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 Tous addicts !

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MessageSujet: Tous addicts !   Mer 28 Juin - 13:56

Tous addicts !

En lisant ce résumé, vous découvrirez les différents types d’addictions et comment la quête du plaisir peut nous faire sombrer dans la dépendance.

Vous découvrirez aussi que :

- tout se passe d’abord dans notre cerveau ;

- les addictions peuvent être héréditaires ;

- la meilleure volonté du monde ne suffit pas pour se sortir d’une addiction ;

- le sport peut rendre accro ;

- nos idées seraient aussi addictives que n’importe quelle drogue.

Sommes-nous tous dépendants d’activités qui nous procurent des émotions fortes ? Qu’il s’agisse de jeu, de shopping, de nourriture ou de sexe, le responsable de cette addiction a un nom : le FMT, ou faisceau du plaisir de notre cerveau. David J. Linden, professeur en neurosciences et auteur de “Tous addicts !”, explique dans son ouvrage comment il est possible de passer du plaisir à l’addiction.

Le circuit du plaisir se situe dans notre cerveau et introduit un agent redoutable, la dopamine

Dans les années 1950, une théorie soutient que la stimulation du cerveau résulte d’une punition. Or, en 1953, grâce à des expériences sur des rats, deux chercheurs découvrent que les mécanismes impliqués dans le plaisir ou la récompense sont localisés dans certains circuits cérébraux, des conclusions qui se vérifient chez l’Homme.

Comment fonctionne le circuit du plaisir dans le cerveau ? Pour le comprendre, intéressons-nous aux neurones de l’ATV (aire tegmentale ventrale) située au centre du cerveau. Ces neurones libèrent de la dopamine – transmetteur chimique – sur une autre structure cérébrale appelée le noyau “accumbens”, visant par ailleurs trois autres points : le cortex préfrontal, le striatum dorsal et l'amygdale. C’est l’activation des neurones de l’ATV qui génère une sensation de plaisir.

La dopamine, une fois libérée et lancée à l’assaut de ses cibles, est recyclée puis stockée en attendant d’être de nouveau sollicitée. Tout l’intérêt des drogues est qu’elles empêchent cette circulation et augmentent ainsi le taux de dopamine, qui engendre une sensation d'euphorie.

À l’inverse, si la quantité de dopamine délivrée est réduite, que se passe-t-il ? Elle provoque la maladie de Parkinson, qui se manifeste physiquement par des tremblements, des problèmes d’équilibre et de coordination des gestes.

Psychologiquement, le parkinsonien est introverti, stoïque et peu attiré par l’alcool, le tabac, le jeu ou tout autre drogue. Alors que le toxicomane, lui, est impulsif, coléreux et avide de sensations fortes. Or, on a détecté des parkinsoniens accros au jeu. Comment expliquer ce paradoxe ?

C’est le traitement du malade qui en est la cause : un malade non traité possède des taux de dopamine bas, le circuit du plaisir étant fortement ralenti dans son cerveau ; il est donc à l’abri des addictions, car peu enclin aux nouvelles expériences. Le parkinsonien traité par des médicaments, peut tomber dans l’addiction, ces derniers étant des substituts à la dopamine.

Au-delà des conduites addictives, Linden souligne que le circuit du plaisir est indispensable à la survie. Il incite en effet à agir de façon adaptée : si nous buvons, mangeons ou faisons l’amour, c’est d’abord pour préserver notre espèce. Si ce circuit est complexe, c’est qu’il interfère avec d’autres centres cérébraux, impliqués dans notre capacité à décider, planifier, mémoriser ou éprouver des émotions.

Curieusement, nos comportements vertueux, à l’image du sport ou de l’action caritative, activent le circuit du plaisir tout autant que ceux inspirés par le vice — consommation excessive de drogue ou de nourriture.

Aussi, expliquer ces conduites à la seule lumière du circuit du plaisir serait bien réducteur. Ce circuit ne serait rien sans d’autres régions du cerveau, avec lesquelles il entretient des liens particulièrement étroits.

