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 Trop intelligent pour être heureux

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MessageSujet: Trop intelligent pour être heureux   Ven 4 Mai - 17:48

Trop intelligent pour être heureux

En lisant ce résumé, vous découvrirez qui sont les adultes surdoués, leur mode de fonctionnement et leur personnalité complexe.

Vous apprendrez aussi :

- que le surdoué est souvent victime de croyances erronées ;

- qu’être surdoué, c’est souffrir ;

- que c’est aussi une richesse immense ;

- qu’il est possible d’être surdoué et heureux.

Dans son premier livre, “L’enfant surdoué”, Jeanne Siaud-Facchin raconte comment son expérience de psychologue praticienne l’a amenée à côtoyer ces enfants particuliers, avec leurs forces et leurs faiblesses. Après la publication de ce livre, elle a réalisé que ses lecteurs n’étaient pas seulement des parents d’enfants surdoués ou des enseignants. Parmi ses lecteurs, il y avait également des adultes, porteurs de cette intelligence aiguisée, et eux aussi avaient besoin de donner un sens à leur existence. D’où ce nouveau livre “L’Adulte surdoué” dans lequel elle tente de répondre à la question : peut-on être un adulte heureux quand on est surdoué ?

Les surdoués fascinent et effraient, sans raison


Quel point commun y a-t-il entre ces enfants et adolescents, en échec scolaire ou atteints de troubles comportementaux, et ces adultes en détresse qui consultent des psychologues ? Tous sont surdoués et en difficulté. Pourtant, beaucoup pensent encore aujourd’hui qu’être surdoué est une chance indéniable, un cadeau de la vie. C’est une erreur : paradoxalement, le surdoué est à la fois extrêmement intelligent et très vulnérable psychiquement.

Force est de constater que le concept d’intelligence fascine et effraie. L’idée qu’on se fait d’elle est souvent erronée, de nombreuses croyances et confusions y sont associées. Ainsi la personne surdouée, dotée d’une intelligence extrême, est elle-même l’objet de ces projections.

Retenons qu’être surdoué, c’est être intelligent d’une façon différente ; c’est se distinguer par une intelligence qualitative, et non quantitative. Pour comprendre le mode de fonctionnement du surdoué, il faut donc tenir compte de ses ressources intellectuelles hors normes – compréhension, analyse et mémorisation – et de sa sensibilité extrême. Être surdoué est un tout qui concerne et mêle étroitement ces deux composantes.

Il faut être vigilant quand il s’agit de nommer un enfant surdoué

Il existe de nombreuses approximations et de nombreuses croyances autour des enfants précoces.

- Dire d’un enfant qu’il est “intellectuellement précoce” ou “précoce” est réducteur : l’avance de développement n’est pas vraie pour tous les enfants concernés et si leur fonctionnement diffère, ce n’est pas lié à une éventuelle “avance”.

- Le “surdoué” aurait reçu un don. Or, l’enfant surdoué ne se reconnaît pas forcément dans ce terme, surtout quand il est en échec scolaire. Même l’adulte surdoué, qui souffre de ses échecs ou a réussi, est troublé par ce terme. Par défaut, surdoué reste préférable à précoce. Actuellement, les sigles HP pour “à haut potentiel” ou encore HQ pour “à haut QI” sont préconisés. Mais qu’arriverait-il si le détenteur d’un haut potentiel n’était pas à la hauteur ?

C’est pourquoi J. Siaud-Facchin a choisi de nommer ces enfants : “les zèbres”. Parce qu’elle les trouve uniques, griffés par la vie comme le sont les équidés du même nom, elle préfère leur attribuer ce nom plus léger.

Les neurosciences aident à comprendre le fonctionnement du cerveau humain...

Les surdoués font l’objet de recherches scientifiques. Elles permettent aux cliniciens de valider ce qu’ils ont déjà découvert en travaillant auprès de leurs patients. Ces découvertes permettent également de chasser des idées fausses sur le fonctionnement de notre cerveau.

