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 The Better Angels of Our Nature

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MessageSujet: The Better Angels of Our Nature   Mer 28 Juin - 11:28

The Better Angels of Our Nature

En lisant ce résumé, vous découvrirez pourquoi et comment la violence a suivi une trajectoire descendante au fil des siècles. Aussi étonnant que cela puisse paraître, notre époque est en effet, la période la moins violente que l’humanité ait connue.

Vous découvrirez aussi que :

- l’histoire humaine a été marquée par une violence extrême ;

- le déclin de la violence est réel dans tous ses aspects, des guerres aux homicides en passant par le traitement des minorités ;

- les progrès des sociétés humaines sont notamment liés au développement des États, du commerce et de la civilisation ;

- l’être humain est fait d’un ensemble de tendances violentes et pacificatrices que son environnement lui permet plus ou moins de développer.

La violence paraît aujourd’hui omniprésente et il est difficile d’admettre que les actes violents sont en déclin. C’est pourtant bien le cas : nous connaissons une période de paix mondiale unique en son genre, et les risques de subir une agression n’ont jamais été aussi faibles. Notre niveau de tolérance a évolué en conséquence, la violence encore présente nous frappe et marque les esprits. Au fil de l’histoire, l’être humain a fait des progrès immenses dans son rapport à la violence.

L’histoire de l’humanité est marquée par une violence omniprésente et normalisée

Notre société nous semble parfois habitée d’une violence intolérable. Frappés par la menace de l’insécurité et du terrorisme, nous relativisons les progrès du monde. Après tout, nous semble-t-il, la violence reste constante, bien que s’exprimant sous des formes variées. Les dangers actuels et l’angoisse qu’ils génèrent faussent notre vision. Dans le passé, la violence était non seulement omniprésente mais acceptée et même glorifiée. Guerres, meurtres et massacres faisaient rage dès le début de notre ère.

Les grands textes qui nous servent aujourd’hui de références abondent de massacres et de cruauté. La violence y est justifiée, au nom de valeurs supérieures comme l’honneur, la gloire ou la raison divine. L’Iliade et L’Odyssée dépeignent des combats d’une brutalité frappante et extrêmement meurtriers. La Bible hébraïque, c’est-à-dire l’Ancien Testament, fait état de massacres autorisés et même exigés par Dieu. Si le Nouveau Testament est considéré comme plus pacifique, le martyre y est glorifié au nom d’un salut éternel, doctrine qui a notamment ouvert la porte à l’Inquisition. Au Moyen ge, torture et exécutions brutales étaient la norme et les chevaliers se livraient à des combats sanglants au nom de l’honneur. La violence est encore clairement reconnaissable dans les grandes références littéraires qui ont plus tard marqué notre culture, comme les pièces de Shakespeare ou les contes des frères Grimm.

En contraste, le XXe siècle a témoigné d’une sérieuse évolution. Les deux guerres mondiales ont été suivies par les premiers sérieux efforts de pacification durable. Le monde connaît depuis une forte baisse des conflits armés. De nombreuses dictatures sont tombées, certaines sans effusions de sang, et la démocratie a fait des avancées majeures. Ce sont avant tout notre état d’esprit et nos mœurs qui ont véritablement changé. Notre refus de la violence n’est pas né que du traumatisme de la guerre. Profond et actif, il touche tous les aspects de la vie et appelle à la révolte devant l’injustice et les inégalités. Les actes de cruauté gratuite nous semblent aujourd’hui impensables. Toutes les formes d’agression, même psychologiques, sont refusées et combattues.

L’émergence de l’État a permis de contrôler le chaos des débuts de l’humanité

La nature est régie par la recherche de survie. Il y règne la loi du plus fort : chacun s’efforce d’assurer sa subsistance et sa sécurité. La violence n’est alors pas une pulsion aveugle, mais suit des objectifs précis : obtenir un gain, répondre à la peur d’être soi-même attaqué ou conforter la réputation de l’individu, dissuadant les autres de s’en prendre à lui. C’est la théorie de Hobbes, selon laquelle « L’homme est un loup pour l’homme ». D’après lui, ce monde de chaos ne peut être régulé que par l’intervention d’un tiers, le Léviathan. Cette entité, dotée du monopole de la violence légitime, doit prévenir ou punir toute agression. C’est le rôle de l’État, qui assure la sécurité de tous.

