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 La vie secrète des arbres

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MessageSujet: La vie secrète des arbres   Mer 28 Juin - 12:34

La vie secrète des arbres

En lisant ce résumé, vous découvrirez que le monde végétal, et en particulier celui des arbres, est bien plus complexe que ce que nous pensons. La forêt est une communauté qui a ses règles et qui fonctionne en harmonie depuis la nuit des temps... pour peu que l’Homme ne vienne pas tout perturber.

Vous découvrirez également que :

- les arbres ont une vie communautaire structurée ;

- la forêt a une capacité d’adaptation surprenante ;

- dans la forêt, les espèces ne vivent pas en autarcie : arbres, plantes et animaux se servent les uns des autres ;

- chaque espèce a des codes de conduite et de développement très stricts ;

- nous n’en sommes qu’aux balbutiements en matière de connaissance de l’environnement forestier.

Peter Wohlleben, garde forestier allemand, présente dans ce livre le fruit de son expérience : les arbres, comme les êtres humains, ont une véritable vie sociale, basée sur l’apprentissage, l’entraide et les souvenirs. Ils communiquent entre eux, respectent ceux qui étaient là avant eux et se préviennent d’éventuels dangers.

Dans les forêts naturelles, les arbres communiquent entre eux pour se venir en aide

Lors d'une promenade dans une forêt dont il avait la charge, Peter Wohlleben réalise que ce qu’il prenait jusqu’alors pour des pierres couvertes de mousse est en réalité d'origine végétale. Il s'agit des vestiges de la souche d'un arbre coupé il y a plusieurs centaines d’années. Incapable de photosynthèse (puisque dénuée de feuilles) la souche survivait grâce à l’aide des arbres voisins. Ce partage ne pouvait être le fruit du hasard : les végétaux sont en effet parfaitement capables de distinguer leurs racines de celles d’espèces différentes.

Comme dans une société humaine, les arbres sont plus forts à plusieurs, et une association d’arbres ou même de végétaux de différentes espèces permet de créer un écosystème plus clément. Même les arbres les plus malades sont aidés le plus longtemps possible, car ils sont utiles à la communauté.

La communication est communément considérée comme une caractéristique réservée au règne animal et humain. Pourtant, les arbres, même s’ils n’émettent aucun son, communiquent, notamment en émettant des odeurs.

Dans les années 1970, des chercheurs ont relevé que les acacias augmentaient la teneur en substances toxiques de leurs feuilles lorsque les girafes venaient les brouter, et avertissaient leurs congénères du danger par un gaz : l’éthylène.

De la même manière, un arbre attaqué par une chenille va développer un anticorps pour repousser le nuisible : les chênes envoient des tanins amers dans leurs feuilles et leurs écorces, et les saules fabriquent de la salicyline. D’autres arbres, comme les ormes ou les pins, après avoir identifié les insectes par leur salive, attirent leurs prédateurs, notamment des guêpes.

Hélas, les arbres ne sont pas des rapides et ce phénomène défensif est très lent (il faut environ une heure pour qu’il soit déclenché), c’est pourquoi un réseau d’alerte à destination des autres arbres est nécessaire.

Ce réseau de communication utilise l’air, les racines et même les champignons qui possèdent de très longs filaments en sous-sol : le mycelium. Le mycelium peut atteindre des dimensions extraordinaires ainsi, dans l’État de l’Oregon aux États-Unis se trouve un champignon dont le mycelium couvre 850 hectares. Les racines des champignons en contact avec celles des arbres et des autres végétaux permettent une communication entre les différents organismes. Les scientifiques parlent alors de “wood wide web”.

Les arbres des zones agricoles sont plus isolés. Ils s’élèvent parfois seuls dans les plaines, ceux-là sont “silencieux”, et c’est ce qui les rend plus fragiles.

Il existe une véritable solidarité entre les arbres

Dans une forêt de hêtres, les arbres se synchronisent afin que chacun puisse se développer, et compensent mutuellement leurs faiblesses et leurs forces, en fonction des endroits où ils sont positionnés et des nutriments qui leur sont accessibles, par le sol et les racines.

C’est pourquoi les forêts de hêtres sont denses et les troncs très serrés. En sylviculture (puisque l’auteur de ce livre est garde forestier) on apprend qu’il faut aérer une forêt afin de donner davantage d’espace aux arbres pour se développer.

