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 La nouvelle société du coût marginal zéro

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MessageSujet: La nouvelle société du coût marginal zéro   Mer 28 Juin - 11:53

La nouvelle société du coût marginal zéro

En lisant ce résumé, vous découvrirez que le capitalisme agonise et que nous entrons dans une ère économique nouvelle, fondée sur l’abondance de biens, l’entraide et le partage.

Vous découvrirez aussi que :

- le capitalisme agonise de sa propre logique à produire à des coûts toujours plus bas ;

- il est remplacé par une économie d’abondance de biens et d’énergies gérées au niveau local ;

- la collaboration et le partage remplacent la concurrence et la course au profit ;

- l’accès aux biens et aux services prime sur la possession et la propriété ;

- la société renoue avec les instincts biologiques qui lui ont permis de survivre : l’empathie et l’entraide.

Avec la fin du capitalisme, explique le spécialiste de la prospective Jeremy Rifkin., disparaissent les comportements individualistes liés à la recherche du profit et du bien-être personnel. À la place du capital financier s’impose le capital social à travers une économie où l’accès aux services prime sur la propriété, où les communaux collaboratifs - coopératives, crowfunding, petits producteurs d’énergie verte, soit des millions de structures organisées collectivement - gèrent les ressources et les besoins collectifs. Cette révolution rend obsolètes les valeurs du capitalisme et de l’économie de marché qui structurent depuis deux siècles la société. La question est maintenant de comprendre comment s’organise une économie devenue intelligente et collaborative. Si le capitalisme n’est pas prêt à se laisser balayer sans réagir, il commence cependant à intégrer certaines caractéristiques de la nouvelle économie.

La productivité est aujourd’hui arrivée à un tel niveau d’efficience qu’elle entraine l’effondrement du capitalisme

Le capitalisme tel que nous le connaissons est en train de disparaître, explique Jeremy Rifkin. Cela n’a rien d’étonnant puisqu’il porte en lui les germes de sa propre fin. Des économistes majeurs comme Lange et Keynes en parlaient déjà dans les années 1930. En effet, le principe du capitalisme est d’améliorer constamment la productivité grâce à l’innovation et à la technologie, stimulées par la concurrence sur le marché. Son objectif est d’obtenir des biens et des services à des coûts toujours plus bas. Il est possible, aujourd’hui, de produire quantité de biens pour un coût marginal presque nul. Cela pose un problème majeur aux sociétés de l’économie de marché : si leurs produits ne valent quasi plus rien, comment peuvent-elles réaliser des profits ? Le marché capitaliste est donc obligé de repenser sa stratégie dans une logique non plus de profits, mais de survie.

L’amélioration de la productivité repose sur la mécanisation. Machines et ordinateurs jouent un rôle sans cesse plus important dans la production, au détriment du travail humain. Là encore, la question se pose : quelles sont les chances de survie d’une société capitaliste où le travail humain est la norme ? Lange et Keynes l’envisageaient très sereinement à l’époque. À long terme, ce chômage technique permettra à l’Homme de sortir du labeur et de consacrer sa vie à autre chose qu’à la production économique.

Cette situation est d’autant plus difficile à admettre qu’elle suppose un changement de paradigme. Or qu’est-ce qu’un paradigme ? Il s’agit d’un système impliquant croyances et postulats, si convaincant qu’il se confond avec la réalité. Depuis trois siècles, le paradigme du capitalisme et de l’économie de marché s’est imposé comme le meilleur système possible avec les penseurs de l’économie libérale. Mais la prise de conscience des rapports entre l’activité économique et les contraintes écologiques a changé la donne.

Les énergies renouvelables sont appelées à remplacer les énergies fossiles

Deux éléments sont nécessaires au développement d’une nouvelle ère économique, explique Jeremy Rifkin et ils sont déjà entrés en action. Il s’agit des énergies renouvelables, d’une part et de la révolution des communications à travers Internet, d’autre part.

