Bien-être & Développement personnel

Discutions amicales
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 L'instinct de vie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin
avatar

Messages : 430
Date d'inscription : 16/04/2016

MessageSujet: L'instinct de vie   Lun 26 Juin - 18:42

L'instinct de vie

En lisant ce résumé, vous découvrirez qu’il est possible de se remettre d’un psychotraumatisme et de renaître.

Vous apprendrez aussi que :

- le temps est un allié précieux ;

- le survivant n’est pas coupable d’être en vie ;

- la mémoire traumatique se réactive très vite ;

- les psychiatres et psychologues offrent une aide précieuse ;

- la présence bienveillante des proches est essentielle ;

- les faux amis, dont l’alcool et les drogues, empêchent la cicatrisation.

Le 7 janvier 2015, à Paris, une attaque terroriste est perpétrée dans les locaux de “Charlie Hebdo”. Deux ans après l’attentat, Patrick Pelloux, médecin urgentiste, chroniqueur au journal et ami des victimes, décide de publier “L’instinct de vie”. Le but de ce témoignage est d’aider ceux ayant subi un psychotraumatisme et de proposer une méthode pour se reconstruire et vivre avec.


Le réflexe de l’urgentiste est de sauver les vivants

Au moment du drame, Patrick Pelloux est en réunion avec les pompiers, les urgences et le Samu. Alerté immédiatement, il est parmi les premiers sur place. Plongé dans l’horreur, il est en état de sidération. Son cerveau se scinde en deux : une partie se protège de la violence, comme anesthésiée, et, instinctivement, l’autre le pousse à agir pour tenter de sauver les vivants. Il identifie les morts, repère les blessés et, en tant qu’urgentiste, fait le nécessaire pour que les blocs opératoires soient prêts à les accueillir. Il prévient les autorités de l’État, puisqu’il s’agit d’un acte de guerre. C’est seulement après qu’il s’effondre, physiquement. Se relever prend du temps, apprendre à vivre avec la souffrance est un long travail sur soi.

En novembre 2011, les locaux de “Charlie Hebdo” sont incendiés ; en mars 2012, des militaires sont exécutés à Montauban, etc. Autant de signes prémonitoires d’une guerre latente, contre laquelle il est difficile de lutter. Une guerre menée avec des kalachnikovs, les armes de prédilection des djihadistes. La France d’alors, les services d’urgence et les médecins ne sont pas préparés à affronter un conflit de cette ampleur. Depuis ces attentats, les pouvoirs publics se sont mobilisés : aujourd’hui, toutes les personnes intervenant en cas d’attaque terroriste sont formées, car le système de santé doit être réactif et s’adapter à cette nouvelle forme de guerre. La psychiatrie civile, généralement préconisée pour affronter le suicide ou l’accident ne suffit plus : la psychiatrie militaire doit prendre le relais.

Qu’est-ce que le traumatisme ? Patrick Pelloux donne un aperçu historique

Plusieurs théories expliquent le psychotraumatisme.

Nommé “syndrome du vent du boulet” par les médecins de l’époque napoléonienne ou “railway brain” (cerveau de chemin de fer) à l’occasion des catastrophes liées à l’industrialisation du XIXe siècle, le choc psychologique est reconnu par la médecine de guerre. Toutefois, les interprétations le concernant sont seulement somatiques et organiques.

Durant la première guerre mondiale, les médecins reçoivent de nombreux soldats cataleptiques. Afin de détecter parmi eux les simulateurs des hystériques, ils leur administrent des traitements extrêmement douloureux — des décharges électriques, par exemple.

Quant aux psychanalystes, ils élaborent des théories sur les effets des traumatismes. Selon Freud, ils atteindraient la libido narcissique, l’amour de soi. Ferenczi, lui, voit dans tout traumatisme un effondrement accompagné d’angoisse. Pour Kardiner, c’est “l’ego effectif”, le moi chargé de s’adapter, qui est atteint : développé dès la naissance, il a comme tâche d’éliminer les stimuli agressifs en inspirant des conduites de modification de son environnement. Il se sert des capacités cognitives et psychomotrices ainsi que des régulations neurovégétatives. Agressé, l’ego effectif n’a comme solution que la dissociation, tentative désespérée de maintenir le contact avec le monde au prix d’une fragmentation de la conscience.

Les psychanalystes lacaniens pensent que le traumatisme serait le résultat d’une rencontre inopinée avec le réel brut de la mort et une rupture avec le symbolique, c’est-à-dire le langage et la culture. Le réel traumatique est donc ce qui est impossible à dire et à représenter.

