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 Cessez d'être gentil, soyez vrai !

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MessageSujet: Cessez d'être gentil, soyez vrai !   Mar 27 Juin - 21:09

Cessez d'être gentil, soyez vrai !

En lisant ce résumé, vous découvrirez que l'on peut être soi-même, sans complaisance et sans masque, en présence des autres.

Vous découvrirez aussi que :

- votre espace mental, à travers l'émission de jugements et de critiques, vous coupe de vos sentiments et de vos besoins ;

- comment prendre conscience de votre intériorité, de ce que vous ressentez vraiment ;

- l'expression de vos besoins, à travers une demande négociable, ne nuit pas à la liberté d'autrui ;

- la méfiance peut laisser place à la confiance dans vos relations avec les autres ;

- il est possible de prendre soin de soi et des autres : il n'y a pas à choisir entre l'un ou l'autre ;

- la violence communicationnelle n'est pas inhérente à la nature humaine, mais résulte d'une ignorance de ses propres besoins.

La communication non violente (CNV) vise à améliorer l'authenticité des échanges et des relations entre les Hommes. Il est possible de dire ce que l'on pense et d'exprimer sa vérité tout en respectant autrui. Nouvelle manière de communiquer, la CNV permet de s'ouvrir à l'autre et de trouver avec lui des compromis. C'est quand on découvre ses propres besoins et qu'on accède à son intériorité que l'on parvient à rencontrer l'autre sans violence.

Identifier ses besoins et en formuler une demande négociable permet de ne pas se sentir étranger à soi-même

L'Homme communique mal avec ses pairs. Il use de violence affective. Par ses actes et ses paroles, il contraint autrui tout comme il se contraint lui-même. L'enjeu de la communication consciente et non violente, abrégée sous le nom de CNV, est d'apprendre à communiquer sans masque et sans filtre.

Le respect de l'autre et de soi doit primer pour que des relations vraies entre des personnes responsables et libres puissent s'établir. Pour ce faire, l'Homme doit comprendre ses sentiments et ceux des autres. Or, il ne parvient pas à le faire car il y voit une contradiction. L’Homme pense que pour être à l'écoute des autres, il doit se couper de ses sentiments et de ses besoins. "L'espace mental", c’est-à-dire les pensées émises par le cerveau et influencées par l’éducation, joue un rôle prépondérant dans cette coupure. Il prend pour vrai ce qu’il voit. Or, sa vision de la réalité est parcellaire et lacunaire. Pour y pallier et appréhender le monde, il use d’étiquettes et de catégories. De la même manière, il juge et enferme les autres dans des idées et des concepts.

Par exemple, l'homme pense que la femme ne sait pas conduire. Son système de pensée devient également binaire. Il pense que tout est blanc ou noir. Soit on prend soin de soi, soit on prend soin des autres. Coupé de ses émotions, l'Homme n'identifie pas ses sentiments. Or, c'est en connaissant ses sentiments qu'il aurait été à même de clarifier ses besoins et de trouver une solution pour les combler.

Les besoins d'ordre social (exemple : confiance), mental (exemple : stimulation) et spirituel (exemple : sérénité) sont essentiels à l'équilibre. Comme il ne prend pas conscience de lui-même, l'Homme, pour faire face au sentiment d'impuissance qui l'envahit, trouve un bouc émissaire : autrui ou lui-même. Ainsi, il peut arrêter de faire valoir ses besoins, avoir des difficultés à faire des choix, dépendre du regard de l'autre ou encore vouloir soumettre l'autre à ses besoins par la violence. Même si l'Homme identifie un besoin sans parvenir à le satisfaire, il sort de la confusion précisément parce qu'il en a pris conscience. Parfois le simple fait de reconnaître un besoin permet de constater qu'il est satisfait. D'autres fois, l'identification permet d'indiquer à l'autre, par une demande négociable et concrète, comment satisfaire ce besoin. La formulation d'une demande permet à l'Homme de prendre en charge son besoin. La demande peut être polymorphe car plusieurs solutions existent pour un seul et même besoin. Elle lui permet de redéfinir ses priorités. L'Homme en sort grandit.

