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 Conversations cruciales

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MessageSujet: Conversations cruciales   Lun 26 Juin - 22:11

Conversations cruciales

En lisant ce résumé, vous allez apprendre à devenir un as du dialogue en apprenant à mener à bien les conversations délicates et/ou sujettes à conflits.

Vous apprendrez aussi :

- pourquoi il est important de savoir dialoguer efficacement ;

- comment aboutir à des solutions sur le mode gagnant/gagnant ;

- comment vous exprimer de manière limpide en ne laissant aucune place aux quiproquos ;

- comment recentrer la conversation sur le fond et non sur la forme du problème ;

- comment déjouer les conditionnements pour parvenir à vous faire comprendre ;

- comment vous assurer que la résolution de la situation soit mise en place.

Oser dire ce que l’on ressent sans créer de conflits et en faisant passer un message constructif n’est pas chose aisée. Pourtant nous y sommes confrontés au quotidien, que ce soit au travail ou à la maison. Les non-dits et les emportements sont une source de frustration qui peuvent rapidement ruiner la relation entre les protagonistes. Apprendre à mener une discussion importante peut résoudre n’importe quel conflit mais aussi permettre d’avancer en préservant, voire en renforçant, les liens qui nous unissent aux autres.

Apprendre à bien dialoguer améliore les relations sociales mais aussi la santé

Savoir mener une discussion délicate dénoue n’importe quel conflit. Lorsqu’elle est vraiment bien menée, elle améliore même la relation avec la ou les personnes impliquées. Un climat de confiance s’installe, les conflits n’ont plus lieu d’exister puisque les soucis se règlent à leur naissance. Par la suite, l’assurance que vous êtes ouvert au dialogue, confirmée par une discussion délicate bien conduite, facilitera la communication et donc l’efficacité de la coopération.

Les problèmes abordés dès leur survenue n’auront le temps ni de s’amplifier, ni de détruire des projets et des relations qui nous tiennent à cœur. Il peut suffire d’une conversation bien menée pour pacifier les choses sur le long terme. Les conflits seront résolus avant de devenir une source de stress qui ronge le corps et l’esprit sur la durée.

Cette source de stress éliminée, on peut visiblement en constater les effets sur la santé. Les différentes études menées sur l’impact du stress ont mis en avant que les sujets fréquemment exposés présentaient un système immunitaire plus faible que les champions du dialogue, une espérance de vie plus courte mais aussi un épanouissement personnel bien moindre.

Lorsque l’on sait que les principaux conflits et sources de mal-être émanent de l’environnement professionnel et familial, autrement dit là où nous passons le plus clair de notre temps, on comprend sans difficulté l’importance de savoir mener un dialogue constructif dans lequel tous les acteurs y trouvent leur compte.

Nous ne pouvons agir directement sur le comportement et les pensées d’autrui. Les outils développés ici permettent de travailler sur la seule personne que l’on peut maîtriser : soi. Il s’agit d’actions à mener pour son propre bien-être dans son environnement social. Si les conseils sont correctement appliqués, un dialogue constructif devient une incitation à la résolution des conflits et à la pacification des relations par la parole dans le futur.

Bien sûr, il n’est en aucun cas question de manipulation car les outils se basent sur l’empathie et la sincérité. En faisant primer ces deux qualités sur les émotions qui nous dominent, nous brisons le cercle vicieux du conflit. En effet, plus nous sommes affectés, plus nous dégradons nos relations par nos comportements et nourrissons de rancœurs pour finir par en être d’autant plus affectés.

Comprendre son propre comportement permet de mieux réagir

Pourquoi est-ce si difficile d’aborder un sujet délicat ? On peut légitimement se poser la question. La plupart du temps, nos comportements et nos paroles enveniment la conversation lors d’une conversation mal tenue. Le conflit s’installe alors et il est difficile ensuite de rattraper le coup.