Pourtant, les forêts denses sont beaucoup plus productives. Si on aère l’espace en supprimant les arbres les plus faibles, on fait de leurs voisins des arbres solitaires, et leur durée de vie diminue. Tout le monde y perd, et la forêt devient plus vulnérable.

Le cycle de vie et le mode de reproduction des arbres sont propres à chaque espèce. Les conifères dispersent une grande quantité de pollens dans la nature tous les ans, grâce au vent. Les feuillus produisent des glands moins fréquemment, tous les trois ou cinq ans, tous au même moment. Cette méthode permet d’éviter que tous les glands ne soient dévorés par les chevreuils et les sangliers. Les années sans floraison, ces animaux connaissent une période de disette qui permet de réguler les populations. Ainsi, lorsque la floraison a lieu, ils sont moins nombreux pour manger les glands.

Les arbres gèrent leurs forces et leur énergie avec soin : pour la croissance, la production de substances répulsives afin de chasser les nuisibles... Les périodes de floraison sont tout particulièrement énergivores, surtout pour les espèces qui ne se reproduisent que tous les trois ou cinq ans. Pour compenser, la quantité de feuillage produite par l’arbre est réduite ce qui peut fragiliser l’ensemble de la forêt.

Pour éviter les problèmes d’autopollinisation, chaque espèce a développé sa stratégie : chez les pins, les fleurs mâles et femelles sont produites à quelques jours d’intervalle, chez les saules marsault, chaque individu n’a qu’un seul sexe, etc.

Une fois les graines au sol, elles ne germent pas toutes en même temps, et certaines restent en dormance plusieurs années. Statistiquement, on estime qu’un arbre n’engendre qu’un seul et unique successeur qui atteindra l’âge adulte.

Les arbres sont lents et ont des codes de conduite très stricts

Les arbres poussent lentement et se livrent une bataille pour accéder à la lumière (vitale, car elle permet la photosynthèse). Pour les plus jeunes, le combat est rude, car les arbres plus âgés (et donc plus hauts) les privent de lumière. Les jeunes arbres ont donc une croissance lente. Celle-ci a néanmoins un aspect positif, elle donne aux jeunes arbres une chance de vivre plus longtemps. Lorsqu’un arbre croît lentement, leurs cellules renferment moins d’air et résistent mieux aux vents et aux champignons. Les jeunes hêtres peuvent ainsi “patienter” pendant plus de 80 ans à côté de “leur mère” âgée de 200 ans. Lorsque “la mère” meurt, c’est le signal pour les jeunes hêtres de s’élancer. C’est alors ceux qui vont pousser le plus droit qui vont survivre, et encore à condition que les chevreuils ne dévorent pas leurs bourgeons, ou que les chèvrefeuilles ne les étouffent pas.

Les arbres de manière générale poussent le plus droit possible, et développent les racines dans tous les sens de manière homogène afin de s’intégrer au mieux parmi leurs congénères. Parfois, les contraintes du terrain peuvent les obliger à commencer leur croissance en biais, notamment en montagne, mais dès qu’ils le peuvent, ils reprennent une croissance droite.

Les arbres souffrent davantage de la soif que de la faim. En effet, contre la faim, ils peuvent toujours enclencher le processus de photosynthèse pour obtenir des glucides.

Pour l’eau, ils font le plein en hiver, quand les sols en sont gorgés, mais les plus gourmands deviennent aussi les plus vulnérables quand la sécheresse s’installe : les ascètes qui ont l’habitude d’une eau rationnée sont beaucoup plus résistants.

La grosseur et la stabilité d’un tronc dépendent donc d’un quotidien sans accroc. Une fois surmonté le vide qui se crée à la mort d’un des leurs, les voisins développent leur houppier pour refermer le trou de lumière créé et chacun peut alors de nouveau s’appuyer sur les autres.

Plus étonnant, les arbres sont capables de retenir une information. Monica Gagliano de l’université of Western Australia l’a démontré : elle a versé des gouttes d’eau à intervalle régulier sur des feuilles de Mimosa Pudica. Les feuilles de cette plante ont la particularité de se refermer sur elles-mêmes au contact. Ces dernières se fermaient à chaque fois, mais au bout d’un moment, quand la plante a compris qu’elle n’avait rien à craindre de l’eau, elle a cessé de réagir au stimulus.