Connexions et vitesse. Le nombre de neurones n’a pas d’importance. En revanche, plus les connexions se multiplient, plus notre cerveau est performant. Comment en augmenter le nombre ? En apprenant, comprenant et mémorisant et ce, toute sa vie : c’est ce qu’on appelle la plasticité cérébrale.

Les informations sont transmises dans les réseaux de neurones à une vitesse différente selon les individus, la vitesse moyenne étant de 2 mètres/seconde. Cette vitesse n’est pas la même selon les zones du cerveau. Notons que 3 à 5 millisecondes suffisent à traiter certains événements.

Le cerveau est multitâche, puissant et émotif. Si l’une des zones du cerveau est abîmée, une autre prend le relais. Aucune zone n’est perdue irrémédiablement. Et contrairement aux idées reçues, nous utilisons notre cerveau à 100% : simultanément, toutes les zones fonctionnent, à plein ou bas régime. Quant aux émotions, elles aident le cerveau à garder la raison.


... et notamment celui des surdoué
s

Hyperactivité, vitesse et espace. Les connexions se déploient à grande vitesse, jusqu’à 0,05 mètre/seconde supplémentaire par point de QI en plus et sans relâche. D’où un flux cérébral très intense et une pensée difficile à stopper. Quant au traitement des informations – qui viennent de l’extérieur, captées par nos cinq sens, et de l’intérieur, idées ou souvenirs personnels – il diffère chez le surdoué. Ces informations sont présentes dans plusieurs parties du cerveau et sont traitées toutes en même temps, qu’elles soient importantes ou non. La conséquence est une démultiplication du nombre de neurones et une grande fatigue.

Le défi du surdoué : sélectionner l’information essentielle

Chez l’individu lambda, le cerveau trie et hiérarchise les informations. Il s’agit d’un processus neurologique, une sorte de “tri automatique” qui le met à l’abri d’un trop-plein et rend possible l’oubli des informations inutiles. Le cerveau du surdoué n’en bénéficie pas : il est obligé d’effectuer un tri “manuel”, ce qui requiert un effort particulier. Il souffre donc d’un déficit de l’inhibition latente.

Le surdoué a par ailleurs du mal à isoler un élément dans un ensemble complexe. Dépendant du champ visuel, il se perd dans ses perceptions, phénomène amplifié par la dimension affective.

De quelles performances est-il capable ? Suivant les contextes, il réussira ou non à résoudre un problème. Ainsi, face à un QCM, l’enfant surdoué est rapide et efficace, tandis qu’avec une question ouverte, il finit par se tromper, perdu dans toutes les idées qui l’ont envahi.

Dans un contexte chargé d’informations, le surdoué n’arrive plus à se concentrer et peut se mettre en “mode veille”. Déroutant pour son entourage, il peut prendre une décision inattendue, capituler et passer pour un insolent.

Chez le surdoué, la priorité est au cerveau droit

Notre cerveau est constitué de deux hémisphères, gauche et droit. Le premier, analytique, permet d’organiser, de raisonner de façon logique, d’argumenter et de communiquer par le langage. Le deuxième, global, permet un traitement en images, le fonctionnement analogique par association d’idées, l’intuition, la créativité et l’implication émotionnelle.

Le surdoué privilégie son cerveau droit et traite les informations en arborescence. Les idées nouvelles foisonnent, la pensée est riche en images et émotions, mais le raisonnement rigoureux et logique fait défaut. Le surdoué se trouve donc en difficulté lorsqu’il doit réaliser des tâches qui requièrent ordre et rigueur. S’il est à l’aise avec les images et le visuel, il peine en revanche à trouver les mots justes pour s’exprimer. Les difficultés relationnelles, les problèmes de communication ressentis par le surdoué viennent de là. Il s’embrouille, rend son discours confus et risque d’être mal compris ou pas compris du tout, d’où ses silences, un repli sur soi, les reproches de son entourage.

