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 Incognito ;;

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MessageSujet: Incognito ;;   Mar 27 Juin - 18:10

Incognito

En lisant ce résumé, vous découvrirez les dernières avancées en matière de neurosciences et comprendrez que l’Homme n’est pas aussi libre qu’il le croit, mais bien plutôt une machinerie complexe, automatique et inconsciente. Vous pourrez alors l’utiliser à votre avantage et porterez un nouveau regard sur vous-même et le monde qui vous entoure.

Vous découvrirez aussi :

- qu’il y a quelqu’un dans votre tête et ce n’est pas vous ;

- qu’il ne faut pas faire confiance à ses sens ;

- que l’Homme est soumis à son inconscient ;

- quel est le secret de l’efficacité ;

- que l’Homme est une machine ;

- que le cerveau est multiple ;

- quel est le rôle de la conscience ;

- que le libre arbitre doit être remis en cause ;

- que le concept d’émergence offre de nouvelles perspectives.

Comment fonctionne le cerveau ? Comment le monde est-il perçu ? Qu’est-ce que la conscience ? L’Homme est-il libre ? Toutes ces questions ont été posées maintes fois au cours de l’histoire de l’humanité. La neurobiologie permet de placer sous un jour nouveau de nombreux postulats longtemps tenus pour acquis et si elle dissipe certaines illusions et certains espoirs, elle cède la place à d’autres questionnements et connaissances.

Il y a quelqu'un dans votre tête et ce n’est pas vous

L’évolution a doté l’Homme de la machine la plus complexe connue à ce jour : le cerveau. Grâce à lui, l’homme a pu quitter la savane et dominer le monde. Sa complexité est inimaginable ; son nombre de connexions neuronales dans un seul centimètre cube est plus important que toutes les étoiles de la Voie lactée. L’Homme est donc naturellement fier de sa volonté, de son raisonnement et en fin de compte, de sa liberté : mais en réalité, il ignore que ses accomplissements dépendent moins de sa propre conscience que d’une intense et subtile activité de son propre cerveau, réalisée à son insu.

La très grande majorité des pensées, actes et sentiments humains sont décidés en coulisses avant même qu’on ne s’en rende compte : de multiples processus inconscients travaillent dans l’ombre, et ces processus sont si importants que la part laissée à la conscience de fait de plus en plus dérisoire, à mesure que la science progresse ; il ne s’agit pas seulement d’activités automatiques comme conduire ou jouer au baseball, mais aussi d’activités intellectuelles comme le raisonnement, la créativité ou l’intuition : toutes résultent de ces processus cachés. Maxwell, Milton ou même Goethe ont avoué que leurs plus belles réalisations provenaient d’une partie d’eux-mêmes qu’ils ne maîtrisaient pas et qui dominait à un moment donné leur intellect habituel par une inspiration fulgurante.

Les émotions ne sont d’ailleurs pas en reste : des expériences ont prouvé que trouver une femme attirante dépend bien plus du ratio taille/hanche et de la perception inconsciente de la dilatation de ses pupilles au cours du cycle, que de tout autre élément conscient. Cela dépend du fait que la pensée et l’action sont le résultat d’une simplification du monde par le cerveau, qui juge par lui-même de ce qui est important et de ce qui est accessoire, de ce qu’il est utile de connaître et de ce qui peut être ignoré. Bien dissimulé derrière une autonomie de façade et une liberté apparente qu’apporte la conscience de soi-même, le cerveau travaille incognito. Son fonctionnement peut être comparé à celui d’un journal d’information : seuls quelques éléments qui feront les gros titres, choisis en amont par la rédaction — le cerveau — parmi un vaste choix de possibles, sont donnés à lire au lecteur — la conscience — qui doit bien s’en contenter et adapter son comportement en fonction.

Afin de bien comprendre la puissante emprise des mécanismes inconscients du cerveau sur l’individu, il convient de regarder plus en détail leur agencement.

Ne faites pas confiance aux sens

Quoi de plus évident et d’utile que les sens ? Ils font le lien entre l’individu et la réalité du monde, ou plutôt une certaine réalité, car le monde perçu n’est pas la réalité. On pense communément la voir dans tous ses détails, mais dans les faits, presque rien n’est perçu.