Arbres et champignons forment parfois un curieux ménage

Les champignons sont les plus grands organismes vivants connus : en Suisse, une armillaire de 1 000 ans a été découverte, avec un mycélium (filament situé en sous-sol) de 50 hectares !

Les champignons peuvent être les ennemis des arbres : leur appétit féroce de tissus comestibles peut entraîner la mort de l’arbre hôte.

Néanmoins, il est possible d’observer des associations positives entre les deux végétaux. Quand cela se passe bien, les hyphes du mycélium se développent à l’intérieur même des fines radicelles de l’arbre, multipliant la surface utile des racines et sa faculté à pomper eau et nutriments.

Les champignons se connectent entre eux, développant un vaste réseau souterrain dans lequel sont échangés aussi bien des nutriments que des informations, sur des insectes nuisibles par exemple. En échange, les arbres rétribuent les champignons en sucres et en glucides.

La souche d’un arbre mort, protégée par ses congénères, peut produire des rejets. Il est alors difficile de déterminer s’il s’agit d’un nouvel arbre ou de l’ancien qui survit. Ainsi, une souche d’épicéa, en Scandinavie, a produit une sorte de buisson, qui a été daté au carbone 14, de 9 550 ans !

Une souche “stocke” les informations. Certains chercheurs, comme Frantisek Baluska, de l’université de Bonn, pensent que les pointes des racines sont équipées de dispositifs similaires à un cerveau, et transmettent des signaux électriques qui entraînent une modification du comportement de l’arbre.

L’écorce des arbres ressemble à la peau humaine et protège les organes internes des agressions extérieures. Un arbre est constitué d’à peu près autant d’eau qu’un corps humain : en bonne santé, il n’intéresse pas les parasites qui ne peuvent pas s’y développer faute d’oxygène.

Comme chez l’être humain, les rayons ultra-violets accélèrent le vieillissement de la “peau” de l’arbre, c’est-à-dire de son écorce. Les signes du vieillissement sur un arbre sont les fissures qui parcourent son tronc, son houppier qui se rétrécit et la mousse qui se développe sur lui. Cette mousse, qui contient des cyanobactéries, permet de fixer l’azote atmosphérique et de le transformer en azote minéral, assimilable par les autres arbres, notamment les plus jeunes.

Les arbres se répartissent en fonction des espèces dans des milieux différents

Pour un arbre, le milieu idéal est composé d’un sol riche en nutriments, aéré, avec une humidité constante, sans trop de soleil ni trop de neige et d’un environnement qui repousse les insectes xylophages et les champignons.

Dans cette course aux meilleures places, le plus virulent est le hêtre. Il mène la vie dure aux autres espèces, qui se contentent en conséquence, de milieux plus difficiles. Ainsi, une simple faîne lâchée par un oiseau au pied d’un chêne, et le petit hêtre va grandir et développer ses racines, en subtilisant l’eau et les nutriments du chêne. Au bout de 150 ans, il finit par dépasser le houppier du chêne. Or, le chêne a besoin de beaucoup de soleil : c’est sa mort annoncée.

Pourtant, quand il n’est pas en concurrence avec le hêtre, le chêne est conforme à sa réputation de force et de longévité. En milieu ouvert, hors de la forêt, il vit jusqu’à 500 ans, là où le hêtre meurt au bout de 200. Le bois des chênes est gorgé de fongicides qui évitent la pourriture, de tanin qui repousse les insectes, et leur écorce est plus résistante.

L’épicéa se développe dans les contrées aux hivers très rigoureux, car ses aiguilles et son écorce possèdent des essences végétales qui le protègent du froid. Il a une croissance très lente, pousse très droit de manière à ne pas être déséquilibré par la neige, et ses branches s’inclinent pour la faire tomber.

Les ifs peuvent pousser avec des hêtres, car ils ont besoin de peu de lumière. Leurs racines très développées stockent les nutriments et les répartissent en cas d’accident. Ils ne dépassent pas 20 mètres de hauteur, et peuvent vivre 1 000 ans.

Le charme s’accommode davantage du voisinage du chêne que de celui du hêtre qui lui coupe trop la lumière. Il se plaît particulièrement sur les versants sud, secs et ensoleillés, où il supporte davantage la sécheresse et la chaleur que le hêtre.

Enfin, les aulnes savent se développer là où ils ne rencontreront aucune concurrence : dans les sols marécageux. Des canaux d’aération traversent leurs racines et permettent le transport de l’oxygène jusqu’aux branches. La base de leur tronc est constituée de liège, qui laisse entrer l’air.