Le surdoué pense d’abord avec son cœur, et non avec sa tête. Très sensible, il ressent aussi les émotions d’autrui. Il est dans une empathie perturbante et épuisante. Il est aussi hyperesthésique. Ses capacités sensorielles sont en effet exacerbées : il voit le moindre détail, entend tous les sons qui proviennent de plusieurs sources à la fois, a un odorat développé, les sens tactile et gustatif élevés. Maîtriser ses émotions est difficile pour un surdoué qui peut réagir violemment s’il se sent blessé. Il peut également associer plusieurs sens en même temps (synesthésie), involontairement, tel Rimbaud qui voyait les voyelles en couleurs.


L’adulte surdoué est un individu digne d’intérêt

S’il veut trouver sa place, un adulte a besoin de savoir qui il est pour mieux comprendre les autres et le monde dans lequel il vit. L’adulte surdoué se sent incompris, coupable d’être différent des autres. Le monde lui échappe. Sa différence, parfois assimilée à une ”folie ordinaire”, est en fait le signe d’une personnalité “extraordinaire”, c’est-à-dire singulière.

Il est primordial de distinguer le “Brillant Bosseur” de l’adulte surdoué. L’un est très intelligent, s’adapte et réussit. L’autre est aussi très intelligent mais cherche d’abord à dompter sa pensée et sa sensibilité, pour ensuite tenter de s’adapter, sans forcément parvenir à la réussite.

Que deviennent les enfants surdoués ? Ils deviennent des adultes surdoués. En d’autres termes, ils deviennent ce qu’ils sont. Leur devenir est aussi lié au diagnostic posé dans l’enfance ou à l’âge adulte, à l’absence de dépistage et au comportement des parents. Évidemment, un jeune surdoué grandira mieux s’il a bénéficié d’un diagnostic précoce et d’un environnement bienveillant. A contrario, un diagnostic de douance déformé (terme venu du Québec pour désigner les surdoués) – “tu as tout pour réussir et donc aucune excuse” – ou ignoré, le rendra encore plus malheureux.


L’enfance du surdoué est une période délicate

Le bébé surdoué scrute son environnement et s’en imprègne. Dès qu’il se met à parler, il le fait bien. Puis il se met à poser des questions tout le temps, quitte à déstabiliser les adultes ; il veut des réponses pour être rassuré. Il lit tôt, tout, avec avidité.

À l’école, le jeune surdoué interprète de travers les “implicites”, règles, consignes ou énoncés. C’est de précision dont il a besoin. Sinon, il décode différemment et, de ce fait, répond à côté, fait du hors sujet, ce qui peut être considéré comme de la provocation. L’enseignant et l’élève surdoué ne se comprennent pas. L’un accuse, l’autre se sent attaqué. L’école déçoit le jeune enfant, il apprend vite à se taire pour se protéger.

Il prend rapidement conscience de ses difficultés : comme son fonctionnement intellectuel est atypique, il se voit souvent incapable de justifier ses réponses par un raisonnement construit. Les exigences scolaires ne lui conviennent pas et l’échec scolaire le guette. La conclusion est que bien souvent, il n’aime pas l’école car il s’y ennuie.

Et les amis dans tout cela ? Le jeune surdoué en a peu. Différent, parfois “petit chef”, il est rejeté. Très émotif, perméable à son environnement, ses réactions surprennent et effraient.

À la maison, les relations sont compliquées. Le jeune surdoué, par son désir de vouloir toujours tout comprendre, met les adultes, en général, et ses parents, en particulier, mal à l’aise. Que répondre à cet enfant ? Il lui est impossible de s’identifier à un modèle parental dans ces conditions.

Et l’adolescence plus encore !

