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 7 façons d'être heureux

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MessageSujet: 7 façons d'être heureux   Lun 26 Juin - 21:28

7 façons d'être heureux - Ou les paradoxes du bonheur

En lisant ce résumé, vous découvrirez ce qui nous rend heureux.

Vous découvrirez aussi :

- la notion de bonheur à travers les âges et les philosophies ;

- pourquoi s’impliquer amoureusement peut s’avérer difficile si l’on ne croit pas en la vie après la mort ;

- qu’être libre nécessite parfois de sacrifier son bonheur à des valeurs supérieures ;

- que la laïcité permet de discerner les véritables sources d’admiration du monde ;

- les concepts d’élargissement de son horizon et de singularisation de sa personnalité ;

- pourquoi apprendre rend heureux, selon Platon et Kant.

Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Telle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce livre. Il y explique tout d’abord comment la conception du bonheur a évolué au fil du temps, puis décrit sept façons d’être heureux : comprendre ce qu’est réellement le bonheur, aimer, admirer, s’émanciper, élargir son horizon, apprendre et créer, et pour finir, agir.

La notion de bonheur se conceptualise au fil des époques et des pensées

De quelle façon le concept de bonheur a-t-il évolué au fil du temps ? Cette première partie sert d’introduction au livre et fait office de rappel historico-philosophique sur l’idée du bonheur. Aujourd’hui, le bonheur est, du moins pour certains, le but ultime ; pour d’autres, il n’est qu’une illusion. Toutefois, il est inaccessible car, d’une part, nous sommes mortels et, d’autre part, il nous est impossible de le définir tant nos désirs sont instables.

La théologie chrétienne détermine la souffrance — la maladie, par exemple — comme le moyen pour l’Homme d’accéder au bonheur. Croire en la vie après la mort permettrait également d’être heureux. En effet, l’Homme ne peut mener une vie paisible que s’il est persuadé qu’il existe une vie éternelle, pleine d’amour et de vérité, après la mort.

Le républicanisme kantien rejoint le christianisme, dans le sens où il valorise la souffrance et donc le travail. Le kantisme, doctrine philosophique fondée fin XVIIIᵉ siècle par Emmanuel Kant, considère que les dons naturels de l’Homme — la force, l’intelligence, la beauté — ne sont pas des vertus : ce qui compte, c’est ce que l’on en fait à force de travail et de volonté. L’auteur nous dit que le travail valorise l’Homme, et non pas la nature. Le travail assure sa survie, le rend plus humain, plus cultivé et lui permet de devenir libre. Le bonheur n’est que secondaire.

Dans l’Antiquité, la conception du bonheur était à l’opposé de celle du républicanisme. Le travail n’était pas synonyme de bonheur, mais de malheur. Seuls les esclaves, alors relégués au rang d’animaux, travaillaient, et il leur était impossible d’accéder au bonheur. Pour être heureux, l’Homme devait éliminer le travail de sa vie.

Au XVIIIᵉ siècle, deux grandes morales laïques se développent en Europe, l’une primant la liberté — le républicanisme kantien — et l’autre le bonheur. Cette seconde grande morale laïque est l’utilitarisme anglo-saxon, fondé par Jeremy Bentham, qui met le bonheur au centre. Selon cette pensée, le bien-être collectif est plus important que le bien-être personnel, bien que l’Homme trouve toujours un intérêt dans tout ce qu’il entreprend ; le désintéressement n’est qu’une illusion : il n’y a jamais d’action désintéressée. Même le sacrifice n’est pas désintéressé : l’Homme peut donner sa vie par intérêt pour les autres.

Dans les années 1960, l’hédonisme apparaît aux États-Unis, puis en Europe. La quête du plaisir devient dès lors le seul et unique but de l’Homme. Caractérisé par l’anti-aristocratisme et antirépublicanisme, l’hédonisme prêche l’authenticité et l’égalité de tous dans la différence. Cette “éthique de l’authenticité” est à l’origine du mouvement “pédago”, hostile à l’école républicaine, qui cherchait à aliéner les enfants au lieu de les aider à devenir eux-mêmes, ce qui les aurait rendus plus heureux. De même, dans les pays occidentaux, la pratique du sport, la diététique et les psychothérapies sont à la mode et prônent l’individualisme et le plaisir personnel.

Concept n° 1 : comprendre ce qu’est le bonheur

Dépend-il de nous d’être heureux ? Il existe deux grandes écoles avec des visions différentes du bonheur. Pour l’une, le bonheur ne dépend que de nous ; pour l’autre, il dépend du sort d’autrui et de l’état du monde.

