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 StoryTelling and Marketing

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MessageSujet: StoryTelling and Marketing   Mer 28 Juin - 9:33

StoryTelling and Marketing

En lisant ce résumé, vous découvrirez comment devenir un marketeur expert dans l’art de raconter des histoires (“storytelling”). Vous serez à même de faire adhérer les consommateurs à l’esprit de votre entreprise.

Vous découvrirez que, depuis ses origines, l’être humain se raconte des histoires. Le “storytelling” fait partie intégrante de ce qu’il est et de sa manière de comprendre les choses. Vous apprendrez également que :

- tout le monde peut apprendre à raconter des histoires ;

- chacun aménage sa propre histoire, afin de la rendre plus audible ;

- l’important c’est ce que veulent bien croire les consommateurs.

Ce livre parle du marketing d’aujourd’hui. Loin de l’ère de la publicité, le storytelling est, pour une marque ou une entreprise, la clé du succès. Pour réussir à influencer un consommateur, il faut raconter des histoires. Il faut que les personnes ciblées vivent l’histoire, la croient et l’adoptent pour la transmettre à leur tour. Les histoires sont partout. Véritable outil de pouvoir des marketeurs, créatrices de valeurs, elles ont le pouvoir de changer le monde. Seth Godin présente neuf conseils illustrés d’exemples, pour réussir dans cet art particulier. Il préconise que l’histoire soit vraie, qu’elle véhicule une promesse, qu’elle soit fiable, subtile et captivante. Elle devra aussi faire appel aux sens plus qu’à la raison tout en étant cohérente. Elle devra cibler les consommateurs qui partagent un intérêt commun pour le produit.

L’humain est une usine à fabriquer des histoires dont il se nourrit pour structurer sa vision du monde.

De tout temps, les histoires ont servi à éclairer le monde et à faire circuler les idées. Aujourd’hui encore, les gens attendent moins du produit que de l’histoire qu’il raconte. La grande faille du marketing, c’est son incapacité à rendre compte de la diversité du monde pour s‘adresser à lui de manière optimale. Si nous avons tous sensiblement les mêmes besoins, notre vision du monde et nos références, qui préexistent au marketing, sont plus complexes. Comme le disait Pascal : “au monde des désirs, le cœur a ses raisons que la raison ignore”.

Chacun porte en lui un ensemble de préjugés, de valeurs, de croyances qui participent à se forger une vision du monde. Ce que nous sommes, influence ce que nous voyons et détermine ce sur quoi portera notre attention. Cette attention est elle-même guidée par nos aspirations à un instant T, par nos goûts, par nos décisions, et par ce que l’on aime ou déteste.

Nous croyons ce que nous voulons bien croire. C’est pourquoi, au début de chaque histoire, il y a le cadre. Chaque consommateur voit le monde à travers son propre prisme. Il sera naturellement plus enclin à suivre une marque qui pense et le conforte dans ses croyances. On comprend mieux pourquoi le cadrage est un point déterminant dans la construction d’une histoire.

Faute de pouvoir influencer rapidement les consommateurs, il faut trouver des dénominateurs communs aux groupes de consommateurs visés et savoir par quel moyen les toucher. Par exemple, dans le New Hampshire, personne n’a de sonnette, aussi démarcher en porte-à-porte est inutile, voire contre-productif. Autre exemple, quand on veut vendre un produit aussi peu engageant qu’un dentifrice, il faut oser le vendre autrement. C’est ce qu’a choisi de faire Tom’s of Maine. Quel meilleur canal de distribution pouvait-il choisir pour vendre son dentifrice sain et éthique, qu’une distribution spécifique qui colle bien à son histoire ? En choisissant de distribuer ses produits en magasins de produits naturels, l’entreprise a réussi à exister auprès d’une catégorie de consommateurs particulière, qui partage la même vision du monde. Les consommateurs ont ce pouvoir de créer des niches, des tendances qui peuvent se transformer en mouvement de masse. Plus ils sont nombreux à adhérer au cadre de la marque et à s’en porter garant, plus l’histoire sera vivante et captera l’intérêt d’autres consommateurs.