Nos connaissances sur les débuts de l’humanité semblent confirmer ces principes. Nos cousins lointains, les chimpanzés, pratiquent la violence stratégique en s’attaquant surtout à des individus isolés ou à des groupes inférieurs. Nos ancêtres plus évolués sont comparables à divers peuples tribaux non-étatiques ayant existé dans l’histoire. Leurs conflits passent par des batailles à valeur plutôt symbolique, destinées à évaluer la force de l’adversaire, mais surtout par des raids et des embuscades. Ils peuvent alors montrer une grande férocité. Ces méthodes insidieuses rendent le risque d’agression mortelle omniprésent pour l’ensemble des populations.

La transition de l’homme vers une vie plus organisée est généralement fixée à l’émergence de l’agriculture, il y a environ 10 000 ans : c’est la révolution néolithique. Une organisation sociale plus hiérarchisée s’est alors imposée. La culture de la terre générant des excédents alimentaires, toute la population n’avait plus besoin de se consacrer à chercher sa nourriture. Une classe dirigeante est alors apparue, offrant sa protection en échange du travail et de l’obéissance des individus. La violence interne était ainsi minimisée dans l’intérêt de tous.

Les populations ont connu une évolution progressive, variable selon les régions et les ressources disponibles. Certaines tribus sont devenues des chefferies, puis des États, s’agrandissant au fil des conquêtes. Plus leurs structures se faisaient complexes, plus l’autorité et la justice se sont centralisées. Bien que les conditions de vie restent très difficiles et les dirigeants parfois tyranniques, le contrôle est venu remplacer le chaos.

Le processus de civilisation démarrant vers la fin du Moyen ge a limité les meurtres et crimes violents

Depuis le XIIIe siècle, les meurtres et autres crimes violents ont connu une très forte chute dans les démocraties occidentales. Cette tendance continue et impressionnante est due à un changement culturel : le processus de civilisation. Au sein de notre société, les valeurs de dignité et de maîtrise ont pris le pas sur l’honneur.

L’époque du Moyen ge était celle du règne des passions. L’impulsivité y était la règle, offrant un terrain d’autant plus propice aux meurtres et autres violences. Cela a commencé à changer avec le renforcement des États. Ceux-ci ont de plus en plus centralisé l’autorité, cherchant à faire respecter leurs lois et à éviter les guerres internes. Leur puissance devenant toujours plus forte, les chevaliers ont dû adapter leurs priorités. À la prévalence des valeurs guerrières a succédé la nécessité d’être dans les faveurs de la cour. La diplomatie et les bonnes manières ont donc fait leur apparition, et avec elles la maîtrise de soi, la réflexion et la considération de l’autre.

Des changements sont aussi survenus dans les classes inférieures. Un État plus fort, capable de décourager les pilleurs et de développer des infrastructures telles que des routes, offrait des conditions beaucoup plus propices au commerce. L’exploitation a donc en partie cédé la place à des échanges bénéfiques pour les deux parties. Les interlocuteurs avaient alors besoin les uns des autres. Là aussi, il devenait avantageux d’éviter les conflits.

L’influence d’un État capable d’exercer la justice et d’une société ouverte au commerce ont donc un effet crucial sur la baisse des crimes violents. S’imposer par la force devient alors bien plus risqué et moins profitable que de travailler ensemble. Ce phénomène touche le monde entier, bien qu’à des rythmes différents en fonction du contexte historique et politique. Il dépend en premier lieu de la confiance envers des institutions justes et stables. Au sein d’une société, si certaines catégories se sentent peu représentées et mal défendues, elles seront plus tentées de chercher des opportunités dans l’illégalité ou de se faire justice elles-mêmes. L’attachement à l’État et au respect de la loi peut fluctuer selon les périodes, entraînant des régressions temporaires dans les phénomènes de violence. Les règles de la vie en communauté, elles, persistent ; la coopération est à présent bien ancrée dans nos mœurs.