Les théoriciens du “bonheur par soi”, centré sur soi-même, considèrent que le bonheur ne dépend que d’un travail sur soi. L’Homme qui est heureux le serait donc en toutes circonstances : dans la maladie, la guerre et la mort. Être heureux au sein d’un monde malheureux serait même un devoir. En effet, le bonheur étant contagieux, il serait bénéfique aux autres. Enfin, si l’on part du principe que le bonheur peut être défini de façon claire et distincte, il suffirait d’identifier notre nature profonde et nos besoins essentiels pour différencier ce qui pourrait nous rendre heureux, de ce qui ne le pourrait pas.

Les arguments de l’opposition sont tout à fait différents. Selon eux, le bonheur ne peut durer ; il est provisoire et fragile, car lié à la condition des autres et du monde qui nous entoure. Selon l’auteur, le bonheur n’est pas possible au sein d’un monde qui n’est pas heureux. On ne peut être constamment heureux dans un monde où des gens meurent de faim, sont gravement malades et se font tuer. De la même façon, l’Homme qui a conscience qu’il peut perdre ses proches ou mourir à tout instant ne peut être pleinement et durablement heureux. Le bouddhisme recommande de vivre seul pour pratiquer le “non-attachement”, de ne pas se soucier du sort des autres pour pouvoir être heureux, d’autant que, contrairement au malheur, qui est facilement définissable et identifiable — deuil, maladie, guerre — le bonheur ne l’est pas. Comment savoir ce qui nous rendrait vraiment heureux ? L’amour ? L’argent ? Le succès ? Personne n’est capable d’identifier sa nature profonde et de connaître la recette du bonheur, car il n’existe pas de nature humaine type : chacun est différent. C’est d’ailleurs parce qu’il n’est déterminé par aucune nature que l’Homme est libre de faire des choix et de définir la sienne, à la différence des animaux qui agissent selon un “logiciel naturel déterminant”.

La quête perpétuelle du bonheur peut d’ailleurs rendre malheureux. Les sagesses du bonheur, qui recommandent toutes sortes d’exercices physiques et psychiques pour améliorer sa vie, engendrent une auto-évaluation constante, un stress angoissant et même la culpabilité de ne pas être à la hauteur, en créant un idéal de soi destructeur. C’est pourquoi l’auteur explique que l’important est de comprendre que, ce qui nous rend heureux peut aussi nous rendre malheureux : la lucidité vaut mieux que l’illusion. Le bonheur éternel n’existe pas et il faut savoir se contenter de moments de joie.

Concept n° 2 : aimer

L’amour peut-il nous rendre heureux si l’on ne croit pas en la vie après la mort ? Pour s’adonner pleinement à l’amour, il faudrait croire en l’amour plus fort que la mort, et ainsi ne plus redouter la séparation ni le deuil. Il existe d’ailleurs bon nombre de mythes amoureux où l’amour triomphe de la mort. La légende de Tristan et Iseult en est un bon exemple : c’est dans la mort que les deux amants se retrouvent à la fin, leurs cercueils réunis par une ronce qui symbolise le lien qui ne pourra plus jamais être brisé. Les mythes, qui sont en général à connotation religieuse, se terminent souvent par “l’annulation de soi”, c’est-à-dire par la suppression de l’un des deux amants, ou même des deux, car la mort est nécessaire pour fusionner dans l’Autre.

Intéressons-nous maintenant à la légende de Psyché et d’Eros. Psyché — personnification de l’âme — est une jeune fille magnifique et Eros — personnification de l’amour passion — est le fils de la déesse Vénus (ou Aphrodite, son équivalent grec). Privée d’Eros, Psyché n’est qu’une âme sans corps et elle n’est donc pas désirable au sens érotique du terme ; c’est seulement en s’unissant à Eros qu’elle peut connaître le véritable amour. Toutefois, Vénus n’accepte pas que son fils s’unisse à une simple mortelle, et Zeus décide de rendre Psyché immortelle. De nouveau, c’est dans l’immortalité que l’amour des deux amants peut s’épanouir et les conduire au bonheur. Dans le monde réel, la vie finit toujours par séparer ceux qui s’aiment, et plus leur amour est fort, plus la séparation est douloureuse. Faut-il alors avoir la foi pour croire en l’amour ? Le christianisme promet l’immortalité à tous ceux ayant été sauvés par la grâce de Dieu. L’amour étant plus fort que la mort, c’est lui seul qui mène à la salvation, à condition que cet amour pour l’autre passe par Dieu, qu’il soit relié par la foi. L’amour véritable est donc voué au bonheur, uniquement si l’on croit à l’immortalité.