Quand le docteur Robert Coleman Atkins a réussi à capter l’attention d’une masse critique d’individus prêts à croire que l’on pouvait maigrir rapidement en limitant son apport en glucides, nombre de marques de céréales se sont écroulées. La vision du marché a radicalement basculé quand le régime “Atkins” est devenu populaire. Les céréales raffinées (comme le blé), ne collaient plus aux attentes des consommateurs. Pour ne pas perdre de clients, en à peine 100 jours, General Mills a transformé toutes ses recettes pour utiliser des grains complets, sans changer le goût de ses produits.

Pour réussir, une marque doit avoir une histoire suffisamment différenciante pour créer de la valeur, tout en restant désirable pour un grand nombre.

Seth Godin invite à penser différemment le marketing, non plus de manière empirique, en partant du marché cible à viser grâce aux médias relatifs à cette cible, mais en cherchant les cadres de l’histoire qui n’ont pas encore été racontés et qui seraient susceptibles de capter l’attention d’un groupe de personnes, partageant une vision du monde commune.

Ce qui cimente notre société, c’est notre désir de mimétisme. Une communauté se crée quand un groupe de personnes partageant la même vision du monde se parle. Réussir à rendre l’objet désirable auprès d’une communauté est une stratégie payante. Les bénéfices, ce sont les rêves, les désirs, du consommateur. Lui parler en termes de bénéfices, c’est lui raconter l’histoire dont il rêve. Ce qu’il achète, c’est le rêve que vous lui vendez. Et donc, ce que demande le client – ce pour quoi il est prêt à payer – c’est que vous lui racontiez l’histoire qu’il a envie d’entendre. Tout le monde veut avoir ce que les autres ont, car avoir, c’est pallier ce que l’on n’est pas, atteindre un monde rêvé. C’est pourquoi le marketeur doit utiliser ces ressorts à travers le choix des mots et des relais d’opinion pour interpeller la communauté la plus à même de l’écouter. Pour cela, il existe deux façons de réussir : imposer son modèle, de sorte qu’il n’y ait pas d’autres moyens de faire ou préférer l’atteinte par permission, c’est à dire agir avec l’accord de l’utilisateur.

Aujourd’hui, ce n’est ni la fabrication d’un objet, ni l’invention d’un service qui crée de la valeur, c’est la narration autour de ce produit ou de ce service qui est en jeu. Nous l’avons vu, il existe autant de visions du monde que d’individus. Voici quelques belles histoires à raconter pour coller à certaines d’entre elles.

La marque Banquet a réussi à s’implanter dans le marché ultra concurrentiel des supermarchés en proposant des kits de viandes et légumes prêts à cuire en quelques minutes seulement. Elle propose une vraie solution pour les mères de famille débordées qui veulent tenir leur rang de maîtresse de maison et faire plaisir à leur famille avec un bon repas mijoté, mais sans avoir réellement de temps à consacrer à sa préparation.

Quand on pense à un restaurant de sushi, l’histoire veut que le chef en cuisine soit japonais, tout comme lorsque l’on achète un roman d’un auteur à succès, on s’attend à ce qu’il en soit l’écrivain ! On peut aussi présenter le cas du succès du distributeur de produits bio, Whole Foods Market, à qui profite la vague de consommateurs soucieux de la santé de leurs familles et de la planète, qui adhèrent aux valeurs et aux bienfaits du bio.

Entre gagnants et perdants, le marketing forme la ligne de démarcation. D’un côté, il y a ceux qui auront réussi à propager rapidement leurs histoires pour fédérer des groupes autour de leurs narrations et de l’autre, ceux qui auront voulu tellement se démarquer, qu’ils n’auront pas réussi à rassembler suffisamment pour percer le marché. C’est pourquoi le choix des mots est primordial. L’euphémisme permet de rassembler plus de monde, sans trop écarter son public.

Pour réussir à raconter son histoire, il faut comprendre comment fonctionne le cerveau.

Pour faire face à l’abondance de messages que nous recevons quotidiennement, notre système a mis en place 4 filtres de traitement de l’information. L’un nous permet de détecter un changement, l’autre de l’expliquer ou d’en trouver la cause, le troisième d’émettre des hypothèses et le dernier de tirer des conclusions, souvent liées à nos convictions.

L’être humain théorise le monde qui l’entoure selon son prisme et ses superstitions, sans chercher à tout observer, ni à analyser la situation avec les yeux et le cerveau d’un autre. Le pourrait-il seulement ?

