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 Changer d’altitude

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MessageSujet: Changer d’altitude   Ven 4 Mai - 21:52

Changer d’altitude

En lisant ce koob, vous découvrirez que les échecs, les difficultés et les souffrances peuvent être vécus de façons différentes, et que l’une d’entre elles consiste à en tirer profit pour vous dépasser et améliorer votre rapport à l’existence.

Vous découvrirez aussi que :

- accepter la souffrance et la transcender au lieu de la combattre peut vous permettre d’acquérir une nouvelle conscience de vous-même et du monde ;

- changer votre vision du monde vous donnera davantage de liberté pour penser et agir ;

- en fonction de votre manière de gérer les crises, celles-ci vous enfermeront, ou au contraire, vous permettront d’aller encore plus loin ;

- remettre en question vos habitudes de pensée vous rendra plus créatif ;

- en apprenant à “lâcher du lest”, vous serez capable d’envisager la vie plus sereinement.

Bertrand Piccard est à la fois explorateur (il a notamment initié Solar Impulse, le projet de tour du monde en avion solaire) et médecin-psychiatre spécialisé en hypnose. En s’appuyant sur ses propres expériences, il vous propose des solutions originales pour vous remettre en question, et envisager différemment vos peurs, vos réticences face à l’inconnu. Il vous indique comment les mettre à profit pour avancer et vous sentir plus heureux. Selon lui, vos doutes, s’ils sont correctement analysés, peuvent vous aider à booster vos performances. Il propose une méthode de mieux-être, prenant en compte les autres et vous-même.

Dès le plus jeune âge, vous êtes ballotté par les vents de la vie et apprenez à les contrôler

Toute vie est soumise à des caprices aussi aléatoires que les vents :

- les modes ;

- les catastrophes naturelles ;

- les maladies ;

- les accidents ;

- les rencontres ;

- les succès, etc.

Ce sont autant d’aléas qui vous prennent par surprise et dont, en toute logique, vous vous méfiez. En effet, l’être humain cherche seulement à s’en sortir comme il peut, compte tenu des circonstances. Il a même tendance à reprocher à l’existence de ne pas lui avoir fourni les meilleures cartes.

Or, si vous n’avez aucune responsabilité quant à la situation dont vous héritez, dans ce que la vie vous fait subir, votre responsabilité est pleine et entière dans ce que vous faites pour l’affronter.

Aussi, vous devez renoncer à vos certitudes, inculquées par votre famille, par l’école, etc., et accepter l’idée qu’il existe mille et une façons de faire face à une même situation.

Or l’homme est formaté depuis tout petit à lutter, à conquérir contre vents et marées, à vaincre les obstacles, etc. Il apprend à se comporter comme si tout dépendait de lui seul, alors que ce n’est pas le cas, et ce faisant, il ne laisse aucune place à l’incertitude.

Il apprend à ériger des certitudes et des croyances qui sont censées le protéger des questions et des doutes. Mais ce faisant, il perçoit l’inconnu comme une menace, et cherche des explications à tout, quitte à ce qu’elles ne soient que partielles ou tronquées. Ses convictions le rassurent, et il oublie que le fait de s’interroger est porteur d’ouverture d’esprit et de cœur.

Il crée ainsi une zone de confort, constituée de certitudes, d’habitudes et de repères, qui détermine sa vision du monde et son rapport aux autres. Cela lui permet de continuer à exister, mais limite aussi son sens de l’innovation et sa créativité, et il considère tout changement comme une menace.

Finalement, ce n’est pas des vents de la vie dont il est prisonnier, mais de ses propres croyances.

C’est grâce à la pratique du vol libre que Bertrand Piccard a appris à s’ouvrir à lui-même

Adolescent, Bertrand Piccard a découvert le deltaplane. Très vite, il a dû apprendre à maîtriser sa voile, mais aussi lui-même. Par la suite, le contrôle nécessaire des aléas et des dangers en vol lui a permis de se recentrer sur l’instant présent, et ainsi, de gérer les situations stressantes du quotidien.