L’humanisme et la pensée des Lumières ont entamé le combat contre nombre de pratiques barbares

Si l’œuvre civilisatrice et l’influence de l’État ont imposé la maîtrise des pulsions agressives et le respect de la loi, le Moyen ge et le début des temps modernes conservaient nombre de pratiques établies qui nous feraient aujourd’hui frémir. La justice était d’une cruauté implacable ; la torture et les exécutions aussi lentes que douloureuses faisaient plus office de divertissement que de moyen de dissuasion. La religion toute-puissante imposait son message à force de persécutions et d’extermination des hérétiques. Au sommet de l’État, des despotes avaient droit de vie et de mort sur leur peuple. Quant à l’esclavage, il réduisait des populations entières à l’état d’objets sans autre valeur que le travail qu’ils pouvaient fournir.

La remise en cause d’institutions aussi ancrées a nécessité une nette évolution morale. Avec les avancées de la science, la raison a peu à peu pris le pas sur la religion. Elle s’accompagnait d’un état d’esprit critique, qui interrogeait l’ordre établi pour en mettre en évidence les défauts et les contradictions. Seule la raison, exercée avec rigueur, permettait d’accéder à des vérités universelles. Cette force nouvelle, l’humanisme des Lumières, a ainsi établi la proximité entre tous les hommes, quelles que soient leurs différences.

Ensemble, les penseurs des Lumières ont élaboré des philosophies de plus en plus sophistiquées, défendant de grands principes et débattant des meilleures formes de gouvernement. Ces idées ont rencontré un mouvement de changement moral au sein de la société. Avec l’invention de l’imprimerie, l’alphabétisation avait progressé et les idées se sont de plus en plus diffusées. L’accès à la lecture a développé les facultés d’empathie déjà nourries par la coopération, invitant à se plonger dans l’esprit de personnages divers. À travers des œuvres de fiction, la population se trouvait sensibilisée à de grandes causes et invitée, elle aussi, à réfléchir sur la justice de l’ordre établi.

Ces pensées se sont ensuite progressivement muées en réformes concrètes. Une par une, des pratiques barbares telles que la torture ont été critiquées, marginalisées puis abolies. Des révolutions se sont emparées des principes des Lumières pour bâtir de nouveaux régimes et mettre en place des droits fondamentaux. Bien que parfois imparfaites, les institutions nées de ces efforts ont posé les bases des démocraties d’aujourd’hui.

Malgré les guerres mondiales, le XXe siècle a vu continuer le déclin des conflits armés, pour arriver à une période de paix encore inédite

Le XXe siècle, avec ses deux guerres mondiales et plusieurs génocides, semble apporter un démenti glaçant à l’espoir d’un mouvement global vers la paix. Cette période très meurtrière ne doit pas entraîner de conclusions hâtives. Des événements ponctuels, aussi importants soient-ils, ne peuvent effacer des tendances de fond. Pour discerner la place du XXe siècle dans l’évolution de la violence, il faut examiner avec rigueur les faits statistiques et les facteurs en jeu.

Comparé aux autres ères, le XXe siècle a été moins meurtrier qu’on ne le croit. Plus proche de nous, il marque davantage nos mémoires et la croissance de la population entraîne nécessairement une augmentation des victimes. En comparant les conflits les plus mortels de l’histoire humaine, on s’aperçoit que nombre d’entre eux peuvent rivaliser avec les deux guerres mondiales. Et depuis 1945, nous connaissons une période de paix encore jamais vue : aucun conflit direct n’a plus opposé les grandes puissances.

Les guerres en Europe sont progressivement devenues de moins en moins fréquentes, mais de plus en plus meurtrières. Tout au long du Moyen ge, la guerre était quasiment constante. Le renforcement de grands États souverains et centralisés a atténué ce chaos, avec l’essor du commerce et l’influence de la pensée humaniste. Ces vastes espaces ont ensuite été déstabilisés par la montée des nationalismes, qui a atteint son apogée lors de la Première Guerre mondiale. Le traumatisme de celle-ci a provoqué, pour la première fois, un véritable mouvement d’opposition à la guerre. Paradoxalement, c’est le désir d’éviter un nouveau conflit qui a conduit les États à demeurer longtemps passifs face à l’ascension d’Hitler.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’onde de choc a été plus profonde encore, notamment du fait de l’Holocauste et des tragédies d’Hiroshima et Nagasaki. Le rejet de la guerre était cette fois unanime, et des institutions ont été créées en ce sens comme l’ONU et, par étapes, l’Union européenne. Ces garants de la paix ont joué un rôle pour éviter ou gérer les conflits, offrant un cadre régi par des normes de coopération et exerçant une certaine force dissuasive. Les progrès de la démocratie et du libéralisme économique ont aussi eu leur influence.