Le psychiatre et psychanalyste Viktor Frankl a expérimenté les camps de la mort. Il explique qu’il a dû se fondre dans la masse pour survivre physiquement tout en s’efforçant, spirituellement, de rester un être libre et doué de pensée. Un autre psychanalyste, Claude Barrois, analyse le traumatisme comme une rupture des liens avec le monde, avec l’impression d’être brisé et réduit à néant. Le blessé ne se représente pas la mort dans son psychisme, puisqu’elle ne lui a jamais été présentée avant.

Quant à la théorie de Louis Crocq, elle met en évidence trois points : l’aliénation traumatique où les victimes ne se reconnaissent plus ; le bouleversement de la temporalité où le temps s’est figé dans l’horreur ; et le non-sens impliqué par le trauma, tel un court-circuit qui amène le chaos.

Toutes ces hypothèses et analyses témoignent de l’évolution des recherches sur le traumatisme.

Le stress post-traumatique perdure longtemps

Patrick Pelloux revient sur l’état de sidération, qui l’a laissé pétrifié, incapable de bouger, déconnecté de toute réalité pendant trois jours (durée variable d’un individu à l’autre). Comment le corps réagit-il ? et l’esprit ? Les organes cognitifs sont atteints : audition, vue et respiration. L’hypersécrétion d’adrénaline s’accompagne de tachycardie, sueurs, polyurie, etc. Alors que le cerveau localise tout au niveau de l’amygdale cérébrale, siège des émotions.

La vie normale prend fin brutalement. Dans ce cas, il convient d’orienter la victime traumatisée vers un professionnel de l’urgence, au plus tard dans les 48 heures après le drame, car si son entourage veut l’aider, il se montre souvent maladroit. Un : “ça va aller mieux” ou “c’est la vie” est déplacé. En revanche, sa présence est utile.

Face à un traumatisme, certaines personnes choquées fuient, d’autres restent prostrées pendant des mois. Le médecin urgentiste, quant à lui, a rapidement besoin de travailler à nouveau. Il reprend son stylo pour écrire dans “Charlie Hebdo”.

Malgré tout, il ne supporte plus la société et son immédiateté, il ne dort plus, hanté par la vision de ses amis morts, il s’épuise. La consommation d’alcool et de café l’aide à tenir le coup ; certains deviennent anorexiques, d’autres boulimiques et le stress post-traumatique dure bien plus longtemps qu’on ne l’imagine.


Les victimes prennent conscience de leur vie d’avant et de celle d’après

La mort bouleverse ceux qui y ont échappé en profondeur. Ceux qui restent après la disparition d’un proche atteint d’une maladie grave s’y sont préparés, même inconsciemment, mais ceux qui restent après un attentat ou un accident ne s’y attendent pas. Pour eux, il y a un “avant” et un “après” le choc. Avant, c’était le temps du bonheur : en avaient-ils seulement conscience ? Non, ils ne le savaient pas. Cette ignorance donne naissance à une forme de culpabilité : les peines d’avant, les accidents matériels perdent toute leur significance.

Quant à “l’après”, voire “l’avec”, il rend méfiant et empêche d’accéder à la résilience, un terme qui signifie que ce qui a été déformé reprend sa forme initiale. Or, après une telle fracture, il est impossible de retrouver son état d’avant, juste de s’accommoder à cet “avec”. Se rééduquer à la vie, en faisant preuve de courage et de volonté, continuer à vivre avec un handicap, telles sont les nouvelles priorités.

L’acte terroriste vise à faire du mal aux individus, mais au-delà, à ébranler une société, un pays. Les survivants éprouvent la tristesse de la mort et prennent conscience de la situation de guerre, une double peine difficile à gérer.

Parmi les survivants, certains vont entretenir le culte de leurs proches disparus, n’exister que par eux et aller jusqu’à se créer une nouvelle identité. Patrick Pelloux juge cette attitude dangereuse. Il cite l’exemple exceptionnel — et qui doit le rester — de Françoise Rudetzki, présidente de SOS Attentats, qui a fait de son identité de victime un étendard. De la même façon, fréquenter une association de victimes peut conduire au repli sur soi, même si l’identité victimaire reste malgré tout une étape qui doit être prise en compte et indemnisée.

En tant que médecin urgentiste et survivant, l’auteur côtoie les deux mondes, celui des soigneurs/acteurs et celui des victimes/sujets. Le soir du 13 novembre 2015, il ne se rend pas sur le terrain, au Bataclan, mais œuvre au téléphone, avec les secouristes du Samu : il conseille les valides qui veulent secourir les blessés.

