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 L'intelligence émotionnelle

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MessageSujet: L'intelligence émotionnelle   Mer 28 Juin - 15:47

L'intelligence émotionnelle

En lisant ce résumé, vous découvrirez que l’intelligence ne peut se résumer au quotient intellectuel (QI) : des enfants avec un QI élevé échouent dans leur vie personnelle et professionnelle, alors que d’autres avec un QI bien moins élevé, réussissent.

Vous découvrirez aussi :

– pourquoi et comment notre intelligence est en harmonie avec nos émotions ;

– les dernières découvertes de l’architecture cérébrale qui permettent de localiser les mécanismes déclenchés par les différentes émotions dans le cerveau ;

– comment maîtriser ses pulsions les plus destructrices et les plus contraires aux buts que l’on s’est fixé et qui peuvent même nuire à notre santé ;

– la place à donner aux émotions positives dans notre vie ;

– l’importance de l’acquisition de l’intelligence émotionnelle dès l’enfance.

Psychologue et journaliste, Daniel Goleman cherche à donner un sens à un environnement en proie à une certaine dissolution des mœurs et d’un climat d’insécurité et de désespoir. Il est convaincu que c’est en développant une intelligence émotionnelle basée sur la retenue, la maîtrise de soi et l’altruisme, que notre société pourra sortir de ce cycle destructeur.

Les émotions ont une fonction biologique +

Le fait que les passions dominent la raison a, dans la plupart des cas, des effets positifs : cela provoque des réactions automatiques, comme la peur, qui nous poussent à nous protéger. Pour éviter les déchaînements trop virulents des émotions, les sociétés ont imposé des règles, qui incitent à les maîtriser.

Les émotions incitent à l’action et l’étymologie même du mot le confirme : e- : vers l’extérieur, -motion : se mouvoir. Ainsi, la colère fait affluer le sang dans les mains (on peut ainsi faire un geste rapide pour attraper un objet et frapper un ennemi) et entraîne une sécrétion d’adrénaline qui libère de l’énergie. La peur dirige le sang vers les muscles, ce qui permet, par exemple, de s’enfuir. Le bonheur inhibe les sentiments négatifs, accroît l’énergie et ralentit l’activité des centres générateurs d’inquiétude. L’amour, la tendresse et la satisfaction sexuelle entraînent un effet de relaxation, un état général de calme et de contentement. Au contraire, la tristesse fait baisser l’énergie, provoque un manque d’enthousiasme et, lorsqu’on en arrive à la dépression, provoque un ralentissement général du métabolisme.

Dans l’histoire de l’évolution, le tronc cérébral est apparu en premier pour gouverner les fonctions vitales (la respiration, le fonctionnement des organes, les mouvements). Le néocortex, siège de la pensée, s’est ensuite développé. La partie supérieure du tronc cérébral périphérique, que l’on appelle le système limbique (du latin limbus “bord”), est le siège des émotions. En se développant, le système limbique nous a permis de développer notre capacité à apprendre. Il y a une centaine de millions d’années, plusieurs couches cérébrales se sont formées, créant un néocortex, particulièrement développé chez l’homo sapiens. C’est ce néocortex qui permet d’élaborer des stratégies, tout comme de planifier à long terme et qui a augmenté de manière exponentielle les connexions entre les neurones. Il s’est développé à partir du système limbique, ainsi que des zones sièges de l’émotion et partage avec eux de nombreux circuits. C’est pourquoi, il n’est pas étonnant que le cerveau dans son ensemble subisse le pouvoir des émotions.

Etre à la merci de ses émotions amène à perdre le contrôle de ses actes

L’être humain a deux esprits : l’un, l’esprit rationnel, pense, l’autre, l’esprit émotionnel, ressent. La plupart du temps, ces deux esprits vivent en parfaite harmonie. Néanmoins, quand les passions s’emballent, le deuxième prend le pas sur le premier : le centre limbique sonne l’alarme et prend le contrôle du cerveau, avant que le néocortex n’ait eu le temps de comprendre ce qu’il se passe. L’individu qui subit cela aura des réactions incontrôlées et dira ensuite qu’il ne sait pas ce qu’il lui a pris d’agir comme il l’a fait.