Tous ces éléments représentent moins des causes directes que les signes d’une volonté très affirmée de dire non à la guerre. Ni l’ONU, ni la dissuasion nucléaire n’ont pu empêcher de petits conflits d’éclater çà et là dans le monde ; même pendant la Guerre froide, ceux-ci sont restés limités au lieu d’entraîner une escalade au niveau mondial. Pour la première fois, un grand nombre de pays ont choisi de diminuer l’importance de leur armée, baissant les effectifs et abolissant ou réduisant le service militaire obligatoire. Des interdits moraux comme les atteintes aux civils ou l’annexion d’un autre territoire sont aujourd’hui globalement acceptés, ou dénoncés avec force en cas de violation. Après un long chemin, le désir de paix est finalement devenu une évidence supérieure à toutes les autres considérations dans la plupart des esprits.

La guerre prend à présent de nouvelles formes, mais celles-ci aussi sont en déclin

Malgré le recul des guerres ouvertes, la violence prend aujourd’hui de nouvelles formes. Ces phénomènes plus insidieux nous donnent l’impression d’une dangereuse instabilité. Pourtant, les dommages humains en sont infiniment moins importants que dans le passé, et continuent à diminuer. Mais dans un monde pacifié, notre seuil de tolérance est nettement inférieur et toute victime innocente marque beaucoup plus les esprits.

Avec la paix qui règne en Europe, la guerre semble s’être déplacée dans le reste du monde. Les conflits entre États, qui causent le plus de dommages par rapport aux groupes moins organisés, ont fortement baissé et se font de plus en plus courts. Les guerres civiles, elles, ont connu une explosion lors de la seconde moitié du XXe siècle. Avec la Guerre froide, les grandes puissances rivalisaient alors par procuration en soutenant des mouvements locaux. Après la chute du bloc communiste, ces conflits ont à leur tour décliné.

Les foyers de guerre civile ne sont pas nécessairement les pays les plus pauvres ou ceux où coexistent différents groupes religieux ou ethniques. Le premier facteur de risque est l’instabilité politique. Avec un pouvoir fragile et contesté, l’ordre et la justice ne peuvent être maintenus. La gestion des ressources devient alors une source de conflit. Corruption, trafic et banditisme pullulent, servant de toile de fond à une multitude de revendications.

Paradoxalement, les jeunes démocraties sont les plus vulnérables à ces problèmes, ne profitant ni d’institutions justes et fermement établies, ni de l’emprise d’un gouvernement autoritaire sur sa population. Mais elles peuvent au moins compter sur l’aide de la communauté internationale : médiation, soutien économique et commercial, lutte contre la corruption et aide humanitaire. Cette assistance vient rencontrer l’aspiration des peuples à une société plus stable.

Depuis l’Holocauste et, plus récemment, la tragédie rwandaise, les génocides sont un autre phénomène qui frappe tout particulièrement nos consciences. Il n’est cependant pas nouveau : l’extermination systématique des populations ennemies était déjà une réalité dans les guerres antiques. Ces drames se produisent généralement dans des États autoritaires et fermés à l’extérieur. C’est pourquoi, au XXe siècle, ils se sont concentrés entre 1914 et les années 1970, puis ont baissé du fait de la chute des totalitarismes et de la montée des démocraties.

Les principaux facteurs en sont la présence d’une idéologie ou de conflits sanglants dans le passé. Le désir de vengeance ou la diabolisation des opposants créent une haine et un dégoût croissant entre les groupes. La moindre agression peut alors entraîner une escalade, mais tout débordement ne débouche pas sur des exterminations organisées. Celles-ci passent par l’influence d’un leader tyrannique, qui fait perpétrer des exactions par une petite fraction de ses troupes tandis que la majorité de la population demeure passive.