Si nous n’avons pas la même agilité que la grenouille pour attraper des mouches, notre cerveau fonctionne de la même manière : il réagit face au changement. Notre regard capte la moindre nouveauté qui vient taquiner ses repères et notre cerveau cherche à comprendre. Il veut avoir réponse à tout si bien qu’à chaque phénomène inhabituel, il s’empresse de trouver une explication ou de valider ses hypothèses. Si ses prédictions sont justes, le cerveau passe à un autre sujet, satisfait. S’il échoue, il déclare forfait et non sans frustration, passe à un autre sujet, plus facile à résoudre. En cas de dissonance cognitive, nous choisissons l’histoire qui nous arrange et validons notre point de vue. Une expérience montre que si les gens disent préférer Coca Cola à Pepsi, au goût, en test à l’aveugle, Pepsi se révèle être préféré à Coca Cola.

Quelque part, on se persuade de l’histoire que l’on aime, pour que les choses se passent comme on les attendait.

L'histoire naît de la première impression, alors autant être remarquable et le rester !

L’humain porte des jugements parfois hâtifs car il est incapable de digérer toutes les informations qu’il reçoit. Il doit rapidement se forger une première impression pour nourrir son jugement. Cette aptitude nous vient directement de nos ancêtres qui, pour survivre, devaient en une fraction de seconde se faire une opinion de la situation et agir en conséquence.

Cette conclusion personnelle et hâtive sera difficile à remettre en question par la suite, comme l’a montré Malcom Gladwell dans son livre, Blink. La raison est qu’à cet automatisme, s’ajoute notre égo. C’est bien connu, nous n’aimons pas avoir tort, aussi, pour ne pas perdre la face, nous aménageons sans cesse la réalité, selon notre vérité, pour valider notre première impression. C’est ce qui explique le succès des sessions de speed dating : on a envie de croire à notre première impression et de laisser une chance à notre jugement. C’est pour les mêmes raisons que certaines personnes charismatiques, parviennent à rester pendant des années au sommet, malgré leur incompétence, leurs mensonges et leurs erreurs. Nous préférons fermer les yeux, pour ne pas avoir à réviser sans cesse notre conclusion. Cette réaction est naturelle. Notre jugement se doit d’être hâtif pour survivre et sélectif pour déclencher une action de notre part.

Cependant, un premier contact ne donne pas toujours lieu à une première impression, ce serait trop facile ! Pour réussir, il convient alors au marketeur, dans sa narration, d’être cohérent, constant et authentique car on ne sait jamais véritablement quand le consommateur y prêtera attention. Notre cerveau privilégiera naturellement les sentiments primaires forts comme l’expression de la peur ou du pouvoir. Si en prime, l’histoire racontée est cohérente et colle à sa vision du monde, le consommateur n’aura pas de mal à se l’approprier et la diffuser.

A fortiori, sa première impression sera celle qui marquera son esprit et qu’il gardera en mémoire, si bien qu’une mauvaise impression sera très difficile à rattraper. Les superstitions ont la vie dure… La seule façon de rééquilibrer l’histoire et de sauver l’image écornée, est de miser sur l’expérience humaine à travers une prise de contact ou une mise en relation réussie.

Les bons marketeurs racontent des histoires auxquelles nous croyons.

Nous sommes tous marketeurs car nous sommes tous appelés, un jour ou l’autre, à vendre notre histoire pour parvenir à nos fins. De même, nous faisons chaque jour l’expérience d’un bon ou d’un mauvais marketing. Nous achetons ou adhérons (ou pas d’ailleurs), dans nos quotidiens, aux histoires que l’on nous raconte, que ce soit pour acheter un livre, une voiture ou voter pour un candidat. A l’ère de la post-consommation, surconsommer n’est plus signe de succès, les histoires vont bon train. Consommer doit rimer avec vivre mieux !

Ce qu’il faut retenir c’est qu’aujourd’hui, le marketing de masse où le seul enjeu était de réussir sa publicité avec un message unique, n’est plus. Aujourd’hui, tout ce qui évolue autour d’une personne ou d’une marque, participe à la narration de son histoire. Preuve en est faite par John Kerry qui a échoué contre George W. Bush aux élections américaines de 2004, malgré les millions de dollars dépensés pour sa campagne parce que son histoire n’a pas su convaincre suffisamment les électeurs. Quand son rival incarnait parfaitement, à travers sa façon d’être, ses interventions, ses actes, l’âme d’un dirigeant puissant, inviolable, lui n’a pas réussi à rassembler et à faire changer d’avis les gens pour les faire adhérer à sa vision du monde.