Cela dit, on constate que l’amour érotique ne permet pas non plus d’être heureux. Prenons le cas de Don Juan, ce personnage cynique et immoral qui ne recherche que le plaisir physique. On pourrait le penser totalement libre, mais il agit en réalité de la même façon qu’un drogué ne pouvant vivre sans sa dose, recherchant à chaque fois une nouvelle conquête pour la séduire, la “consommer” puis l’abandonner. Don Juan, qui passe de femme en femme, est comparable au consommateur actuel qui, pris dans une spirale infernale, cherche constamment à acquérir de nouvelles choses dont il se lasse à chaque fois. C’est la peur de la mort qui pousserait l’Homme à la consommation sans fin et les plaisirs artificiels, et c’est là que réside le paradoxe : c’est ce consumérisme qui nous rapproche de la mort, car il est addictif et nous empêche vivre dans le présent.

Face à la mort, il existe quatre attitudes possibles : ne pas y penser car elle est inévitable, y penser quotidiennement pour s’y préparer, croire en “la mort de la mort” promise par les religions (mais pour cela il faut avoir la foi) ou, face au deuil d’un être aimé, se dire que tant qu’il reste quelqu’un à aimer, la vie vaut encore la peine d’être vécue. Si l’on n’est pas croyant et que l’on ne croit pas en l’immortalité, il faut donc, encore une fois, distinguer la joie, réelle mais éphémère, du bonheur, qui est illusoire.

Concept n° 3 : admirer

Pourquoi l’admiration nous rend-elle heureux ? Jusqu’au XVIIᵉ siècle, le mot admiration était synonyme d’étonnement ; puis, s’y ajoute l’idée de bonheur. Les objets d’admiration rendent donc heureux. Pourtant, on admire ce que l’on est soi-même incapable de faire — la pratique d’un sport, d’un instrument de musique — ou ce qui nous dépasse — l’ordre cosmique, le divin. Comment est-il possible que ce qui nous fait nous sentir inférieur puisse procurer de la joie ? Les objets d’admiration sont, en quelque sorte, sacrés, et donnent le sentiment de participer à quelque chose de grandiose, rendent enthousiaste, au sens étymologique du terme (“theos” = divin).

Les hommes admirent ce qui n’est pas jetable, ce qui est impérissable. En possédant des œuvres d’art ou des meubles anciens, ils ont l’impression de pouvoir échapper à l’éphémère, voire à la mort. C’est une façon de délaisser le provisoire et d’entrer dans le monde des immortels. Actuellement, pouvons-nous encore admirer dans un monde laïc et démocratique ? Dans un pays comme la France où les hommes sont censés naître “libres et égaux en droits”, les privilèges des uns semblent injustes, illégitimes, voire illégaux pour les autres, ce qui entraîne la jalousie, l’envie, l’indignation et même la haine. Afin que chacun puisse être égal à son prochain, le grandiose et l’admirable n’ont d’autre choix que de laisser leur place à la platitude.

Pourtant, il existe toujours des objets d’admiration. Autrefois, on les trouvait dans la religion ou la cosmologie alors qu’aujourd’hui, c’est dans les sciences, la culture, la vie intellectuelle, les arts et les sports qu’ils sont les plus présents. L’Homme, par ses talents, a pris le pas sur le Transcendant. C’est dans la peinture hollandaise du XVIIᵉ siècle que le genre humain est, pour la première fois, représenté en tant qu’admirable dans des scènes de la vie quotidienne. Cela serait lié à la Réforme luthérienne, entraînant la “laïcisation de la religion”. De nos jours, c’est dans le sport que les hommes trouvent probablement leurs plus grands objets d’admiration. Les évènements sportifs majeurs ont d’ailleurs quelque chose de religieux, dans le sens où ils réunissent des millions de supporters à travers le monde. Selon l’auteur, cette admiration sans borne serait due à la dimension aristocratique, et donc inégalitaire, du sport. En effet, les grands champions sont admirés, tels des rois.