Une forêt agit à la fois sur le sous-sol et sur l’atmosphère

La plupart des organismes qui vivent en forêt sont invisibles à l’œil nu, et sont bien plus nécessaires au développement de la forêt que les grands animaux. La terre est nécessaire à l’enracinement des arbres, et les arbres la retiennent et la protègent des ravinements et des tempêtes : l’érosion est l’un des ennemis les plus importants des forêts.

Les petits organismes qui se développent dans le sous-sol constituent le premier maillon de la chaîne alimentaire, comme un plancton terrestre. Très petits, ces animaux, comme les curculionidés ou les oribates, ont un rayon d’action très réduit. Ils ne peuvent donc pas se déplacer lorsque la main de l’homme modifie leur environnement, et ne subsistent que dans les grandes forêts primaires.

Un sol forestier met plus de 100 ans à se régénérer, et encore faut-il qu’il soit entouré de forêts primaires dans lesquelles l’Homme n’est pas intervenu. Dans les forêts de conifères, ces micro-organismes peuvent aussi être transportés dans les plumes des oiseaux, qui les attrapent lorsqu’ils prennent des bains de poussière.

La forêt est un gigantesque aspirateur à CO2. À la mort d’un arbre, une partie de ce CO2 est rejetée dans l’atmosphère, mais la plus grande part reste acquise à l’écosystème. Le tronc vermoulu est peu à peu grignoté par les autres espèces, et le reliquat est pris en charge par la pluie qui assure sa pénétration dans le sol. Au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans le sol, la température baisse et il se transforme et s’enrichit : les gisements actuels de charbon fossile viennent de la transformation de végétaux morts il y a plus de 300 millions d’années. Mais aujourd’hui, la formation du charbon est pratiquement inexistante.

L’augmentation actuelle de nos rejets de CO2 dans l’atmosphère a un effet fertilisant sur les arbres, qui poussent plus vite. Mais cette croissance rapide n’est pas saine, car pour être forts et vivre vieux, les arbres ont besoin de prendre leur temps pour grandir. Selon de récents travaux, il n’est pas logique de vouloir rajeunir les forêts en coupant les arbres anciens : plus les arbres sont vieux, plus ils sont performants et mieux ils participent à la lutte contre le réchauffement climatique.

Les arbres sont des régulateurs du climat et ils irriguent les sols

Les arbres influent sur leur environnement climatique : ils atténuent les courants d’air et entretiennent l’humidité du sol et de l’air en maintenant une température froide au sol. Plus la couche d’humus est importante, plus elle retient l’eau.

L’évaporation produit du froid, qui à son tour réduit l’évaporation : c’est la transpiration de la forêt. Pour beaucoup transpirer, il faut beaucoup boire : les arbres, lors des orages, redirigent la pluie reçue de leurs feuilles vers leur tronc et le sol. Lors d’une forte pluie, un hêtre adulte peut emmagasiner jusqu’à 1 000 litres d’eau. Au contraire, dans les forêts de feuillus, le taux d’interception de l’eau est de seulement 15%.

La pluie est générée par les nuages qui se forment au-dessus des océans et sont poussés vers l’intérieur des terres. Là, une partie de la pluie déposée sur le houppier des arbres s’évapore dans l’atmosphère. Les arbres rejettent également par transpiration jusqu’à 2 500 m³ d’eau par km². La vapeur d’eau qui en résulte forme des nuages, qui se déplacent plus loin vers l’intérieur des continents pour redevenir de la pluie. Cette chaîne ne fonctionne que s’il y a des arbres du point le plus proche de la mer jusqu’au point le plus reculé du continent.

Au Brésil, les effets de la déforestation côtière se font déjà sentir : la forêt tropicale humide amazonienne devient de plus en plus sèche. Dans l’hémisphère Nord, les forêts de conifères émettent également des terpènes : ce sont des molécules qui, libérées dans l’air, condensent l’humidité et favorisent la formation de nuages. Le climat devient plus frais et humide, ce qui convient aux conifères.