Le schéma est classique. Chaque nouvelle ère économique est liée à l’arrivée de nouvelles formes d’énergies qui accroit la production, ainsi qu’à l’amélioration des communications et des infrastructures : le passage d’une économie de subsistance à une économie de marché en Europe à la fin du Moyen-Age est devenu possible grâce à l’essor des moulins pour accroitre la productivité et de l’imprimerie, pour améliorer les communications. L’exploitation du charbon comme source d’énergie, couplée au développement du chemin de fer a repoussé les frontières spatio-temporelles lors de la première révolution industrielle. L’électrification généralisée des moyens de production et l’apparition des médias de masse comme la radio et la télévision ont créé la société de consommation du XXème siècle.

Le modèle énergétique de l’économie de marché fondé sur le pétrole et le charbon n’est cependant plus viable. D’une part, les ressources en pétrole et charbon ne sont pas éternelles, d’autre part, elles ne sont présentes que dans certains endroits. Leur extraction et leur exploitation engendrent d’énormes coûts financiers et environnementaux.

Ce n’est pas le cas, en revanche, des énergies renouvelables solaires comme éoliennes. Certes, l’investissement de départ est important, mais une fois celui-ci amorti, le prix de ces énergies, infinies et omniprésentes ne cesse de baisser. Plus on les utilise, moins elles coûtent cher. Tout individu peut installer des éoliennes ou des panneaux solaires chez lui, devenant à son tour producteur d’énergie, un rôle jusque-là dévolu aux géants de l’énergie. S’il n’est question ici que de l’éolienne et de la solaire, d’autres énergies renouvelables telles que la biomasse ou les énergies marémotrices sont encore peu exploitées.

Une société d’abondance de biens remplace la pénurie orchestrée par l’économie de marché

En termes d’avancées technologies, la production des biens suit une courbe exponentielle. Par exemple, le smartphone était encore, il n’y a pas si longtemps, un objet de luxe. Il s’est aujourd’hui démocratisé au point que l’on trouve sur le marché des smartphones tout à fait corrects pour quelques dizaines d’euros, qui permettent de connecter leur propriétaire avec l’ensemble de la planète. De même, en 2002, la première imprimante 3D low cost coûtait 30 000 $. On peut aujourd’hui acheter des imprimantes 3D de qualité pour 1500 $.

L’exemple de l’impression 3D est d’autant plus intéressant qu’elle participe directement, explique Jeremy Rifkin, à la révolution de la production manufacturière. L’impression en 3D permet de produire des objets en petit nombre et de les personnaliser à l’extrême, pour correspondre exactement aux besoins des clients. Il ne s’agit plus de production de masse, mais de production pour répondre aux besoins des masses.

Production économe, l’impression 3D n’utilise qu’1/10ème de matière première par rapport à ce qui est nécessaire pour produire le même objet en usine. Cette technologie est accessible à tous, les concepteurs de l’impression 3D étant profondément attachés à l’open source. Si la technologie est mondiale, l’usage est local. L’impression 3D rapproche la fabrication du consommateur, ce qui permet des économies en termes de transports et de logistique. Le coût de fabrication d’un objet à partir de la 3D, déjà minimal, est encore susceptible d’être réduit si le fabricant utilise des énergies renouvelables. Tous les domaines sont touchés : pièces de rechange automobiles, éléments utilisés par la médecine pour les greffes d’organe et bientôt des maisons en 3D. Grâce à des plateformes comme Etsy, des milliers de petits fabricants sont au contact des clients du monde entier. En termes de communication, Internet a aboli toutes les frontières et va au-delà en s’emparant des objets.

Une gestion économique intelligente est rendue possible par les objets connectés

Avec des puces d’identification par radiofréquences, chaque objet pourrait être connecté pour un coût minimal. Le prix des puces est au plus bas (moins de 10cents/pièce), elles ne consomment pas d’énergie propre, mais utilisent l’énergie des signaux radio qui les interrogent.

