a pour but une plus grande compréhension de l’univers, car elle est en phase avec le cycle naturel des choses.

Une fois les tâches essentielles expédiées, le reste du temps est du loisir, et une telle latitude d’emploi de son temps est inimaginable à l’Homme “civilisé”, toujours pressé, toujours inquiet, toujours occupé, et qui ne voit pas passer sa vie puisqu’il n’a pas le temps de la regarder.

De cette manière, la contemplation n’est pas une activité inutile et éthérée : elle est au contraire l’essentiel du plaisir de vivre. Celui qui ne la connaît pas et ne s’y adonne pas, passe à côté de sa vie.

De plus, la société ne changera pas par un raffinement toujours plus poussé de ses fonctionnements, mais par un changement de conscience des individus, et ce changement ne peut se faire s’ils ne peuvent prendre le temps de réfléchir à comment vivre et comment améliorer leur vie par une transcendance accrue avec le monde.

Pour Thoreau, la contemplation n’a pas besoin d’être exclusive : s’il regrette en permanence les bruits extérieurs à la nature, de nature humaine, et notamment le chemin de fer qu’il hait et admire en même temps, il ne refuse pas d’aller souvent à la ville pour y apprendre des nouvelles et des commérages. Cela lui permet d’une part de ne pas se couper totalement de ses concitoyens, ce qui n’a jamais été son but, d’autre part de vérifier que ses nouvelles habitudes de vie sont bien supérieures à celles qu’il a laissées en ville, et qu’il est sur le bon chemin pour redéfinir la structure de sa vie.

Apprendre à se connaître soi-même

La contemplation de la nature tend effectivement naturellement à une autre forme de contemplation, encore plus précieuse pour l’auteur : la contemplation de soi-même.

Il ne s’agit pas d’être focalisé égoïstement sur ses besoins et désirs ou sur un narcissisme hors de propos. Il s’agit de redécouvrir ce qui fait de l’Homme un être exceptionnel, et pour l’auteur, sa Divinité. En effet, Thoreau, fervent admirateur des anciens textes, connaît en détail l’ancienne maxime grecque : “connais-toi toi-même”. C’est là son but ultime, et le but qu’il montre du doigt à ses lecteurs. C’est par et pour une meilleure connaissance de soi que l’Homme doit s’efforcer de vivre, et tout le reste n’est qu’accessoire. Son refus matériel de la société, son refus des possessions, son admiration de la nature, ne mènent qu’à cette fin : que reste-t-il à l’Homme quand il a la possibilité de choisir ce qu’il veut être ? Qui est-il ? Et que peut-il apprendre de lui-même ?

En effet, bien plus vastes et inconnus sont les territoires intérieurs de l’Homme, et celui qui parcourt le monde en long et en large aura moins appris que celui qui seul, libre et calme, explore les régions de son âme. Le monde extérieur n’est pas tout : il existe en chaque Homme des profondeurs à découvrir, des hauteurs à escalader. Le simple fonctionnement de sa pensée habituelle n’est pas l’essentiel de son essence ; chacun doit donc s’efforcer de découvrir ce qui est en lui car c’est par cette découverte qu’un Homme s’accomplit réellement et seule la connaissance de soi-même apporte le bonheur.

L’auteur insiste donc tout naturellement sur l’importance de la solitude. Bien sûr, les visiteurs superficiels et les distractions lui sont une perpétuelle gêne, mais ce n’est pas une éviction extérieure qu’il conseille : plutôt une aspiration intérieure, un besoin profond de solitude, une coupure intérieure de ce qui intéresse les hommes, de leurs désirs innombrables et de leur frénésie à les satisfaire. C’est dans la solitude que la réflexion peut naître, et c’est dans la solitude qu’elle porte ses fruits. À la solitude, pour croître en sagesse, l’auteur conseille ardemment la lecture des anciens textes philosophiques et religieux, bien plus profonds que les ouvrages couramment conseillés dans les écoles ou facilement dévorés pour le plaisir.

Ces textes sont d’un abord abrupt et peu attirant, mais ils renferment des trésors d’expérience intérieure qui cartographient d’une certaine manière les régions de l’esprit : il est impossible de trouver ailleurs le résultat aussi précis et efficace des explorations de la conscience effectuées par les sages des temps passés.

Conclusion

L’expérience à laquelle Thoreau s’est livrée est selon ses propres dires intimement personnelle et il n’impose à personne de faire de même car, selon lui, chacun doit trouver sa propre voie, son propre chemin sa propre manière de vivre. Mais, il exhorte chacun à sortir de l’ornière des automatismes et à réfléchir avec sagesse à sa propre vie et à agir avec détermination pour la simplifier et trouver le bonheur.

Ce qu’il faut retenir de ce résumé :

- Thoreau refuse le fonctionnement de la société visant à toujours plus de production inutile ;

- il décide de se réfugier dans les bois pour tester une autre manière de vivre ;

- il devient rapidement autosuffisant avec un investissement minimal ;

- la simplicité volontaire est essentielle à la liberté ;

- posséder moins permet d’avoir du temps, ce qui est le vrai luxe ;

- vivre dans la nature permet de la connaître intimement ;

- la contemplation est l’essentiel du plaisir de vivre ;

- la connaissance de soi-même est le but ultime de toute action véritable.



Le Monde change #AvecCeKoob

L’expérience de Henry David Thoreau a duré environ 2 ans. En 1846 (à mi-chemin de sa vie dans la cabane), il est mis en prison pendant une journée parce qu’il a refusé de payer ses impôts pendant six années. En effet, c’est pour lui un geste de protestation envers l’État américain, car il ne cautionne ni la guerre avec le Mexique, ni l’esclavage et considère qu’il est de son devoir de s’y opposer. Une fois en prison, il insiste pour que personne ne l’aide, mais sa tante paye les arriérés et il est libéré le lendemain. De cette aventure, il tire son essai “De la désobéissance civile” qui a inspiré Gandhi et Martin Luther King dans leurs combats respectifs.

Henry David Thoreau quitte sa cabane en septembre 1847. Dans “Walden”, il justifie la fin de l’expérience par le fait qu’il en avait “fait le tour”. Dans son Journal, il reconnaît néanmoins qu’il ignore les raisons profondes de ce retour à la ville. Il va alors vivre chez son ami et mentor Ralph Waldo Emerson qui est en voyage en Grande-Bretagne. De nombreuses questions lui sont posées sur son expérience sur les rives de Walden, et il rédige “Walden ou la vie sauvage” en 1849. Il retourne vivre chez ses parents et travailler avec eux afin de régler ses nombreuses dettes et de prendre le temps d’écrire. Il multiplie également les escapades notamment à Cape Code et s’engage activement contre l’esclavage en organisant des rencontres abolitionnistes.

En 1859, il contracte une tuberculose. Son état s’aggrave avec les années et il meurt en 1862 à 44 ans. Il est enterré à Concord, sa ville de naissance qu’il n’a jamais vraiment quittée.

Henry David Thoreau et les transcendantalistes (mouvement littéraire et philosophique fondé par son ami Emerson) sont parfois considérés comme des Romantiques tardifs. Leur doctrine qui croit en la bonté naturelle des êtres humains s’inspire de Kant et de Locke. Ils étaient également influencés par les écrits bouddhiques déjà disponibles à l’époque. Ce mouvement inspirera par la suite la Beat Generation dans les années 1950.
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