Comment le surdoué adolescent se comporte-t-il ? Il refuse sa différence, ne se croit pas apte au bonheur puisqu’il ne peut pas changer le monde. Anxieux, très lucide, il perçoit chacune de ses failles et a du mal à s’aimer. Parce qu’il craint de se laisser submerger par ses émotions, il a peur d’être amoureux. L’humour est alors sa bouée de sauvetage et son arme de séduction.

Bien qu’il ait besoin d’appartenir à un groupe pour s’identifier à ses pairs, il y arrive difficilement. L’échec scolaire, auquel il est confronté depuis les premières années, se confirme, ce qui le rend vulnérable et le met en colère.

L’adolescent surdoué présente les mêmes symptômes de mal-être que les autres jeunes, mais avec des particularités : syndrome dépressif, volonté de “ne plus penser”, inhibition intellectuelle et phobie scolaire.

Quelle prise en charge pour cet adolescent ? Le thérapeute doit l’entraîner sur le bon chemin avec douceur et patience. Il va l’aider à “réapprivoiser” sa pensée, en sachant que l’adolescent surdoué sait manipuler son interlocuteur. Une séance entre le psychologue et l’adolescent surdoué ressemble à un combat entre le toréador et son taureau. Le but est que le thérapeute parvienne à faire baisser la garde de son patient. Si l’adolescent capitule, c’est qu’il accepte d’être aidé.

Un adulte surdoué est souvent persuadé… de ne pas l’être

Un adulte se pose rarement la question de savoir s’il est surdoué. De quelle façon peut-il s’en apercevoir ? Souvent, lors d’une consultation prévue pour son propre enfant. S’imaginer qu’il est surdoué va à l’encontre de ce que le surdoué pense de lui. C’est donc fortuitement qu’il va le découvrir.

Le premier pas, acte de courage, consiste à rencontrer un psychologue et faire un bilan, c’est-à-dire un ensemble de tests. La première partie évaluera l’intelligence et les ressources cognitives avec les tests du type WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale), matrices de Cattell, figure de Rey ou D 48 ; la deuxième explorera la personnalité sur le plan affectif et psychologique avec des tests projectifs, dont le Rorschach.

La WAIS, constituée de 11 épreuves regroupées en deux catégories, échelle verbale et échelle de performance, est le test le plus utilisé, de 16 à 89 ans. Le but est d’obtenir un score global de QI qui reflète le plus l’intelligence générale, le sujet testé étant comparé à une population de son âge. Les deux échelles (verbale et de performance) permettent d’affiner l’interprétation du QI total en QI verbal et QI de performance. À ces résultats viennent s’ajouter d’autres indices, utiles pour établir un profil intellectuel approfondi.

Quel score obtient-on ?

QI moyen = 100

Intervalle de confiance (écart-type) = 15

QI de surdoué = à partir de 130

Des évaluations complémentaires sont nécessaires pour appréhender la personnalité dans son ensemble. Un faisceau d’indices, étudiés dans leurs combinaisons, est indispensable. L’anxiété, la dépression ou la dyslexie peuvent perturber le test de la WAIS. De même, des scores hétérogènes entre les deux échelles retiennent l’attention du psychologue. Plus qu’au combien, il s’intéresse au comment. Il doit être en mesure de produire un compte rendu écrit et oral du bilan.

L’adulte a souvent peur de faire un bilan. Peur de se livrer, d’obtenir enfin des réponses à ses questions, d’être en difficulté face aux tests, de mettre des mots sur ses maux… Mais il y gagne la liberté, celle de (re)devenir maître du jeu, de sa vie. Il passe toutefois par plusieurs étapes : le soulagement, la remise en cause des scores, des tests et du psychologue, la colère contre tous, la peur de devoir tout reprendre à zéro.

Une fois le bilan effectué, l’adulte a tout intérêt à se laisser accompagner par un thérapeute, qui l’aidera à revisiter son histoire grâce à une nouvelle lecture de ses actes. Il pourra par exemple confirmer ses choix, en pleine conscience. Il pourra parler de sa souffrance à des personnes capables de l’entendre, à ses propres parents. Il changera le regard qu’il porte sur soi et les autres le verront différemment. Il cherchera à savoir pour se sentir plus en accord avec lui-même.

Il existe trois types d’adultes surdoués diagnostiqués

- Ceux qui acceptent le cadre forment le premier. Ils acceptent les règles, soit par sagesse, soit avec un mental de challenger. S’ils font preuve de sagesse, voire de passivité, c’est pour rendre acceptable leur vie, dans un cadre sécurisant. Ils risquent cependant la dépression dans les moments difficiles (épreuves à surmonter, stress). Leur faculté d’adaptation ne suffira plus face à la force de leurs émotions. Mais s’ils ont envie de se lancer des défis, ils peuvent devenir des challengers audacieux que rien n’arrête. Parfois ils s’écroulent brutalement, surprenant tout le monde, avant de repartir.

- Ceux qui s’affrontent au cadre constituent le deuxième groupe. Ils se rebellent, sont tout le temps en colère et rien ne les satisfait. Toutefois, il arrive que cette insoumission se révèle être un vrai moteur qui fasse d’eux des créateurs.

- Ceux qui évoluent sans cadre appartiennent au troisième groupe. Il s’agit d’adultes en errance, souvent inadaptés socialement. Ils souffrent plus que les autres et n’ont pour comportement que le cynisme.

Les adultes surdoués ont une vision particulière de la réussite. Entre réussir et avoir le sentiment de réussir, il y a souvent un décalage. Pour le surdoué, réussir, c’est faire avancer le monde, objectif difficile à atteindre. Professionnellement, il peut donner l’impression d’avoir réussi. Et pourtant, selon lui, la route est encore longue car son ambition va au-delà. L’adulte surdoué, bouleversé par les injustices et les catastrophes, ne peut se résigner à être heureux. Son sentiment d’impuissance se teinte de culpabilité, réaction jugée parfois infantile.

Le surdoué a conservé une part infantile importante. Vous le verrez s’émerveiller pour des petits riens, et s’effondrer devant une souffrance infime, un enfant qui tombe alors qu’il fait ses premiers pas… Il est naïf car il a envie de croire au merveilleux. Il est capable d’enthousiasme. Il se plaint aussi souvent, comme un enfant, de tout et de rien. Puis il reprend le contrôle, convaincu de la toute-puissance qu’il a sur les événements. Comment, dès lors, se construire avec cette alternance d’attitudes enfantines ?

Le surdoué “multi-âge”, ancré dans plusieurs espaces-temps, est toujours en décalage

Loin d’être immature, il est au contraire ”hypermature” : il s’adapte à l’environnement, à ce que les autres attendent de lui. S’il ne le fait pas, il souffre du décalage qui existe entre ce qu’il donne à voir et ce qu’il est réellement.

Il vit sa “petite vie“ individuelle, ici, et en même temps, a le souci de se projeter dans l’univers, de façon intemporelle, d’où ses crises d’angoisse terribles.

Le problème du surdoué est le tempo. Il est toujours en avance – il comprend très vite, a déjà fini quand les autres commencent – ou en retard – il s’arrête, captivé par un détail minuscule. Quand les autres courent, lui, se pose. Il s’attarde sur ce qu’il considère être vrai. Il est donc en décalage permanent avec les autres.

La part féminine et la part masculine chez le surdoué

Chacun est doté de ces deux parts. Chez l’homme surdoué, la part féminine est très marquée : sensibilité, réceptivité et intérêt pour l’autre le caractérisent. Quant à la femme surdouée, son besoin de dominer, de se lancer des défis, son envie viscérale d’indépendance prédominent.

Accepter sa part féminine, que le surdoué soit un homme ou une femme, est un challenge.


L’adulte surdoué vit tout intensément et souffre

Sa lucidité omniprésente le fragilise et en même temps lui offre la possibilité de comprendre bien des choses. Il analyse tout, dissèque, perçoit les limites des autres et bien sûr ses propres failles.

La peur paralyse ou stimule. Chez le surdoué, elle revêt une forme particulière : il a peur de lui-même, de ses pensées et émotions.

Perfectionniste à l’extrême, le surdoué, angoissé, peut s’avérer incapable d’entreprendre, et ce, malgré ses immenses capacités.

À force de trop penser, d’analyser dans les moindres détails les risques potentiels de toute situation, la panique s’installe. Comment l’apaiser, lui qui a une perception accrue des dangers ? Surtout pas en niant la réalité mais en tenant compte de ses émotions. La peur, chez le surdoué, peut anéantir toute vie sociale et le condamner à la solitude.

Il a peur aussi pour les autres. Il voudrait tout contrôler pour les mettre à l’abri des dangers et en devient étouffant.

La culpabilité, la honte l’envahissent. “Pas à la hauteur”, “pas synchronisé”, “en décalage”, il se sent seul. Il ne s’aime pas.

L’insatisfaction le poursuit : il voudrait tout faire. Impossible.

L’ennui guettait l’enfant surdoué à l’école. L’ennui de l’adulte surdoué ressemble à un brouillard épais, à l’image de l’intensité de ses pensées et émotions. Il rêve d’une vie exaltante, de conversations passionnantes. Mais la réalité est souvent tout autre. Alors il s’ennuie et cela le ronge. Pour pallier ce poison, il peut multiplier les activités, s’étourdir dans le travail et trouver une sorte d’équilibre dans ce tourbillon.

L’impatience, contrairement à la vertueuse patience, caractérise l’adulte surdoué. Attendre est une souffrance pour lui qui est toujours en avance sur tout. Alors il s’impatiente, psychiquement et physiquement, et agace les autres. Ou bien il se soumet.

Sur le plan amoureux, pour vaincre l’ennui, l’adulte surdoué s’investit dans une relation solide ou au contraire enchaîne les aventures, histoire de fuir l’ennui.

Envieux de la vie des autres, il les observe, convaincu d’être incapable de faire comme eux. Il aimerait ne plus penser, comme eux, pour se reposer.

Combattre l’injustice, quitte à sortir de ses gonds, cumuler les déceptions, et malgré tout, continuer à croire, à idéaliser quelqu’un parce qu’au fond, il est naïf, tel est le lot de l’adulte surdoué.

L’incompréhension le taraude. Il essaie par tous les moyens de trouver un sens à tout et finit par tomber sur du non-sens. Évidemment, ce résultat le perturbe. En fait, comprendre autrement est la source de malentendus et de conflits, voire de mépris de la part de son entourage.

L’adulte surdoué anticipe constamment, ce qui a des effets désastreux au quotidien. Partir avant la fin d’un entretien d’embauche parce qu’on a compris que cet entretien ne déboucherait pas sur un emploi n’est pas forcément l’attitude souhaitée. Certains surdoués défient cette anticipation en adoptant l’hédonisme, pour ressentir une vague de plaisir brut, sans que la pensée surgisse en parasite. Sauter à l’élastique participe de la philosophie hédoniste.

Il se défend comme il peut mais est souvent incompris

Empathique, il est l’oreille à laquelle on se confie. Mais, comme il absorbe les émotions d’autrui, il va se protéger et mettre en place une barrière. Ce qui le fait passer pour quelqu’un de froid, qui se désintéresse des autres.

Son hypersensibilité peut rendre son quotidien insupportable, car les sensations sont vécues trop intensément. Un mot anodin, un geste banal, et l’adulte surdoué se sent humilié. Soit il se renferme, soit il explose. Pour se défendre, certains adultes s’efforcent de ressentir uniquement avec leur tête et non plus avec leur cœur. Cela a pour conséquence de les faire passer pour des individus inhumains, alors qu’ils sont rongés intérieurement.