Les objets connectés offrent des possibilités et des usages infinis. Les données obtenues, ou big data, permettent une consommation raisonnée de l’énergie. Des capteurs intelligents disposés en milieu naturel dans les forêts, dans les montagnes, permettront de prévenir les incendies ou les avalanches, d’évaluer – et de contrôler- les émissions de particules dans l’atmosphère par exemple. Les entreprises pourront mieux gérer leurs stocks, le suivi de leurs produits et prévenir les risques. L’Internet des objets permet à l’humanité de gérer son économie de manière intelligente, en prenant en compte toutes les données nécessaires à une consommation raisonnée des énergies et des ressources. Elle pourra ainsi se réinsérer dans la biosphère sans compromettre la survie de cette dernière par une activité économique débridée.

Avec les communaux collaboratifs, l’entraide remplace la concurrence

Contrairement au marché capitaliste qui a pour fondement l’intérêt personnel et pour moteur le gain matériel, l’économie en devenir s’appuie sur les communaux collaboratifs. Venus du fond des âges, connus dans toutes les régions du monde, les communaux collaboratifs organisent la gestion en commun des ressources d’une communauté. De fait, la quête de l’intérêt personnel cédant la place à l’intérêt collectif, nous assistons à un remplacement progressif des marchés par les communaux collaboratifs.

Ils ont été maltraités par les économistes de la pensée libérale qui considéraient que l’être humain, fondamentalement individualiste, n’agit que par intérêt personnel. Mais différentes études ont montré leur importance dans la vie des communautés et leur capacité de résistance face aux catastrophes au cours des siècles. Certains perdurent encore aujourd’hui, par exemple en Suisse ou au Japon. Cette persistance montre que non seulement les communaux collaboratifs sont universels, mais encore qu’ils semblent particulièrement adaptés à la survie.

Ils connaissent un regain d’intérêt depuis vingt-cinq ans, suite aux vagues de privatisation de larges secteurs économiques des années 1980-1990 qui ont vu des secteurs majeurs tels que les transports, l’électricité, le téléphone, privatisés par des entreprises devenues surpuissantes. Ces dernières, contrairement à l’État, n’ont aucun compte à rendre aux citoyens, ne cherchant qu’à accroitre leurs profits à un prix environnemental et humain particulièrement élevé. Ceux-ci s’organisent donc pour réagir.

Les communaux collaboratifs contemporains ont pris des formes différentes. Certains sont apparus en réaction aux tentatives des multinationales de privatiser le savoir, la création. Les logiciels libres sont un pur produit des communaux collaboratifs, de même que les creative commons. En médecine, sont apparus des communaux collaboratifs de patients ayant des maladies orphelines, pour échanger, vérifier des informations et mener des tests pilotés par les patients eux-mêmes. Ils sont encouragés par les générations de médecins élevées à l’ère d’Internet, attachées à l’accès libre à l’information. Dans un autre genre, l’analyse des informations échangées sur Twitter et des requêtes lancées sur Google par les usagers permet de suivre l’évolution des épidémies en temps réel, mieux que ne le font les médecins depuis leur cabinet et d’économiser ainsi des milliards en frais de santé.

Le capitalisme organise sa résistance, mais intègre des caractéristiques de la nouvelle économie

Le capitalisme s’est construit sur une économie de la pénurie : les biens sont rares et ont donc de la valeur. Or, ce modèle n’est plus viable dans une économie de l’abondance. L’émergence, aux côtés de l’Etat et des marchés, de la société civile à travers les communaux collaboratifs qui revendiquent un rôle dans la gestion des affaires économiques, sociales, est mal vue par les acteurs institutionnels.