En effet, la somme d’informations à traiter en vol était bien supérieure à celles du quotidien. En apprenant à voler, il a appris à écouter davantage son corps et à gérer toutes les impressions nouvelles à la fois, en profitant sans limite de l’instant présent. Il avait appris jusque-là que le passé, origine du savoir, et l’avenir, dans lequel il faut savoir se projeter, sont importants pour se construire. Or il s’est rendu compte que ce n’était que dans le moment présent qu’il pouvait changer quelque chose à sa vie.

Cette pratique lui a permis de s’éveiller à lui-même et de sortir de ses automatismes.

Par la suite, il a confirmé son ressenti en pratiquant la psychiatrie. La théorie selon laquelle beaucoup de troubles psychologiques proviennent d’un manque de conscience de soi-même et de l’instant présent lui a été particulièrement utile. Elle stipule que :

- les troubles anxieux s’expliquent par une projection dans le futur, de ses problèmes et de ses peurs, sans anticiper de solution ;

- la nostalgie est aussi une projection, mais dans le passé, qui peut entraîner une dépression ;

- les phobies sont une projection de soi-même dans une situation, un objet ou un animal.

Ainsi, le fait de vous reconnecter à vous-même dans le moment présent en prenant conscience de votre corps — notamment par un approfondissement de la respiration — opère un recentrage pouvant amener à la disparition de certains de ces troubles. Vous avez besoin de ressentir pour ne plus simplement vivre, mais avoir le sentiment d’exister.

Comme un ordinateur, vous avez tendance à traiter les informations de manière programmée et automatique, en fonction de schémas préétablis. Si cela présente des avantages en termes de survie de l’espèce, vous vous privez cependant de beaucoup de libertés et de possibilités d’évolution, et tout changement potentiel devient alors source d’angoisse.

Une situation de rupture peut permettre de stimuler votre créativité

Si le deltaplane lui a appris à s’ouvrir à lui-même, c’est la montgolfière qui a permis à Bertrand Piccard de comprendre qu’il fallait cesser de vouloir tout contrôler.

En effet, dans son ballon, il ne contrôlait rien, il était poussé par le vent, dans sa direction et à sa vitesse. Les mauvaises conditions météorologiques n’arrangeaient rien, et il lui est arrivé de dériver sous une pluie battante.

Ce jour-là, après avoir passé plusieurs heures à tenter de résister, lui et son coéquipier ont fini par lâcher prise et se sont laissés guider par l’instant présent. Ce faisant, ils sont devenus beaucoup plus efficaces et performants, et ont profité intensément de chaque seconde.

Dans une telle situation, la plupart des gens sont capables de maîtriser ce qui fait partie de leur zone de confort, mais pas le reste. Et face à l’inconnu, l’évitement est la réaction la plus commune. Toutefois, elle n’est pas la seule.

Vous pouvez chercher d’autres ressources pour affronter l’inconnu, et le transformer en une expérience qui vous fera gagner en performance. Il ne s’agit plus là de reproduire vos automatismes, mais d’accepter vos doutes et de vous en servir pour stimuler votre créativité. Celle-ci vous permettra de produire de nouvelles solutions, de puiser en vous les ressources nécessaires pour affronter la situation.

Par ailleurs, la peur de l’inconnu ressentie par la majorité et qui naît de la nécessité de tout contrôler est à l’origine de beaucoup d’angoisses et de souffrances. Ainsi, refuser de faire confiance à ses sens et à son intuition revient à passer à côté de beaucoup de choses.

À vous de considérer les tempêtes qui soufflent parfois sur votre vie comme des occasions de stimuler vos forces créatrices.

L’être humain a tendance à considérer ses droits et ses acquis avant de prendre en compte ses devoirs. Or, même s’ils sont importants, à force de vouloir que les autres les reconnaissent, il en demande toujours davantage, ce qui le rend insatisfait et frustré. Au contraire, la prise en compte de ses devoirs, envers lui-même et les autres, le pousse à s’améliorer.