Le monde étant interprété et simplifié par le cerveau, les sens ne sont que les moyens d’une construction mentale, car ce qui est vu n’est pas ce qui est regardé : seul ce qui intéresse le cerveau est vu distinctement, le reste du champ visuel est flou ou disparaît. Les illusions d’optique, les tours de magie utilisent tous ce phénomène : les sens sont faillibles et facilement trompés, car la perception est parcellaire, et limitée à ce qui est nécessaire. Lorsque le cerveau ne “voit” pas, il invente même la réalité !

La vision n’est pas aussi naturelle qu’il y paraît. En tant que construction mentale, elle doit être apprise. Voilà pourquoi, grâce aux progrès de la médecine, un aveugle de naissance qui retrouve la vue ne “voit” pas immédiatement, quand bien même ses yeux et son cerveau sont en parfait état de marche : son cerveau doit apprendre, comme un nouveau-né, à organiser et traiter le flux d’information.

Vous avez besoin d’une autre preuve ? Les sens sont interchangeables : les yeux ne sont pas les seuls à pouvoir voir. Il suffit de traduire les stimuli visuels en toute autre forme compréhensible par le cerveau pour que la vision soit possible autrement que par les yeux. On peut ainsi “voir” avec des impulsions sur le dos. En utilisant des impulsions électriques transmises sur la langue (Brainport) des plongeurs peuvent “voir” dans des eaux boueuses et des soldats “voir” à 360 degrés dans le noir ! En effet, le cerveau interprète n’importe quel stimulus cohérent et répété qu’on lui donne à interpréter, quel que soit le moyen. Il n'a besoin que de l'information, il se débrouille ensuite pour comprendre.

La totalité de l’activité du cerveau est ainsi générée en interne. La confrontation à la réalité ne sert que de modulation fine ; la vue dans les rêves ou les hallucinations n’est pas différente de la vision éveillée : c’est toujours la même activité mentale, moins circonstanciée, moins précise, mais identique dans sa forme.

La perception est le produit d'une comparaison entre les données d'entrées sensorielles et les prédictions internes, qui comparent la réalité à ce qui est attendu d’être vu. Elle n’est pas directe et neutre, mais indirecte et interprétée. Ce qui explique par exemple que les témoignages d’un même événement peuvent différer de manière significative entre les personnes. En conséquence, et pour reprendre l’une des principales leçons apprises par les pilotes : fiez-vous aux instruments, ne faites pas confiance à vos sens.


La soumission inconsciente

Ce fonctionnement invisible et automatique du cerveau ne s’applique pas seulement aux sens, mais également aux pensées, émotions et croyances. Lorsque quelqu’un fait de la bicyclette, attrape une balle de baseball, ou joue du piano, il ne peut expliquer exactement comment il le fait. Le cerveau sait, mais la conscience n’a pas accès aux informations qui permettraient de comprendre le pourquoi. C’est un savoir implicite. Au surplus, toute tentative d’analyse consciente parasite la connaissance en rendant le geste maladroit et non adapté.

Parfois, la connaissance est tellement implicite, que le seul moyen de la reproduire est par mimétisme et apprentissage inconscient avec quelqu’un qui sait, comme avec les sexeurs de poussins, ou les guetteurs d’avions ennemis pendant la guerre. Les chercheurs ont également démontré que les opinions des individus, par exemple en matière de racisme ou d’homophobie, peuvent être tout à fait différentes de ce que l’individu croit sincèrement penser.