Dans ce système, le siège des passions est l’amygdale située sur la partie supérieure du tronc cérébral, près de la base du système limbique. C’est le siège de la mémoire affective, qui commande toutes les émotions. Elle sécrète les hormones qui enclenchent les actions, comme la fuite en cas de danger. Elle réagit avant le néocortex et le court-circuite. L’amygdale conserve les souvenirs et les compare à ce qui se passe : si elle détecte des similitudes avec de mauvais souvenirs, elle déclenche l’alarme. De son côté, l’hippocampe conserve la mémoire des faits bruts et du contexte, ce qui permettra de se souvenir de la réaction à adopter (faut-il avoir peur ou non dans ce contexte).

Ce qui tempère les émotions envoyées par l’amygdale, c’est le cortex préfrontal, qui permet de développer des réponses plus analytiques, mais sa réaction peut être plus lente. Dans les moments d’emportement, l’amygdale est excitée et les circuits néocorticaux ne s’activent pas. Les émotions peuvent alors paralyser le cortex préfrontal, siège de la mémoire active, qui permet de conserver les données nécessaires à l’accomplissement d’une tâche et de se concentrer. Des études ont montré que certains enfants qui ont un QI très élevé, mais des résultats scolaires médiocres, présentaient un dysfonctionnement du cortex préfrontal et une mauvaise maîtrise de leur vie affective.

Pourtant, les connaissances émotionnelles nous sont nécessaires pour prendre des décisions rationnelles et nous guider dans nos choix, en fonction de nos expériences passées. Il faut donc trouver l’harmonie entre la mémoire active et la mémoire affective.

L’intelligence a une nature multiple

Un QI élevé ne permet pas d’assurer le succès. Pourtant, depuis la Seconde Guerre Mondiale, nous subissons le diktat du QI. De bonnes notes à l’école témoignent d’une intelligence théorique, mais qui ne préparent pas à affronter les épreuves de la vie ou à saisir les opportunités qui se présentent. La connaissance brute ne suffit pas : à tout problème, notre esprit doit trouver des solutions humainement acceptables et cela ne peut se faire qu’en laissant une place aux sentiments dans nos choix, pour les orienter en fonction de nos expériences et de ce qui nous convient le mieux. Des signes intuitifs peuvent aussi nous détourner d’un mauvais choix ou, au contraire, nous indiquer une occasion à saisir.

D’autres formes d’intelligence sont favorisées dans certaines écoles, comme celle du “Projet Spectum”, dont le but est de développer des programmes destinés à aiguiller les enfants vers des domaines où leurs talents pourront s’appliquer et où ils s’épanouiront. Selon Howard Gardner, à l’origine de ce programme, il existe sept formes d’intelligence : l’agilité verbale, l’intelligence logico-mathématique, la maîtrise de l’espace, le génie kinesthésique, le talent musical, les talents interpersonnels et l’intelligence intrapsychique. Avoir une conception de l’intelligence multiple permet de se faire une idée plus complète des capacités de réussite d’un enfant.

Selon le psychologue Peter Salovey, de l’université de Yale, l’intelligence émotionnelle a cinq composantes : la connaissance des émotions indispensables à la connaissance de soi, la maîtrise de ces émotions qui permet d’adapter ses sentiments à chaque situation, l’auto-motivation, la perception des émotions d’autrui qui est l’élément fondamental de l’intelligence interpersonnelle et la maîtrise des relations humaines.

L’intelligence émotionnelle repose aussi sur une connaissance de soi et une attention objective portée à son état intérieur : on ne peut changer son humeur qu’en l’acceptant.

Le QI et l’intelligence émotionnelle ne sont pas exclusifs l’un de l’autre, mais doivent cohabiter en bonne harmonie. Malheureusement, il n’existe pas de test pour mesurer l’intelligence émotionnelle, comme il en existe pour mesurer le QI.

Des dispositions d’esprit négatives, comme la fureur ou l’anxiété, constituent une entrave à la pensée

Maîtriser ses passions est reconnu comme une vertu depuis Platon et selon Aristote, les émotions doivent être appropriées aux situations : il faut se mettre en colère pour de bonnes raisons. Sans passion, la vie serait morne et plate, mais les émotions doivent être maîtrisées, sous peine d’entraîner des pathologies, comme la dépression, les angoisses... Les extrêmes compromettent l’équilibre nécessaire entre les émotions positives et négatives.

La fureur est la disposition d’esprit négative la plus difficile à maîtriser. La colère se nourrit d’elle-même : quand on est énervé, un rien peut provoquer un nouvel accès de colère. Le cerveau émotionnel s’enfièvre, jusqu’à ce que l’individu ne puisse plus être raisonné ni avoir conscience des conséquences de ses actes. Pour se calmer, il faut éviter de ruminer cette colère et reconsidérer la question sous un angle plus positif, la désamorcer le plus rapidement possible en contestant les pensées qui provoquent sa montée en puissance. Il peut également être salutaire de se calmer physiologiquement, par exemple en partant se promener, en pratiquant une activité physique ou la relaxation.

L’anxiété consiste à retourner un souci sans cesse dans sa tête, au lieu de trouver une solution pour le résoudre. Elle peut devenir chronique et se manifeste alors par des phobies, des obsessions ou des crises de panique. Elle peut être cognitive, quand elle s’appuie sur des pensées négatives ou somatique, quand elle entraîne des symptômes physiques comme la transpiration, l’accélération du rythme cardiaque… Elle peut saboter les résultats scolaires ou professionnels : les ressources mentales accaparées pour se faire du souci ne sont plus disponibles pour l’effort intellectuel nécessaire à la réussite.

Pour maîtriser son anxiété, il faut adopter une position critique face à soi-même, en analysant si le risque est vraiment important. Cette analyse rationnelle permet d’activer le circuit inhibiteur de l’excitation limbique. On peut également utiliser des méthodes de relaxation.

Les sentiments négatifs, notamment la mélancolie, voire la dépression, entravent aussi la réussite

La mélancolie est une tristesse dont on peut se libérer. Quand elle conduit à la dépression, elle s’accompagne d’une haine de soi-même, de l’impression de ne servir à rien et d’une anxiété étouffante. Viennent ensuite les symptômes intellectuels, comme la confusion ou l’incapacité à se concentrer, les distorsions anarchiques et les effets physiques : insomnie, engourdissement, mollesse ou, au contraire, agitation permanente…

Pour soigner une dépression à un stade avancé, il n’y a qu’une psychothérapie. Par contre, pour se débarrasser d’une simple tristesse latente, avant qu’elle ne se transforme en dépression, des solutions existent : cesser de ruminer de mauvaises pensées, se rapprocher de son entourage pour ne plus se sentir seul et incompris, établir un programme de distractions, faire des exercices physiques, se faire des petits plaisirs, prendre soin de soi, pratiquer un recadrage cognitif (il y a pire que moi) et venir en aide aux autres, ce qui reste le meilleur moyen de cesser de se concentrer sur soi-même.

Mais la maîtrise de soi ne doit pas conduire au refoulement, qui consiste à effacer les troubles émotionnels de sa conscience de façon automatique : cela amène à rester imperturbable en toute situation en réprimant ses émotions. Le calme apparent qui se dégage alors cache une grande dépense d’énergie de l’organisme, car c’est le cerveau qui cache la réalité de l’information. Chez les individus qui refoulent leurs sentiments, le lobe préfrontal gauche, siège des sentiments agréables, est beaucoup plus actif que le droit. Ils développent un refus optimiste permanent qui repose sur une distorsion positive de la réalité.

Tout sentiment négatif est pathologique, quand il devient envahissant au point d’empêcher l’individu de se concentrer pour agir. Il perturbe alors la mémoire active, c’est-à-dire la capacité à garder en mémoire les informations qui se rapportent à une tâche en cours. C’est ainsi qu’il finit par entraver la réussite.

L’optimisme et l’empathie sont des aptitudes émotionnelles intelligentes

Un tempérament optimiste repose sur la certitude que l’on maîtrise sa propre vie : la manière dont on perçoit ses capacités influe sur les capacités elles-mêmes. Selon le psychologue Mihály Csíkszentmihályi, le summum de l’intelligence émotionnelle est d’atteindre la "fluidité", une sorte d’état de grâce où tout semble aller tout seul, sans effort. Cela procure un bien être intense et l’individu perd la notion de l’espace et du temps, ainsi que la conscience de lui-même. On y parvient par une intense concentration et une activité qui demande des efforts (sinon on s’ennuie), mais dans laquelle on est compétent (sinon l’anxiété nous gagne). C’est ce que décrivent, par exemple, les sportifs qui battent des records dans leur discipline.