Vous battre pour tout changer n’est pas la solution : apprenez à utiliser à votre avantage ce qui est hors de votre contrôle

Selon une étude américaine, seulement 20% de ce qui arrive est planifiable. Vous devez donc apprendre à accepter, à aller dans le sens d’une situation, ce qui ne revient pas à faire preuve de lâcheté, à abandonner ou à fuir. Au contraire, c’est une réaction raisonnable qui permet de trouver des solutions en cherchant au-delà de votre conditionnement. Cela passe souvent par le fait de lutter contre le penchant qui vous pousse à vous emporter lorsque vous vous sentez agressé, ou dans une situation injuste.

Par exemple, lorsque Bertrand Piccard a voulu survoler la Chine à l’occasion de son tour du monde en ballon, il s’est heurté à un refus des autorités. Plutôt que de se sentir outré, il est allé les voir en leur disant qu’il comprenait que, s’ils ne donnaient pas d’autorisation, c’est qu’ils avaient certainement des contraintes, différentes des autres pays, dont il était prêt à discuter. En prenant la question sous l’angle de son interlocuteur, il s’est attiré ses bonnes grâces et a reçu de l’aide.

Il s’agit d’une technique qui peut ressembler à de la manipulation. Toutefois, cela n’en est pas tant que vous êtes sincère dans votre discours, attitude que le psychiatre américain Bettelheim appelait : “Se mettre dans les chaussures de l’autre.”

Le respect de l’autre ne se contente plus d’être une valeur morale, il devient alors un outil relationnel. De toute façon, il est inutile de vouloir changer l’autre : mieux vaut chercher à le comprendre.

Dans le cas où l’autre vous agresserait, retournez l’attaque à votre profit en amplifiant la direction que prend la situation, ce qui a en outre l’avantage de vous rendre imprévisible.

Par exemple, Oriane, 8 ans, à qui un garçon dit en ricanant “J’ai vu ta culotte” répond : “Tu préfèrerais que je n’en aie pas ?”

Un client mécontent au guichet d’une compagnie aérienne finit par dire à l’hôtesse : “Vous ne savez pas qui je suis ?” Celle-ci prend le micro et annonce : “J’ai devant moi un passager qui ne sait plus qui il est. Quelqu’un peut-il l’aider ?”

Devant toute situation difficile, vous devez apprendre à marquer un temps d’arrêt pour vous demander s’il convient d’aller dans le sens ou à contre-courant de la situation. S’épuiser à changer ce qui ne peut pas l’être, c’est se laisser aller au stress.

Pour plus de liberté, apprenez à agir à l’inverse de ce que vous avez toujours appris et “lâchez du lest"

La vie n’est pas binaire, il n’existe pas que deux possibilités : ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.



Entrez dans la troisième dimension

Comme lors d’un vol en ballon, il ne s’agit pas d’aller soit à droite, soit à gauche : il existe une troisième dimension, qui permet de changer de niveau, d’altitude.

Monter en altitude, c’est s’ouvrir à d’autres idées dans le but de s’enrichir, et c’est savoir remettre en question ses certitudes. Descendre, c’est une descente en soi, une introspection.

Pour changer d’altitude, en ballon, il faut apprendre à lâcher du lest. C’est la même chose dans la vie, et le lest ce sont :

- vos certitudes ;

- vos habitudes ;

- vos repères ;

- vos convictions, etc.

Par exemple, si les Égyptiens n’ont pas réussi à voler, ce n’est pas en raison d’un manque de moyens techniques — les premiers planeurs étaient faits de baguettes de bois et de toile tendue —, mais parce que selon leurs croyances, le ciel était réservé aux dieux et qu’il ne fallait pas les déranger.



Sortez des sentiers battus

Les idées nouvelles émanent rarement du système déjà établi : ce n’est ni un fabricant de bougies qui a inventé l’ampoule électrique ni les fabricants de voitures qui ont conçu la Tesla, la meilleure voiture électrique. Créer c’est adopter une vision différente, aller à l’opposé de sa première idée.

Il est difficile de trouver d’emblée la bonne altitude, et vous avez de bonnes chances de vous tromper, mais un échec n’en est un que si vous renoncez. Dans le cas contraire, c’est une expérience constructive.

Le pire que vous puissiez faire, c’est de ne rien tenter. Vous réussirez uniquement en essayant des choses différentes, à une altitude différente et par d’autres moyens.