Aider à l’évacuation des victimes, permettre aux secours d’intervenir encore plus vite est essentiel, mais cette bonne volonté est enrayée par la mise en place des périmètres de sécurité. Le risque de “surattentat” existe, certes, mais il ne doit pas ralentir les secours. Pelloux insiste sur l’absolue nécessité de faire coopérer immédiatement et efficacement la police et les équipes médicales.


Les rescapés doivent vivre avec le syndrome du survivant et la mémoire traumatique

Nombre de survivants sont à la fois heureux et coupables d’être en vie. Certains luttent contre cette culpabilité en changeant leurs habitudes alimentaires, en ayant recours à l’alcool ou à des drogues de type cannabis ou cocaïne. Mais une fois l’effet de ces drogues estompé, l’angoisse revient de plus belle. Comment peuvent-ils s’en sortir ? Par le biais de l’amour et de la bienveillance, en ayant le sentiment d’être utiles aux autres, mais pas avec de l’argent.

Les survivants ne sont ni coupables, ni responsables de quoi que ce soit, pas plus que les États. Ils peuvent juste éprouver des regrets et essayer de se reconstruire malgré eux. La “mémoire traumatique” qu’ils développent est un obstacle à leur guérison, c’est pourquoi il leur faut apprendre à la dominer.

Que se passe-t-il dans le cerveau face à une situation dangereuse ? Se déclenchent d’abord une réaction émotionnelle et comportementale (le sursaut), puis une régulation à cette réponse (le retour au calme ou la fuite). Ensuite, survient le stress, qui provoque des réactions biologiques : la respiration s’accélère. En quelques millièmes de seconde, le cerveau est envahi par le danger : l’amygdale cérébrale reste hyperactive ou est déconnectée. Le mécanisme est complexe et provoque des troubles graves : mémoire traumatique submergée de flashs, peur de la réactiver à la moindre manifestation de violence.

Survivre, c’est souffrir physiquement et psychiquement de l’absence des disparus, mais aussi vivre les commémorations. Si elles sont éprouvantes pour les rescapés, la société a toutefois besoin de ces rituels.

Chacun se reconstruit à sa manière, aucune victime n’est semblable à une autre

Il existe plusieurs moyens de se reconstruire, selon sa propre expérience, sa sensibilité, etc. :

- le choix des tenues vestimentaires participe à la reconstruction. En effet, un vêtement est facilement associé à un souvenir, bon ou mauvais : il permet de déclencher la mémoire, apaise et préserve de l’oubli ;

- certains se reconstruisent seuls, d’autres en (re)trouvant l’amour, mais la personne aimée n’a pas un rôle facile à jouer car elle doit accompagner le blessé dans son travail de reconstruction, travail qui peut être long. Elle est là également pour consoler, c’est-à-dire aider à accepter, sans oublier ce qui est définitivement perdu, et réinventer quelque chose de nouveau ;

- une technique psychologique, “Eye movement desensitization and reprocessing” (EMDR), qui repose sur des mouvements oculaires, permet d’agir sur la mémoire traumatique, un peu comme l’hypnose.

En vérité, chacun fait comme il peut, car il est difficile de commencer une nouvelle vie. Ce qui compte, c’est que la victime, dans sa fragilité, soit entourée, soutenue, et qu’elle puisse calmer sa souffrance par des activités qui lui feront du bien.

Pour ce qui est de la victime connue du grand public, à l’instar de Patrick Pelloux, elle a tout intérêt à refuser les interviews trop fréquentes. Il est utile qu’elle témoigne auprès de quelques journalistes sérieux, en quête de vérité, mais doit réserver ses récits personnels aux psychiatres, car ce sont les seuls aptes à les entendre. L’auteur déplore les réactions médiatiques d’aujourd’hui, le comportement des journalistes qui déversent des flots d’informations morbides, sans ménagement.

Comprendre l’horreur contribue à mieux renaître

Même si c’est douloureux, comprendre l’horreur et la déconstruire (la détruire est impossible) est nécessaire à tous, victime ou non. Reconstruire, c’est rouvrir les locaux d’un journal, d’une salle de spectacle ou d’une supérette, continuer à fêter le 14 juillet dans la joie. C’est aussi laisser les proches des victimes se recueillir sur les lieux du drame, comme ce fut le cas au Bataclan. C’est permettre aux professionnels d’urgence, notamment aux CUMP (cellules d’urgence médico-psychologique), théoriquement destinées à intervenir dans les tout premiers instants, de continuer à accompagner les victimes dans le temps.