Pour favoriser cette motivation intérieure chez les jeunes, il faut les amener à étudier dans des domaines dans lesquels ils ont du talent (on apprend davantage quand on s’intéresse à ce que l’on fait et qu’on y prend du plaisir) et adapter l’enseignement pour que le niveau de difficulté soit optimal.

L’empathie est une imitation de l’affliction d’autrui. Elle repose sur la conscience de soi : plus on est sensible à ses propres émotions, plus on arrive à déchiffrer celles des autres. Elle est indispensable à une vie équilibrée : les violeurs et les psychopathes en sont dépourvus. Elle permet d’adapter ses émotions, en fonction des situations et d’être plus ouvert aux sentiments des autres.

L’empathie se manifeste dès le plus jeune âge : les bébés se mettent à pleurer dès qu’ils entendent un autre bébé pleurer. Selon le psychiatre Davis Stern, quand l’enfant perçoit que ses émotions sont accueillies avec empathie, acceptées et payées en retour, l’harmonie nécessaire à son bon développement s’installe.

Etre réceptif aux autres permet aussi de développer son aisance sociale et d’équilibrer ses propres besoins et sentiments pour parvenir à une satisfaction personnelle dans sa relation aux autres. Cela évite de devenir un "caméléon social" qui n’est que ce que les autres ont envie de voir en lui, au mépris de lui-même, de ses valeurs et de ses principes.

L’intelligence émotionnelle permet de réduire les conflits dans sa vie de couple

Il existe des réalités émotionnelles différentes chez l’homme et chez la femme, qui se forgent dès l’enfance. Les femmes manient plus tôt le langage parlé et expriment ainsi davantage leurs émotions. Elles développent une meilleure expertise à déchiffrer les signes psychologiques verbaux et non verbaux. Elles montrent davantage d’empathie. Les hommes au contraire minimisent leurs émotions, de peur de se montrer vulnérables.

Malgré ces différences, une bonne communication est indispensable dans le couple. Or, souvent, les hommes refusent la discussion, se défilent. Ils ont du mal à lire les émotions sur les visages : il faut que leur femme soit très triste, par exemple, pour qu’ils le remarquent. Les femmes pratiquent plus souvent les critiques acerbes et expriment leurs doléances de manière non constructive, en cherchant à blesser l’autre.

Une pensée toxique peut s’installer, qui consiste à se prendre pour une victime : l’indignation devient alors légitime et elle alimente la colère et la souffrance morale. Ainsi, les maris violents perçoivent souvent des intentions hostiles chez leur épouse, même dans les gestes les plus anodins.

Si ces émotions négatives deviennent récurrentes, elles provoquent l’enlisement du couple : chacun se laisse submerger par ses émotions et la communication n’est plus possible. Pour ne pas en arriver là, il ne faut pas esquiver les conflits et chacun doit savoir exprimer ses griefs de manière constructive. Les disputes peuvent être salutaires, à condition de s’en tenir au sujet de la discussion, de faire preuve d’empathie et de réduire la tension. Il faut se calmer et surtout apprendre à écouter et cultiver une intelligence émotionnelle partagée.

Pour cela, on peut surveiller son rythme cardiaque durant une discussion, s’isoler quelques minutes pour se relaxer et se calmer, veiller à pacifier son discours, ne pas rester sur la défensive, ignorer les éléments hostiles du discours de l’autre et rester attentif au message principal. Le respect mutuel et l’amour consistent à montrer que l’on est capable de voir les choses du point de vue de l’autre.

Un management efficace repose sur la culture d’une intelligence émotionnelle collective

Les cadres d’aujourd’hui doivent comprendre que faire preuve d’empathie n’est pas incompatible avec la poursuite des objectifs de l’entreprise et qu’il n’est pas nécessaire de manipuler les autres pour faire des affaires. Quand un encadrant ne maîtrise pas sa colère et n’est pas capable de percevoir ce que ressentent les autres, il provoque chez eux une agitation intérieure, qui diminue leurs capacités d’attention et de concentration. Au contraire, travailler en fluidité et gérer les conflits, avant qu’ils ne dégénèrent, permet d’optimiser le rendement.