Soyez ouvert aux opinions d’autrui

Pour multiplier les différentes altitudes, il est important d’écouter les arguments des autres et d’atténuer peu à peu vos convictions. Cela deviendra un jeu de systématiquement envisager le contraire de ce que qui vous a été appris.

Par exemple, évitez de répondre spontanément à une question, et dites-vous systématiquement : quelle serait ma réponse et son contraire ? La deuxième réponse aura souvent davantage de sens que la première, car elle ne sera pas conditionnée.

Ainsi, lâcher du lest revient à oublier ce qui est considéré comme des certitudes, et à remettre systématiquement tout en question. C’est ce qui permet d’ouvrir de nouveaux horizons.

La vraie liberté ne consiste pas à pouvoir tout faire, mais à pouvoir tout penser, à voler dans toutes les directions

Ce principe devrait faire partie intégrante de l’éducation des enfants. Pour cela, inoculez-leur trois notions de base :

1. la curiosité, qui leur permettra d’essayer de nouvelles choses en permanence ;

2. la persévérance, grâce à laquelle ils pourront réussir ce qu’ils entreprendront ;

3. le respect, qui leur permettra de donner de la valeur à leurs succès.

Ainsi :

- il est plus important d’apprendre “comment” penser que “quoi” penser ;

- chaque discipline devrait être enseignée sous son angle officiel puis sous celui des autres cultures ou religions ;

- une place devrait être faite à l’inconnu, aux questions sans réponses, afin d’être capable de ne pas rejeter d’emblée ce qui n’est pas compris.

Cela nécessiterait de changer les programmes scolaires, mais aussi la formation des enseignants.

Malheureusement, à travers l’histoire, de nombreux scientifiques, philosophes ou médecins, comme Galilée, ont été persécutés pour avoir osé lâcher du lest, en allant contre les certitudes établies.

Pourtant, en vous penchant un instant sur la question, vous verrez qu’ils avaient raison. L’image des abeilles et des guêpes est ici extrêmement parlante. Les abeilles meurent face aux vitres, car elles se battent pour passer au travers, inlassablement et sans changer de tactique. Les guêpes, au contraire, essaient chaque carreau jusqu’à trouver un passage.

Afin de déterminer si vous vous acharnez dans une voie sans issue ou si vous faites preuve de persévérance :

- posez-vous la question : “Est-ce que j’agis comme une abeille ou comme une guêpe ?” Le simple fait de vous poser cette question revient à agir comme une guêpe : l’abeille, elle, ne sait même pas qu’il existe une autre façon de faire ou de penser que la sienne ;

- faites dans la provocation par rapport aux valeurs auxquelles vous tenez le plus : n’hésitez pas à les remettre en question. Ne gardez rien par habitude ou automatisme. Même vos valeurs les plus ancrées n’ont de signification qu’une fois que vous avez envisagé de les abandonner : c’est le meilleur moyen de savoir pourquoi vous y êtes attaché. Vous ne pouvez envisager d’être honnête, moral ou éthique par principe, cela doit être un choix.

Envisager le contraire de tout ce que vous connaissez ne veut pas forcément dire adopter de nouveaux comportements en conséquence, mais plutôt, renforcer votre modèle moral.


La communication n’est pas un simple échange d’informations, mais un partage d’expérience

Une rencontre, avant d’être celle de deux personnes, est celle de deux mondes, ce qui peut provoquer un certain décalage : les autres ne sont pas tels que vous les imaginez, vous les percevez au travers de caractères que vous avez inventés.

Communiquer consiste justement à construire un vécu qui n’appartient ni à l’un ni à l’autre, mais qui est partagé. Ces relations humaines peuvent être perçues de trois façons :

1. si 1+1=1, c’est la rencontre de deux personnes identiques dans leurs parcours, leurs avis, etc. Ce n’est pas conflictuel, mais c’est souvent peu enrichissant ;

2. si 1+1=0, c’est la rencontre de deux personnes qui ne savent pas gérer leurs différences d’opinion. La relation n’aboutira à rien, car chacun tentera de prouver à l’autre qu’il a raison ;

3. si 1+1=3, c’est la relation la plus enrichissante. Les différences de chacun permettent de construire quelque chose de nouveau ensemble, à condition de suffisamment se faire confiance.

