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 L’intelligence animale

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MessageSujet: L’intelligence animale   Jeu 22 Fév - 19:39

L’intelligence animale

En lisant ce résumé, vous découvrirez que l'intelligence n'est pas, comme on l'a longtemps pensé, un attribut strictement humain. Les animaux, eux aussi, sont capables d'invention et de génie.

Vous apprendrez aussi :

- ce qui définit un être humain ;

- que la capacité à utiliser des outils n'est pas un indicateur pertinent pour mesurer l'intelligence ;

- de quelle manière les animaux mettent en œuvre leur intelligence, grâce à de nombreux exemples ;

- que la supériorité de l'intelligence humaine sur l'intelligence animale peut être discutée ;

- que la coopération et l'empathie ne sont pas l'apanage des humains.

C'est la lecture d'un ouvrage d'Yves Coppens traitant de l'évolution qui change à jamais le regard de l'auteur, Emmanuelle Pouydebat, sur l'animalité. Dans cet essai, elle démontre que l'intelligence est une réalité multiforme partagée par tous les êtres vivants. De la pie à l'éléphant, tous mettent en œuvre de stupéfiantes stratégies d'adaptation à leur milieu.
L'humain est avant tout un primate : il ne descend pas du singe, il en est un

Pour pouvoir définir l'intelligence humaine, il faut commencer par déterminer ce qu'est un humain. L'Homme est avant tout un singe qui se distingue des autres primates par ses déplacements bipèdes permanents et une morphologie différente : oreilles, bourrelets sus-orbitaires, etc. Pour certains chercheurs, Hommes et singes appartiennent à un même genre, Homo, et ne devraient plus être distingués les uns des autres. Les Hommes sont tous rangés dans la catégorie Homo Sapiens.

Il existe près de 250 espèces de primates. Chacune d'entre elle présente ses propres particularités physiques et comportementales. Les fossiles retrouvés par les paléontologues sont traditionnellement classés comme humains lorsque le crâne est supérieur à 550 cm3, lorsqu'ils révèlent une marche de type bipède ou lorsque des outils sont retrouvés à côté de la dépouille.

L'étude de ces fossiles a permis d'établir, notamment par l'augmentation de la taille de la boîte crânienne, que les capacités cérébrales du genre humain n'ont cessé de croître. Néanmoins, l'intelligence des espèces ne tient pas seulement à la grosseur du crâne et plus particulièrement du néocortex, spécificité des mammifères. Des études ont en effet démontré que la taille du cerveau n'était pas proportionnelle au nombre de neurones. De ce point de vue, le cerveau humain n'est pas supérieur à celui d'autres espèces. On dénombre ainsi un nombre identique de neurones dans le cortex d'autres espèces animales.

Un autre critère retenu pour établir la suprématie de l'intelligence humaine est sa bipédie permanente. À l'exception des oiseaux, dont la marche est très différente de la nôtre, seuls les Hommes se déplacent sur deux jambes. La bipédie a en effet libéré les mains de l'Homme, lui permettant la création et l'utilisation d'outils. Mais cette faculté à fabriquer des outils n'est pas spécifiquement humaine.

Pendant longtemps la capacité à fabriquer et manier des outils a été considérée comme strictement humaine

Les chercheurs ont longtemps pensé qu'Homo habilis, que l'on a établi comme étant l'ancêtre de l'humain, était le premier être vivant à utiliser des outils en pierre. Or, les recherches actuelles démontrent que de nombreux hominidés se servaient d'outils en pierre, bien avant Homo habilis. Ceci suggérerait que les premiers outils pourraient avoir été fabriqués par des australopithèques, il y a plus de trois millions d'années.

Pour nombre de scientifiques et de philosophes, la capacité à utiliser ses mains définit l'humain. Cependant, on sait aujourd'hui que beaucoup d'espèces animales sont capables de manier des outils. La spécificité humaine a donc été redéfinie : l'humain est celui qui, grâce notamment à son pouce opposable, est capable de créer des outils en pierre. Cette redéfinition peut, elle aussi, être remise en cause. En effet, la morphologie de certaines espèces leur permettrait aussi de fabriquer des outils en pierre. C'est le cas des gibbons qui possèdent des pouces opposables.

Au contraire, d'autres espèces qui ne présentent pas une morphologie adaptée utilisent néanmoins des outils en pierre. C'est le cas des lémuriens qui cassent de petits fruits avec des cailloux. Aussi, certaines espèces, comme les bonobos ou les orangs-outans, fabriquent leurs propres outils en pierre, malgré la petite taille de leurs pouces.