La résistance s’organise, par exemple dans la lutte pour la gouvernance d’Internet. Jusqu’à présent, celle-ci est restée tripartite entre État, entreprises et consommateurs. Mais les entreprises qui fournissaient les moyens de transmission des informations, pour des tarifs de plus en plus dérisoires, cherchent maintenant à imposer une discrimination par le prix sur le type d’informations échangées. S’engage alors une bataille avec les partisans de la neutralité du web qui permet à des millions d’utilisateurs de collaborer et d’innover. Ce conflit incarne l’opposition entre les deux paradigmes : le capitalisme à travers les entreprises qui cherchent à tirer un profit personnel du web ; les utilisateurs qui veulent maintenir un communal ouvert, universel et accessible à tous.

On la retrouve jusque dans les profils des géants du net : Wikipédia s’est construit sur un modèle collaboratif ouvert. Google ou Facebook sont au contraire, des entreprises commerciales qui séquencent les données qui entrent sur leur réseau pour le revendre à des entreprises pour des campagnes de pub ou de marketing ciblé. Le risque existe donc que les résultats des requêtes soient biaisés à des fins commerciales ou politiques.

Les entreprises capitalistes sont cependant dans l’obligation de redéfinir leur modèle. Il en va de leur survie dans une économie qui ne sera plus fondée sur le profit. Elles deviennent sociales, même si le terme recouvre de nombreuses réalités : coopératives, associations, entreprises à but non lucratif, benefit corporation à but lucratif mais tenues par leurs engagements sociaux ou environnementaux.

L’inverse est également vrai. Lorsque l’État s’est désengagé de l’aide aux plus défavorisés, les associations se sont réorganisées comme des entreprises tout en maintenant leur objectif social. Des startups ont commencé à proposer de nouveaux services dans le domaine social. Ce mouvement est d’autant plus soutenu qu’arrivent sur le marché de jeunes cadres ayant effectué leur service civil et qui cherchent à donner un sens et une utilité à leur carrière professionnelle.

L’entreprise sociale fonctionne comme une entreprise, mais sa réussite se mesure à l’amélioration du bien-être des populations secourues et non aux profits réalisés. À long terme, prédit Jeremy Rifkin, les emplois à dimension sociale et collaborative attireront davantage les travailleurs, libérés du travail à des fins mercantiles par les avancées technologiques. Déjà, le secteur qui embauche le plus, dans les pays très industrialisés, est le secteur associatif.

L’économie émergente implique la fin du travail salarié et l’émergence des prosommateurs

Cette nouvelle ère économique sera caractérisée par la fin du travail salarié. La manufacture, grâce à des machines plus productives et plus efficaces, se passe de travail humain et le virtuel gagne du terrain : le commerce en ligne est une sérieuse concurrence pour les magasins en dur ; les professions intellectuelles ne sont pas épargnées, les juristes et les traducteurs, par exemple, étant déjà en concurrence avec des logiciels de plus en plus performants.

Là encore, la situation est classique : chaque changement de paradigme économique a entrainé un changement de la nature du travail : la première révolution industrielle a marqué la fin de l’esclavage ; la deuxième a considérablement réduit le travail agricole et l’artisanat, la troisième amenuise le travail salarié de masse et une partie du travail intellectuel.

Les individus deviennent des prosommateurs. En clair, ils produisent ce qu’ils consomment et ce dont ils ont besoin. L’impression 3D en donne un aperçu avec la production d’objets personnalisés. En agroalimentaire, les AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) transforment les clients en actionnaires des agriculteurs et sont rétribuées en nature, en fonction de l’importance de la récolte. Il en va de même avec les énergies renouvelables : si un nombre de plus en plus important de consommateurs a recours aux énergies renouvelables, les entreprises sont incitées à investir dans ce modèle. Jusqu’à présent, elles produisaient elles-mêmes l’énergie solaire et éolienne et la vendait au prix fort aux consommateurs. Mais ces derniers, devenus producteurs d’énergie, inversent la tendance en vendant leur production aux compagnies pour rembourser leurs emprunts liés à l’achat des panneaux solaires et des éoliennes.