Pourtant la réponse est simple : nous sommes humains, des êtres réagissant aux émotions qu’ils ressentent et aux substances sécrétées par notre corps en guise de défense. Mais si les émotions n’étaient qu’une illusion ? D’où viennent les émotions ? Les émotions sont créées en réaction à l’interprétation que nous avons des faits. C’est pour cette raison que nous réagissons tous différemment face à un même fait. Les émotions engendrent une réaction réflexe du cerveau reptilien. Ce vestige de notre part animale qui est bien utile à la survie limite nos champs d’action pour permettre de faire des choix rapidement sans trop avoir à y réfléchir. Il contourne la raison en envoyant un afflux sanguin vers les membres, anticipant deux scénarios : la fuite ou la lutte.

Lorsque notre vie n’est pas en danger comme tel est le cas dans une discussion délicate, la fuite se traduit par des comportements d’évitement, de dissimulation ou de silence. Autrement dit, on boude, on tait notre mécontentement ou on se cache derrière l’humour.

La lutte quant à elle, se manifeste par une riposte verbale (voire physique) en tenant des propos durs, des cris, des mots qui dépassent la pensée, des pics agressifs ou de longs débats stériles.

Dans les deux cas, la situation ne se résout pas, elle peut même empirer et les relations peuvent se dégrader. Si vous souhaitez résoudre le conflit en préservant la relation, il faudra en passer par le dialogue sincère, et cela implique avant tout d’être sincère avec soi-même. Derrière quel masque se cache votre désaccord : la lutte ou la fuite ?

Pour entamer une conversation à enjeu, il faut sortir de ce modèle de réaction pour envisager une troisième solution : le dialogue. Une prise de recul est alors nécessaire. Il faut se forcer à réfléchir pour ramener l’afflux sanguin vers le cerveau plutôt que dans les membres et récupérer une clarté d’esprit plus objective. Ce comportement est plus facilement adoptable lorsque l’on se prépare à aborder un dialogue difficile.

Parfois les émotions vous submergent sans prévenir et vous n’avez pas le temps de vous préparer à ce que vous interprétez comme une agression. Vous êtes ”sous le coup de l’émotion”. Ce temps de réflexion, malgré la surprise des émotions et la décharge d’adrénaline, il vous faut le prendre. Demandez un temps de pause pour réfléchir, ramener le sang dans votre cerveau et prendre du recul. À ce moment, arrêtez la conversation et mettez-vous en tête à tête avec vous-même et posez-vous les bonnes questions.

Se poser les bonnes questions permet de mener un dialogue avec sincérité

La spontanéité ne rime pas forcément avec sincérité. Sous l’emprise des émotions, les prises de décisions sont totalement irréfléchies, on fuit ou on agresse. Les pensées aussi vont dans ce sens. Ainsi, si un sujet délicat est abordé sans diplomatie, la conversation a toutes les chances de tourner au vinaigre. Dans ce cas, la prise de recul et la réflexion sont les clés pour déverrouiller une situation qui s’enlise. En se posant les bonnes questions, le débat se recentre sur le problème ainsi que sur une solution.

Quelles sont les bonnes questions à se poser ? Lorsque la conversation dérape, demandez-vous ce que vous souhaitez vraiment pour vous et pour la relation que vous entretenez avec la ou les personnes impliquées. À partir de ces réponses, interrogez-vous sur votre comportement. Est-il le reflet de ce que vous souhaitez ? Si vous vouliez préserver la relation mais que la conversation est devenue une joute verbale, la réponse est probablement non.

Demandez-vous également comment allier à la fois le maintien de la relation et l’expression de votre désaccord de manière constructive. Après tout, si vous abordez le sujet, si vous fuyez ou agressez, il est évident que vous cherchez à ce que les choses changent, sinon vous les subiriez sans réagir.