Prenons un exemple concret pour illustrer le bienfait de la formulation d’une demande. Après une journée de travail bien remplie, un homme rentre chez lui fatigué. Il identifie rapidement son besoin : passer un moment agréable avec sa femme. Il lui propose donc, de manière négociée, de manger au restaurant. Sa femme n’est pas obligée d’accepter, elle a le droit de vouloir occuper sa soirée autrement. Il s’avère d’ailleurs que cette dernière préfèrerait rester chez elle. Elle lui propose en retour une soirée DVD. Cet exemple permet de comprendre qu’une demande n’est pas toujours satisfaite mais qu’elle a le mérite de nous faire prendre conscience de nos besoins. Il permet également de constater l’importance d’une formulation négociée : l’autre a un droit de réponse et peut proposer une nouvelle solution pour satisfaire le besoin. Se renfermer sur soi-même est donc inutile. Il faut être à l’écoute de ses besoins, les formuler et essayer de les satisfaire tout en garantissant la liberté de son interlocuteur.

Les trois éléments clés d'une conversation vraie avec autrui sont : l'observation neutre, sans jugement, la prise de conscience de ses sentiments et la formulation d'une demande négociée

Pour prendre soin des autres et de soi sur le long terme, il convient de ne pas agir par devoir ou par obligation. Être à l’écoute des autres doit procurer une sensation de plaisir et de bien-être. Si l’Homme agit par obligation ou par devoir, il n’en retirera que colère, dépression et révolte.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le bonheur ne résulte pas de ce que l’on possède ou de ce que l’on fait. Il dépend de comment on vit sa relation avec les choses, les activités et les êtres. Ce qui importe est de nouer des relations de qualité, c’est-à-dire profondes et durables, aussi bien avec soi-même qu’avec les autres. Cela n’est pas chose aisée, car on agit souvent en fonction de critères extérieurs. Ainsi, on renonce à certains de ses besoins dans le but de faire plaisir à son interlocuteur et on agit en fonction de croyances et de préjugés. L’espace mental prédomine nos actions. L’Homme peine à entretenir une relation de qualité avec le monde qui l’entoure, car il interprète sans cesse ce qu’il observe. Il ne se contente pas d’une observation neutre du fait. Il le juge et empêche toute interrogation. Il peut ainsi apostropher son enfant par "Tu laisses tout traîner". En ouvrant de cette manière la conversation, l’Homme prend le risque de tomber dans la "spirale du ping-pong" : l’interlocuteur va se justifier, car il se sent agressé, jugé et critiqué.

Pour éviter ce genre d’écueil, il convient donc de mener une observation neutre qui discerne les enjeux de la réalité telle qu’elle est et qui respecte le point de vue de l’autre. La demande formulée sera négociable et l’autre aura la liberté de le satisfaire ou non.

Observer sans juger ne suffit pas, il faut également sentir sans juger. Cela passe par la distinction de nos vrais sentiments (être curieux, étonné, satisfait, angoissé, effrayé, etc.) de ceux qui comportent une interprétation (être incompris, trahi, dupé, etc.). Cette distinction a l’avantage de faire sortir l’Homme du scénario victime-plainte. Il prend conscience de ce qu’il vit et se responsabilise. Elle permet également de mieux se faire comprendre, car elle permet de bannir, dans le vocabulaire, tout ce qui oppose, divise et sépare. L’autre prend donc vraiment en considération ce qu’on est en train de lui dire, sans penser à ce qu’il pourrait dire en retour. À "parler-vrai", c’est-à-dire en évoquant ses vrais sentiments qui témoignent de besoins satisfaits ou non, on stimule donc "l’écouter vrai". L’autre n’est pas invité à obéir, mais à se responsabiliser au sein d’un débat constructif et riche de sens.

Avorter toute forme de violence, envers autrui et envers soi-même, et exprimer notre besoin en ayant conscience que l'autre ne renoncera pas forcément au sien, permet de rester soi en présence de l'autre

On croit plus ou moins être responsable du bien-être de l’autre tout comme on croit que l’autre est plus au moins responsable de notre bien-être. C’est pourquoi on use parfois de la peur ou de la honte pour que l’autre agisse tel qu’on le souhaiterait. Or, on est relié à l’autre par la liberté mutuelle que l’on se donne. Ainsi, il est possible de rester soi-même tout en étant avec les autres.