Mais cela ne peut être utilisé que dans une relation équilibrée, sinon, dans l’équation, le 3 n’appartiendra qu’à un seul des acteurs.

Ainsi, pour qu’une relation soit sur un mode gagnant/gagnant, il existe trois règles de base à appliquer pour améliorer la communication avec autrui :

1. parler de votre ressenti. Plutôt que de juger l’autre, exprimez ce que son attitude évoque en vous. Si vous parlez de vous, l’autre parlera plus volontiers de lui ;

2. partager vos expériences. Transmettre des faits, ce n’est pas communiquer, c’est véhiculer de l’information. La communication intervient lorsque des expériences sont échangées, car cela introduit une dimension personnelle et émotionnelle ;

3. intégrer le fait qu’il y a autant de réalités différentes que d’individus. Les mêmes mots n’ont pas forcément le même sens pour celui qui les dit et celui qui les entend. La réalité et la vérité de chacun dépendent de son histoire, et il y a autant de vérités que d’individus.

Enfin, quand il existe déjà des difficultés au niveau de la communication, trois outils permettent de les contrer :

1. la métaphore : elle va s’adresser à l’inconscient, et permettre à chacun de donner le sens qui lui correspond aux mots, comme lorsqu’il est question de “changer d’altitude” ou de “lâcher du lest” ;

2. le recadrage : il consiste à modifier subtilement le contexte, et à amener l’interlocuteur à découvrir d’autres vérités que la sienne. Par exemple, à un médecin qui se plaignait que sa mère passait son temps à ruminer ses ennuis de santé devant lui, Bertrand Piccard a fait remarquer que cela prouvait sa confiance ;

3. la métacommunication : il s’agit de communiquer à la fois sur le fond et sur la forme de divergence de vues. Par exemple, c’est en fonction de son propre vécu que chaque parent va vouloir imposer une heure de limite de sortie à son enfant. Il suffit d’exposer ce fait pour arriver plus facilement à un compromis.

Ces quelques astuces permettront d’améliorer votre relation à l’autre. Vous construirez ainsi une relation où il n’est pas question de chercher à tout prix à gagner, mais à trouver un moyen pour que chacun sorte la tête haute d’une discussion.

L’hypnose est une thérapie, mais elle peut également vous aider à développer vos ressources intérieures afin d’approfondir votre relation à vous-même

Pour parvenir à lâcher du lest, vous devez calmer votre peur de l’incertitude et trouver la bonne altitude pour prendre confiance en vous. Pour cela, l’hypnose est un bon outil.

La base de l’hypnose est un phénomène de “dissociation” entre le corps et l’esprit : une partie du sujet vit l’expérience, l’autre le regarde la vivre. Il s’agit de court-circuiter l’habitude de vouloir tout contrôler, et de porter son attention vers son monde intérieur.

Or l’hypnose et l’auto-hypnose ne peuvent se pratiquer que dans une sensation de confort, de sécurité : c’est la “safe place”. Le sujet pourra s’y réfugier en cas d’émotions fortes. Il peut s’agir du souvenir :

- d’une situation agréable ;

- d’une musique ;

- d’une image ;

- d’une odeur, etc.

Le corps tout entier doit pouvoir revivre cette sensation et s’imprégner de ce confort ou de cette sécurité, pour les relier à un geste ou à un mouvement : c’est l’“ancrage”.

La dissociation est souvent utilisée en thérapie :

- dans le passé, pour soigner un traumatisme. C’est le principe de la régression qui permet de retourner voir l’enfant ayant souffert et devenu un adulte toujours en souffrance. Cela permet de réconforter cet enfant et d’aider l’adulte d’aujourd’hui à se sentir mieux ;

- dans le futur, pour anticiper des solutions. C’est le principe de progression en âge qui permet de contrer la propension à projeter des problèmes dans le futur sans y associer des solutions. Cela permet d’appréhender la vie avec plus de sérénité (examens, peur de l’avion, etc.) en se focalisant sur les moyens. Ainsi, ce n’est pas parce que vous vous voyez gagner que vous gagnerez. En revanche, en visualisant les mouvements les plus justes de votre corps durant une course, par exemple, vous améliorerez forcément vos performances.