La prise de recul et le questionnement interne sont les meilleurs moyens de parvenir à ses fins. Nous avons tous à déplorer des anecdotes dans lesquelles nous avons réagi brutalement ou nous nous sommes enfermés dans le silence par manque de réflexion. Il s’agit bien souvent des mêmes anecdotes qui ont signé l’altération du lien que l’on entretenait avec les autres protagonistes. Pourtant, le souci de départ n’avait aucune raison de nous causer cette situation finale dommageable.

Bien souvent, nous avons mené une réflexion, mais celle-ci est intervenue trop tard. Il ne nous reste plus qu’à refaire l’histoire mentalement en commençant chaque phrase par “si seulement” et batailler pour renouer un lien. En écoutant son cœur avant même d’entreprendre le débat, en se recentrant sur le problème et ce que l’on attend de son évocation, le schéma s’inverse et on peut entrer sur la voie du dialogue.

Un dialogue s’amorce par l’écoute et l’observation

À ce stade, lorsqu’un désaccord se profile, vous savez qu’il est nécessaire de prendre du recul pour pouvoir basculer dans le dialogue constructif. Vous savez ce que vous voulez et comment l’obtenir (dans les grandes lignes seulement puisque vous ne pouvez pas prévoir les réactions de votre interlocuteur).

Vous savez distinguer si votre comportement tend vers la fuite ou la lutte et avez pris conscience que ni l’une, ni l’autre n’était pas la bonne solution. Il vous manque tout de même un facteur pour résoudre le conflit : un dialogue ne se fait pas seul ! Pour orienter la conversation vers la communication, il vous faut observer. Repérez les signes de fuite ou de lutte des personnes qui sont en face de vous. La fuite peut être observée sous différentes formes :

- Les pensées peuvent être cachées sous des propos ironiques ou édulcorés : “si tu préfères l’efficacité au bien-être, Ok !”

- La conversation peut tourner autour de tout sauf du vrai problème.

- La discussion est stoppée par une abdication ou un retrait de l’autre : “fais comme tu veux, je m’en fiche”, “t’as raison” ou s’il quitte brutalement la pièce.

Quant à la violence, elle est observable lorsque :

- Votre interlocuteur prend les rênes de la conversation en coupant la parole, parlant sans écouter, changeant de sujet ou orientant la conversation dans son sens.

- Il généralise la situation pour légitimer son agacement : “avec toi, c’est toujours pareil”, “on ne fait jamais rien”.

- L’agression peut être directe en vous dévalorisant par des jugements pour vous atteindre : “tu ne peux pas comprendre, tu penses trop à toi pour cela”.

Tous ces signes sont des indicateurs que d’une part la conversation est devenue délicate (elle pouvait ne pas l’être au départ) et que l’autre se sent agressé et se défend.

Si vous n’avez pas pris conscience de votre propre comportement face au stress (fuite ou lutte), vous ne prendrez pas en compte celui de votre interlocuteur. Le débat a toutes les chances de se muer en une confrontation stérile dans laquelle le problème ne se résout pas, l’un et l’autre ajoutant des ressentiments supplémentaires au conflit initial et les relations se détériorent.

Vous comprenez d’autant plus maintenant l’importance du travail de réflexion en amont. En ayant conscience de votre réaction à l’agression, en la canalisant, vous n’entrerez pas dans le schéma de la dispute qui s’annonce. Vous pourrez ainsi recentrer la conversation en modifiant la nature des échanges.

Créer un climat sécuritaire ouvre l’autre au dialogue

Les événements peuvent rapidement tourner en « eau de boudin » lorsque l’on aborde un sujet délicat. Un mot de trop, et les émotions reviennent à la charge et compromettent l’efficacité du dialogue. Cela peut être contrer en rétablissant la confiance en votre sincérité.

À l’instar d’un ami qui peut tout vous dire sans jamais vous vexer, vous devez repositionner la situation dans un but d’évolution et non de reproche. Si votre interlocuteur montre des signes de stress, cela signifie qu’il ne se sent pas en sécurité dans la conversation, qu’il ne peut pas tout entendre et ne se persuade pas de vos bonnes intentions. À vous de les lui exposer clairement.