L’Homme n’a pas à culpabiliser quand il s’occupe de lui-même, tout comme il n’a pas à se couper de toute relation avec autrui. Il faut qu’il avorte la violence extériorisée qui le pousse à faire de l’autre la personne qu’il a imaginée. Il ne doit pas imposer les solutions trouvées pour satisfaire ses besoins. Il convient également que l’Homme avorte la violence intériorisée qui le pousse à être tel que l’autre voudrait qu’il soit. Il n’a pas à se plier à sa volonté. L’identification de ses besoins permet de mieux comprendre quels sont ceux de son interlocuteur et donc d’entretenir une relation de qualité avec lui. Mais attention, il ne faut pas confondre le besoin avec ce qu’il n’est pas : un désir, une envie ou une pulsion momentanée. Quand le besoin est clarifié, quand on en prend conscience, une partie de nous-mêmes retrouve goût à la vie même si ce dernier n’est pas satisfait dans l’immédiat. Il suffit de se dire qu’il ne l’est pas "pour le moment". Ce choix de langage permet de laisser la porte ouverte pour la suite : je ne comprends rien en informatique, pour le moment. Dans l’avenir, il n’est pas exclu que j’apprenne.

Néanmoins, il est nécessaire de satisfaire réellement, dans l’immédiat, quelques besoins. Il faut alors formuler une demande en cherchant la plus petite chose à faire pour assouvir un besoin. La demande doit tenir compte de la réalité telle qu’elle est. Elle doit inviter à faire quelque chose plutôt que d’empêcher de faire. Elle diffère d’une exigence. Elle doit être positive en privilégiant un vocabulaire qui ouvre, relie et facilite. Pour qu’une demande ait des chances de faire sens chez l’autre, il convient de faire une observation neutre des faits, sans y introduire de jugement. L’expression de son sentiment, de son besoin, doit être soignée. L’autre doit identifier le besoin sans s’en sentir responsable. Négociable, la demande suppose donc que nous soyons prêts à accueillir le désaccord de l’autre. L’exemple suivant permet d’en rendre compte : "quand je vois tes chaussettes qui jonchent le sol, je me sens contrariée parce que j’ai besoin d’aide pour tenir la maison propre et je voudrais savoir si tu serais d’accord pour les ranger." On voit bien que ce n’est pas parce qu’on exprime notre besoin que l’autre va nécessairement renoncer au sien. De la même manière, ce n’est pas parce qu’on laisse l’autre exprimer son besoin que l’on sera obligé d’enterrer le sien.

L'empathie permet de quitter la zone de méfiance, à l'origine de relations de dépendance avec autrui, pour une zone de confiance, source d'autonomie et de liberté

Bien souvent, l'Homme est incapable d'écouter son interlocuteur déballer ce qu'il a sur le cœur sans rien dire ou sans rien faire. Or, bien communiquer demande de tout écouter au risque de ne pas tout comprendre.

Aussi, pour s'assurer que l'on a bien saisi ce qui tourmente autrui, il peut être utile de reformuler ses propos. Si l'on est passé à côté d'un élément, notre interlocuteur répétera ou reformulera. En réalité, il est bien rare que ce dernier ou nous-mêmes ose se confier sans filtre. L'homme reste souvent dans "la zone de méfiance". Lors d'un échange, celui qui émet le message a peur de tout dévoiler. Il s'imagine qu’en livrant ses sentiments et besoins il mettra à mal son identité car il montrera qu'il est vulnérable. Il ne dira pas tout parce qu’il souhaite se protéger du regard de l'autre.

De la même manière, la capacité d'écoute de celui qui réceptionne le message n'est pas maximale. Ce dernier a l'impression qu'il devra cesser d'être lui-même pour être à l'écoute de l’autre. C'est pourquoi il garde une certaine distance. Il arrive que l'individu sorte de la zone de méfiance. Dans un premier cas, il peut devenir un tyran. Il impose ses besoins avec autorité et pouvoir et ne prête pas attention aux besoins de l'autre. Dans un second cas, il peut devenir une victime. Il renonce à exprimer ses besoins car ces derniers ne sont jamais reconnus comme tels par les autres. La peur doit laisser place à la confiance, complètement absente des trois formes de communication précédemment exposées.

Pour ne pas devenir une "nice dead person" (une personne polie, souriante, morte de peur et qui n'ose rien faire ou dire), il convient de ne plus être dans un rapport de dépendance avec son interlocuteur. L'autonomie et la liberté doivent prévaloir dans nos relations avec les autres. Tel est l'objectif de la CNV qui prône une qualité de présence à soi (oser exprimer ce que l'on ressent) et à l'autre (écouter de manière la plus complète). Une zone de confiance est accessible à condition de n'être qu'une présence bienveillante pour l'autre. La souffrance d'autrui ne doit jamais être minimisée. Il est nécessaire de ne pas le conseiller, de ne pas lui faire la morale et de ne pas lui faire part de notre expérience personnelle. Sa souffrance doit pouvoir s'exprimer pleinement.