C’est l’être humain qui a inventé tous ces objets d’admiration — les religions, les littératures, les arts — c’est donc lui qui est admirable, et pas toutes ces choses qu’il a créées. Contrairement à l’idée générale selon laquelle l’Occident laïc serait vide et misérable, voué à la platitude et à la médiocrité, il est plus admirable que jamais. Laïcité est synonyme de neutralité, ce qui signifie que chacun doit donner du sens à son existence sans que l’État ne s’en mêle, sans se voir imposer une idéologie officielle ou des chefs. L’État décide des principes fondamentaux afin d’assurer la paix, mais pour le reste, l’Homme est libre. C’est là que réside la différence avec les autres époques : aujourd’hui, c’est l’Homme qui est sacré et admirable pour son talent, et non plus les religions. C’est donc la laïcité qui permet de percevoir les véritables objets d’admiration : la vérité, la lucidité, la beauté, la justice ou encore l’amour.

Concept n° 4 : s’émanciper

Vaut-il mieux être libre et vivre dans la lucidité et la vérité ou être heureux et vivre dans l’illusion et la servitude ?

On ne peut être libre et heureux à la fois. La liberté implique la notion de responsabilité. Lorsque l’on est libre et, par conséquent, responsable de nos actions passées, on se pose la question suivante : aurais-je pu ou dû faire autrement ? La liberté entraîne donc les regrets, les remords et la culpabilité. Aussi, d’après Spinoza, la notion de libre arbitre n’est qu’une illusion funeste, car elle nous rend malheureux.

Cela est principalement par peur que l’Homme préfère sacrifier la liberté au bonheur. Dans le “Léviathan”, œuvre majeure de Hobbes, l’être humain est caractérisé par la peur de mourir, c’est pourquoi il préfère mettre sa vie entre les mains d’un souverain chargé d’assurer sa protection, choisissant inconsciemment la servitude plutôt que la liberté. Quant à Nietzsche, il recommande de vivre l’instant présent, d’accepter sa destinée et ainsi de ne plus culpabiliser. Selon lui, seul le sage qui sait que le libre arbitre n’est qu’une illusion peut connaître l’“innocence du devenir” et ne plus avoir peur en permanence. Selon lui, le bonheur vaudrait donc mieux que la liberté.

L’auteur considère que seule la tragédie grecque permet de comprendre convenablement les rapports entre la liberté et le bonheur. Le tragique, au sens premier du terme, est relatif aux atrocités du monde, qui sont le résultat de nos “choix libres et résolus”. Pour les Grecs, le libre arbitre passait avant le bien-être. Le tragique n’oppose pas des “salauds et des justes”, des méchants et des gentils, mais seulement des points de vue libres et opposés ; toute décision n’est pas forcément bonne ou mauvaise. C’est en cela que diffèrent l’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité. L’éthique de la conviction, c’est défendre des principes coûte que coûte, sans prendre en compte la réalité du monde. C’est, par exemple, être pacifiste en 1935, alors qu’une intervention militaire immédiate aurait peut-être pu empêcher la guerre de s’étendre. L’éthique de la responsabilité, c’est faire le choix du moindre mal, agir en tenant compte de la réalité. C’est là que le libre arbitre est très important : mieux vaut faire des choix difficiles que de laisser faire pour ne pas se salir les mains.

Dans les années 1970, Wilhelm Reich élabora la théorie du freudo-marxisme. Selon lui, seul l’Homme qui laisse ses pulsions sexuelles s’exprimer peut être à la fois heureux et libre. À la même époque, la formule “Il est interdit d’interdire !” est revendiquée par les soixante-huitards. Fallait-il donc qu’il soit interdit d’interdire le racisme, le vol, le viol, voire le meurtre ? Bien sûr que non. C’est pourquoi il est impossible d’être totalement libre et heureux à la fois. Le monde étant ce qu’il est, on n’a presque jamais le choix entre une bonne et une mauvaise solution. Être libre implique de faire des choix et de devoir parfois sacrifier son bonheur à des valeurs supérieures, telles que la dignité humaine ou la résistance à l’oppression.

Concept n° 5 : élargir son horizon

Pourquoi la pensée élargie nous rend-elle heureux ? Dans le monde actuel, deux grandes expériences humaines sont sources de joie : l’élargissement de l’horizon et la singularisation progressive de la personnalité. Pour mieux comprendre en quoi consiste la singularisation, il faut définir les trois termes suivants : le particulier, l’universel et le singulier.