Inutile de raconter ou de fleurir l’histoire d’un produit pour un client qui en a vraiment besoin. L’article sera choisi pour ce qu’il est, son bénéfice essentiel. A contrario, dans un monde où tous les besoins premiers sont comblés, tout objet de désir peut se vendre s’il jouit d’une belle histoire ou d’une belle réputation. Si tout le monde dit du bien d’un produit ou d’un service, les autres suivront plus naturellement ces avis, quitte à se mentir à eux-mêmes pour l’obtenir. Ce n’est pas tant les fonctionnalités du produit qui feront la différence que l’envie que ce dernier aura réussi à susciter. Ce qui compte, c’est le scénario de la rencontre à l’acte d’achat. L’objectif est en quelque sorte de créer l’histoire dont il sera le héros en portant son attention, et la sienne, sur la qualité de l’expérience offerte. Il ne s’agit plus de vendre le bon produit, à la bonne personne, au bon endroit et au bon moment mais de parvenir à raconter une histoire différenciante, désirable et cohérente par rapport à l’expérience client attendue ; cette histoire est à découvrir et à vivre plutôt qu'à affirmer ou prouver, pour que le client puisse y croire, s’y conforter et la décupler. C’est ainsi qu’Amazon parvient à rester le meilleur service client ; après s’être battue pour l’être, la marque bénéficie à présent d’avance du bénéfice du doute.

Quand le mensonge ne paie plus, il reste à chacun à prendre ses responsabilités.

On nous a appris que pour bien acheter, il fallait choisir rationnellement le bon produit avec le meilleur service. Pourtant, nous nous laissons volontiers prendre au jeu et emporter par l’histoire que l’on nous raconte, si bien qu’elle devient aussi fonctionnelle et liée au produit que ses qualités intrinsèques. Il est probable qu’à force d’y croire, l’histoire devienne vraie.

Dans ce contexte, les marketeurs sont des conteurs et non des menteurs. Ils racontent la vérité qu’ils souhaitent incarner et à force de la raconter s’en convainquent et entraînent les autres à suivre cette vérité. Les consommateurs deviennent alors complices. C’est un bluff, une croyance devenue si forte qu’elle donne à une histoire sa véracité. Tout cela n’est qu’une question de point de vue.

Il ne faut pas confondre le bluff et la fraude. La fraude est différente. Ce sont des affirmations qui ne servent que les marketeurs et dupent leurs consommateurs. C’est ce qui est arrivé aux clients de Lennox, une petite entreprise familiale de chauffages et de filtres à air. En effet, depuis sa création, soit près de 100 ans, le standardiste se présentait inéluctablement comme Dave Lennox - bien que ce dernier ait disparu… jusqu’à ce qu’un jour, les clients découvrent, avec regret, l’imposture.

Quand le bluff sublime le produit, la fraude l’entache. C’est ainsi que la supériorité des voitures Mercedes est une gageure pour son constructeur qui s’efforce d’entretenir par tous les moyens ce mythe. A l’inverse, Cadillac a échoué en voulant surfer sur sa cote de popularité pour en tirer le maximum de bénéfices, sans miser outre mesure sur son histoire et en apporter les preuves au quotidien. La fraude est vécue comme un mensonge, pire, une trahison.

Nestlé l’a vécu à ses dépens lors du scandale du lait en poudre. La multinationale promettait avec cette poudre, d’améliorer la santé des nourrissons mais a fait l’erreur de s’adresser à toutes les mères du monde. C’était sans compter que nous sommes encore beaucoup sur cette Terre à ne pas avoir facilement accès à l’eau potable et que cet or bleu est nécessaire pour diluer la poudre en question. C’est ainsi qu’une belle histoire marketing a indirectement entraîné la mort de millions de nourrissons, touchant principalement, les familles les plus pauvres. Bien évidemment, dans un cas comme celui-ci, bien plus que la crédibilité de l’entreprise, c’est la question de la responsabilité qui se pose. Les marketeurs et leurs entreprises peuvent-ils être tenus pour responsables des mensonges qu’ils inventent pour mieux vendre leurs produits ?