L'empathie est donc la clé de la qualité de la relation. Il faut commencer par ne rien faire. Tout écouter, sans dire un mot, c'est comprendre que l'autre dispose en lui-même des ressources pour se guérir. Il n'a pas besoin de nos conseils mais seulement de notre présence, muette. Cette dernière lui permet d'explorer ses sentiments et besoins. Il faut aller à la rencontre de l'autre et accueillir ses peines. Discuter et écouter l'autre est loin d'être une perte de temps car chacun prend conscience de ce que l'autre vit vraiment.

Effectuer un chemin vers soi, prendre conscience de ses sentiments et besoins, est nécessaire avant de pouvoir rencontrer l'autre

Les Hommes croient véritablement se rencontrer quand ils sont en face en face. S’ils ont l’impression de communiquer clairement, la réalité est tout autre. Ils échangent des formules toutes faites, sur le temps qu’il fait par exemple, ou bien ils se disputent, car ils reçoivent un message qu’ils ne sont pas à même de décoder. S’ils ont conscience de ce déficit de communication, les hommes peuvent adopter “une façade anodine”. Cette dernière est une sorte de profil neutre. Ils se montrent et s’expriment pour faire savoir aux autres qu’ils existent et qu’il faut compter avec eux. Mais ils ne se montrent pas tels qu’ils sont de peur d’être mal jugés et de faire l’objet de critiques. L’utilisation d’une telle façade est nocive. On ignore volontairement ses propres besoins et sentiments, mais aussi ceux des êtres qui nous entourent. On se replie sur soi-même.

Cette relation dictée par notre espace mental n’est ni viable ni enviable. Pour rencontrer l’autre, il est important que l’Homme, préalablement, descende dans son puits c’est-à-dire à l’intérieur de lui-même. En faisant cela, il prend alors conscience qu’il est animé par les mêmes besoins qu’autrui : la reconnaissance, la liberté, l’autonomie, la sécurité affective et matérielle par exemple. L’homme a ainsi l’occasion d’abandonner un langage qui le sépare et le divise des autres, pour en adopter un qui le rassemble. Les hommes pourraient réellement communiquer par une sorte de nappe phréatique commune. L’image permet de comprendre que chacun doit d’abord faire un chemin vers lui, en lui, avant de pouvoir construire un chemin vers l’autre. La rencontre demande donc un mouvement lent et intérieur qui part de soi pour glisser tout doucement vers l’autre.

On fait le point sur ses besoins en entrant en soi-même, puis on fait le point avec celui auquel on s’adresse. Je lui demande quels sont ses besoins tout en conservant les miens. Soit lui et moi sommes d’accord sur la manière de satisfaire un même besoin, soit nous sommes d’accord sur notre désaccord. La rencontre demande donc un espace de confiance et de liberté. Elle doit être entretenue. Cette maintenance peut passer par la création de groupes de parole dans divers lieux (entreprises, hôpitaux, institutions scolaires...). Ces groupes permettent de lever les bruits de couloir, les ragots, les malentendus et les non-dits.

Être soi est possible et requiert d'interagir sans complaisance, sans jouer de rôle, en assumant notre singularité face à des hommes différents et en exprimant nos désaccords

Nos relations avec autrui nous ont appris à faire et non à être. Élevé à l'amour conditionnel ("je t'aime si...") nous avons appris à correspondre aux attentes de l'autre sans être nous-mêmes, puisque n'ayant jamais pris conscience de notre bien-être. Comme on se sent plus ou moins responsable du sentiment de l'autre, on cherche à faire ou dire la bonne chose dans une logique de performance. On ne permet donc pas à notre interlocuteur de trouver par lui-même des solutions à ses problèmes. On le prend en charge en minimisant sa douleur et en flattant notre conscience. On est fier de soi, car on a tout fait pour que l'autre souffre le moins possible.

En réalité, à défaut de prendre en charge, il faudrait arriver à "prendre soin" : faire confiance et reconnaître que l’autre dispose, en lui, des ressources pour conjurer son mal. Comme nous n'avons pas appris à être aimés pour ce que l'on est vraiment, on se comporte comme autrui souhaiterait que l'on soit. Or, la rencontre ne peut avoir lieu qu'entre des êtres et non des rôles. Il ne faut pas donc empêcher l'autre d'être lui-même, mais l'aimer pour ce qu'il est et ce qu'il peut devenir. Cessons donc de culpabiliser l'autre en lui disant : tu as changé, tu n'es plus comme avant ! Cette expression témoigne de notre conception de la différence. Cette dernière nous apparaît comme menaçante, car elle nous donne l'impression que l'on devra s'adapter à ce changement pour toujours correspondre à ses attentes. Autrui est alors vu comme un "empêcheur" : il nous empêche d'être nous-mêmes. C'est pourquoi beaucoup d'entre nous choisissent la facilité et ne fréquentent que des personnes qui leur ressemblent.