Lors de la réouverture du Bataclan, Patrick Pelloux est lui-même resté auprès de victimes venues assister aux premiers concerts. En les rassurant, en les aidant à rester — ils ont tendance à fuir les salles de concert et à devenir agoraphobes — ils les a réconfortés et a participé à sa propre guérison.

Les victimes doivent être capables de faire preuve de bienveillance envers elles-mêmes

Les victimes de traumatismes n’ont plus le même rapport au temps : il est différent de celui des autres, de leur entourage. Toutes doivent apprendre à laisser le temps faire son travail, comme une blessure corporelle qui cicatrise doucement. Tout comme le professionnel, le psychologue, prend le temps nécessaire pour aider le malade, les deux devant se faire confiance — l’hypnose peut éventuellement compléter l’accompagnement psychologique.

Avant d’aller vers les autres, de se créer de nouveaux amis, la victime doit d’abord s’accepter, avec sa douleur, être bienveillante avec elle-même afin de pouvoir recevoir le soutien des autres. Comment se manifeste cette bienveillance ? Cela revient à éviter tout ce qui rappelle le traumatisme, à pratiquer des activités sportives et culturelles, à côtoyer des amis attentifs, à sourire et rire dès que possible, à s’occuper d’animaux. Un accompagnant peut également aider la victime à accomplir des actes de la vie quotidienne, se promener avec elle, et même la laisser boire de l’alcool si elle en a envie. Évidemment, il ne s’agit pas de l’inciter à tomber dans une dépendance, mais de ne pas la juger si, temporairement, ce geste lui apporte un réconfort.


Deux attitudes qui font du bien au blessé : oser le silence en restant avec lui et le déranger dans sa souffrance

La question : “Ça va ?”, adressée à une personne qui vient de vivre un moment dramatique, est incongrue. Au lieu de répondre “non” jusqu’à trente fois par jour, Patrick Pelloux a décidé d’adresser un “je tiens” qui a laissé ses interlocuteurs dans l’embarras.

Pour soutenir la victime, l’ami compréhensif n’est pas obligé de parler, mais doit simplement être là, à l’écoute : sa seule présence réconforte celui qui souffre. Car, paradoxalement, celui-ci a à la fois besoin de l’autre et de silence. S’il veut parler — dire les choses est extrêmement difficile — il peut le faire avec son psychiatre.

Le proche a aussi une autre mission, celle de déranger la victime dans sa souffrance, de bousculer la douleur pour la démanteler. Seul un proche qui a sincèrement envie d’aider la victime à s’en sortir peut y parvenir. Forcer quelqu’un à se secouer n’est pas le soutenir ; il vaut mieux l’aider à s’en sortir, en marchant à ses côtés, à son rythme.

L’aide des psychiatres et psychologues est fondamentale

Parler à un psychiatre, c’est apprendre à mettre des mots sur ses souffrances et le suivi peut durer longtemps. En effet, le patient apprend petit à petit à supporter le souvenir du drame chaque matin grâce aux armes de défense fournies par le thérapeute. Raconter, ce n’est pas revivre le drame, mais se replacer dans le présent pour expliquer au cerveau qu’il n’a plus rien à craindre.

Les enfants aussi peuvent avoir besoin d’un accompagnement. Ils ont besoin de savoir, qu’on leur explique les choses. S’ils ont perdu un parent, un suivi psychologique est indispensable : ils vont continuer à vivre et à grandir avec une vérité difficile à accepter, mais qu’ils doivent entendre. En outre, le jeu et le dessin peuvent les aider à s’exprimer.

Dans tous les cas, les psychiatres militaires et civiles ont tout intérêt à tisser des liens pour aller au secours des victimes d’attentat, par là-même victimes de guerres.

Pour tendre vers un mieux-être, chacun peut se fabriquer des bulles

Les professionnels de santé, les proches et les amis, tous peuvent contribuer à rendre l’avenir de la personne traumatisée moins sombre. Elle peut aussi, toute seule, se créer des moments de plénitude, même très courts, que Patrick Pelloux nomme des “bulles de sérénité”. Comment former ces bulles où le cerveau est dépourvu d’idées morbides ? Par le sport, la relaxation, le yoga, la méditation, le rire ou encore l’art. À chacun de trouver la bulle qui lui conviendra. Patrick Pelloux préconise le yoga, associé à la méditation et à la relaxation. Il convient que cette discipline n’est peut-être pas accessible de prime abord, mais il pense qu’avec un bon enseignant, il est possible de trouver le bien-être et une forme de légèreté.

Chaque bulle contient de la douceur, quelque chose de beau et même de voluptueux.