Les comportements inconscients, résultant d’un fonctionnement implicite, dirigent ainsi en permanence les actions, indépendamment de la conscience, parfois dans le même sens, parfois dans le sens contraire, mais toujours de manière automatique et prioritaire. L’égotisme implicite par exemple, attire inconsciemment les individus vers les personnes ou les choses qui leur ressemblent : mêmes initiales dans les prénoms, mêmes dates de naissance, jusqu’à mener inconsciemment à des mariages ou des choix de métiers basés sur ces simples ressemblances…

Autre exemple, l’effet de simple exposition rend plus attirante une personne déjà vue en photo auparavant, même si le souvenir d’avoir vu la photo a disparu. Voilà pourquoi les célébrités, souvent vues, ont plus de chances de paraître sympathiques qu’une personne inconnue. Le marketing utilise en permanence ce procédé par association du produit avec des images positives : il en reste toujours inconsciemment une vague impression favorable. Cet effet est valable aussi pour les idées : une idée déjà entendue paraîtra plus vraie, quelle que soit sa qualité, car la mémoire implicite, par opposition à la mémoire consciente, se souvient de tout, et tend à privilégier ce qui est déjà connu et ce qui a déjà provoqué une émotion positive.

Ce fonctionnement inconscient pousse ainsi à répéter des actions interprétées dans le passé comme positives, et à juguler l’action si l’émotion associée a été interprétée comme négative, en dehors de toute forme de souvenir conscient. Vous avez dit libre choix ?

Le secret de l’efficacité

Les fonctionnements inconscients ont une emprise sur la vie des individus bien supérieure, et de loin, à ce qui est communément perçu et admis. La raison en est simple : la nature optimise toujours les ressources.

Utiliser la conscience pour faire des choix est long, fastidieux, complexe et surtout, trop gourmand en énergie. Le cerveau, au fur et à mesure de l’évolution, a donc mis en place des solutions plus rapides et efficaces au niveau productif et énergétique et tend dès que possible à écarter la conscience du processus décisionnel, pour laisser la place aux automatismes. Comme pour apprendre à jouer au tennis, la répétition consciente provoque peu à peu des micros-ajustements dans la machinerie et jouer efficacement devient bientôt une seconde nature, sans le moindre besoin de réflexion. Kasparov a bien été battu par Deep Blue aux échecs, mais sa consommation d’énergie était de 20 watts alors que celle de l’ordinateur était de plusieurs milliers pour un résultat quasi similaire.

Cette automatisation du comportement est non seulement nécessaire d’un point de vue énergétique, mais elle est également plus efficace pour atteindre le but souhaité : l’automatisation est le secret de l’efficacité. Plus une action semble facile et naturelle, et plus la complexité du processus du cerveau est importante en amont : elle est le résultat final d’une construction neurologique dense, répétée et ajustée dans le temps — ce sont d’ailleurs les actions qui nous semblent les plus simples qui sont les plus difficiles à reproduire au niveau de l’intelligence artificielle.

Une fois que l’automatisme est maîtrisé par le cerveau, toute intrusion de la conscience devient un obstacle et une ingérence inutile. Comment tirer au mieux parti de cette découverte ? Tout simplement en apprenant à écouter son intuition et ses réponses viscérales. Laisser faire son inconscient est la meilleure manière de trouver une solution ou une réponse pertinente à un problème : ses connaissances implicites sont bien plus vastes que celles du conscient, ses actions plus efficaces et ses temps de réaction sans commune mesure. Pour illustrer ce point , lorsque quelqu’un tire à pile ou face, ses réactions inconscientes sont déterminantes : s’il semble soulagé, il est fort probable que ce soit effectivement la bonne décision. S’il commence à mettre en doute le fait même de tirer à pile ou face, ou commence à protester, il a sans doute de bonnes raisons inconscientes pour ne pas suivre la direction indiquée par la pièce.


L’homme est une machine

L’efficacité des mécanismes neuronaux a un poids qui pèse sur l’individu : il imprègne l’être dans sa quasi-totalité. L’être humain est ainsi totalement enfermé et adapté au monde qui lui correspond au sens biologique et écosystémique du terme.

Les yeux humains ne voient qu’une petite partie du spectre, mais le monde est bien plus vaste : certains animaux ont des odorats bien plus développés, ressentent les champs électromagnétiques, thermiques, les ondes, les rayons qui sont au-delà des facultés de l’Homme. Cependant, comme la machine, il ne remet jamais en cause sa propre réalité ; les daltoniens ou synesthètes par exemple ne remettent pas en cause leur perception : tout est normal pour eux jusqu’à ce qu’on leur dise que les autres ne perçoivent pas de la même manière.