Animé par la peur de l'autre, on ne cesse d'être gentil. On fait preuve de complaisance sans avoir le goût profond de contribuer au bien-être de l'autre. Cessons d'être gentils, soyons vrais ! C'est en trouvant la force de s'exprimer, de dire non, et en accueillant l'autre dans toute sa complexité, que nous établirons des relations durables et de qualité. Devenons responsables. Prenons le temps de savoir ce que nous ressentons, manifestons nos désaccords, assumons notre singularité et arrêtons d'avoir peur des conflits. Ces derniers sont des opportunités pour travailler notre empathie et notre sens de l'écoute à l'égard de nous-même et des autres. La colère n'est pas à bannir. Elle nous permet de comprendre qu'un besoin n'est pas satisfait. Pour qu'elle soit productive, il convient de l'accueillir sans chercher à la nier puis d'identifier les sentiments et besoins masqués par cette dernière. Enfin il convient d'exprimer notre colère à l'autre et de chercher avec lui des solutions. Le conflit peut apporter la sécurité affective et la paix.

Retrouver un pouvoir d'action c'est prendre conscience de soi, de ce que l'on veut faire sans agir selon des principes ou par peur d'être puni

Si on attribue aux autres la responsabilité de ce qui nous arrive, c'est que la liberté effraie plus que la contrainte. Pour rester soi-même, il est important de se demander si derrière chaque "il faut", "tu dois", il y a un "je voudrais". On ne peut pas agir par réflexe et automatisme.

Une petite fille à qui on ordonne de mettre ses pantoufles a toutes les chances de ne pas s'exécuter, car la demande ne fait pas sens chez elle. Décoder ces formules de contraintes est un excellent travail de responsabilisation et de retour sur soi. Cela permet, par exemple, de comprendre soi-même pourquoi le langage des " il faut" est à éviter. Ce dernier donne l'impression que l'on décide pour les autres et que l'on sait mieux que tout le monde. Cela permet aussi de comprendre que notre excuse "je n'ai pas le temps" ou " je n'ai pas le choix" ne tient pas la route. Nous sommes des êtres responsables. Par conséquent, quand je décide de délaisser mon foyer pour me consacrer à mon travail, je choisis certaines priorités. Ces dernières ont effectivement un impact sur la répartition de mon temps. Mais j'aurais également pu choisir de faire de mon foyer ma priorité. Cette prise de conscience est nécessaire, car elle redonne un pouvoir d'action.

Souvent, l'interlocuteur qui peut nous aider à trouver des solutions c'est nous-mêmes ! Suivre une règle, comme celle de mettre ses pantoufles ou de ranger ses affaires, n'a pas toujours un sens ou le même sens pour tout le monde. La règle ne fait qu'illustrer une valeur dans la vie quotidienne, valeur qui peut ne pas être partagée par tous. Si l'on est éduqué dans un environnement imprégné de tensions et de disputes, les valeurs du bien-être (l’honnêteté, l'entraide, la franchise...) peuvent avoir moins de sens que l'agressivité et la violence.

Pour se sentir vivant et retrouver la liberté (faire ce qu'on a choisi de faire), il convient de ne pas agir et de ne pas penser selon des principes et habitudes, mais de chercher ce que l'on veut vraiment. Ainsi, on peut changer ce que l'on n’aime plus et aimer ce qu'on ne souhaite pas changer. Il convient également de proscrire la punition qui ne fait qu'illustrer un manque de confiance dans la concertation avec autrui. Agiter le principe de punition-récompense revient à alimenter la dépendance à l'autre et la méfiance à l'égard de la nouveauté et de l'initiative. Ce principe traduit un mauvais vivre ensemble. Les rapports hiérarchiques peuvent et doivent s'effectuer dans le respect, car il est possible d'être ferme sans être agressif. Pour se sentir vivant, l'homme doit se laisser guider par son intuition. Il cherchera alors à faire adhérer l'autre à des valeurs qui lui tiennent à cœur et il le fera pour le bien commun.