Les hommes et les animaux sont depuis toujours en quête de drogues

De la caféine à la morphine, les drogues touchent toutes les cultures et sociétés, et cela depuis toujours. Linden retrace l’histoire des substances psychoactives pour en venir à la conclusion suivante : les drogues sont utilisées à des fins variées. Elles sont tantôt curatives, tantôt rituelles, tantôt divertissantes — ou les trois en même temps — et parfois soumises à des obligations religieuses.

Ainsi l’opium, extrait du pavot, est consommé dans l’Egypte ancienne à des fins médicinales ou rituelles — le pavot devient même l’un des symboles de la Rome antique. De même, à la fin du XIXe siècle, en Irlande, l’alcool est remplacé par l’éther en tant qu’anesthésiant. On se met à boire de l’éther, aux effets plus rapides que l’alcool, et bon marché. Il est définitivement interdit dans les années 1920. L’ayahuasca, breuvage à base de lianes consommé traditionnellement par les chamans des tribus indiennes d'Amazonie, existe encore aujourd’hui au Pérou, au Brésil et en Colombie. Cette drogue est un puissant hallucinogène. Enfin, le mélange de bière et de médicaments – antihistaminiques, laxatifs ou antalgiques – s’avère aussi très dangereux.

Les humains seraient-ils les seuls concernés par la consommation de drogues ? Non, les animaux sauvages le sont aussi : ils mangent des racines, des baies et des champignons hallucinogènes. Que cherchent-ils réellement ? Les effets secondaires de ces drogues ? Nous ne sommes sûrs de rien, mais il semblerait qu’ils soient effectivement plus attirés par l’excitation euphorisante de ces drogues que par leur valeur nutritive.

Ces différents consommateurs ont le choix entre cinq catégories de drogues :

- les stimulants, tels la caféine ou les amphétamines ;

- les calmants, comme l’éther ou les barbituriques ;

- les hallucinogènes, du type LSD et ayahuasca ;

- les opiacés, opium, morphine ou héroïne, qui ont la particularité de soulager aussi la douleur ;

- les produits aux actions multiples, de modérées à fortes, tels l’alcool, la nicotine, l’ecstasy, le cannabis ou les antidépresseurs

Consommer régulièrement une drogue en petite quantité conduit inexorablement à l’addiction

Les effets produits par les drogues sont intimement liés à l’état mental du consommateur et au contexte social dans lequel il vit. Bon nombre de ces substances activent le circuit du plaisir ; certaines augmentent le taux de dopamine et d’autres n’ont aucun effet sur sa production. Les endorphines, équivalentes de la morphine, mais sécrétées naturellement par l'organisme, peuvent aussi procurer une sensation de bien-être voire d'euphorie. Certains psychotropes cependant, comme les hallucinogènes, n’activent pas ce circuit du plaisir. Ce qui signifie que toutes les drogues ne comportent pas les mêmes risques d’addiction.

De plus, les facteurs socioculturels jouent un rôle primordial. Aux États-Unis, n’importe qui peut acheter une dose de LSD ou de cannabis : elle ne coûte souvent pas plus cher qu’un grand cappuccino. Aussi, en l’absence de frein financier, qui peut influer sur le consommateur ? Ses proches, par exemple.

Une accoutumance accrue semble résulter de la façon dont on absorbe la drogue : l’ingérer, l’injecter, la fumer ou la sniffer donnent des résultats différents. Chiquer du tabac a moins d’impact sur le cerveau que de le fumer. En outre, fumer des cigarettes tout au long de la journée conduit plus sûrement à la dépendance que de s’injecter une dose d’héroïne en une seule fois. User régulièrement d’une drogue est donc le meilleur moyen de tomber dans l’addiction. Au début, le consommateur mesure son degré de tolérance à la substance, puis accroît les doses petit à petit pour obtenir le même niveau de plaisir. Plus le seuil de tolérance grimpe, plus le besoin grandit, plus la dépendance se développe et plus le désir remplace le plaisir. L’alcoolique aime-t-il vraiment boire, l’héroïnomane, planer ? Non. Le plaisir disparaît peu à peu et laisse la place au manque.