Il faut savoir se préserver des indésirables

Les médias qui diffusent en boucle des images de violence et de haine, ceux qui ont pitié, ceux qui vont vers les victimes pour savoir et les faire parler, ceux qui regrettent que certains survivants n’aient pas été tués ce jour-là — deux ennemis de Patrick Pelloux auraient aimé qu’il meurt le 7 janvier 2015 — des collègues qui refusent de voir revenir l’un des leurs sous prétexte qu’il représente un risque, toutes ces personnes, l’urgentiste conseille de les fuir. La haine, consommatrice d’énergie, n’est pas la solution. L’indifférence, en revanche, parce qu’elle est une forme de sagesse, permet de se protéger.

Autre mauvais réflexe à fuir, l’abus de médicaments et de drogues. Ni les anxiolytiques, ni les hypnotiques, ni les bêtabloquants ne font de miracles. Un sommeil perturbé génère de la fatigue, d’où l’absorption de ces médicaments censés le réguler. Mais sont-ils vraiment adaptés aux psychotraumatismes ? Il en doute. Les drogues, quant à elles, sont des paradis artificiels.

Vivre avec ses souvenirs

Les souvenirs se rappellent aux proches des victimes en permanence, qu’ils soient matériels ou sentimentaux. Ils reviennent sans crier gare et même s’ils sont douloureux, la peur d’oublier incite à les conserver et à y rester très attaché.

Les souvenirs restent, ils font redécouvrir des lieux familiers, ils permettent de lier le passé et le présent, ils sont porteurs d’énergie et aident à accepter le fait d’être vivant. Garder des objets du disparu, écrire des livres, refaire du souvenir sur du souvenir : leur donner une nouvelle vie, les ancrer dans le présent est essentiel.

Avec ses souvenirs, la victime renaît. Elle continue à vivre, amputée d’un ami ou d’un parent, et se construit autrement. Une épreuve d’autant plus difficile à passer pour celle qui est handicapée depuis le drame.

Le cerveau lui-même bâtit une nouvelle réalité et essaye de contrôler la mémoire traumatique, de l’apprivoiser. Comme pour un ordinateur, il effectue une mise à jour : rien n’est détruit. Changer l’environnement, tout en conservant des repères, aide à avancer, comme on réaménagerait un appartement sans déménager.

Retourner au travail, parce qu’il apporte de la stabilité, et retrouver des habitudes participent à la renaissance. L’activité professionnelle tournée vers les autres, la médecine par exemple, donne un sens à la reconstruction de l’individu, qui va devenir un autre, un homme nouveau, tout en restant la personne qu’il était. Face à l’altérité, l’identité profonde de l’individu est ce qui lui permet de survivre et s’oppose au principe de résilience, puisque la personne est incapable de revenir à son état d’avant.

Il ne faut pas sous-estimer le monde du travail, car il a son rôle à jouer dans l’aide aux victimes. Des entreprises ont d’ailleurs réaménagé les postes de salariés touchés de façon à ce que le travail ne constitue pas un nouvel obstacle à la guérison.

Conclusion

Patrick Pelloux, grâce à son témoignage d’urgentiste et d’homme blessé, délivre un message d’espoir aux victimes d’attentats ou d’accidents et à leurs proches. Écrire, acte très intime, s’est avéré douloureux, mais salvateur. Il est la preuve qu’il est possible de continuer à vivre, voire de renaître, après un tel choc. Le processus de reconstruction est long, mais possible.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- le réflexe de l’urgentiste est de sauver les vivants ;

- qu’est-ce que le traumatisme ? Patrick Pelloux donne un aperçu historique ;

- le stress post-traumatique perdure longtemps ;

- les victimes prennent conscience de leur vie d’avant et de celle d’après ;

- les rescapés doivent vivre avec le syndrome du survivant et la mémoire traumatique ;

- chacun se reconstruit à sa manière, aucune victime n’est semblable à une autre ;

- comprendre l’horreur contribue à mieux renaître ;

- les victimes doivent être capables de faire preuve de bienveillance envers elles-mêmes ;

- deux attitudes qui font du bien au blessé : oser le silence en restant avec lui et le déranger dans sa souffrance ;

- l’aide des psychiatres et psychologues est fondamentale ;

- pour tendre vers un mieux-être, chacun peut se fabriquer des bulles ;

- il faut savoir se préserver des indésirables ;

- vivre avec ses souvenirs.
Revenir en haut Aller en bas
http://entraide.forumactif.org
 
L'instinct de vie
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bien-être & Développement personnel :: Salle de lecture :: KOOBER( résumés) de livres-
Sauter vers: