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 Utopia is Creepy

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MessageSujet: Utopia is Creepy   Jeu 21 Juin - 21:32

Utopia is Creepy

En lisant ce koob, vous apprendrez que l’utopie du partage de l’information proposée par Internet pourrait être des plus trompeuses, voire des plus effrayantes : si un service est gratuit, c’est que vous — et vos données personnelles — êtes le produit.

Vous apprendrez également :

– que les Edens technologiques promis se transforment en avenirs dystopiques ;

– que les évolutions technologiques ont des conséquences sur nos capacités cognitives ;

– en quoi Internet vous rend plus stupide ;

– en quoi le Web 2.0 est amoral et vous offre un miroir trompeur de vous-même.

La religion de la technologie semble vous promettre un paradis dans lequel les ordinateurs et les robots pourraient enfin vous libérer de vos besoins physiques. Ces prophéties annoncées par les gourous de la Silicon Valley ont façonné l’opinion publique. Les réseaux sociaux ont instillé une culture de la distraction et de la dépendance qui vous a fait oublier que vous partagiez des données personnelles, afin qu’elles soient monétisées par les GAFA. Via son blog Rough Type, Nicholas Carr a partagé de nombreux billets, entre 2005 et 2015, qui montrent l’immoralité du Web 2.0 dont il vous offre ici un florilège.


Le Web 2.0 est une démocratie participative faussée

Internet a toujours représenté une terre promise libérée du monde matériel.

Malheureusement, les années 1990 ont annoncé un tournant : le net se révèle alors être plus un éveil du commerce que de vos consciences. La philosophie émancipatrice du Web ne serait-elle donc pas qu'un leurre ?

Cette représentation d'Internet est apparue grâce au "mouvement New Age". En effet, ce mouvement - inspiré de la philosophie hippie qui prône le partage - est né en même temps qu'Internet. Ils ont donc vécu ensemble, et partagent une communauté et une philosophie (commune).

C'est pour cette raison qu’aujourd’hui, le Web 2.0 met en avant l’angle participatif et amateur, avec notamment l’encyclopédie en open source Wikipédia.

Cependant, l’intelligence collective est sujette à beaucoup d’inexactitudes sur de nombreux contenus mis à disposition. Ces inexactitudes divisent les internautes en deux communautés chacune adhérant à une philosophie qui lui est propre : les "inclusionnistes" qui veulent tout intégrer, et les "suppressionnistes" qui ne souhaitent garder que des contenus respectant certaines normes de qualité.

Le clivage entre ces deux communautés pourrait mener à la dissolution de l'intelligence collective.

Grâce à Internet, chaque individu a la possibilité de partager ses travaux, mais aussi ses opinions. Avec le succès des blogs et des articles d’opinions, d’une part l’objectivité des reportages journalistiques se perd, d’autre part les oppositions idéologiques et les extrémismes existants ont tendance à se renforcer.

Ce partage a également des conséquences sur le monde créatif : si "vous êtes le Web" comme l’énonce Kevin Kelly et que "la culture en ligne devient LA culture", les références culturelles changeront complètement.

Si Internet est le premier lieu de partage, c'est pour une raison essentielle : sa gratuité. En effet, Internet est une plateforme où chaque personne, chaque individu peut partager, s'informer, communiquer gratuitement.

Néanmoins, cette gratuité a un prix : étant donné que ce sont des amateurs et non des professionnels qui se chargent de télécharger l’information, celle-ci ne sera pas totalement vérifiée et sa qualité ne sera pas constante.

L’encensement de l’amateurisme en lieu et place du professionnalisme est-il souhaitable ?


La vie virtuelle ne fait que reproduire les vices du monde physique

Qui se souvient du buzz créé autour de Second Life, ce programme informatique dans lequel vous pouvez incarner des personnages comme dans les Sims ? Second Life avait apporté avec lui le rêve d’un "métavers" (ou "univers virtuel") où tout pourrait être commercialisé et donc matérialisé dans la vie réelle par une monnaie sonnante et trébuchante.