Chaque individu est soumis à deux types de soumission inconsciente.

1. La première est d’ordre général et caractéristique à l’humain. Un être humain naît “préprogrammé” ; certaines évidences s’imposent à lui, car son psychisme est commandé par les mêmes règles évolutives darwiniennes que son corps. En réalité, les deux sont liés ; outre les programmes biologiques comme la digestion ou le besoin de nourriture, d’autres, plus subtils comme le besoin de socialisation ou le désir, sont prédéterminés selon les besoins de survie de l’espèce. Ainsi, les nouveau-nés sont perçus comme adorables car ils nécessitent une protection, la beauté reconnue d’une femme ou d’un homme est en corrélation étroite avec leur fertilité, le risque d’adultère s’explique par le génome, et les couples se séparent le plus souvent après la quatrième année, ce qui correspond à peu près au temps nécessaire pour qu’un enfant soit biologiquement autonome.

2. La seconde soumission est d’ordre individuel. Chacun est dépendant de ses propres constructions mentales, formées par son histoire biologique et psychique propre, modelant l’être en structurant sa personnalité à partir d’automatismes assimilés au cours de sa vie. Les programmes innés et acquis forment un ensemble complexe de systèmes indépendants et autonomes, qui poussent l’Homme, comme pour la machine, à lui obéir – ou plutôt à fonctionner selon leur nature. Aussi, l’impression de liberté et de choix à chaque nouvelle décision est trompeuse.

Le cerveau est multiple

Si la quasi-totalité de l’être est automatisée et optimisée, pourquoi l’Homme croit-il à la possibilité du choix ? Pourquoi plusieurs options s’offrent-elles à lui, qui peuvent entraîner des conclusions et décisions différentes ?

En réalité, le cerveau n’est pas une structure unifiée, mais est composé de plusieurs parties en compétition les unes avec les autres pour emporter l’issue du comportement. On peut imaginer par exemple le problème du gâteau au chocolat face à un individu au régime, ou de garder un secret : la prise de décision est le résultat d’une confrontation entre au moins deux systèmes d’actions différents et opposés.

Les modèles possibles de subdivisions du cerveau sont nombreux, mais l’une des plus pertinentes est la schématisation entre un système rationnel et un système émotionnel. L'un gère l'analyse de l'extérieur et l'autre la sécurité intérieure au sens large. Le système émotionnel, apparu le premier, est le plus ancien. Le système rationnel est plus récent, mais pas forcément meilleur : un équilibre harmonieux des deux est des plus efficace et cohérent.

La préférence faite au système émotionnel est très courante. Il engendre des bulles spéculatives par exemple, qui ignorent les conséquences dans l'avenir pour un profit à court terme, qui de manière générale, semble toujours plus profitable à l’esprit humain. Toutefois, l’Homme a toujours cherché à dominer ce penchant, en inventant divers garde-fous.

Une autre subdivision intéressante est celle du cerveau droit et du cerveau gauche : l’ablation d’un hémisphère avant l’âge de huit ans n’a pas de conséquences évidentes sur l’enfant qui pourra vivre une vie normale ! Dans ce cas, pourquoi deux hémisphères ? Il semble que la nature aime à multiplier les sources de diversité. À cet égard, la partie droite et la partie gauche du cerveau ne perçoivent pas la réalité exactement de la même façon. L’exemple en est de la mémoire d’un souvenir, qui n’est pas localisée dans une zone précise du cerveau, mais dans plusieurs, et est différente selon son emplacement, de telle façon que chacune a un point de vue divergent sur ce qui s’est réellement passé.

C’est une erreur héritée des balbutiements de la neurologie de croire que chaque zone du cerveau correspond à une fonction ou à une activité. Il semblerait que la multiplication des systèmes autonomes proches, mais différents, permette la création d’une “réserve cognitive”, c'est-à-dire la capacité pour le cerveau de continuer de fonctionner normalement en cas de problème (maladie ou lésion) et d’améliorer l’adaptabilité au monde en permettant des évolutions.

Les possibilités multiples qui lui sont données expliquent l’impression de liberté que ressent l’Homme, mais posent le problème du rôle de la conscience.