Le terrorisme, enfin, est aujourd’hui la préoccupation première des peuples occidentaux. Une minorité use de frappes symboliques pour déstabiliser ses ennemis, obtenant un impact psychologique démesuré par rapport au nombre concret de victimes. Là encore, ce phénomène est présent dans toute l’histoire. Les mouvements terroristes, bien que très doués pour semer la peur, ont une force et une durée de vie très limitées. La majorité connaissent une rapide érosion, parfois suite à l’élimination de leur leader ou à des divisions internes. D’autres se changent finalement en guérillas ou en mouvements politiques, mais si de nombreux groupes disparaissent, d’autres peuvent rapidement émerger, nourrissant l’impression d’une menace continue et multiforme.

Les idéologies semblent en fait plus dangereuses que les groupes eux-mêmes. C’est le cas, aujourd’hui, de l’islamisme radical. Dans la peur liée aux attentats, les mots de « guerre des civilisations » sont prompts à surgir. Mais le terme de « civilisation islamique » regroupe une grande variété de pays et de cultures. Leurs populations expriment en majorité un respect pour les valeurs démocratiques et un rejet du terrorisme. Malgré un attachement à la loi religieuse dû au lien fondamental entre religion et État, elles ressentent aussi l’envie de plus de libertés, notamment symbolisée par les printemps arabes. Marginalisés par les atrocités perpétrées contre des victimes innocentes, les terroristes se trouvent incontestablement du mauvais côté de l’histoire.

Les minorités sont aujourd’hui beaucoup plus protégées et défendues

Au sein de nos sociétés, le rejet de la violence s’étend à présent à toutes les catégories de population. Cette situation qui nous semble aller de soi est en réalité très récente. Nos comportements ont connu une véritable révolution, avec des avancées majeures dans la seconde moitié du XXe siècle. L’empathie et le souci d’égalité ont pris le dessus sur des normes sociales fermement ancrées. Et ces droits nouveaux ont été conquis de manière pacifique, soulignant d’autant plus le chemin parcouru.

Les violences raciales et homophobes ont longtemps été tolérées. Les tensions entre communautés se manifestaient parfois par de véritables massacres : lynchages et émeutes raciales telles que les pogroms. L’homosexualité, elle, a été considérée comme un crime jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle dans une majorité de pays. Nombre d’entre eux tardent encore à la légaliser, et elle est même passible de la peine de mort dans 9 états. Mais les pressions internationales sont à l’œuvre pour y remédier, et l’égalité des droits progresse à l’échelle mondiale. La discrimination et bien sûr les agressions racistes ou homophobes sont fermement combattues par les gouvernements et les associations. Les préjugés et l’exclusion sont aussi en recul dans l’opinion publique.

La lutte contre la violence englobe aussi les relations familiales. L’homme a longtemps eu tout pouvoir sur sa femme comme sur ses enfants. Les violences conjugales représentaient alors un simple moyen de faire respecter son autorité, et l’éducation passait par des punitions physiques très dures. Avec la progression de l’égalité et de la considération de l’enfant, les mentalités ont changé peu à peu. La lutte contre les violences faites aux femmes et la maltraitance infantile sont aujourd’hui une préoccupation première. Nos nouvelles normes sociales font de la famille un havre de sécurité où toute domination brutale est bannie.

Diverses tendances de la nature humaine peuvent mener à la violence

Si la société progresse dans la limitation de la violence, celle-ci demeure partie intégrante de l’homme. Quasiment tout le monde a déjà ressenti l’envie de faire du mal à quelqu’un pour décharger sa colère. Des pulsions destructrices sont présentes en chacun de nous, ainsi que des inhibitions nous permettant de les contrôler. En comprendre les ressorts est essentiel pour éviter d’en devenir la proie.

La violence par intérêt, ou prédatrice, obéit à un calcul et non une impulsion. Elle cherche à obtenir un gain, se débarrasser d’un obstacle, se défendre dans l’anticipation d’une menace. Les principes moraux et l’empathie prennent alors une place secondaire.