Toutefois, vous avez été témoins d’un gros dysfonctionnement dans cette éphémère histoire : un copycat intégré au logiciel CopyBot - faisant tourner Second Life - a eu la possibilité de copier tous les avatars, ainsi que tous les biens virtualisés, afin d’en subtiliser toute propriété intellectuelle.

Second Life, qui partait d’un idéal utopique, a fini par devenir une opération commerciale, une marketplace géante aux façades entièrement recouvertes d’annonces publicitaires.

Suite à ce fait médiatique, beaucoup d'autres univers virtuels sont apparus, voguant sur le buzz médiatique de Second Life.

Parmi ces différents univers virtuels, Red Light Center. Il se démarque de Second Life car il vous permet de créer et de vendre vos propres créations. Ce métavers, dédié aux adultes, permet également de fumer virtuellement un joint ou de prendre de l’ecstasy.

Selon Brian Shuster, le PDG de la société Utherverse qui a créé l’univers, cela permettrait aux utilisateurs d’expérimenter certains produits (les drogues, par exemple) qu'ils ne peuvent pas consommer dans la vie réelle. Cet univers rejoint les origines de la réalité virtuelle, telle qu’elle était pensée dans les années 1960.

Il n’y a plus qu’à se demander si les avatars virtuels n’entrevoient pas dans leurs hallucinations le monde réel.



Les géants du Web offrent une abondance trompeuse

Tout ce qui est virtuel est-il à prohiber ? Si cette idée est populaire auprès de beaucoup, le diagnostic est loin d’être juste.

De nombreuses études soulignent que les jeux vidéo rendent les personnes "plus intelligentes". Ils permettent aussi d’améliorer votre réactivité, votre acuité visuelle, mais également une meilleure performance lors des tests cognitifs.

Vous gagnez également en capacité d’attention, comme le souligne Cathy Davidson, professeur à l’Université de Duke, dans son ouvrage "Now You See It".

Deux chercheurs de l’Université de Rochester, Shawn Green et Daphne Bavelier, vont encore plus loin dans leur diagnostic publié dans la revue "Nature" : ils affirment qu'un entraînement de 10 jours au jeu vidéo d’action est suffisant pour améliorer l'attention visuelle, la distribution spatiale et la résolution temporelle.

Si le Web permet de rendre les gens "plus intelligents",il est également un moteur de la sérendipité, soit du fait de faire une découverte par hasard et d’en tirer une utilité. Il suffit de se surfer en ligne, sur les réseaux sociaux ou Youtube, pour voir l’étendue des informations auxquelles vous avez accès sans les avoir cherchées.

Toutefois, cette présupposée sérendipité est trompeuse : c’est un « hasard soigné avec attention », prévient le professeur en journalisme William McKeen. En cliquant sur des liens recommandés par les sites, vous ne faites que suivre le chemin qui vous est suggéré par les algorithmes de Google.

La multiplication des pages Internet n’est pas synonyme d’une diversification du trafic. En effet, si vous retournez en novembre 2016, Facebook était déjà présent, avec, à ses côtés, MySpace, les deux réseaux sociaux concentraient à eux seuls 17% du trafic Internet global.

Autre fait à noter, le Web 2.0 a abandonné les moyens de production pour mieux s’en accaparer les droits.

Nicholas G. Carr en tire une métaphore assez criante : vous donnez à chaque utilisateur un lopin de terre que vous cultivez dans votre coin, et dont la valeur économique est récupérée par le site. Ce sont les utilisateurs membres de ces sites qui en produisent le contenu, source multiple de données personnelles qui peuvent être valorisées par les administrateurs.

Ce phénomène est également valable pour les critiques déposées sur Yelp pour les restaurants, ou sur Amazon pour les livres. Ces notations sont des critères de valorisation des établissements ou des produits, gratuitement déposées par les consommateurs. Beaucoup de partages de votre part pour peu de profit individuel, au détriment des sites qui bénéficient de vos retours clients.