Le rôle de la conscience

Plus les neurosciences évoluent et mettent en lumière la primauté des fonctionnements inconscients, plus la suprématie de la conscience est reléguée en marge du système, où lui est attribuée le plus petit rôle de l’immense machinerie. Déterminer sa véritable place dans la chaîne décisionnelle est fondamental pour comprendre où se situe la marge de liberté de l’Homme et la connaissance qu’il peut avoir de lui-même. Il semblerait pourtant que son importance soit cruciale. En effet, la conscience se situe au croisement des systèmes qui composent le cerveau et joue un rôle d’unification et de direction, un peu comme le PDG d’une entreprise internationale, qui ne peut connaître le détail du travail de chaque employé dans les différents pays, mais qui doit prendre les décisions stratégiques générales, nécessaires au développement dans le futur.

Ainsi, chaque fois que la réalité est ambiguë et ne correspond pas à ce que les systèmes savent traiter, la conscience est sollicitée afin de fournir une explication. Par ailleurs, elle est nécessaire pour trancher entre les différents points de vue proposés par le cerveau de manière antagoniste : les animaux par exemple, sont bloqués et ne peuvent trouver un comportement utile lorsque leurs systèmes deviennent trop contradictoires. On pourrait donc les classer selon leur degré de conscience à partir de là. C’est là tout le paradoxe de la conscience : elle est la fonction la moins utile au bon fonctionnement du cerveau, mais elle semble la plus importante d’un point de vue évolutif.

Le développement de l’intelligence artificielle fait face au même problème : s’ils ont compris que des systèmes contradictoires indépendants sont plus efficaces qu’un seul système unifié, qui ne sait que pratiquer des tâches précises, les chercheurs butent désormais sur l’incapacité de créer un système unificateur entre ces différents systèmes autonomes, qui saurait concilier leurs contradictions internes. La conscience aurait donc un pouvoir suprême et confirmerait ce que les hommes ressentent et ont toujours cru à son sujet ? Ce n’est malheureusement pas si simple.

Les scientifiques ont demandé à un sujet de lever le doigt en mesurant son activité cérébrale. Ils se sont aperçus que le sujet n’avait conscience de sa volonté de lever son doigt qu’une seconde après que les premiers influx se soient allumés dans son cerveau. Pour le dire plus simplement : son cerveau avait décidé avant lui et la conscience de sa volonté et de son ordre était un résultat, et non une cause. Cette découverte est à l’origine de nombreux questionnements.



Le libre arbitre doit être remis en cause

L’état du cerveau et sa structure individuelle sont générés par de très nombreux facteurs qui déterminent leur biologie interne : développement durant l’enfance, environnement physique et psychique, virus et bactéries, agressions chimiques et éventuelles maladies. Chaque cerveau est unique et le résultat de son histoire. Ainsi, il a été prouvé qu’une modification biologique du cerveau (une tumeur par exemple) pouvait changer radicalement le comportement d’un individu. Le syndrome de Gilles de la Tourette ou le somnambulisme sont d’autres exemples de comportements où la conscience dite “normale” n’a plus son rôle à jouer. Même les maladies psychiatriques et cérébrales ont forcément une cause biologique puisque la découverte de nouvelles molécules conduit à la guérison.

La conscience est donc nécessairement liée à la biologie. Aucune aire du cerveau n’est indépendante des autres et par conséquent, aucun processus, quel qu’il soit ne saurait être indépendant de l’ensemble. Il en résulte que toute modification de la structure du cerveau amène une modification de la conscience. À des degrés moins élevés, l’alcool ou les drogues en sont de parfaits exemples.

Il n’y a pas un “état normal” de la conscience, il n’y a que des états successifs de conscience et chacun d’entre eux est aussi réel que les autres : il n’y a pas de personnalité stable ponctuellement altérée, mais un état de conscience modifié en permanence. La nature d’un Homme est donc variable et son libre arbitre semble réduit à l’aboutissement d’une chaîne de conséquences biologiques depuis sa naissance, créant un cercle d’actions induites au sein duquel il est pieds et poings liés.