Ils sont nombreux à avoir inventé de belles histoires sans l’« happy end » escomptée : Philip Morris en inventant une drogue dont il est difficile de se défaire, Mc Donald’s en créant un mode d’alimentation source d’emballages inutiles et de déséquilibre alimentaire, Coca et Pepsi en proposant une boisson au sirop de maïs pouvant provoquer des crises cardiaques et du diabète etc.

Pour Seth Godin, il est regrettable de voir que la puissance d’un outil tel que le marketing, qui devrait être utilisé pour de nobles causes, puisse être récupéré par des escrocs. Il est navrant de voir encore, dix ans après ses premiers écrits, des marques manquer de transparence et de respect envers leurs clients. Toutefois, avec le filtre d’Internet, il est de plus en plus difficile de duper les consommateurs renseignés et méfiants. Toute histoire qui manquerait d’authenticité s’essoufflera. De même, un produit, à la base de l’histoire, qui ne tiendrait pas ses promesses, échouera. Pour être dans une relation gagnant-gagnant et durable, il faut au marketeur un produit ou un service de qualité et les clés pour le raconter avec l’envie d’y croire et d’en être soi-même le consommateur. Aux consommateurs aussi de prendre leurs responsabilités pour ne pas croire tout ce qu’on leur raconte et suivre aveuglément l’avis des autres.

Etre authentique, c’est raconter une histoire cohérente.

Les histoires existent pour le consommateur mais aussi grâce à lui. Toutes les actions menées autour d’une marque, participent à la construction de sa narration. Aussi, mieux vaut rester en phase avec ses valeurs et travailler sa raison d’être, pour être rentable aujourd’hui.

Pour parvenir à susciter l’intérêt de tous, il est plus important et lucratif de travailler son histoire, de s’y tenir et de la faire transpirer dans chacune de ses activités, que d’avoir un gros budget de communication.

Les gens choisissent ce qu’ils veulent entendre. Le rôle du marketeur est de capter leur attention, de les convaincre pour parvenir à détourner le consommateur de ses habitudes. Pour ce faire, le marketeur devra justifier son produit : sa différence avec les autres produits du même segment, son prix et les bénéfices qu’il peut apporter.

Attention, le message transmis ne sera pas pour autant celui entendu par les clients. Pour transformer un simple produit ou un service, en une véritable vache pourpre (référence au best-seller mondial “Vache pourpre” de Seth Godin que vous trouverez dans la bibliothèque de Koober), il faut créer autour de son objet, une histoire remarquable.

Par exemple, dans le café de Vivianne, au Soy Luck Club, à New York, vous serez accueillis comme chez vous. L’ambiance est cosy, “comme à la maison”. En cuisine, les produits sont choisis avec soin, de préférence biologiques et préparés sur place. Pour faire connaître ce petit havre de sérénité, le lieu étant un peu excentré, la propriétaire a décidé d’orienter son message à destination des clients d’un club de fitness à proximité. L’objectif était de créer un effet boule de neige.

Dans le marketing de la narration, chaque détail compte et les 5 sens sont sollicités. Le rôle du marketeur n’est plus seulement de trouver la bonne idée à vendre dans un film publicitaire de 60 secondes mais de disséminer, à chaque opportunité, des messages pour venir nourrir la marque. Etre authentique permet de faire vivre son histoire dans le temps ; encore faut-il réussir à garder le cap et le même entrain au fil des années, pour ne pas perdre ce qui fait sa différence. Le glacier Cold Stone Creamery l’a appris à ses dépens. En franchisant ses nouveaux magasins pour se développer rapidement, les fondateurs n’ont pas pensé que les gestionnaires ne seraient pas aussi impliqués qu’eux. Ils ne sont pas parvenus à faire partager l’amour qu’ils portaient à leur produit, et le ton décalé de leur marque. La chaîne a peu à peu perdu son âme.

Comme en cuisine, pour réussir à raconter une bonne histoire, il faut les bons ingrédients.

S’il existe autant d’histoires possibles que d’individus, il n’en reste pas moins que les buts que nous avons dans nos vies sont globalement assez similaires : réussir, être riche, se faire plaisir, être beau… En revanche, jamais une histoire réussie ne détaillera un élément tangible du produit lui-même. Ce serait trop banal pour en faire toute une histoire !