Cette tendance ne fera que s’accentuer selon Jeremy Rifkin. La courbe exponentielle des énergies renouvelables est aujourd’hui telle que ces dernières pourraient assurer la quasi-totalité de la production énergétique de la plupart des pays d’ici vingt-cinq ans.

L’accès aux biens et aux services prime sur la propriété

Le capitalisme glorifie la propriété : pour exister, il faut posséder. Or, le nouveau paradigme économique déplace le curseur : l’important n’est plus la propriété des objets mais l’accès aux biens et services.

Grâce à Internet, les gens partagent, louent, recyclent tout : leur voiture avec le covoiturage, leur maison avec le couchsurfing, leur musique, leurs affaires, leurs outils, leurs compétences… L’un des déclencheurs, selon Jeremy Rifkin, est à chercher dans la crise de 2008, qui a laissé des millions de gens endettés pour avoir acheté des objets dont ils ne se servent pas ou peu. La crise économique s’est doublée d’une crise existentielle : pourquoi acheter ? La tendance est donc d’acheter moins, d’épargner plus et de partager davantage, pour allonger le cycle de vie des objets, plutôt que d’être entrainés dans la spirale de la consommation.

Le consumérisme fait place à la consommation intelligente : la publicité, arme phare des entreprises capitaliste, a perdu son influence sur les consommateurs. Ceux-ci préfèrent échanger avec leur entourage ou d’autres internautes des produits qu’ils achètent. Jeremy Rifkin estime que la disparition pure et simple de la publicité entrainerait un changement du comportement humain, dont le désir ne serait plus sollicité en permanence par l’acquisition de biens matériels.

La crise de 2008 ayant mis en exergue la vacuité du système financier, elle a permis l’émergence d’établissements de crédit sur Internet, spécialisés dans le prêt de pair à pair pour de microprojets et qui ne dépendent pas des banques. Est apparu le crowfunding, qui remporte de vastes succès partout dans le monde. La motivation n’est pas seulement l’argent, mais surtout d’aider des gens à réaliser leurs projets.

C’est le même esprit qui a donné naissance aux monnaies alternatives : bitcoin, mais aussi de dollar-temps où un professionnel en échange de son temps de travail obtient l’équivalent en temps de la part d’un autre professionnel, ou encore des systèmes de bons d’échanges. Le principe est d’éviter que la richesse ne sorte de la communauté.

Deux risques majeurs menacent ce nouveau paradigme économique : le réchauffement climatique et le cyberterrorisme

« La Terre fournie assez pour les besoins de tous, mais pas assez pour la cupidité de tous » disait Gandhi. L’empreinte écologique mesure ce que l’activité humaine exige de la biosphère pour produire les ressources et recycler les déchets produits. Elle sera plus ou moins profonde selon le modèle de consommation choisi. Si la planète entière suivait le modèle des États-Unis, il faudrait l’équivalent de 4 à 5 fois la Terre pour assurer la survie de la population mondiale. Si, au contraire, la population adopte le régime méditerranéen ou même indien, alors les ressources terrestres suffiront à nourrir la population sans mettre en péril la biosphère.

Mais au vu du modèle de développement suivi, à l’heure actuelle, la biosphère est sérieusement mise à mal. Le changement climatique d’origine industrielle entraine la multiplication des catastrophes naturelles (ouragans, inondations, etc) et l’appauvrissement des ressources naturelles. Il nécessite une transition énergétique rapide sous peine de voir disparaître la moitié des espèces vivantes sur terre et de mettre en péril la survie même de l’humanité.

Le cyberterrorisme, auquel la vie économique est d’autant plus exposée parce qu’elle dépend d’Internet pour fonctionner, est une menace sérieuse. Les attaques se sont multipliées ces dernières années. Une cyberattaque visant les réseaux principaux d’alimentation électrique plongerait la société en plein chaos avec une pénurie de denrées et d’alimentation en eau. L’armée et les services de la défense travaillent à la protection des réseaux et à des solutions de secours en cas d’attaque.