Le sadisme consiste à faire souffrir pour le plaisir de faire souffrir. Il fait souvent figure de facteur aggravant dans d’autres conflits. Une certaine tendance au sadisme s’exprime en nous très tôt, comme chez les enfants qui martyrisent des insectes. Mais de nettes inhibitions viennent s’y opposer. En plus des tabous culturels interdisant la violence gratuite, nous sommes naturellement portés à la compassion et à la culpabilité lorsque nous blessons quelqu’un. Le spectacle de la souffrance nous inspire aussi un rejet instinctif, viscéral : c’est pourquoi il est plus difficile de tuer en corps à corps que de loin. Ces barrières ne s’atténuent qu’à force d’exposition ou de pratique de la violence. Faire du mal devient alors de plus en plus facile, voire gratifiant. Cette idée glaçante a cependant quelque chose de rassurant : renforcer les inhibitions, notamment à l’échelle de la société, peut permettre d’éviter un goût malsain pour la violence.

Le désir de domination cherche à inspirer la crainte ou le respect. Il peut se manifester par une simple démonstration de force, sans aller trop loin dans la brutalité. C’est le cas entre deux personnes appartenant à une même communauté, qui auront intérêt à coexister, surtout dans une culture préférant la coopération à l’honneur. Cette tendance est la plus dangereuse quand elle oppose deux groupes, par exemple ethniques, mais là aussi, domination ne veut pas dire combat ouvert. Des autorités internes à chaque groupe peuvent limiter les accidents et encourager la coopération. C’est quand le nationalisme cherche à venger des agressions passées ou se transforme en idéologie que des débordements peuvent se produire.

La vengeance est omniprésente dans les actes violents comme dans les pulsions agressives que nous réprimons. Dans l’histoire, elle a même longtemps été glorifiée, mais elle ouvre souvent sur un cycle de violence où les représailles s’enchaînent sans fin. Seule une justice impartiale peut rompre ce cercle vicieux. Cependant, il n’est pas si simple de décider d’une punition équilibrée : dans de longs et complexes conflits, on a peine à différencier les agresseurs des agressés et une logique de rétorsion contribue à nourrir les tensions. Une vraie pacification passe par un compromis mutuel : le pardon contre la reconnaissance des torts et une volonté crédible de faire amende honorable. L’histoire a montré des progrès notables sur ce point : la mémoire des drames passés ne se limite plus aux victimes, et de nombreux pays se montrent capables de reconnaître leurs anciennes fautes.

L’idéologie, enfin, est l’un des facteurs les plus susceptibles d’entraîner des populations entières dans des violences à grande échelle. Elle repose sur une utopie, un objectif idéaliste qui justifie les actions les plus radicales. Tout opposant représente alors une menace à exterminer.

Lorsqu’une idéologie est défendue par le pouvoir en place, les ressorts du collectif et de la hiérarchie lui permettent facilement d’entraîner tout un peuple. La pensée de groupe provoque une uniformisation des idées qui va souvent jusqu’à la surenchère, ainsi qu’un rejet de toute contradiction. Le respect de l’autorité et la pression sociale poussent les individus à se conformer aux règles, craignant de perturber l’ordre établi. Chacun, étant persuadé d’être le seul à douter, n’ose pas s’opposer et affirme même haut et fort son attachement à l’idéologie régnante. Pour apaiser sa conscience face aux brutalités du régime, on préfère nier la réalité des choses ou bien minimiser sa propre responsabilité.

Heureusement, ces terribles escalades sont les plus dangereuses en circuit fermé. Si la contradiction est interdite au sein d’un groupe, elle peut toujours venir de l’extérieur. L’accès aux médias dans le monde d’aujourd’hui permet une large diffusion des idées qui rend plus difficile d’imposer une propagande. Dans un monde ouvert, les dérives ont beaucoup plus de chances d’être dénoncées avant d’arriver à des conséquences dramatiques.

Des traits pacificateurs comme l’empathie, la maîtrise de soi et la raison permettent de limiter nos pulsions agressives

Tout démon a sa contrepartie chez l’homme. Ainsi, nos mauvaises tendances sont compensées par des inhibitions et des élans positifs qui maintiennent un équilibre.

L’empathie est aujourd’hui l’un des traits les plus valorisés dans la lutte contre la violence. Nous mettre à la place de l’autre et être sensibles à sa souffrance représente un frein évident à toute agression. Cependant, cette réceptivité n’est pas forcément synonyme d’altruisme. L’empathie peut être sélective : elle se concentre souvent sur nos proches et nos semblables, renforçant encore la mentalité de groupe. Néanmoins, elle crée du lien et peut donc atténuer certaines tensions, relativisant les différences entre groupes opposés. Elle est aussi très utile pour sensibiliser à des causes, qui toucheront davantage en s’incarnant par un visage et un témoignage qu’en restant abstraites.