Même si c’est difficile, il est possible de rompre avec une dépendance à la drogue

Rompre avec une addiction est difficile, car les souvenirs, ancrés très profondément chez le toxicomane, peuvent être réveillés intensément par un stress et des stimuli externes (odeur, musique, lieu) longtemps après.

Que se passe-t-il dans le cerveau d’un drogué ? Sa structure nerveuse est reconfigurée au niveau biochimique. Si on veut éradiquer le mal, il faut trouver des substances capables de produire des changements moléculaires et cellulaires dans le cerveau. Des découvertes sur le fonctionnement de la mémoire peuvent être appliquées au problème de la dépendance. La prise de drogue répétitive modifie le circuit du plaisir et la plasticité synaptique, qui joue un rôle dans le processus de mémorisation. Ces changements peuvent engendrer la tolérance, la dépendance, les envies incontrôlables et la rechute. Le noyau “accumbens” (structure cérébrale), est particulièrement altéré par l’assaut des neurones dopaminergiques.

Aujourd’hui, des médicaments et traitements contre les addictions sont en usage et d’autres sont encore en préparation. Ils visent essentiellement à supprimer le manque, à empêcher la sensibilisation — après une période d’abstinence, le plaisir éprouvé est plus fort que lors des premières expériences — et la rechute.

Qui peut basculer dans l’addiction ? Tout le monde. Les stressés, les créatifs, les leaders politiques, les personnes maltraitées durant l’enfance, celles qui ont une prédisposition génétique, etc. Ainsi, les porteurs du variant A1, gène lié au sous-type D2 du récepteur dopaminergique, composant du circuit du plaisir, seraient plus souvent affectés par l’alcool, la cocaïne ou la nicotine. Toutefois, même si nos gènes et circuits nerveux nous prédisposent à des comportements addictifs, nous pouvons heureusement nous en sortir grâce à des thérapies comportementales.

La leptine, hormone digestive, aide à maîtriser son poids

Linden s’intéresse à la masse corporelle et à l’alimentation. Il est possible de maintenir son poids grâce à l’hypothalamus, situé à la base du cerveau. Il reçoit tous les signaux relatifs à l'envie de manger pour les intégrer et décider de notre appétit ; s’il subit des lésions, il peut favoriser l’obésité ou la maigreur. Grâce à Jeffrey Friedman, nous savons depuis 1994 que la leptine, hormone peptidique, joue un rôle dans la régulation du poids : son taux dans le sang baisse avec la perte de poids et augmente quand on grossit. Chez une personne souffrant d’obésité morbide, une anomalie de l’ADN peut perturber la fonction du gène leptinique. Autrement dit, un déficit en leptine provoque une constante envie de manger et favorise par conséquent l’obésité.

Si la leptine fournit de précieux renseignements sur le maintien du poids à long terme, elle ne dit rien en revanche sur la régulation de l’appétit à court terme. Quels signaux déclenchent le désir de manger ? Qui informe le cerveau pour lui signifier que nous avons suffisamment ingurgité de nourriture ?

Quand les aliments arrivent dans l’estomac, des hormones venant de l'intestin sont sécrétées et activent une zone de passage allant de l'estomac vers le cerveau et l’hypothalamus. À l’arrivée, deux hormones s’affrontent pour nous donner des ordres opposés : l’orexine, signal de faim et la CRH (corticolibérine), signal de satiété : nous arrêtons de manger quand la CRH prend le dessus.