Selon Emmanuelle Pouydebat, la capacité à utiliser ou fabriquer un outil en pierre n'est donc pas pertinente pour définir la spécificité de l'intelligence humaine. Elle ne permet pas de la distinguer de celle des autres primates. De nombreuses espèces se servent d'outils pour, par exemple, extraire de la nourriture de leur environnement.

Les paléontologues ne peuvent pas dater l'utilisation des premiers outils. Au contraire des outils en bois, seuls les outils en pierre ont survécu au temps.

On associe l'utilisation d'outils à la main : d'autres espèces sont capables de manier des outils… sans les mains !

Depuis très longtemps, on étudie l'utilisation d'outils chez les singes, notamment chez les chimpanzés, les babouins et les orangs-outans. Ces ustensiles sont des morceaux de bois ou des végétaux soigneusement choisis pour leur forme. Les singes s'en servent pour chasser, extraire des aliments ou les porter à la bouche, se gratter ou se nettoyer par exemple.

Chez les gorilles, le choix des outils varie d'un groupe à l'autre. Pour Emmanuelle Pouydebat, il existe une tradition qui se transmet de génération en génération, une véritable culture transmise de mère à petits.

Néanmoins, les primates sont loin d'être les seuls à savoir manier des outils. D'autres espèces, pourtant sans pouces opposables, les emploient au quotidien :

- les lions se servent d’une épine pour en enlever une autre ;

- les blaireaux bouchent l'entrée de leur terrier avec tout un tas d'obstacles ;

- les éléphants lancent des projectiles pour faire fuir un potentiel prédateur.

Les oiseaux sont les plus grands utilisateurs d'outils. Ils font preuve en ce domaine d'une grande capacité à imaginer et à créer :

- les hérons usent d’appâts pour pêcher ;

- les pics de la Gila transportent des aliments dans des récipients ;

- certaines espèces d'aigles peuvent se défendre de leurs agresseurs en lançant des pierres ;

- les jardiniers à nuque rose exploitent le végétal pour décorer leurs nids et fleurir leurs abris.

Les corbeaux et les corneilles semblent dépasser les autres oiseaux dans la capacité à instrumentaliser leur environnement. La corneille peut se servir des roues des voitures pour casser des noix et le corbeau est capable de construire des pièges en bois très élaborés pour attraper des insectes. Les objets peuvent également servir à s'amuser, comme pour cette corneille qui a déniché un couvercle afin de glisser sur la pente enneigée d'un toit.


Insectes, araignées, mollusques : du vertébré à l'invertébré, tous les animaux sont capables de concevoir des outils

Les mammifères n'ont pas l'apanage de l'utilisation des outils : les insectes, dépourvus de mains et même de squelette, font eux aussi preuve d'imagination.

L'araignée capture ses proies en construisant de superbes pièges : des toiles très élaborées. L’ariadna peut déplacer des pierres pour protéger son nid de la pluie et des prédateurs. Les pierres sont également employées par certaines espèces de fourmis pour servir de projectiles défensifs, ou encore par des guêpes pour tasser la terre.

Le sable est un élément naturel de choix pour transporter des liquides qu'il absorbe (pour les fourmis de feu) ou pour servir de projectile (pour les fourmillions communs).

Certains criquets d'Afrique du Sud utilisent des feuilles pour amplifier le son qu'ils produisent dans le but d'attirer les femelles.

Les êtres vivants sous-marins ne sont pas en reste lorsqu'il s'agit d'exploiter les ressources de leur environnement. Leurs comportements sont cependant plus difficiles à observer, en raison notamment du nombre d'espèces marines (plus de deux millions), et de la difficulté d'accès aux profondeurs.

Les cétacés, les dauphins et les orques, sont particulièrement connus pour leur intelligence. Certains dauphins sont capables de prélever dans les fonds marins des éponges naturelles pour protéger leur rostre pendant la chasse. Les loutres se servent régulièrement de pierres pour casser les coquillages dont elles se nourrissent.

Les poissons mettent eux aussi à profit les ressources de leur environnement, comme les demoiselles blanches qui pondent dans des détritus susceptibles d'être facilement déplacés en cas de danger. La pieuvre, elle aussi, se sert des débris, mais pour en faire des abris.


L'utilisation d'outils, commune aux humains et aux animaux, n'est donc pas un élément de distinction entre l'intelligence humaine et animale

Il est possible d'établir une corrélation entre l'utilisation d'outils et la taille du cerveau. Cependant, d'après Emmanuelle Pouydebat, il existe dans la nature tellement de manières différentes de concevoir et de mettre en œuvre les outils qu'il est impossible de généraliser l'équation outil = intelligence. Le maniement d'outils peut être considéré comme un indicateur d'intelligence. Plus l'utilisation sera régulière, plus elle sera complexe et impliquera une planification, plus grande sera l'intelligence de l'utilisateur.