Une thérapie consiste donc à accompagner le problème, puisqu’il est là, plutôt que de le combattre : refouler ses pensées, même les pires, ne crée que des problèmes supplémentaires. Il convient, au contraire, de les affronter et de les dédramatiser.

Par exemple, l’un des patients de Bertrand Piccard, âgé de 5 ans, avait peur d’être kidnappé et ne voulait plus sortir. Or au lieu d’essayer de combattre cette phobie, il lui demande de l’expliquer, puis de la construire en Lego. Une fois faite, il demande à l’enfant de lui décrire sa construction. En tournant autour, celui-ci finit par avouer que plus il regarde cette peur concrétisée en Lego, moins elle l’effraie.

Que retirer de cela ?

Pour guérir un patient, il vaut mieux aller dans le sens de la situation, plutôt qu’à contre-courant. Le rôle du thérapeute n’est pas de diriger ou de contrôler son patient, mais de lui montrer les options et les altitudes possibles afin qu’il choisisse celles qui lui conviennent le mieux, et de stimuler sa confiance dans le changement. L’acteur de la guérison, c’est le patient, pas le thérapeute.


Les crises peuvent vous détruire, ou au contraire, vous contraindre à évoluer

Grâce à vos repères, vous avez trouvé un équilibre dans votre vie. Or lorsqu’une crise survient (maladie, agression, accident, deuil, etc.), vous en êtes destitué. Dans ce cas-là, vous avez trois possibilités :

1. rester au fond du trou ;

2. retrouver l’équilibre perdu ;

3. gagner en compétences pour remonter plus haut qu’avant la crise.

Pour parvenir à la dernière solution, qui est la meilleure, vous devez prendre conscience qu’une crise ne dure que tant que vous vous raccrochez à vos anciens repères. Vous voulez que tout soit comme avant, mais c’est souvent impossible.

Ainsi, pour garder le recul nécessaire en cas de crise, posez-vous cinq questions :

1. À quelle altitude étais-je avant la crise, et dans quel sens étais-je poussé ?

2. À quelle altitude suis-je aujourd’hui, et dans quel sens suis-je poussé ?

3. Dans quelle direction souhaiterais-je que la vie me mène ?

4. Quelles ressources dois-je développer pour y parvenir ?

5. Quel lest, quelles habitudes dois-je jeter pour y parvenir ?

Ensuite, il est essentiel de retrouver un équilibre intérieur. Cela induit de :

- surmonter la phase d’effondrement ;

- définir le sens que vous donnez à cette perte (un sens social, le “qu’en dira-t-on”, etc.) ;

- déterminer ce à quoi vous vous accrochiez ;

- déterminer ce que cette perte génère comme sentiment (peur de rester seul, de perdre un rêve, d’avoir moins de pouvoir, etc.).

Ces préalables sont indispensables à toute reconstruction.

La troisième étape revient à identifier de nouvelles ressources : être plus malin, plus autonome, plus confiant, travailler davantage, ou prendre des cours de self-défense, par exemple.

Sachez qu’une crise peut aussi débloquer des situations. C’est donc l’occasion pour vous de changer vos habitudes, mais cela passe souvent par le fait de lâcher du lest dans votre amour-propre, votre orgueil, votre méfiance, votre peur du changement, etc. Profiter d’une crise pour se remettre en question permet d’en éviter de plus grosses. Même la crise d’adolescence peut être perçue comme un moyen de trouver la force et le courage de quitter le nid familial.

Il existe malheureusement aussi des crises sans motifs ou explications, comme les accidents, la maladie, le décès d’un proche, etc. Dans ce cas, vous devez accepter de souffrir, traverser la souffrance plutôt que de vous y noyer, lui laisser sa place sans la minimiser. Ce faisant, vous accepterez ce qui est irréversible ou irrémédiable.

Pour sortir d’une crise, il est souvent nécessaire de donner une dimension spirituelle à la souffrance

Dans la plupart des cultures, l’homme est partagé entre l’envie d’abolir la souffrance et celle de lui donner un sens. Souvent, la médecine s’attache à la première, et la religion à la seconde. Ainsi, dans les religions judéo-chrétiennes, il existe une véritable pédagogie de la souffrance, qui est une nécessité sur le chemin de la spiritualité.