Ces découvertes ne font que prouver que tout le système judiciaire est inadapté. Se référer à la conscience qu’un Homme a de ses actes pour déterminer sa culpabilité n’a pas de fondement scientifique. Il existe des cerveaux prédisposés à certains actes et des cerveaux plus ou moins dangereux pour la société : la conscience est soumise à la nature même de leurs cerveaux et elle ne peut que suivre les processus induits par sa structure. Parler de culpabilité est donc injustifié et sans intérêt pratique. Le seul remède est de personnaliser la peine en fonction des statistiques de récidives — à défaut d’une connaissance plus fine du cerveau de chacun —, et faciliter la réadaptation en apprenant aux criminels volontaires à développer leurs aires préfrontales, chargées du contrôle et de la raison. En un mot, à modifier leur conscience par apprentissage neurologique.

Le concept d’émergence offre de nouvelles perspectives

Tout serait donc dit ? L’Homme serait son cerveau et rien de plus ? Sa soumission à la biologie totale ?

La question est plus complexe qu’il n’y paraît. L’ADN a été récemment décodé, mais dans les faits, les scientifiques ne savent pas le lire. Parmi les gènes impliqués dans diverses maladies et troubles du comportement, certains s'activent et d'autres non en fonction de l'environnement ou de l'histoire personnelle de l'individu, sans que l’on sache vraiment pourquoi. L’inné et l'acquis ne peuvent être choisis, mais les deux sont importants pour construire la personnalité et l’Homme a une certaine latitude quant à la modification de sa propre structure neuronale.

Le réductionnisme — l'esprit réduit à une simple conséquence de l’agencement de nos cellules — est le socle de la neurologie, puisqu’étudier un système complexe en prenant en compte ses composants constitutifs dans ses détails (toujours plus petits) est la manière naturelle de fonctionner de la science. Pourtant cette vision des choses ne tient pas compte du concept d’émergence. L’étude séparée des pièces qui composent un avion ne mènera jamais à comprendre comment ces pièces mises ensemble peuvent voler : il faut pour cela avoir une connaissance supérieure de l’ensemble et savoir ce qu’est un avion. De même, on ne peut réduire une radio à ses composants constitutifs et en déduire son utilité sans avoir une connaissance générale des ondes radio et de leur fonctionnement.

En ce qui concerne le cerveau, il faut plutôt le considérer dans l'ensemble du système sociobiologique où il vit. Il n’est pas réductible à sa simple structure et la science d’aujourd’hui manque de cette connaissance, qui permettrait de comprendre l’émergence potentielle induite par le cerveau. Peut être que, croire avoir tous les outils en main pour comprendre le cerveau est une erreur : il faut apprendre à penser en dehors du champ habituel de connaissances.

L’apparition des systèmes antagonistes dans le cerveau provient d’une particularité de la nature, qui n’arrête jamais de se contredire et de chercher de nouvelles solutions à des problématiques déjà résolues. Le problème de la conscience semble être de même nature : si la conscience permet de résoudre un certain nombre de problèmes, son assujettissement à la biologie pourrait ne pas être le fin mot de l’histoire, et son utilité et son rôle être la nouvelle solution à un problème qui semble en apparence déjà solutionné.

Conclusion

Ainsi, l’exhortation grecque : “connais-toi toi-même” doit désormais être envisagée à la lumière des neurosciences. La très grande majorité de notre être ne peut être connue, car elle est indépendante et étrangère. Cependant, le problème reste toujours aussi valable : il reste des questions essentielles en suspens auxquelles personnes n’a réussi à répondre. À cet égard, il est magnifique d’avoir la possibilité d'être soi-même la plus merveilleuse chose découverte dans l'univers, et de continuer à chercher.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- les fonctionnements du cerveau sont automatiques ;

- il ne faut pas faire confiance à ses sens ;

- l’inconscient a une place prépondérante ;

- laisser faire son inconscient est plus efficace ;

- l’homme est une machine ;

- les systèmes de confrontation internes sont utiles ;

- la conscience sert à donner des directions ;

- l’Homme n’est pas aussi libre qu’il le croit ;

- le concept d’émergence ouvre de nouvelles perspectives.



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