D’autres facteurs influent sur le comportement alimentaire — moment de la journée, effort physique, odeurs. Nous croyons souvent à tort que manger est un acte volontaire ; or, il n’en est rien. Maigrir est compliqué : quand on perd de la masse graisseuse, le taux de leptine diminue, baisse la consommation énergétique et augmente l’appétit. Aussi, l’industrie de la diététique nous ment quand elle prétend qu’il est facile de maigrir.

L’obésité, comme n’importe quelle drogue, est une addiction

Quant au circuit du plaisir, peut-il être activé par le fait de manger ? Oui, tout comme le cannabis, connu pour être un stimulant de l’appétit. Il s’avère que nourriture et drogues font fonctionner des circuits cérébraux qui se chevauchent. Peut-on dès lors considérer l’obésité comme une addiction à la nourriture ? Il se peut qu’il y ait un composant génétique de l’obésité chez l’Homme, mais il est vrai aussi qu’elle est liée à notre environnement. Dernièrement, des chercheurs ont fait cette découverte : certains obèses engloutissent des aliments pour compenser un sous-fonctionnement du circuit du plaisir. En fait, plus ils mangent, plus ils ressentent un manque et plus leur plaisir est réduit.

Notre société, elle aussi, joue un rôle déterminant, de même que l’héritage laissé par nos ancêtres. En effet, nous sommes programmés pour aimer le sucre, le gras et le sel. Les concepteurs de produits alimentaires le savent bien et font tout pour nous inciter à manger. Ils combinent le gras et le sucre, par exemple, car ce mélange est très addictif. Ils fournissent des plats longuement marinés, qui demandent moins de mastication, pour permettre de manger davantage et plus facilement.

Problème majeur de santé publique, l’obésité est difficile à vaincre. Bon nombre de produits aident à réduire l’appétit et à maigrir, des drogues notamment (cf. les amphétamines), mais ils sont dangereux, eux-mêmes addictifs, parfois générateurs d’effets secondaires très lourds (cf. le rimonabant des laboratoires Sanofi-Aventis).

Comme nous l’avons déjà évoqué, certains obèses ont un déficit en leptine, mais la plupart y sont résistants : leur système moléculaire ne parvient pas à convertir la leptine qui circule en réduction d’appétit et en dépense énergétique et c’est précisément dans cette direction que les chercheurs doivent concentrer leurs efforts.

Un autre facteur nous incite à manger : le stress. S’il est modéré, il ouvre l’appétit. Plus sévère, il peut déclencher une boulimie ou, à l’inverse, réduire l’alimentation. Il peut aussi conduire à la consommation de drogues. Nous avons toutefois peu de certitudes quant à la manière dont il influence le circuit du plaisir.

Récapitulons : certains aliments et certaines drogues peuvent activer le circuit du plaisir ; l’obésité résulte bien d’une addiction à la nourriture ; l’usage de drogues modifie le circuit du plaisir. De fait, lutter contre la toxicomanie apparaît comme un bon moyen de soigner l’addiction alimentaire.

La vie sexuelle humaine est essentiellement récréative

Autre addiction possible : au sexe. Linden revient sur les similitudes et divergences entre les hommes et les animaux. Si tous ont des comportements similaires face à la nourriture et aux drogues, il n’en est pas de même pour la sexualité. Chez les mammifères, les femelles signalent aux mâles leur fécondité. Chez la femme, l’ovulation est masquée. Autre différence, les animaux multiplient les partenaires sexuels, même plusieurs fois dans la journée, tandis que les humains semblent préférer la monogamie. Enfin, après l’accouplement animal, mâle et femelle ne forment pas un couple, à la différence des humains, où le père reste et subvient aux besoins de ses enfants. Chez l’Homme, le sexe n’est pas considéré uniquement comme reproductif, mais aussi comme récréatif. Seuls quelques animaux, tels les bonobos ou les dauphins, développent des comportements sexuels plus ou moins similaires aux nôtres.