La maladie peut être considérée comme une épreuve

Il arrive que des personnes ayant souffert de graves maladies s’estiment meilleures après avoir surmonté cette épreuve, alors que d’autres en sortent affaiblies : elles ont subi la crise comme quelque chose d’insurmontable. Il existe effectivement des souffrances indicibles, qui surviennent uniquement dans les pires moments.

Il faut donc accepter que tout ne peut pas être compris, et que les réponses ne se trouvent pas au niveau terrestre, mais à un niveau supérieur, celui de la religion et de la spiritualité. En effet, si l’humain s’est peu à peu détaché de la spiritualité, la crise l’y ramène.

Le recours à la spiritualité témoigne du décalage qui existe entre les médecins et leurs patients : les médecins ne sont pas formés pour laisser suffisamment de place aux intérêts philosophiques ou spirituels de leurs patients. Or, bien souvent, les mécanismes de défense psychiques sont une façon d’éviter la souffrance et la prise de conscience spirituelle, une forme d’acceptation.

L’idée de lâcher du lest permet de transformer la religion en spiritualité. La religion est une somme de règles humaines reprises par des institutions, alors que la spiritualité est l’expression de ce qui dépasse l’humain, le pousse à chercher des explications au sens de la vie.

C’est là que se trouvent les lests les plus importants : les religions apportent des réponses, alors que la spiritualité pousse à se poser des questions. Les religions divisent, la spiritualité réunit : si chacun lâchait le lest de toutes les croyances qui l’ont toujours rassuré, il n’y aurait plus de guerres de religion.



La foi est la perception intime que ce que vous vivez a un sens et s’inscrit dans un ensemble plus grand

Vous vous sentez exister lorsque vous éprouvez la vie en vous, lorsque vous pouvez observer avec une partie de vous-même comment l’ensemble fonctionne. En la reliant à la perception d’un monde qui vous dépasse, votre perception du monde qui vous entoure changera et des liens qui peuvent exister dans l’univers vous apparaîtront.

C’est la synchronicité. Selon le psychiatre Gustav Jung, celle-ci est la survenance de deux événements qui n’ont aucun lien, mais dont l'association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Bertrand Piccard en a fait plusieurs fois l’expérience :

- alors qu’il s’interrogeait sur l’opportunité de faire son vol autour du monde en ballon, il a demandé, dans un magasin chinois, la traduction de symboles sur un talisman : il s’agissait de “Quand le vent souffle dans le même sens que ton chemin, il t’apporte un grand bonheur” ;

- alors qu’il roulait en voiture avec une guérisseuse de ses amies qui tentait de le convaincre des vertus de son art, elle a mentionné le nom d’une amie commune. Au même moment, ce nom est apparu sur la bâche d’un camion qui arrivait à leur hauteur.

Ces signes, ces coïncidences signifiantes peuvent éclairer votre vision du monde, vous aider à prendre les bonnes décisions, et vous devez apprendre à les reconnaître, même si vous ne savez pas toujours les expliquer, et les utiliser pour orienter vos choix.

L’être humain n’est pas porté vers l’intérêt collectif ; il faut donc déterminer les intérêts personnels à satisfaire pour qu’il tende vers cet idéal

Plutôt que de lutter pour changer le monde imparfait dans lequel vous vivez, attitude de toute façon vouée à l’échec, apprenez à changer le fonctionnement de la société, pour créer les conditions propices à votre épanouissement personnel.

L’individu vit dans le court terme, avec des échéances précises.

Par exemple, il paraît inconcevable d’interdire à un paysan brésilien d’abattre des arbres centenaires quand c’est le seul moyen de nourrir sa famille. De fait, tant que la protection de l’environnement n’aura d’impact que sur les générations futures, personne n’acceptera de faire de sacrifice de salaire, de bien-être, etc., pour y concourir.