Lorsque la fuite ou la lutte reviennent dans le dialogue, inutile d’essayer d’approfondir le sujet qui vous oppose, il faut d’abord poser (ou reposer) les bases de l’échange. Vous pourrez être amené à recadrer la situation plusieurs fois dans la même conversation. Pour cela, écartez-vous du sujet. Faites sentir à votre interlocuteur que vous le respectez. Si nécessaire, excusez-vous. Ne le faites pas si rien ne le justifie, cela pourrait être interprété comme un manque de sincérité, mais ne le négligez pas si vous avez manqué de respect. N’oubliez pas qu’il est sur ses gardes, ce n’est pas le moment de le faire douter de vos intentions. D’ailleurs, il essentiel de les préciser.

Commencez par évoquer quelles ne sont pas vos intentions puis ce qu’elles sont : “je ne cherche pas à te nuire, je souhaite trouver une solution qui nous arrange tous”. Ainsi, vous attesterez de votre écoute attentive et replacerez vos propos dans le bon contexte.

Ce signe d’ouverture au dialogue apaisera légèrement la tension. Pour que la confiance s’installe complètement, le désaccord doit se transformer en un accord. Les protagonistes doivent voir leur intérêt pour pouvoir solutionner le problème sur un mode gagnant/gagnant. Pour y parvenir et avant même de retourner au cœur du sujet, engagez-vous à poursuivre la discussion selon un but commun (pacifier les relations par exemple ou pouvoir travailler efficacement ensemble). Avec un but commun prédéfini, le dialogue peut s’orienter dans la recherche de solution ensemble. L’implication de chacun dans cette recherche vous soudera grâce au but commun, au lieu de tenter de discerner qui a tort de qui a raison.

Créer un climat sécuritaire ouvre l’autre au dialogue

Les événements peuvent rapidement tourner en « eau de boudin » lorsque l’on aborde un sujet délicat. Un mot de trop, et les émotions reviennent à la charge et compromettent l’efficacité du dialogue. Cela peut être contrer en rétablissant la confiance en votre sincérité.

À l’instar d’un ami qui peut tout vous dire sans jamais vous vexer, vous devez repositionner la situation dans un but d’évolution et non de reproche. Si votre interlocuteur montre des signes de stress, cela signifie qu’il ne se sent pas en sécurité dans la conversation, qu’il ne peut pas tout entendre et ne se persuade pas de vos bonnes intentions. À vous de les lui exposer clairement.

Lorsque la fuite ou la lutte reviennent dans le dialogue, inutile d’essayer d’approfondir le sujet qui vous oppose, il faut d’abord poser (ou reposer) les bases de l’échange. Vous pourrez être amené à recadrer la situation plusieurs fois dans la même conversation. Pour cela, écartez-vous du sujet. Faites sentir à votre interlocuteur que vous le respectez. Si nécessaire, excusez-vous. Ne le faites pas si rien ne le justifie, cela pourrait être interprété comme un manque de sincérité, mais ne le négligez pas si vous avez manqué de respect. N’oubliez pas qu’il est sur ses gardes, ce n’est pas le moment de le faire douter de vos intentions. D’ailleurs, il essentiel de les préciser.

Commencez par évoquer quelles ne sont pas vos intentions puis ce qu’elles sont : “je ne cherche pas à te nuire, je souhaite trouver une solution qui nous arrange tous”. Ainsi, vous attesterez de votre écoute attentive et replacerez vos propos dans le bon contexte.

Ce signe d’ouverture au dialogue apaisera légèrement la tension. Pour que la confiance s’installe complètement, le désaccord doit se transformer en un accord. Les protagonistes doivent voir leur intérêt pour pouvoir solutionner le problème sur un mode gagnant/gagnant. Pour y parvenir et avant même de retourner au cœur du sujet, engagez-vous à poursuivre la discussion selon un but commun (pacifier les relations par exemple ou pouvoir travailler efficacement ensemble). Avec un but commun prédéfini, le dialogue peut s’orienter dans la recherche de solution ensemble. L’implication de chacun dans cette recherche vous soudera grâce au but commun, au lieu de tenter de discerner qui a tort de qui a raison.