La maîtrise de soi, qui nous permet de contrôler nos impulsions, fait la différence entre tentation et passage à l’acte. Elle nécessite de considérer les conséquences de nos actions. Ce trait de caractère dépend de notre personnalité et de notre héritage génétique, mais aussi beaucoup des normes sociales et culturelles. À différentes périodes de l’histoire, la maîtrise de soi a été plus ou moins valorisée. Et cette faculté se développe à force de pratique : des habitudes vertueuses nous permettent d’établir des normes de comportement que nous suivons de façon automatique.

La moralité aussi, bien sûr, met en place des normes de comportement. Elle motive en partie notre considération pour l’individu et les règles. Cependant, en cas de conflit de valeurs, elle peut devenir prétexte à des violences. Nos valeurs, profondément ancrées en nous, sont considérées comme évidentes et essentielles : elles entraînent une perception instinctive du bien et du mal. Quelques valeurs principales se retrouvent dans toute l’histoire humaine : le rapport à la communauté, lié à la loyauté envers le groupe et au respect de l’autorité, celui à l’individu avec la compassion et la justice, et celui à la pureté, qui régit le rapport au corps. Mais différentes cultures ne leur prêtent pas la même importance, ce qui peut entraîner une grande incompréhension, voire un rejet. Dans le monde occidental, l’individu est devenu la valeur première, prenant le pas sur la communauté, la tradition et l’autorité. Le domaine du sacré est réduit à l’importance de la vie humaine, entraînant des sociétés plus ouvertes à la différence et à la contestation.

Enfin, la raison est la faculté qui nous permet de poser sur les faits un regard objectif. L’intelligence nous rend plus ouverts aux autres, capables de mieux les comprendre et de mesurer les avantages du vivre-ensemble. C’est aussi un outil à la moralité, qui nous aide à aller au-delà de nos valeurs ancrées pour chercher ce qui est objectivement juste.

De nos jours, la société est de plus en plus éduquée. Nos écoles mettent l’accent sur le raisonnement abstrait plutôt que la simple restitution de connaissances, nous apprenant à considérer une variété de facteurs et de points de vue. Un très large accès aux médias et des discours politiques plus complexes, notamment au niveau économique, nous permettent de mieux appréhender le fonctionnement du monde et d’éviter la caricature. Or, une population éduquée entraîne une démocratie plus stable, moins vulnérable aux idéologies et aux guerres civiles.

Conclusion

En conclusion, notre trajectoire historique nous a progressivement amenés d’un monde de chaos à des sociétés bien plus justes et apaisées. Avec toutes les critiques que suscite la modernité, nous avons parfois tendance à oublier le chemin parcouru. Une culture centrée sur l’individu, valorisant la raison et l’empathie, offre des chances incomparables de coexistence pacifique. L’ouverture au commerce et aux autres cultures contribue à maintenir des liens entre les nations, et l’État sert de garant pour protéger les plus faibles. Pour autant, l’homme sera toujours tiraillé entre des instincts bons et mauvais. Si notre culture nous façonne, c’est aussi à nous de façonner notre culture, tirant les leçons du passé pour tenir nos mauvais penchants à distance.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- notre passé est marqué par une violence omniprésente et normalisée ;

- l’émergence de l’État a permis de contrôler le chaos des débuts de l’humanité ;

- le processus de civilisation démarrant vers la fin du Moyen ge a beaucoup limité les meurtres et crimes violents ;

- l’humanisme et la pensée des Lumières ont entamé le combat contre nombre de pratiques barbares ;

- malgré les guerres mondiales, le XXe siècle a vu continuer le déclin des conflits armés, pour arriver à une période de paix encore inédite ;

- la guerre prend à présent de nouvelles formes, mais celles-ci aussi sont en déclin ;

- les minorités sont aujourd’hui beaucoup plus protégées et défendues ;

- diverses tendances de la nature humaine peuvent mener à la violence ;

- des traits pacificateurs comme l’empathie, la maîtrise de soi et la raison permettent de limiter nos pulsions agressives.
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