Le sol des forêts est comme un grand réservoir qui recueille toutes les précipitations. L’eau s’infiltre et reste prisonnière du sol. Quand celui-ci est saturé, elle gagne les couches plus profondes des sols, avant de remonter à la surface, des décennies plus tard, sous forme de sources et de minuscules courants. Les couronnes des arbres forment un toit qui préserve de l’ensoleillement ces sources et ces ruisseaux. Elles agissent comme des régulateurs thermiques, empêchant les eaux des ruisseaux de geler. Les castors transforment ces cours d’eau en grands étangs. S’ils causent des dégâts à la forêt, ils se comportent également en régulateurs des ressources en eau.


La forêt est un écosystème équilibré, qui offre un refuge à une multitude d’espèces

Un arbre représente des millions de calories sous forme de sucres, de cellulose, de lignite et de glucides, d’eau et de minéraux. Chaque espèce d’arbre a ses parasites attitrés, qui profitent de leur hôte : chermès pour les sapins, pucerons verts pour les épicéas, phylloxera coccinea pour les chênes, etc.

Lorsqu’ils deviennent trop envahissants, l’arbre produit des substances répulsives et, si cela ne suffit pas, il renforce son écorce. Mais ces pucerons sont une bénédiction pour beaucoup d’autres animaux, qui les consomment, eux ou leurs déjections : fourmis, coccinelles, abeilles, guêpes, chenilles, etc.

Les arbres sont aussi une réserve de nourriture pour les grands herbivores, comme les chevreuils et les cerfs. Leur population est relativement faible, donc ils ne déséquilibrent pas la forêt. Ils se nourrissent des arbustes ou des pousses qui persistent sur les arbres morts.

Les arbres n’offrent pas que de la nourriture : les animaux s’y frottent pour se nettoyer les poils ou les bois. Ils servent également de logement : leurs épaisses parois isolent parfaitement du froid et du chaud. Les pics fendent l’écorce, des arbres sains de préférence. Les champignons prennent le relai en investissant l’ouverture, et en l’agrandissant. Lorsque le pic revient, l’écorce est plus tendre et plus facile à percer. Mais il faut l’entretenir car les champignons continuent leurs ravages. Quand le nid est trop grand, les pics l’abandonnent et il est alors colonisé par les espèces qui ne savent pas construire dans le bois, comme les sittelles torchepot, les chauves-souris ou même les chouettes. En fin de vie, un tronc en décomposition devient l’habitat de fourmis noires, de champignons, de coléoptères, etc.

Sur le houppier d’un arbre de 600 ans, on a dénombré 2 041 animaux de 257 espèces différentes. Lorsque le tronc d’un arbre se divise en deux, l’eau de pluie stagnante dans le point bas abrite des larves de moustiques.

Même mort, un arbre conserve des substances nutritives qui sont très utiles aux plus jeunes, grâce au concours des larves d’insectes et des champignons. Les champignons se livrent un combat féroce pour l’accès à la source d’alimentation. On compte aujourd’hui 6 000 espèces connues qui dépendent du bois mort, et seraient incapables de se nourrir de bois vivant.



Les arbres s’adaptent aux saisons, et leur santé dépend de la stabilité de l’écosystème forestier

L’été et au début de l’automne, les arbres constituent leurs réserves de soleil et les transforment en nutriments. Lorsqu’ils sont rassasiés, ils prennent une teinte jaune orangé, sauf les conifères, dont les aiguilles contiennent un produit antigel, et les épines sont recouvertes de cire afin qu’ils ne perdent pas toute leur eau en hiver par évaporation.

Pour un feuillu, se débarrasser de ses feuilles augmente l’aérodynamisme qui permet de résister aux vents, et le tronc est suffisamment souple pour ployer sans céder. De plus, cela permet que la neige ne s’accumule pas et tombe sur le sol. La chute des feuilles est donc une mesure d’adaptation au climat.

Les arbres savent à quel moment ils doivent faire tomber leurs feuilles et à quel moment elles doivent repousser. Ils ont donc une perception du temps : il faut qu’il y ait eu un certain nombre de journées chaudes, et que le jour se soit allongé, pour que le processus soit mis en route. Le siège de ce “sens” se situerait dans les bourgeons. Mais le moment où les arbres perdent leur feuillage est aussi une question de caractère : certains sont plus téméraires que d’autres, et perdent leurs feuilles alors que leurs congénères profitent du soleil le plus longtemps possible pour constituer des réserves.

La plupart des arbres peuvent atteindre un âge très avancé (400 ou 500 ans pour les hêtres et les chênes). Mais leur santé dépend de la température, la luminosité et l’humidité qui doivent rester stables, et de leur résistance aux insectes, champignons, bactéries et virus, qui cherchent à les envahir.