La différence entre les faits et les interprétations donne une vision plus claire de la réalité

Dans la plupart des cas, nous arrivons dans une discussion en exposant nos conclusions. Cela revient à reprocher à quelqu’un de ne pas être venu nous chercher à la gare alors que nous ne l’avions pas prévenu que nous prenions le train. Comment aurait-il pu deviner ?

Dans les désaccords, nous retrouvons le même schéma. Nous débarquons avec notre colère et nous l’exposons en amalgamant les faits et leurs interprétations. La personne en face devrait alors comprendre ce qui nous dérange et solutionner un problème que nous nous sommes imaginé et s’en excuser de préférence. Ce scénario est le plus plausible, si l’on ne s’est pas terré dans le silence, en attendant que l’autre se remette en question, et aborde lui-même le sujet.

Nous pensons notre colère et notre ressentiment légitime, pourtant, nous créons nous-mêmes ces émotions. Reprenons le fil chronologique des événements : un fait vous a bouleversé et les émotions sont nées suite à ce bouleversement. Vous vous imaginez et cherchez à comprendre pourquoi l’autre a agi comme tel. Vous vous positionnez dans l’histoire et c’est cela qui va créer des émotions. Mais quelle position avez-vous adoptée ? Celle de la victime ? Pensez-vous que l’autre est complètement fautif ? Êtes-vous impuissant face à la situation ? Si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, c’est que votre esprit a interprété les événements bien au-delà des faits. Cette interprétation de la réalité a provoqué une émotion qui elle-même a engendré un comportement de fuite ou de lutte.

À présent, vous attendez de l’autre qu’il reconnaisse une faute qui est née dans votre esprit. Prenons un exemple : votre conjoint se montre distant (fait), vous soupçonnez donc une infidélité (interprétation). Le moindre signe (retard, téléphone éteint, reçu de carte bleue dont vous ignorez l’origine, etc.) va venir étayer votre histoire. Pourtant ces mêmes signes n’auraient aucune signification de trahison en temps normal dans votre esprit. Il se peut même que vous écartiez les faits qui contredisent votre interprétation (la sortie faite ensemble trois jours auparavant). Avant d’amorcer une conversation, posez-vous une seule question, pourquoi quelqu’un de sensé agirait-il ainsi ? Cherchez une autre explication et vous verrez que vos émotions changeront et que ce que vous ressentiez n’était pas la seule réaction possible.

Pour amorcer le dialogue, sans dispute et avec rétablissement de la vérité, vous allez devoir vous cantonner aux faits dans un premier temps. Une fois la sécurité établie, abordez les faits et seulement les faits. Suite à cela, vous pourrez parler ouvertement de vos interprétations et justifier votre comportement. Voyez la différence :

- Début de dialogue par vos conclusions : “Tu m’as trompé, je le sais !” (Vous imaginez facilement la suite des événements.)

- Début de dialogue en distinguant les faits : « En ce moment, j’ai observé un manque de tendresse entre nous, tu rentres souvent tard et j’ai trouvé un reçu de carte bleue d’une dépense dont tu ne m’as pas parlé. Il y a quelque chose qui ne va pas en ce moment, mais je n’arrive pas à me l’expliquer, tu veux bien qu’on en parle ? »

Les interprétations sont parfois si rapides dans l’esprit que l’on ne se rend même plus compte qu’elles sont intervenues et elles se mélangent aux faits, détournant la vérité en nous posant en victime ou impuissant. C’est ce schéma qu’il faut démonter pour aborder le dialogue d’une manière objective, vous pourrez exposer vos interprétations par la suite, lorsque l’autre aura eu l’occasion d’expliquer lui aussi sa vision des faits.