Pourquoi ces différences ? Il apparaît que nous possédons la phase infantile la plus longue et la plus fragile du règne animal. En d’autres termes, la nécessité d’assurer la sécurité de nos petits justifie notre sexualité singulière. Cela dit, même certaines espèces animales expriment leur sexualité de différentes manières : masturbation, homosexualité, bisexualité, accouplement entre espèces ou encore nécrophilie. Pourtant, nous, humains, sommes une aberration au sein du règne animal.

Le cerveau prend les commandes lorsque l’Homme est amoureux ou à la recherche du plaisir sexuel

Que devient le cerveau lorsque nous tombons amoureux ? La passion romantique, qui peut durer de neuf mois à deux ans, change l’Homme physiquement et mentalement : perte d’appétit, désir, plaisir intense, idéalisation de l’être aimé et humeurs changeantes. Encore une fois, la dopamine est aux commandes.

L’activation cérébrale produite par la passion amoureuse est-elle identique à celle de l’excitation sexuelle ? Non. En effet, le circuit du plaisir est activé dans les deux cas, mais le simple plaisir sexuel ne désactive pas les centres cérébraux du jugement et de la cognition sociale.

Des recherches ont été menées sur des hommes et femmes hétérosexuels, homosexuels et bisexuels, pour savoir s’il y avait corrélation entre l’aveu d’une excitation sexuelle et l’activation du circuit du plaisir dans le cerveau. Les sujets ont par exemple été confrontés à des photos ou vidéos mêlant des scènes neutres et érotiques. Des réactions physiques ont aussi pu être observées chez les hommes et les femmes, sans le recours à l’imagerie médicale. Il s’avère que, en fonction de leur orientation sexuelle, chacun réagit à ces images par l’activation du circuit du plaisir.

Pour ce qui est de l’orgasme, qui est accompagné d’une hausse de la pression sanguine, d’une accélération du rythme cardiaque, de contractions musculaires involontaires et d’une intense sensation de plaisir, le circuit dopaminergique est toujours sollicité. Il est à noter que, durant cette expérience orgasmique, la logique et le raisonnement sont désactivés. Une autre manière d’atteindre l’orgasme, par les convulsions épileptiques, se fait dans la douleur et sans plaisir, les composants du circuit du plaisir n’étant pas sollicités.

La sexualité peut-elle être une source d’addiction ? Il n’est pas facile de définir l’addiction sexuelle, mais elle se rapproche de la dépendance à la nourriture, à la drogue ou à l’alcool. Les accros au sexe ressentent un besoin intense de s’adonner à leur drogue et passent leur temps à rechuter après avoir décroché. Contrairement aux autres “addicts”, ils ne demandent pas d’aide et n’en reçoivent pas — la raison en est culturelle.

Des études sur les rongeurs permettent d’en savoir plus sur la fidélité de l’Homme. Le rat des champs, par exemple, a un attachement familial profond. Il possède un taux élevé de vasopressine, hormone antidiurétique, qui joue un rôle dans le développement de la fidélité des mâles et dans leur implication auprès des petits. De là à en déduire que l’infidélité humaine serait génétique… les recherches n’en sont qu’aux balbutiements.

L’addiction au jeu est encore plus dangereuse que la dépendance à une drogue

La dépendance à des jeux d’argent ou à une drogue peut affecter de la même façon la vie de l’accro. Toutefois, un “addict” au jeu peut décrocher plus facilement.

Que sait-on des addictions ? Elles activent puis altèrent le circuit du plaisir dans le cerveau et ont des effets destructeurs. Cela dit, aimer manger ne conduit pas forcément à la boulimie, de même que jouer ne mène pas forcément à la ruine. Quand le plaisir devient-il pathologie ? Il semblerait que le goût du jeu se transmette au sein d’une même famille et qu’il soit plus répandu chez les hommes que chez les femmes. En outre, il est souvent lié à la dépendance au tabac et à l’alcool.