Cela ne veut pas dire que la critique n’est pas nécessaire, bien au contraire, c’est une des tâches les plus importantes des dirigeants. En effet, chacun a besoin de savoir ce que l’on pense de son travail. Il faut simplement apprendre à la formuler de manière positive et constructive : elle ne doit pas être perçue comme une attaque personnelle.

L’art de la critique repose sur la précision dans l’analyse de ce qui a été fait, bien ou mal et de ce qui reste à faire. La critique doit s’accompagner de suggestions et proposer des solutions. Elle doit se faire en face à face, de manière à percevoir la façon dont elle est reçue par l’autre. C’est ce qui permet de faire preuve d’empathie. Ainsi, celui qui reçoit la critique la percevra comme une information précieuse qui lui permettra de s’améliorer.

La tolérance est indispensable dans une société et aucune forme d’exclusion ou de racisme ne doit être tolérée : la diversité permet de développer un QI collectif bien plus pertinent. C’est la capacité d’un groupe à s’harmoniser qui le rend talentueux, plus que la somme des QI individuels qui le composent. Un bon manager doit être capable de développer des stratégies de travail interpersonnelles, de coordonner les efforts et de favoriser la communication, afin d’améliorer la manière dont les personnes travaillent ensemble. Cela revient à cultiver l’intelligence émotionnelle collective.

Les émotions négatives ont des répercussions sur notre santé

Tout individu possède une illusion d’invulnérabilité que vient briser la maladie. Malade, on est psychologiquement plus faible. Les médecins sont souvent centrés sur les signes physiologiques de la maladie et ignorent ses répercussions psychologiques.

En 1974, le Docteur Robert Adler, psychologue à l’université de Rochester, a découvert que le cerveau et le système immunitaire étaient capables d’apprendre. Une discipline médicale de pointe s’est développée : la psycho-neuro-immunologie (PNI) qui étudie les passages entre le système nerveux, le système immunitaire et l’impact des émotions sur ce dernier.

Ainsi, il est apparu qu’il existe un certain nombre d’émotions toxiques qui nuisent à la santé ou provoquent des maladies. Par exemple, l’anxiété chronique multiplie par deux le risque d’arthrite, d’ulcères d’estomac ou de maladies cardiaques. La colère a un impact non négligeable sur le risque d’infarctus, car elle entraîne une diminution du sang pompé par le cœur qui peut aller jusqu’à 5%. Le stress peut être à l’origine d’un développement plus rapide des métastases, d’une plus grande vulnérabilité aux infections virales, de diabète, de caillots dans le sang, d’une aggravation des crises d’asthme, d’une ulcération de l’appareil digestif et peut même altérer la mémoire.

Au contraire, on sait qu’un bon moral aide à la guérison, que les sentiments positifs peuvent avoir des effets salutaires et procurer un avantage dans le processus de guérison.

C’est pourquoi il serait bénéfique d’introduire l’intelligence émotionnelle dans la pratique médicale, en informant davantage les patients, notamment sur les différents examens pratiqués, surtout s’ils sont longs et douloureux ou en permettant un accès à la pratique du yoga ou de la relaxation. Au-delà de l’aspect éthique, cela aurait également des avantages financiers, en prévenant l’apparition de certaines maladies.

Les parents ont un rôle de premier plan dans l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle de leurs enfants et les traumatismes subis peuvent gravement l’endommager

Les parents doivent très tôt apprendre à leurs enfants à reconnaître et maîtriser leurs émotions, à témoigner de l’empathie et à gérer les sentiments qui se manifestent dans leur relation à autrui. Cela permet aux enfants d’être détendus psychologiquement et même biologiquement et les rend sociables, appréciés et aimés. Il est indispensable de développer, dès le plus jeune âge, une attitude optimiste chez l’enfant : le manque d’intelligence émotionnelle entraîne, à terme, l’échec scolaire. Pour savoir apprendre, il est nécessaire de développer sept compétences :

– la confiance ;

– la curiosité ;

– l’intuition ;

– la maîtrise de soi ;

– la capacité à entretenir des relations ;

– l’aptitude à communiquer et à échanger des informations, ce qui nécessite une certaine confiance dans les autres, y compris les adultes ;

– la coopérativité.