Expliquez le cheminement de votre pensée sans accuser pour mieux être compris

Vous êtes maintenant au cœur même du sujet. Vous avez énoncé les faits qui ont créé le désaccord. La simple évocation de la réalité n’est pas suffisante pour faire comprendre à quel point cela vous dérange.

Avec toute la diplomatie possible, commencez à raconter votre interprétation de la situation. Votre interlocuteur comprendra alors votre point de vue et la façon dont vous avez réagi, ainsi que les émotions qui vous ont gouverné.

Continuons selon notre exemple. Il sait à présent que vous avez remarqué la distance qui s’est installée et prêté attention aux détails qui pourraient attester d’une potentielle infidélité. Expliquez-lui calmement et sans laisser les émotions reprendre le dessus que l’accumulation des signes vous amène à douter de son envie de rester avec vous et que cela vous blesse et vous fait même peur. Le ton que vous emploierez fera toute la différence dans le dialogue. La confiance et le respect mutuel reposent sur la réciprocité. Une formulation trop agressive viendrait rompre la confiance mise en place. En revanche, un ton trop souple serait le signe d’une incertitude sur le bien fondé de votre démarche alors qu’en réalité, vous êtes sûr de vouloir cette conversation dans le but d’améliorer les relations. À vous de trouver le juste milieu entre hésitation et accusation.

Dans le premier cas, l’hésitation pourrait être perçue comme une faille exploitable pour ne pas s’attaquer au vrai fond du problème. Dans le second, la sécurité et l’ouverture d’esprit seraient compromises. Exprimez vos conclusions et sentiments tout en laissant place au débat : “je me pose beaucoup de questions quant à notre relation en ce moment. J’ignore l’origine de la distance qui s’est installée entre nous et je me sens seule malgré ta présence à mes côtés. Je dois avouer que tes retards sans explication, le fait que nous ne parlions presque plus et ce reçu commencent à me faire douter de notre relation. Pourrais-tu m’aider à comprendre ?”. Ouvrez votre cœur en lui laissant le bénéfice du doute, au moins le temps qu’il puisse s’expliquer. Veillez à rester à l’écoute et essayez également de voir les choses de son point de vue.

L’écoute active permet de renforcer la confiance et de mieux comprendre le point de vue de l’autre

Vos cartes sont abattues sur la table, c’est maintenant à l’autre de dévoiler son jeu. Pour faire sortir votre interlocuteur de son silence ou de sa réticence à s’exprimer, utilisez l’écoute active et bienveillante. Vous ne devez pas attendre une justification, mais suivre le cheminement de ses pensées.

Quels faits ont été le point de départ pour lui ? Comment les a-t-il interprétés ? Quelles conclusions en a-t-il tiré de son côté ? Il se peut qu’il se livre d’emblée sans que vous n’ayez à le questionner davantage. Si tel n’est pas le cas, inutile de faire basculer le dialogue en interrogatoire, adaptez-vous. Essayez à nouveau de créer la sécurité et le sentiment que la parole est libre et sans jugement en utilisant une autre méthode.

Votre interlocuteur connaît parfaitement vos intentions, vous les lui avez dites voire répétées. La confiance et la sécurité seront alors renforcées par la confirmation de votre bienveillance. Décelez les émotions par lesquelles il a pu passer (dans notre exemple : son besoin de s’isoler, la tristesse/colère/peur qu’il a pu manifester ces derniers jours ou lorsque vous avez annoncé vouloir parler).

Montrez-lui que vous êtes conscient de ce qu’il ressent et que vous aimeriez comprendre pourquoi est-ce qu’il ressent cela. S’il se met à se dévoiler, utiliser les outils de l’écoute active : confirmez votre intérêt par votre comportement (bras décroisés, posture d’ouverture, regard vers lui, ne rien faire d’autre à côté, hochements de tête, etc.) Reformulez ses paroles avec vos propres mots en lui laissant le soin de corriger vos propos si besoin est. Si le silence perdure, mettez-vous à sa place, imaginez pourquoi il aurait pu agir ainsi et soumettez-lui vos suppositions.