La relation à l’autre est compliquée, perçue comme dangereuse, et l’adulte surdoué ressent une immense solitude intérieure. Avoir des amis n’est pas naturel et exige de l’énergie. Le surdoué ne s’engage dans une relation qu’avec parcimonie car il s’investit à fond. Il est tellement susceptible que ses amis finissent par s’éloigner de lui.

Toujours en quête du monde idéal, le surdoué a, depuis l’enfance, un sentiment de toute-puissance, mais la réalité le déçoit et le rend amer. L’hyper-conscientisation, attention prêtée au moindre détail et qui déclenche des questionnements sans fin, est à la fois une richesse et un piège. Le surdoué peut en effet se perdre dans ses réflexions et être totalement déconnecté. Il peut également avoir l’impression de vivre et de se regarder vivre, acteur et spectateur de sa propre vie. C’est épuisant et frustrant. Un mécanisme de défense consiste alors à contenir sa pensée par tous les moyens, jusqu’à paraître rigide aux yeux des autres, pour ne pas dire arrogant. Il évite la nuance parce qu’elle ouvre la porte au doute et au choix, qu’il fuit. Et quand il a décidé d’avoir raison, il est vain de vouloir le contrer.

Autre réaction déstabilisante pour l’entourage, la coupure de pensée. Brutalement, le surdoué stoppe tout, la phrase qu’il était en train de dire, le mouvement qu’il était en train d’effectuer. Au sens propre, il disjoncte, là encore parce que la surcharge est intenable.

Être surdouée au féminin semble plus facile, mais…

La petite fille surdouée se conforme plus facilement aux codes de l’école, ce qui lui demande beaucoup d’énergie. Si la souffrance est trop contenue, il est moins facile d’aider la petite fille devenue adolescente. Si elle arrive à l’âge adulte sans difficulté, la jeune femme surdouée continue à s’adapter. Mais elle se sent seule et intimide les hommes comme les femmes. L’intelligence fait peur. Pour réussir à s’accepter en tant que telle, pour retrouver son identité, le chemin est long, mais la métamorphose est spectaculaire.

Mère surdouée d’un enfant lui-même surdoué n’est guère confortable. Surtout si l’enfant est un garçon. Elle qui a su s’adapter aux règles scolaires ne comprend pas que son fils soit en échec. Elle peut perdre pied, penser qu’elle est une mauvaise mère et se sentir encore plus coupable après avoir consulté des psys. Selon J. Siaud Facchin, elle doit dompter sa peur et choisir en son âme et conscience ce qu’elle jugera bon pour son enfant, comme le ferait toute mère ; sauf que, en tant que surdouée, faire des choix est une torture.

Il existe pourtant des surdoués heureux. Si l’image de soi est positive, tout devient possible

Une famille qui valorise, encourage, rassure, parle à son cœur avant de parler à sa tête aidera le jeune zèbre à se construire. Il lui faut une grande stabilité affective, être accepté dans ses singularités, être accompagné (et non poussé), être réconforté.

Il a besoin d’amis, de faire plaisir aux enseignants et d’être apprécié d’eux parce qu’il est actif en cours – il s’agit bien d’une sorte de manipulation bienveillante et réciproque.

S’il ose exprimer sa sensibilité et ses émotions pour en faire une force, il peut être perçu comme très sympathique voire chaleureux. L’estime de soi s’en voit renforcée. C’est une "force fragile" qui habite le surdoué.

Même après une enfance chaotique, on peut vivre une vie d’adulte harmonieuse car rien n’est irréversible. Chacun a en lui des capacités de résilience, une sorte de force intérieure qui peut, malgré les événements traumatisants, lui permettre de faire émerger des ressources insoupçonnées. De plus, si on peut apprendre à tout âge, alors on peut être heureux à tout âge (cf. la plasticité cérébrale).