Il est impossible de déterminer qui de l'humain ou de l'animal a utilisé le premier outil. On ne peut pas non plus arrêter une date d'apparition du premier outil. Cependant, selon l'auteur, il est vraisemblable que le premier être-vivant à avoir mis en œuvre un outil soit un animal. Vertébrés, invertébrés, pouces opposables ou non opposables, mammifères ou animaux marins : de multiples espèces évoluant dans des milieux naturels variés se servent d'outils. L'outil est donc apparu dans des groupes vivants différents, à de multiples moments de l'évolution.

Les espèces n'utilisant pas d'outils ne sont pas nécessairement moins intelligentes. Elles n'en ont parfois pas besoin car elles ont développé d'autres compétences. Ainsi des travaux ont montré que des espèces de corvidés n'utilisant pas d'outils font preuve de capacités de raisonnement égales à d'autres qui en utilisent. Le castor, par exemple, réalise, sans accessoires, des constructions d'une grande complexité pour abriter sa progéniture.

D'autre part, le fait que certains animaux n'utilisent pas d'outils ne signifie pas qu'ils n'en aient pas les capacités. C'est ce que montrent des études réalisées sur des animaux captifs capables d’apprendre à manier des outils qu'on leur propose. L'outil n'est donc pas l'élément pertinent pour comparer l'intelligence de différentes espèces.


L'aptitude à se représenter l'espace, le sens de l'orientation, est un autre indicateur d'intelligence

Des études montrent que les primates sont capables de connaître tous les recoins d'un espace de 25 kilomètres carrés. Ils peuvent se déplacer dans ce territoire en utilisant différents itinéraires et se transmettre ces itinéraires d'individu à individu. Ils savent mémoriser les endroits où se trouvent les ressources alimentaires. De plus, il est prouvé qu'ils planifient leurs déplacements. Ceci implique une capacité à se représenter l'espace à la manière d’une carte cognitive. On la trouve par exemple chez les humains, les rats et les chimpanzés.

Les oiseaux, eux aussi, mémorisent les endroits où se trouve la nourriture. Le casse-noix de Clark dissimule ses graines dans des milliers de cachettes qu'il sait retrouver au besoin. Cette capacité impressionnante est localisée dans une région du cerveau qui s'appelle l'hippocampe.

Les éléphants peuvent parcourir jusqu'à 600 kilomètres par an pour trouver leur eau et leur nourriture. Ils font preuve de grandes capacités d'orientation et de mémorisation.

Ces époustouflantes dispositions à s'orienter ne sont pas l'apanage des mammifères. Les poissons, eux aussi, sont en mesure d'élaborer une carte cognitive leur permettant de retrouver leur abri.

Certains animaux sont donc à même de parcourir des centaines de kilomètres pour se nourrir ou se reproduire, et de retrouver sans aucune difficulté leur nid le moment venu. C'est le cas du grand albatros qui peut parcourir des milliers de kilomètres avant de rentrer à la maison.

Ces talents incroyables ont fait l'objet de nombreuses études. Pour retrouver leurs chemins, les animaux et les insectes mettent en œuvre des stratégies extraordinaires. Ils peuvent ainsi se servir du soleil, des ondes électromagnétiques, compter le nombre de leurs pas, observer leur environnement, mémoriser des angles, etc. Les chercheurs sont loin d'avoir identifié tous les mécanismes exploités par les animaux pour se repérer dans l'espace.

Les capacités à innover, à apprendre et à transmettre, constituent de solides indicateurs d'intelligence

Innover consiste à trouver une réponse adéquate face à un problème nouveau ou ancien. Cela implique de grandes dispositions intellectuelles, notamment l'exploitation de l'expérience. Il est prouvé que l'aptitude à innover est directement liée à la capacité à apprendre.

Cette compétence n'est pas commune à tous les animaux, mais on la rencontre par exemple chez les primates, les oiseaux ou encore les mammifères marins.

Pour les chercheurs, l'innovation et la transmission caractérisent l'intelligence humaine. Or, de nombreuses études démontrent que cette transmission d'un savoir à un groupe se rencontre chez les animaux, notamment chez les primates. Il existe un apprentissage social, l'individu enrichit ses connaissances au contact du groupe. Par exemple, les singes capucins observent leurs aînés casser des noix avec des pierres et intègrent leurs techniques. On estime que chez les chimpanzés, une quarantaine de savoir-faire ont été acquis par apprentissage social. Ces techniques qui se transmettent de génération en génération constituent une véritable culture du groupe.