Le particulier se rapporte au folklore d’un pays ou d’une époque, tel l’artisanat local. Le particulier peut se transformer en universel. Par exemple, l’artisanat local peut devenir commercial à cause du tourisme et transformer des produits locaux et typiques en marchandises échangeables et remplaçables. Le singulier fait référence au particulier qui se fait universel, non plus dans le sens d’interchangeable, mais d’unique. Par exemple, une œuvre d’art mondialement connue est passée de particulière à universelle et devient donc unique. Elle est devenue singulière. Ce processus de singularisation vaut aussi pour les êtres humains, qui se singularisent au fil du temps en élargissant leurs horizons. Prenons le cas d’Ulysse, ce héros curieux et avide d’aventures qui cherche constamment à élargir ses horizons. Ses voyages, ses épreuves et son expérience le rendent singulier, irremplaçable et séduisant.

“Les goûts et des couleurs, ça ne se discute pas” : la beauté est subjective et il est impossible de forcer quelqu’un à partager ses goûts. Pourtant, on ne cesse de débattre à propos d’un film, d’un livre ou encore d’une musique. Ces querelles esthétiques nous obligent à élargir nos horizons pour essayer de comprendre le point de vue des autres, nous rendant ainsi plus humains et plus singuliers. Au sens biblique, “connaître” signifie “aimer”. En partant du principe que ces termes ont donc le même sens, les voyages, les épreuves et les expériences humaines nous permettent de mieux connaître les autres, mais aussi de mieux les aimer.

Ainsi, pour être heureux, il est primordial de faire des choses qui ont du sens pour nous, aussi pénibles soient-elles.

Concept n° 6 : apprendre et créer

Apprendre signifie “acquérir et transmettre des connaissances”, et créer “inventer et construire à partir de ce que l’on a appris”. Pourquoi le fait d’apprendre et de créer rend-il heureux ? Platon et Kant ont des points de vue différents sur la question.

Selon Platon, le plaisir d’apprendre est incomparable, car c’est le seul qui n’est pas précédé d’un manque tel que la faim, la soif ou le désir sexuel. Dans ces cas-là, le manque est d’ailleurs nécessaire pour éprouver du plaisir. La théorie platonicienne de la vérité est la suivante : les êtres humains ont connu la vérité quand leurs âmes n’étaient pas encore incarnées, puis ils l’ont oubliée à leur naissance et ne la retrouvent que par remémoration, c’est-à-dire en apprenant. C’est pourquoi le plaisir d’apprendre n’est pas précédé d’un manque mais d’une “plénitude simplement oubliée”.

Comme vu précédemment, d’après Kant, l’apprentissage est enthousiasmant, au sens étymologique du terme : il permet de se rapprocher du divin. Pour cela, il faut admettre qu’il existe un être omniscient — un Dieu ou un savant — qui sache absolument tout. La question suivante se pose alors : où sont les vérités quand les savants ne les ont pas encore découvertes ? Réponse : dans l’entendement divin. Apprendre procure donc un sentiment presque religieux, mais également un sentiment esthétique, car le plaisir provoqué par la beauté est comparable à celui de la connaissance. Par exemple, une œuvre d’art mêle à la fois le sensible et l’intelligible, le matériel et le spirituel, la beauté et la connaissance : c’est ce mélange qui est source de joie.

Le travail intellectuel, bien que fatigant parfois, procure donc de la joie. Pourtant, le goût d’apprendre s’est perdu : depuis presque un siècle, on constate un déclin phénoménal de la maîtrise de la langue française. Par exemple, d’après des archives, une dictée de vingt lignes comportait environ cinq fautes en 1925, contre dix-sept fautes en 1995. Cela est dû au remplacement des méthodes traditionnelles — dictée, rédaction, “par cœur” — par un enseignement basé sur l’autoconstruction des savoirs — autodictées, textes d’invention, travail sur les documents.

Pour remédier à la baisse du niveau scolaire, le Ministère de l’Éducation a proposé, il y a quelques années, de supprimer les notes, car elles auraient des conséquences terribles sur les élèves en difficulté : perte de confiance en soi et enfermement dans la logique de l’échec. Quant à Lévi-Strauss, le fondateur de l’anthropologie structurale, il a très vivement critiqué l’enseignement de l’écriture, qui réduirait les hommes en esclavage. D’une part, savoir écrire, et donc lire, les obligerait à respecter la loi, car le pouvoir a besoin que le peuple sache lire les lois pour lui démontrer qu’il ne peut les ignorer. D’autre part, ils seraient plus vulnérables aux affabulations écrites.