C’est dans cette philosophie que le projet Solar Impulse a été lancé. L’objectif est de démontrer, au moyen d’un avion solaire, l’efficacité d’une technologie qui s’intègre dans le courant appelé “cleantech”. Celui-ci part du principe que diminuer la consommation d’énergies fossiles et produire des énergies renouvelables peut conduire à :

- créer des emplois ;

- dégager des bénéfices ;

- garantir un meilleur confort de vie.

Vous l’aurez compris, l’objet du projet Solar Impulse est davantage de révolutionner la manière dont vous concevez les énergies renouvelables et les économies d’énergie plutôt que l’aviation.

Actuellement, le problème est que les technologies existent — vitrages qui absorbent la chaleur pour diminuer le besoin en air conditionné, peinture qui diminue la résistance à l’avancement des coques de bateaux, etc. —, mais qu’elles ne sont pas utilisées. L’homme n’en a, en effet, pas compris les avantages en termes de rendement et de profit, et parce qu’il a peur de l’inconnu, il s’obstine dans ses habitudes.

Or, il faut qu’il arrête de confondre les notions de prix et de coût : le prix du pétrole est moins important que celui de l’énergie solaire, mais son coût est plus grand — les millions d’années qu’il a fallu pour constituer les réserves de pétrole, les marées noires, les guerres, la charge environnementale pour les générations futures, etc.

De plus, chacun attend que l’autre fasse le premier pas, et les clivages politiques n’arrangent pas les choses : l’individu a l’impression de devoir voter à gauche pour protéger l’environnement, et à droite pour encourager l’investissement et la prise de responsabilité.

C’est pourquoi la société d’aujourd’hui doit devenir “écomaniste”, c’est-à-dire écologique, économique et humaniste. L’être humain doit être protégé en premier : l’écologie, le pacifisme, l’économie et le politique ne sont que des outils pour y parvenir.



Conclusion

Selon les lois de la physique, la matière et l’énergie sont deux états différents d’une même vibration, et l’être humain se situe quelque part entre les deux. S’il est important d’assurer une survie matérielle et de profiter des bons moments de la vie, il ne doit pas s’agir d’un but ultime. Vous devez apprendre à vous regarder de plus près afin de trouver une dimension spirituelle et un sens à votre vie, à prendre conscience de vos émotions et à en améliorer la qualité. Votre attention tout entière ne doit pas être tournée vers le matériel. C’est grâce à lui que vous obtenez le pouvoir, le plaisir, la richesse, mais aussi la douleur, la souffrance et la tristesse. Vivre consiste donc, sans vouloir changer le monde, à créer les conditions les plus propices à votre épanouissement personnel. Une vie réussie est une vie qui a été intéressante et utile. Intéressante, parce que vous vous êtes donné les moyens de trouver l’altitude parfaite pour réaliser vos rêves et vos projets. Utile, parce que vous avez été au service de vous-même, mais aussi des autres, en leur véhiculant l’énergie dont ils avaient besoin pour avancer.

Ce qu’il faut retenir de ce koob :

- dès le plus jeune âge, vous êtes ballotté par les vents de la vie et apprenez à les contrôler ;

- c’est grâce à la pratique du vol libre que Bertrand Piccard a appris à s’ouvrir à lui-même ;

- une situation de rupture peut permettre de stimuler votre créativité ;

- vous battre pour tout changer n’est pas la solution : apprenez à utiliser à votre avantage ce qui est hors de votre contrôle ;

- pour plus de liberté, apprenez à agir à l’inverse de ce que vous avez toujours appris et “lâchez du lest” ;

- la vraie liberté ne consiste pas à pouvoir tout faire, mais à pouvoir tout penser, à voler dans toutes les directions ;

- la communication n’est pas un simple échange d’informations, mais un partage d’expérience ;

- l’hypnose est une thérapie, mais elle peut également vous aider à développer vos ressources intérieures afin d’approfondir votre relation à vous-même ;

- les crises peuvent vous détruire, ou au contraire, vous contraindre à évoluer ;

- pour sortir d’une crise, il est souvent nécessaire de donner une dimension spirituelle à la souffrance ;

- l’être humain n’est pas porté vers l’intérêt collectif, il faut donc déterminer les intérêts personnels à satisfaire pour qu’il tende vers cet idéal.
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