Pour se défendre, les arbres possèdent une réserve de substances répulsives à action antibiotique : les phytocides. Un équilibre est nécessaire entre les forces dévolues à la croissance et celles dévolues à la défense d’un arbre. Sinon, celui-ci tombe malade.

L’ensoleillement, qui permet la photosynthèse, est crucial pour toutes les espèces de la forêt. Les houppiers des hêtres, des épicéas et des pins captent 97% de l’ensoleillement d’une forêt. Pourtant, au printemps, le sol de la forêt se couvre de petites fleurs comme les anémones sylvies ou les hépatiques, qui arrivent à profiter des premiers rayons de soleil, avant que les feuillus n’aient reconstitué leur feuillage.

Il existe des espèces solitaires, mais la plupart des arbres vivent en communauté, et quand celle-ci est en danger, la forêt est capable de se déplacer

La plupart des arbres plantés artificiellement en ville comme les séquoias, dont les houppiers et les racines sont contraints, ont beaucoup de mal à se développer et à grandir au-delà de 50 mètres. Ils sont privés de leurs congénères et des avantages de la vie en groupe, ne peuvent pas grandir comme ils le souhaiteraient, car on enferme leurs racines, on coupe leurs houppiers, et ils en souffrent.

À l’inverse, les arbres que l’on appelle les pionniers sont beaucoup plus individualistes et cherchent à s’éloigner de la forêt. Pour cela, leurs graines volent facilement. C’est le cas du tremble, du bouleau verruqueux ou du saule marsault. Ils recherchent les zones très exposées au soleil et poussent beaucoup plus vite que leurs congénères des forêts. Ils vivent seuls et n’attendent d’aide de personne. Ils mènent de front la production de molécules de défense et une croissance rapide. Leur longévité est moindre que les arbres des forêts, d’autant que rapidement ils deviennent sans le vouloir des producteurs d’ombre pour des espèces moins rapides, comme les érables, les hêtres ou les charmes qui aiment passer leur enfance à l’ombre.

Les arbres possèdent une grande capacité d’adaptation aux conditions climatiques et une grande variété génétique. Ainsi, les hêtres poussent aussi bien au sud de la Suède qu’en Sicile. Pourtant, les forêts migrent. Certes, elles ne marchent pas, mais lorsque leur environnement ne leur convient plus, les jeunes générations s’implantent un peu plus loin, soit grâce aux vents qui emportent les graines, soit grâce aux oiseaux ou aux mulots. Le déplacement est bien sûr extrêmement lent, mais cela leur a permis de subsister aux variations climatiques et aux périodes glaciaires. Ainsi, le hêtre, dès que le climat devient plus continental, commence à souffrir, et c’est pourquoi on le trouve actuellement installé au centre de l’Europe, mais le réchauffement climatique va l’inciter à se diriger vers le nord.

Les arbres savent s’adapter aux changements ou aux dégâts causés par les catastrophes naturelles

Plus le renouvellement des générations est court, plus les espèces peuvent s’adapter rapidement à un changement dans leur environnement. Les arbres, eux, se reproduisent environ tous les cinq ans, et encore, il est rare que cela débouche sur une véritable succession. Pourtant, ils font preuve d’un grand sens d’adaptation : ils peuvent apprendre à vivre avec de nouveaux parasites, ou lorsqu’ils constatent un manque d’eau récurrent, réduire leur consommation, ou encore augmenter leurs protections, par exemple en épaississant la fine couche cireuse de leurs feuilles.

L’écosystème forestier est exposé aux catastrophes naturelles. Un fort coup de vent, une tornade ou une tempête peuvent causer des dommages considérables dans une forêt. Lors d’une forte pluie, ou lorsque la neige devient plus lourde, les houppiers peuvent être cassés. La foudre constitue également un danger pour les arbres, soit qu’elle les touche directement, soit qu’elle provoque un incendie. Pourtant, les feux déclenchés par la foudre restent bien plus rares que ceux déclenchés par l’homme. Les arbres au bord des ruisseaux peuvent également être blessés par les chocs des blocs de glace à la fonte des neiges.