De même, une histoire sans couleur, sans saveur et sans piment aura moins de chance d’être colportée qu’une histoire accrocheuse. Il faut oser prendre un risque, quitte à être un peu extrême pour surprendre et attirer l’œil. Une figure de style se prête aisément au jeu pour réussir ce tour de passe-passe. Elle s’appelle l’oxymore et consiste à juxtaposer deux mots rarement associés comme par exemple “investissement éthique”. A eux deux, ces mots ont un pouvoir. Évocateurs et dissonants, ils interrogent le cerveau qui n’a pas l’habitude de rencontrer leur association. Encore faut-il choisir les bons ! Le mot “discount” qui généralement interpelle ne fera pas nécessairement bonne figure associé au mot “pharmacie”. L’association sera trop anxiogène pour susciter l’intérêt des consommateurs.

Une histoire remarquable doit venir facilement et pouvoir être racontée simplement, en une phrase, pour être aisément reprise par la suite. Par exemple, le distributeur Internet Woot.com s’est distingué de ses compétiteurs en ne proposant qu’un stock limité d’un article unique par jour, révélé à minuit. Une fois le stock écoulé, le site ferme jusqu’au lendemain.

Une histoire remarquable doit être unique. Il est inutile de marcher sur les plates-bandes ou pire, de suivre un concurrent pour raconter une histoire similaire. Le seul moyen pour gagner le cœur des consommateurs est d’être le premier et s’il est trop tard, d’être différent ! L’alternative serait de parler à une communauté oubliée. Pour se démarquer, une marque de vélo s’est par exemple positionnée sur le confort, en s’adressant à une cible vieillissante mais toujours alerte pour qui la vitesse n’était pas un critère.

A travers quelques exemples concrets, Seth Godin explore comment des maîtres conteurs ont su tirer leur épingle du jeu pour raconter des histoires notables : par exemple, comment Nissan et Mitsubishi ont fait du design particulier de leurs modèles, une marque de robustesse, comment un restaurant indien excentré du centre-ville, le Jackson Dinner, a réussi, grâce à une bonne critique à attirer les foules, à se forger une belle réputation auprès de trendsetters pour attirer ensuite les suiveurs, ou comment un restaurant Thai s’est démarqué dans une critique du New York Times en suscitant l’envie d’y aller pour le cachet du restaurant, sans avoir eu à évoquer une seule ligne du menu. La marque Avalon, grâce au pouvoir évocateur de son odeur intense et de son histoire, vend son savon bio à base d’extraits de plantes comme une madeleine de Proust. Son parfum suffit pour se sentir bien et rêver de champs de romarin.

Ou encore, la marque Sirius, une radio par satellite qui n’apporte pas grand chose de révolutionnaire à la radio, a capté l’attention de son premier audimat en employant en exclusivité, un animateur très apprécié du public. Fort de cette exception, elle a misé sur la renommée de cette voix et le bouche-à-oreille pour gagner rapidement de nouvelles parts de marché.

Le succès tient parfois à un simple choix stratégique. Au final, pour convaincre, les marketeurs doivent être convaincus par ce qu'ils racontent, pour permettre aux consommateurs de s'approprier l’histoire du produit.

Conclusion

Pour être réussi, un storytelling doit être cohérent et authentique. Il doit être proposé à des clients (des niches) adaptés. Les consommateurs attendent plus d’un produit que du produit lui-même. Avec une histoire taillée sur-mesure, ils seront donc enclins à adhérer et à partager les valeurs d’une marque.

Ce qu’il faut retenir :

- l’humain est une usine à fabriquer des histoires dont il se nourrit pour structurer sa vision du monde ;

- pour réussir, une marque doit avoir une histoire suffisamment différenciante, pour créer de la valeur, tout en restant désirable pour un grand nombre ;

- pour réussir à raconter son histoire, il faut comprendre comment fonctionne le cerveau ;

- l'histoire naît de la première impression, alors autant être remarquable et le rester ;

- les bons marketeurs racontent des histoires auxquelles nous croyons ;

- quand le mensonge ne paye plus, il reste à chacun à prendre ses responsabilités ;

- les marketeurs authentiques réussissent ;

- comme en cuisine, pour réussir à raconter une bonne histoire, il faut les bons ingrédients.

Et vous, quelle est votre histoire ?
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