J. Siaud Facchin nous alerte : le Bonheur avec un grand "B" n’est qu’un leurre. Surdoué ou pas, il vaut mieux profiter des petits "b", accessibles, à portée de main.

Pour un surdoué, être heureux, c’est donner, et même donner pour donner. Vous rencontrerez pourtant des surdoués égoïstes, qui ont toujours eu peur d’une invasion de leur territoire.

Qui se ressemble s’assemble. Les “zèbres” se recherchent puisqu’ils se comprennent. Leurs rayures se superposent ou se complètent : deux extravertis se reconnaissent, un hypersensitif émotif trouve son équilibre auprès d’un surdoué adapté et solide. Découvrir que son conjoint est surdoué alors qu’on ne l’est pas soi-même, se rendre compte que les deux sont surdoués peut être un bénéfice pour les deux. Oui, un couple de surdoués peut être heureux.

Il est possible d’aller bien car être surdoué n’est pas une pathologie

L’image de soi fragile peut perdurer toute la vie. Le surdoué peut se chercher sans relâche et s’exposer à des troubles plus sévères : anesthésie affective, humour excessif et donc très mal vécu, état dépressif, inhibition sociale, dérives addictives, troubles du sommeil, humeurs changeantes… Mais être surdoué ne veut pas dire schizophrène, ni bipolaire, ni phobique. Les erreurs diagnostiques sont fréquentes. Être surdoué est bien une composante de la personnalité, pas une pathologie.

Conseils aux surdoués qui veulent vivre au mieux avec cette particularité

La vie du surdoué est semblable à des montagnes russes, avec une alternance de joies intenses et de gouffres de souffrance : à lui de repérer ses forces et ses limites, de piloter sa vie.

Son intelligence immense doit devenir son alliée. Comment se ressourcer quand on est mal ? On peut se laisser porter par des pensées fortes et des sens exacerbés pour se construire un rêve fort, utiliser sa pensée comme un outil au service de soi. Trouver en soi l’image-ressource, souvenir agréable, apaisera le tourmenté.

La grande mémoire visuelle du surdoué est aussi un atout, de même que sa pensée arborescente. Le surdoué peut jouer avec elle.

Et ses émotions ? Au surdoué de s’en servir pour anticiper certains dangers, éviter un conflit. Quant à son hyperesthésie, elle crée le beau, elle magnifie l’environnement.

Aidé par une perception aiguisée du monde qui l’entoure, des intuitions, le surdoué a tout intérêt à se laisser envahir par des petits riens qui vont faire jaillir sa puissance créative.

Son empathie, par ailleurs, le rend sympathique. Elle crée une complicité muette, lui fait garder un tempo émotionnel. Son énergie exceptionnelle est un formidable moteur.

Conclusion


Jeanne Siaud-Facchin s’adresse encore une fois à ses patients. Parce que dotés d’une intelligence et d’une sensibilité exceptionnelles, d’une force fragile, elle les exhorte à partager leurs talents avec tout le monde. Et comme rien n’est irréversible, elle leur conseille d’aller de l’avant en faisant fi d’un passé parfois chaotique. Un enthousiaste « restez ce que vous êtes, une personne remarquable », clôt son ouvrage.

Ce qu’il faut retenir de la lecture de ce résumé :

- les neurosciences nous aident à comprendre notre cerveau et notamment celui des surdoués ;

- le surdoué a une intelligence intuitive, sensible et en images ;

- l’adulte surdoué est un individu digne d’intérêt ;

- le jeune surdoué se construit difficilement ;

- il existe plusieurs types d’adultes surdoués ;

- l’adulte surdoué vit tout intensément et souffre ;

- il se défend comme il peut mais est souvent incompris ;

- être surdouée au féminin semble plus facile, mais… ;

- il existe pourtant des surdoués heureux ;

- il est possible d’aller bien car être surdoué n’est pas une pathologie.
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