La forêt voit constamment arriver de nouvelles espèces, souvent transportées par l’Homme. Importées sous forme de graines, elles poussent rapidement. La plupart de ces espèces sont un danger pour les espèces locales. Il est important de veiller à ne pas introduire des parasites exogènes, qui deviennent un danger mortel aussi bien pour les espèces importées que pour les indigènes. Ils se propagent souvent grâce aux matériaux d’emballage ou aux palettes de bois, comme le longicorne d’Asie ou le chalara fraxinea (un champignon), mais la grande variété génétique des espèces leur permet en général de survivre. Plus l’écosystème d’une forêt est équilibré, plus ces troubles fêtes auront du mal à s’implanter.


Les arbres sont des filtres qui assainissent l’air

Les particules de l’air sont captées par les feuilles et les aiguilles des arbres, et elles filtrent aussi bien les matières polluantes que les poussières et les pollens. Elles allègent la charge microbienne de l’air. Les effets bénéfiques du sport en forêt ont même été mesurés par des chercheurs coréens, et l’être humain est certainement sensible aux messages olfactifs échangés par les arbres, qui sont plus souvent des messages de bien-être que des signaux de danger.

Les arbres “respirent” par leurs aiguilles et leurs feuilles, mais aussi par leur tronc et surtout leurs racines. Ils ont besoin de se reposer la nuit, et de faire de longues pauses l’hiver.

Certains pays, comme l’Allemagne, ont mis en place des programmes de retour à la forêt primaire, décidant de ne plus intervenir du tout sur certaines zones forestières. Les premiers changements se manifestent par l’arrivée d’insectes qui se multiplient et partent à l’assaut des arbres. Les conifères meurent en quelques semaines, et le paysage est dévasté. Cela a représenté ¼ de la superficie totale du parc national de la forêt bavaroise. La décomposition du bois va alors produire l’humus nécessaire à la régénération du sol. Il faudra 500 ans pour que la forêt primaire se stabilise. Si la forêt laissée à elle-même avait été une forêt naturelle, 200 ans auraient suffi. Les forêts exploitées sont régulièrement éclaircies et donc plus lumineuses. Mais elles sont aussi plus dangereuses, contrairement aux idées reçues : les vents s’y engouffrent plus facilement, engendrant des chutes d’arbres ou de branches.

Il est indispensable que l’Homme, qui a pris conscience ces dernières années que les animaux avaient des droits et éprouvaient des émotions, ait la même prise de conscience avec les arbres. Il ne doit pas puiser pas dans l’écosystème forestier au-delà du nécessaire, et ne pas lui provoquer des souffrances inutiles. Il faut laisser un maximum d’arbres mourir de mort naturelle, les débarder en douceur avec des chevaux plutôt qu’avec de lourds engins de chantier. Ainsi en Suisse, la constitution fédérale définit une obligation de traiter les animaux, les plantes et tout organisme vivant dans le respect de la dignité de la créature.

Conclusion

Il est temps que l’Homme prenne conscience de tout ce qui se cache dans une forêt, dans sa vie, son organisation et son évolution, et qu’il comprenne que rien de ce qu’il a sous les yeux n’est dû au hasard. Les dégâts causés par l’Homme sur les forêts sont déjà immenses, et la création d’une forêt primaire, même quand la volonté est là, prend un temps considérable. C’est pourquoi les forêts ne doivent plus être considérées seulement comme des usines à produire du bois ou des stocks de matières premières. Il faut également en préserver le charme et les énigmes, et il nous reste beaucoup à découvrir sur ses mystères.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- dans les forêts naturelles, les arbres communiquent entre eux pour se venir en aide ;

- il existe une véritable solidarité entre les arbres ;

- les arbres sont des espèces très lentes, qui ont des codes de conduite très stricts ;

- arbres et champignons forment parfois un curieux ménage ;

- les arbres se répartissent en fonction des espèces dans des milieux différents ;

- une forêt agit à la fois sur le sous-sol et sur l’atmosphère ;

- les arbres sont des régulateurs du climat et ils irriguent les sols ;

- la forêt est un écosystème équilibré, qui offre un refuge à une multitude d’espèces ;

- les arbres s’adaptent aux saisons, et leur santé dépend de la stabilité de l’écosystème forestier ;

- il existe des espèces solitaires, mais la plupart des arbres vivent en communauté, et quand celle-ci est en danger, la forêt est capable de se déplacer ;

- les arbres savent s’adapter aux changements ou aux dégâts causés par les catastrophes naturelles ;

- les arbres sont des filtres qui assainissent l’air.

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