Depuis mai 68, le nombre d’incivilités à l’école — violences verbales ou physiques — aurait également augmenté. Certains recommandent de revenir à la vieille école de la IIIᵉ République mais, selon l’auteur, là n’est pas la solution. Certes, il y avait moins d’incivilités à l’école à cette époque, mais la criminalité en général était bien supérieure, sans parler de l’espérance de vie nettement plus faible, la misère, omniprésente dans les villes et le racisme colonial. En effet, Jules Ferry clamait qu’il existait des races supérieures pouvant exercer leur pouvoir sur les races inférieures et Paul Bert, ministre de l’Éducation, proposait la hiérarchisation des races. On peut penser que de tels propos étaient alors dans l’air du temps, mais il n’en est rien. Clémenceau s’oppose en effet fermement à cette différenciation entre les races.

De plus, l’idée reçue selon laquelle le niveau scolaire en général était supérieur avant est fausse. Par exemple, au début de la IIIᵉ République, 90% des filles et 75% des garçons étaient analphabètes. Le baccalauréat, créé le 17 mars 1808, comptait alors 31 lauréats, contre 500 000 en 2008.

Pour redresser le niveau scolaire, il faut réussir à apprendre les fondamentaux — lire, écrire, compter — dès l’école primaire, et faire comprendre aux élèves qu’avoir de bons résultats est vital pour entrer dans la vie active à notre époque. Seule une minorité a compris les enjeux de la société actuelle et les autres ne font plus suffisamment d’efforts. Selon l’auteur, c’est d’abord à la maison, où les valeurs et l’autorité traditionnelles se sont perdues, qu’il faut changer les choses.

Concept n° 7 : agir

Pourquoi le bien d’autrui peut-il rendre heureux ? Avec l’apparition de la science moderne au XVIIᵉ siècle, les hommes maîtrisent désormais la nature. Au siècle des Lumières, la maîtrise scientifique de la nature, mais aussi de la société, a pour but d’œuvrer pour des principes supérieurs : la liberté, le bonheur, la démocratie et le progrès en général. Aujourd’hui, la politique est devenue une technique ; l’objectif n’est plus de dominer la nature et la société au nom de la liberté ou du bonheur, mais de le faire par pur désir de le faire. La finalité n’est autre que le pouvoir pour celui-ci. Selon l’auteur, il faut remédier à cela en défendant et en promouvant la culture intellectuelle, morale et politique de l’Europe. N’oublions pas que c’est l’Europe qui a inventé la “culture de l’autonomie” des individus, en les incitant à penser par eux-mêmes. L’Europe est le symbole de la liberté, de la protection sociale, de la laïcité et du respect de toutes les religions.

Aujourd’hui, nos vies s’articulent autour de deux questions fondamentales : comment pacifier les relations entre les hommes ? et comment profiter de la vie en sachant que l’on finira tous par mourir ? Trois visions morales du monde y répondent :

1. selon le code cosmique, inventé par les Grecs, l’ordre des hommes doit être le même que l’ordre de la nature, c’est-à-dire hiérarchisé. Les meilleurs doivent être placés en haut de l’échelle, les moyens au milieu et les mauvais en bas. De cette façon, chacun n’a plus qu’à s’adapter à la place qui lui revient dans l’univers ;

2. le code religieux fixe des règles de conduite strictes et promet l’immortalité à tous ceux qui se seront bien comportés sur terre ;

3. le code humaniste et laïc, né dans l’Europe du XVIIIᵉ siècle, prône la liberté de tous par la limitation de celle-ci. Tant qu’elle n’empiète pas sur celle des autres, elle permet la coexistence pacifique des idéologies et des religions.

Conclusion

Il n’existe aucune recette miracle pour être heureux, voilà ce que l’auteur tente de démontrer dans son livre. Aimer, admirer, s’émanciper, élargir son horizon, apprendre et créer et, enfin, agir sont sources de joie, mais ne permettront jamais d’accéder à un bonheur éternel. L’essentiel est donc de comprendre que le bonheur est illusoire et qu’il faut savoir se contenter de petits moments de joie, certes éphémères, mais bien réels.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- la notion de bonheur se conceptualise au fil des époques et des pensées ;

- le bonheur est antinomique ;

- le bonheur d’aimer peut aussi être un malheur ;

- l’admiration peut nous rendre heureux ;

- liberté et bonheur sont dissociables, mais pas contradictoires ;

- la pensée élargie nous rend heureux ;

- la connaissance apporte de la souffrance aussi bien que la joie ;

- travailler au bien d’autrui peut rendre heureux.

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