La nouvelle économie favorise la nature fondamentalement sociale de l’Homme

Le changement de paradigme ne se limite pas à une révolution dans le domaine économique. Elle entraine une réflexion sur la nature humaine et ses besoins. La satisfaction des besoins fondamentaux, la santé, la sécurité et la stabilité rendent les gens heureux. Le capitalisme considère que plus on est riche, plus on est heureux. C’est vrai jusqu’à un certain point de croissance et de revenus, indiquent plusieurs études sur le bien-être. Vient un moment où l’augmentation des revenus et de la consommation inverse la courbe du bonheur. La course au consumérisme coupe les individus les uns des autres et les rend malheureux, voire malades si l’on pense aux populations atteintes de diabètes, cancers divers et dépression dans les catégories socioprofessionnelles favorisées des pays les plus développés.

Or, l’humanité est une espèce extrêmement sociable, comme le montre la recherche neurocognitive. Elle a survécu à l’évolution grâce à la sociabilité collective. La gestion communaliste des activités économiques serait donc la plus adaptée à nos instincts biologiques. Fondamentalement, remarque Jeremy Rifkin, l’être humain recherche moins l’admiration que la compagnie de ses semblables.

Ainsi la principale motivation humaine n’est pas le désir de biens matériels, contrairement à ce qu’ont affirmé les économistes depuis trois siècles, mais la quête de sociabilité, l’affection, la compagnie des autres, une fois nos exigences minimales de confort matériel soient satisfaites. La crise de 2008 marque un tournant en ce sens : une baisse d’intérêt pour le matérialisme, une sollicitude et un intérêt accrus pour les autres se manifestent au travers de l’essor de l’économie collaborative.

Ce besoin de collectivité existe depuis toujours. L’Homme est un animal capable d’empathie. Cette capacité n’a fait que croitre au cours des siècles, au fur et à mesure que se sont élargies les communautés familiales, régionales, religieuses, idéologiques… Le prochain bond de l’humanité pourrait être, selon Jeremy Rifkin, l’expansion de notre empathie à toute l’humanité. C’est ce que semble indiquer la génération des 20-30 ans, à travers des échanges multiples et complexes, connectant les populations au niveau mondial. Une civilisation de l’empathie serait donc possible.

Conclusion

C’est la société capitaliste qui a permis l’émergence d’une nouvelle ère économique. Pour assouvir sa quête effrénée sur le profit, elle a misé sur l’amélioration de la vie de l’individu, donnant naissance à de multiples avancées technologiques. Concernant la gouvernance de cette nouvelle économie, il est certain pour Jeremy Rifkin qu’elle émergera de l’action conjointe de l’économie de marché, de l’Etat et de la société civile, pour apporter à tout être vivant une économie plus juste, plus humaine et plus durable.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- la productivité est aujourd’hui arrivée à un tel niveau d’efficience qu’elle entraine l’effondrement du capitalisme ;

- les énergies renouvelables sont appelées à remplacer les énergies fossiles ;

- une société d’abondance de biens remplace la pénurie orchestrée par l’économie de marché ;

- une gestion économique intelligente est rendue possible par les objets connectés ;

- avec les communaux collaboratifs, l’entraide remplace la concurrence ;

- le capitalisme organise sa résistance, mais intègre des caractéristiques de la nouvelle économie ;

- l’économie émergente implique la fin du travail salarié et l’émergence des prosommateurs ;

- l’accès et partage aux biens et services priment sur la propriété ;

- deux risques majeurs menacent ce nouveau paradigme économique : le réchauffement climatique et le cyberterrorisme ;

- la nouvelle économie favorise la nature fondamentalement sociale de l’Homme.

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