Le tempérament se définit comme les dispositions innées qui caractérisent notre vie affective : timidité, hardiesse, optimisme, mélancolie… Il peut être accentué par l’attitude des parents : une mère trop protectrice ou trop indulgente favorisera la timidité chez son enfant. Jérôme Kagan, de Harvard, note que les adultes timides ont été en général des enfants très sensibles et craintifs. Il a également mis en lumière qu’il existe des différences d’activités des zones préfrontales du cerveau entre les sujets enjoués et chez les sujets mélancoliques et que la zone préfrontale gauche est plus active chez les sujets plus enjoués.

Le tempérament peut se modifier avec l’âge : tous les enfants craintifs ne deviennent pas de grands timides et l’expérience émotionnelle peut dompter une amygdale hypersensible, caractéristique des grands timides. Par ailleurs, même si c’est dans les premières années de notre vie que l’on est le plus malléable, on conserve la plasticité de notre cerveau durant toute notre vie. C’est ce qui permet le succès des psychothérapies.

Il n’est jamais trop tard pour un ré-apprentissage émotionnel

L’apprentissage émotionnel se fait dès les premiers mois de la vie. Les mauvais traitements laissent des traces, dès le plus jeune âge. Plus les événements ont été cruels, plus le souvenir est indélébile. De la même manière, les personnes qui souffrent du syndrome post-traumatique (PTSD) ont une mémoire qui reste affectée par ce qu’ils ont subi, ce qui entraîne généralement une hypervigilance, c’est-à-dire un abaissement du seuil de déclenchement des alarmes. Les substances que mobilise l’organisme en cas d’alerte, l’adrénaline et la noradrénaline, deviennent hyperactives. L’hormone du stress, qui permet d’adapter sa réaction (action ou fuite) est sécrétée de manière excessive. Parallèlement, l’endorphine, qui sert à calmer la douleur, devient trop active, ce qui amortit certaines émotions, notamment les émotions positives et entraîne une incapacité à éprouver du plaisir, le sentiment d’être coupé du monde et une indifférence aux sentiments d’autrui.

Les souvenirs traumatiques entraînent un conditionnement à la peur, dont il faut se défaire. Chez ¼ des survivants de l’holocauste, les PTSD ont disparu. La transformation n’est donc pas irréversible : on peut en guérir et, parfois même, de façon spontanée. Selon la psychiatre Judith Lewis Herman, de Harvard, il y a trois étapes dans la guérison :

– le retour à un sentiment de sécurité, à la sensation d’être maître de son destin : arriver à exprimer verbalement les souvenirs et les ressentis et ainsi les placer sous le contrôle du néocorthex. Cela permet d’avoir une vision plus réaliste et moins émotionnelle. Ainsi, lorsque les souvenirs réapparaîtront de manière incontrôlée, le sujet se sentira plus en sécurité ;

– le ralentissement du rythme de retour des mauvais souvenirs de manière incontrôlée, jusqu’à leur disparition complète ;

– lorsque les souvenirs traumatisants ne font plus irruption à l’improviste, on considère que le cerveau émotionnel du sujet est rééduqué et qu’il est guéri.

Une carence en matière d’intelligence émotionnelle est dangereuse, en particulier chez les jeunes

Différentes études sur les adolescents entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980, reposant sur les avis des parents et des professeurs, ont montré une dégradation générale et mondiale de la santé psychologique des adolescents. Elles ont relevé un repli sur soi et des problèmes relationnels, une tendance marquée à l’anxiété et à la dépression, un manque de concentration, des problèmes liés à l’utilisation de la pensée, ce qui pousse de plus en plus de jeunes vers la délinquance et l’agressivité.

Les personnes agressives sont déficientes dans la perception qu’elles ont d’autrui et perçoivent des attitudes hostiles ou menaçantes qui n’existent pas toujours. Ce sont des attitudes qu’il faut combattre, dès le plus jeune âge. La dépression trouve souvent son origine dans des problèmes relationnels, des difficultés à aller vers les autres et une mauvaise manière d’interpréter les revers, avec pessimisme et non comme une manière de s’améliorer. Partout dans le monde, on fait de plus en plus de dépressions et de plus en plus jeune. Les enfants se détournent des autres, travaillent moins bien. Il est indispensable d’aider ces jeunes à porter un regard plus positif sur leurs difficultés, sinon, ils s’isolent et finissent par abandonner leurs études.