Ce type de culture inhibe la capacité à innover : chez le chimpanzé, par exemple, le petit préférera goûter les aliments qu'il voit sa mère ingérer plutôt que de s'aventurer à en essayer d'autres. On peut considérer alors que la culture ralentit l'évolution. Cependant, si ce même chimpanzé est mis au contact d'un groupe maîtrisant davantage de techniques, comme les humains par exemple, il apprendra plus rapidement et saura exécuter plus de gestes techniques. La culture aura alors accéléré son évolution.

Une autre forme d'intelligence est l'intelligence collective : le groupe se comporte alors comme s'il était un seul individu. C'est le cas d'un essaim d'abeilles, ou d'une fourmilière, mais aussi de bancs de poissons ou de groupes d'oiseaux qui agissent de façon parfaitement synchronisée.

L'empathie n'est pas une qualité strictement humaine : les animaux aussi peuvent manifester de la compassion

On observe régulièrement chez les animaux des situations de coopération. La coopération est régie par des mécanismes très complexes, difficiles à étudier. Elle suppose une coordination des partenaires qui implique un niveau élevé d'intelligence. La coopération intervient en diverses circonstances : la surveillance d'un territoire commun, l'acquisition de nourriture, l'épouillage, etc. Dès lors qu'elle apporte un bénéfice à la communauté, la coopération perdure dans l'espèce. Les lions protègent ensemble leur territoire par leurs rugissements et les chiens sauvages d'Afrique chassent leurs proies en meute.

On estime que son apparition est justifiée par la nécessité pour l'espèce de répandre ses gènes. On aide et on protège sa famille, pour mieux assurer sa descendance.

La coopération implique un équilibre très fragile. Si l'un des individus choisit d'agir pour son bénéfice seul, l'équilibre du groupe ne se trouve pas menacé. Cependant, dès lors que plusieurs individus font le choix d'agir seuls, l'édifice social tout entier peut s'écrouler.

Il y a dans les groupes animaux des exemples de coopération complètement altruiste : l'aidant n'attend alors rien de l'aidé. On a ainsi observé, dans un parc, que les chimpanzés aidaient une femelle âgée à se déplacer pour accéder à la nourriture.

L'empathie, la faculté d'être ému par ce qui arrive à un autre individu du groupe, révèle un fonctionnement social sophistiqué. Des travaux ont démontré que les animaux étaient capables d'empathie. Les rats peuvent ainsi se montrer touchés par la douleur de l'un de leurs congénères et préférer lui venir en aide plutôt que de se nourrir. On estime d’ailleurs que les capacités d'empathie des éléphants sont au moins équivalentes à celles des êtres humains.
Conclusion

On ne peut affirmer que l'intelligence humaine est supérieure à l'intelligence animale dès lors que chaque espèce animale a des capacités que l'homme n'a pas. L'humain ne sait pas (re)trouver son chemin sans GPS, construire une digue sans formation à l'architecture et récupérer des graines cachées dans 10 000 cachettes différentes, par exemple.

L'intelligence est multiple. Elle est inhérente à la vie : chaque espèce développe sa propre forme d'intelligence, de la plus basique des bactéries jusqu'à l'être humain. Il est difficile de définir des critères qui soient particuliers à l'intelligence humaine. Ainsi en est-il du langage ou de l'art, que l'on pourrait penser spécifiques à l'homme mais qu'il partage en réalité avec certaines espèces animales. Selon Emmanuelle Pouydebat, il n'existe pas une intelligence, mais des intelligences, que l'on ne peut pas hiérarchiser.

Ce qu'il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- l'humain est avant tout un primate : il ne descend pas du singe, il en est un ;

- pendant longtemps la capacité à fabriquer et manier des outils a été considérée comme strictement humaine ;

- on associe l'utilisation d'outils à la main : d'autres espèces sont capables de manier des outils… sans les mains ! ;

- insectes, araignées, mollusques : du vertébré à l'invertébré, tous les animaux sont capables de concevoir des outils ;

- l'utilisation d'outils, commune aux humains et aux animaux, n'est donc pas un élément de distinction entre l'intelligence humaine et animale ;

- l'aptitude à se représenter l'espace, le sens de l'orientation, est un autre indicateur d'intelligence ;

- les capacités à innover, à apprendre, à transmettre, constituent de solides indicateurs d'intelligence ;

- l'empathie n'est pas une qualité strictement humaine : les animaux aussi peuvent manifester de la compassion.


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