Lorsque le débat est bloqué, il peut être remis à plus tard, vous ne pouvez pas forcer quelqu’un à discuter. Ne vous fâchez pas. Réessayez à un autre moment quand il sera plus disposé à s’ouvrir.

Une solution se trouve ensemble et se planifie

Une fois les cheminements de pensées de chacun exposés, il vous faudra les comparer. Avant de résoudre les points qui vous opposent, l’accent devra être mis sur ceux qui vous rapprochent. Il est évident que tout ne peut pas vous opposer, l’un n’a pas complètement tort et l’autre n’a pas complètement raison, quelle que soit la problématique de départ (en tout cas, la plupart du temps).

Reconnaissez les bons arguments de votre interlocuteur ainsi que les vôtres. L’avantage du partage d’opinion est que les idées peuvent être réunies, comparées et complétées. Pour un même problème, toute une panoplie de solutions s’offrent à nous si l’on s’ouvre et concède à prioriser les attentes de chacun.

Lors d’un dialogue, toutes les personnes impliquées de près ou de loin peuvent être amenées à partager leur cheminement de pensées et les conclusions tirées. En ce qui concerne la solution, c’est à un nombre plus restreint de protagonistes auxquels il faudra faire appel. Dans le cadre du couple, la solution doit convenir aux deux, ils doivent donc s’impliquer tous deux dans la recherche et l’application de la solution.

En ce qui concerne la famille (parents/enfants) et le milieu professionnel, c’est aux plus hauts dirigeants de trancher (parents ou patron et chefs d’équipe). Plus le noyau décisionnaire sera réduit en termes de décideurs, plus une décision sera facile à prendre. Si chacun ajoute son grain de sel, les débats peuvent durer éternellement avant qu’une solution qui plaise à tous ne soit mise sur pied.

Mais quelles sont les formes de prises de décisions ?

- Le décideur unique : suite aux débats, le plus haut placé hiérarchiquement prendra une décision seul en tenant compte des avis de chacun.

- Le vote : chacune des parties donne son avis au sujet des différentes solutions proposées, la plus plébiscitée sera celle qui s’appliquera.

- Le consensus : Les discussions perdurent jusqu’à ce que toutes les parties tombent absolument d’accord sur une solution.

Une fois la solution trouvée et approuvée par les décideurs, il ne faut pas oublier de la planifier. Comment la réaliser ? Par qui ? Dans quel délai ? Comment s’assurer de sa mise en œuvre ? Cela évitera que la solution ne reste au stade de promesse. La problématique est concrètement résolue et ne viendra plus perturber à nouveau les relations.

Conclusion

Les débats délicats font partie du quotidien, plus nous tenons à la relation avec la personne, plus ceux-ci sont difficiles à mener. Le but ici est de concilier les attentes de chacun en dénouant la communication tout en préservant les bonnes relations avec les autres. Le dialogue n’est pas un combat pour discerner qui a tort et qui a raison. En agissant sur ses propres réactions, nous pouvons amener les autres à s’exprimer pour le bien de tous.



Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- apprendre à bien dialoguer améliore les relations sociales mais aussi la santé ;

- comprendre son propre comportement permet de mieux réagir ;

- se poser les bonnes questions permet de mener un dialogue avec sincérité ;

- un dialogue s’amorce par l’écoute et l’observation ;

- créer un climat sécuritaire ouvre l’autre au dialogue ;

- la différence entre les faits et les interprétations donne une vision plus claire de la réalité ;

- expliquez le cheminement de votre pensée sans accuser pour mieux être compris ;

- l’écoute active permet de renforcer la confiance et de mieux comprendre le point de vue de l’autre ;

- une solution se trouve ensemble et se planifie.

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