Les troubles alimentaires peuvent également avoir comme origine une carence émotionnelle : un manque de conscience précise de ses sentiments intérieurs peut pousser à la boulimie ou à l’anorexie. Cette carence émotionnelle fait que les jeunes sont gauches dans leurs réactions avec les autres et sont rejetés par leurs camarades, parfois très jeunes. Ils ont du mal à interpréter correctement les signaux non verbaux et manquent de sensibilité dans leurs rapports aux autres.

L’alcool et la drogue peuvent alors devenir le seul moyen que les adolescents trouvent pour soigner leurs angoisses. C’est une sorte d’« automédication » qui procure un réconfort intense chez les plus fragiles.

L’intelligence émotionnelle devrait être enseignée à l’école

Il existe différents programmes de prévention à destination des jeunes, mais ils sont souvent simplement informatifs. Or, pour être réellement efficaces, ils devraient intégrer l’intelligence émotionnelle et chercher à la développer. Pour cela, il faut apprendre aux enfants à prendre conscience d’eux-mêmes, à identifier leurs sentiments, les exprimer et les maîtriser, à contrôler leurs pulsions, à savoir retarder la satisfaction de leurs désirs, à calmer leur stress et leur anxiété. Il faut les amener aussi à prendre les décisions appropriées, en commençant par contrôler la pulsion qui les pousse à agir, puis en inventoriant les actions possibles, afin de choisir la plus pertinente et la plus en rapport avec la situation donnée et à comprendre les comportements acceptables dans une situation donnée.

L’éducation émotionnelle plonge ses racines dans le mouvement d’éducation affective des années 1960 et dans des programmes de prévention sur des thèmes spécifiques (drogue, alcool, tabac…). Elle consiste en des cours sur la connaissance de soi, y compris dans les quartiers les plus défavorisés. Ces cours pourraient être intégrés dans l’enseignement traditionnel, même dans les programmes préscolaires, chez les tout-petits. Cela induit de repenser l’école : quand la famille est défaillante, c’est à l’école d’assumer une fonction de socialisation. Pour cela, les professeurs doivent accepter de dépasser leur mission traditionnelle et la communauté doit s’impliquer davantage dans la vie scolaire.

Pour les professeurs, cela implique qu’ils soient capables de parler aisément de la vie émotionnelle et que, pour cela, ils y soient préparés au cours de leur formation. Toutes les évaluations menées sur des établissements, qui ont mis en place de tels dispositifs, sont très positives : surmonter les contrariétés, savoir écouter, se concentrer, maîtriser ses pulsions, se sentir responsable dans son travail, sont des apprentissages qui sont bénéfiques pour la réussite scolaire et qui facilitent grandement le travail des enseignants.

Conclusion

L’apprentissage de l’intelligence émotionnelle doit se faire très tôt, s’adapter à chaque âge et se poursuivre tout au long de la scolarité. Elle doit être le résultat d’une action combinée de l’école et des parents. Son développement a des conséquences sur tous les aspects de l’existence et influe aussi bien sur la santé publique que sur la vie des entreprises. Elle est à la base de nos sociétés démocratiques : développer des valeurs comme la volonté ou la faculté à surmonter son égocentrisme ne peut être que socialement bénéfique.

Que retenir de la lecture de ce résumé :

– les émotions ont une fonction biologique ;

– être à la merci de ses émotions amène à perdre le contrôle de ses actes ;

– l’intelligence a une nature multiple ;

– des dispositions d’esprit négatives, comme la fureur ou l’anxiété, constituent une entrave à la pensée ;

– les sentiments négatifs, notamment la mélancolie, voire la dépression, entravent aussi la réussite ;

– l’optimisme et l’empathie sont des aptitudes émotionnelles intelligentes ;

– l’intelligence émotionnelle permet de réduire les conflits dans sa vie de couple ;

– un management efficace repose sur la culture d’une intelligence émotionnelle collective ;

– les émotions négatives ont des répercussions sur notre santé ;

– les parents ont un rôle de premier plan dans l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle de leurs enfants et les traumatismes subis peuvent gravement l’endommager ;

– il n’est jamais trop tard pour un ré-apprentissage émotionnel ;

– une carence en matière d’intelligence émotionnelle est dangereuse, en particulier chez les jeunes ;

– l’intelligence émotionnelle devrait être enseignée à l’école.

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