La CNV nous invite à nous responsabiliser et à prendre le temps de nous écouter tout en préconisant de nous exprimer au sein d'un groupe de parole sans renier notre vulnérabilité

Appliquer la CNV dans ses relations quotidiennes est possible. Mais comme tout apprentissage, la CNV demande de la pratique selon une méthode rigoureuse. Trois fois par jour, il faut consacrer trois minutes de son temps à s'écouter soi-même, sans se juger, sans se faire de reproches et sans nécessairement chercher de solutions à ses problèmes. Ce temps est l'occasion de faire un état des lieux intérieur et de vérifier qu'il y a bien une chair vivante dans le corps qu'on habite. Ce travail de présence à soi et d'accueil de sa vulnérabilité est primordial. Plus il sera de qualité, plus il nous permettra d'entretenir des relations responsables et tolérantes avec autrui et d'aimer sa vulnérabilité.

La CNV demande également une certaine hygiène de conscience. Cette dernière, sur le principe d'une écologie intérieure, ne doit pas se laisser envahir par les mauvaises nouvelles. Ainsi, il faut toujours exprimer de la gratitude pour les besoins quotidiennement comblés. Il ne faut jamais oublier de se réjouir d'avoir deux mains, deux yeux et de respirer...

Enfin, la CNV nous invite à développer une « conscience conviviale » au sein d'un groupe de parole afin de lutter contre l'exclusion, l'isolement et la violence qui règnent parfois entre les individus. Cette conscience, tel un radar, nous aide à capter les besoins de l'autre sans oublier ses propres besoins. Ainsi, elle nous fait coexister les valeurs suivantes : l'autonomie et l'appartenance, la liberté et la responsabilité, la présence à soi et la présence à l'autre, la dignité et l'humilité, la conscience de l'individu et la conscience de l'univers. En effet, la violence, qu'elle s'exprime ou soit tue, n'est pas l'expression de notre nature. L'homme n'est pas un loup pour l'homme. La violence traduit seulement notre frustration. Elle surgit quand des besoins ne sont pas reconnus comme satisfaits et se manifeste chez des individus qui n'ont pas pris soin de leurs souffrances. En aucun cas la violence ne résout des conflits.

Chaque homme possède en lui même les ressources qui lui permettront d’amoindrir ses maux. Le modèle de la CNV a l'avantage de convenir pour tous types de relations : amoureuses, familiales, amicales, professionnelles, politiques... Elle responsabilise sept milliards d'êtres humains, tous invités à devenir des êtres responsables et à prendre soin de leur paix intérieure. Ainsi, elle garantit le respect de notre patrimoine commun : l'humanité.

Conclusion

L'homme s'empêche souvent d'être lui-même pour s'intégrer et vivre avec les autres. Il est temps désormais qu'il soit vrai et qu'il se responsabilise. Autrui ne l'empêche pas d'être lui-même en lui imposant un comportement. Il se coupe tout seul de ses besoins et désirs. Or, c'est en accédant à son intériorité et en prenant conscience de ce qu'il souhaite vraiment que l'homme comprendra son prochain et cessera d'être violent envers lui. Pour entretenir des relations de qualité et s'exprimer sans masque, l'homme doit donc, au préalable, se connaître et assumer sa vulnérabilité.

Que retenir de la lecture de ce résumé

· Identifier ses besoins et en formuler une demande négociable permet de ne pas se sentir étranger à soi-même ;

· Les trois éléments clés d'une conversation vraie avec autrui sont : l'observation neutre, sans jugement, la prise de conscience de ses sentiments et la formulation d'une demande négociée ;

· Avorter toute forme de violence, envers autrui et envers soi-même, et exprimer notre besoin en ayant conscience que l'autre ne renoncera pas forcément au sien permet de rester soi en présence de l'autre ;

· L'empathie permet de quitter la zone de méfiance, à l'origine de relations de dépendance avec autrui, pour une zone de confiance, source d'autonomie et de liberté ;

· Effectuer un chemin vers soi, prendre conscience de ses sentiments et besoins, est nécessaire avant de pouvoir rencontrer l'autre ;

· Être soi est possible et requiert d'interagir sans complaisance, sans jouer de rôle, en assumant notre singularité face à des hommes différents et en exprimant nos désaccords ;

· Retrouver un pouvoir d'action, c'est prendre conscience de soi, de ce que l'on veut faire sans agir selon des principes ou par peur d'être puni ;

· La CNV nous invite à nous responsabiliser et à prendre le temps de nous écouter tout en préconisant de nous exprimer au sein d'un groupe de parole sans renier notre vulnérabilité.
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