Quand cette attirance pour le jeu devient-elle une maladie ? Linden relate l’histoire d’un joueur compulsif, plongé très jeune dans l’univers du jeu et ayant un héritage pathologique. Il en déduit que la figure paternelle et l’accès très facile au jeu sont des facteurs incitatifs. En outre, l’addiction au jeu, ne vient pas seule : l’obsession du travail est aussi souvent présente.

Si l’addiction au jeu est particulière, comme pour la dépendance à la drogue, les phénomènes de tolérance, d’abstinence, de “craving” (envie irrépressible de quelque chose) et de rechute sont les mêmes. Aussi, le passage du “j’aime” au “je veux” est commun au toxicomane et au joueur compulsif. Toutefois, l’addiction au jeu est encore plus destructrice, dans le sens où le joueur peut détruire les siens et parfois même en venir au meurtre.

Quel élément déclencheur peut amener au jeu ? Une première expérience positive par exemple, la chance du novice, mais surtout la prédisposition de l’Homme à être attiré par le hasard, l’incertitude, le risque et à en retirer de la gratification. C’est le système de récompense.

L’argent entretient-il l’envie de jouer ? Oui, il déclenche lui aussi le circuit du plaisir. L’anticipation, la semi-victoire — le “presque gagné” — et la participation active du joueur — c’est lui qui décide de lancer ses dés — activent le circuit dopaminergique du plaisir.

Quant aux jeux vidéo, ils sont dissociés de toute récompense intrinsèque, mais activent quand même le circuit du plaisir. En revanche, la plupart des “gamers” décrochent tout seuls, ils ne peuvent donc pas être mis sur le même plan que les joueurs d’argent.

Pratiquer un sport intensément peut être addictif

L’activité physique soutenue, plaisir vertueux, est un bienfait pour la santé — bénéfique pour les systèmes cardiovasculaires, pulmonaire et endocrinien — et pour les fonctions cérébrales. Cette activité intense rend temporairement euphorique, inhibe l’anxiété et relève le seuil de tolérance à la douleur. Ceux qui pratiquent la course à pied peuvent même ressentir “l’ivresse du coureur”, liée à la sécrétion d’endorphine qui possède les mêmes vertus que la morphine, ainsi qu’à l’augmentation de molécules cérébrales, les endocannabinoïdes, qui agissent de la même façon que le cannabis.

Récemment, des études ont révélé que la dopamine, transmetteur chimique du circuit du plaisir, est aussi sollicitée par des stimuli douloureux. Dans ce cas, la souffrance peut-elle être gratifiante ? La question reste en suspens.

L’Homme recherche aussi les plaisirs vertueux

En ce qui concerne la méditation, qui possède des effets relaxants, peut-on affirmer qu’elle joue un rôle d’activateur du circuit du plaisir ? Il semblerait que oui, mais c’est une hypothèse qu’il reste à vérifier. C’est le même constat en ce qui concerne l’extase mystique.

Faire un don, même imposé et anonyme, active le circuit du plaisir et est gratifiant. Faut-il alors en déduire que le véritable altruisme n’existe pas ? De même, la reconnaissance sociale — jouir d’une bonne réputation — couplée à une récompense financière activerait une partie du circuit du plaisir. Certains chercheurs vont plus loin et soutiennent que la comparaison avec autrui, le fait de convoiter le bien du voisin, l’influencerait aussi.

Voici qui éclaircit la question de la stimulation du canal du plaisir et de la récompense. Or, il y a peu, les scientifiques se sont aperçus que même un élément totalement abstrait pouvait activer ce premier : les idées seraient donc aussi addictives que n’importe quelle drogue.


Linden fait des spéculations sur l’avenir du plaisir

Linden termine ses analyses en faisant référence à Ray Kurzweil, inventeur, informaticien et futurologue. Ce dernier prédit que des robots microscopiques dits nanorobots, implantés dans notre cerveau, manipuleront bientôt nos fonctions motrices et cognitives, nos émotions, les neurones du circuit du plaisir, etc. Si Linden ne partage pas l’enthousiasme de Kurzweil sur le sujet, il est cependant persuadé que les mystères entourant le cerveau vont être éclaircis peu à peu.

Pour anticiper les risques d’addiction, le dépistage génétique est l’une des pistes les plus encourageantes : il est facile à réaliser et moins coûteux qu’un scanner cérébral. Pour ce qui est des médicaments existants pour sortir d’une dépendance, ils ne donnent pas encore satisfaction. En effet, la plupart sont souvent des substances addictives censées débarrasser des autres. Certaines personnes encouragent l’abstinence, mais dès l’arrêt du traitement, la rechute est encore plus intolérable ; l’exemple en est des médicaments homologués pour traiter l’addiction à la nicotine dont les effets secondaires sont aussi dangereux que de continuer à fumer — idées suicidaires. Une troisième solution consiste à développer des thérapies préventives, sous la forme de vaccins, mais ceux-ci sont toujours en phase d’expérimentation animale. Aussi, accompagnés d’exercice physique ou de méditation pour mieux gérer le stress, facteur déclenchant de rechute, certains traitements sont plus fiables que d’autres.

Afin de développer ces traitements, des chercheurs, depuis soixante ans, étudient le cerveau en utilisant des électrodes qu’ils implantent sur des rats ou des singes et très rarement sur des hommes. S’il existe aussi les scanners, certes moins dangereux, ils ont leurs limites : le problème étant que notre cerveau est opaque et ne se laisse pas lire facilement. Il existe bien une technique efficace permettant de visualiser les microstructures enfouies jusqu’à un demi-millimètre sous sa surface opaque : la microscopie multiphoton. Pratiquée sur des souris, elle permet d’enregistrer l’activité électrique et la structure des neurones, que nous pouvons activer ou inhiber. Cependant, les zones cérébrales profondes restent inaccessibles. Une fibre optique aiderait grandement à collecter des informations, mais elle causerait également beaucoup de dégâts dans le cerveau. Aussi, il faudrait associer des manipulations génétiques à des contrôles optiques afin de mieux mesurer l’activité cérébrale.

Que se passerait-il si ces manipulations devenaient réalité ? Linden imagine un casque capable de diriger l’activité de neurones répertoriés. Le porteur de ce casque serait en mesure d’activer le circuit du plaisir à son gré et de procéder à toutes sortes d’expériences, tout en étant capable de dissocier plaisir et addiction. Dans ce cas, garder la main sur le versant technologique serait difficile, mais éviter les abus le serait encore plus : les lois seront toujours confrontées aux impératifs politiques et commerciaux. De plus, dans l’hypothèse où le plaisir serait accessible partout et à tous, que nous resterait-il encore à désirer ?


Conclusion

En scientifique passionné mais prudent, Linden nous met en garde contre les dérives liées à l’exploration du cerveau. Il juge indispensable de trouver des solutions pour limiter les addictions, mais pas à n’importe quel prix. S’il est difficile de se sortir d’une addiction, en comprendre les mécanismes est tout de même une grande avancée.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- le circuit du plaisir se situe dans notre cerveau et introduit un agent redoutable, la dopamine ;

- les hommes et les animaux sont depuis toujours en quête de drogues ;

- consommer régulièrement une drogue en petite quantité conduit inexorablement à l’addiction ;

- même si c’est difficile, il est possible de rompre avec une dépendance à la drogue ;

- la leptine, hormone digestive, aide à maîtriser son poids ;

- l’obésité, comme n’importe quelle drogue, est une addiction ;

- la vie sexuelle humaine est essentiellement récréative ;

- le cerveau prend les commandes lorsque l’Homme est amoureux ou à la recherche du plaisir sexuel ;

- l’addiction au jeu est encore plus dangereuse que la dépendance à une drogue ;

- pratiquer un sport intensément peut être addictif ;

- l’Homme recherche aussi les plaisirs vertueux ;

- Linden fait des spéculations sur l’avenir du plaisir.

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