L’objectif des géants de l’Internet peut être qualifié de "vampirique" : ils se nourrissent de votre sang, à savoir vos données personnelles, et vous vous laissez séduire.

Prochaine étape : plutôt que vendre vos données publicitaires, vous devez devenir vous-même un promoteur de produits.

L’intelligence artificielle vous considère comme un amas de données

Et si vous abandonniez toute présence sur Internet, en vous coupant notamment des réseaux sociaux ?

Cela semble attrayant mais pourrait également être préjudiciable. En effet, quitter la vie en ligne, c’est également abandonner toute interaction sociale virtuelle, et parfois finir par être oublié dans le monde réel.

Carr ironise à ce sujet en développant l’idée autour de l’éducation virtuelle d’un enfant : les parents sont de plus en plus affolés par le fait qu’un statut Facebook publié par leur enfant puisse ne recevoir aucune notification.

Il imagine alors un monde dans lequel vous élevez vos progénitures avec uniquement des tablettes à travers lesquelles vous pouvez en permanence leur envoyer des messages en temps réel. Vous finirez par leur interdire toute interaction avec un autre humain réel, ainsi que toute activité extérieure, pour optimiser leur virtualité.

Vous pouvez toujours partager des moments avec eux en leur envoyant des tweets, des musiques via Youtube, des posts Facebook… Bref, il est possible aujourd’hui de ne vivre qu’à travers des écrans, et c’est le sens de l’Histoire qui nous y mène.

Le constat - qui naît des propos de Carr - vous invite à vous poser la question suivante : finalement, n'êtes-vous pas un simple amas de données ? Et dans le cas d'une réponse positive, ne serait-il pas possible de vous faire renaître grâce à l’intelligence artificielle et à la nanotechnologie ?

Pour Ray Kurzweil — chercheur, ingénieur et salarié chez Google — la réponse est oui. Grâce à des nanobots, vous pourriez trouver un peu d’ADN du défunt au cœur de sa tombe. Et à partir de cet ADN et de données personnelles conservées et analysées par une intelligence artificielle, vous pourriez ensuite redonner vie à ladite personne.

Cela peut faire penser à toutes les stars de la chanson que l’on a fait revivre à travers des hologrammes : vous brûlez la vie, mourrez jeune et vous finirez en une jolie image 3D.

Cependant, Marshall McLuhan — fondateur des études contemporaines des médias — aurait considéré cela d’un tout autre œil. Pour lui, dès que vous abandonnez ce qui fait de vous un humain (systèmes sensoriels et nerveux), en vous laissant manipuler par des entreprises pour leurs propres bénéfices, vous n'avez plus de droits.

Mais une question se pose : et si cette dystopie avait déjà pris place ?

Votre Moi virtuel tend à remplacer votre personnalité réelle

Grâce à l'ère numérique, vous possédez deux vies : une vie réelle - celle que vous expérimentez au quotidien - et une vie virtuelle - celle que vous vous créez sur les réseaux sociaux. Ces deux vies peuvent être détachées ou complémentaires... Après tout, que serait Trump sans Twitter ?

Du fait de son nombre limité de caractères, les fameux 140 inhérents au tweet, tout message publié doit être par conséquent concis. Et contrairement aux télégrammes passés, où vous pouviez vous poser la question de la légitimité de l’envoi d’un message, aujourd’hui Twitter vous intime d’envoyer tout ce qui vous traverse l’esprit : si c’est gratuit, tout est permis.

Tout ce qui vous traverse l’esprit peut ainsi être retranscrit, tout comme n’importe laquelle des activités dans laquelle vous êtes entraîné.

Le Tweet reproduit vos flots de pensées, tel un miroir narcissique de votre vie quotidienne. Il représente en soi un refuge de vos insignifiances. Et le paradoxe de cette plateforme, à l’instar de tous les autres médias sociaux, c’est que ce narcissisme est le liant de toute la communauté.

Comme le résume le philosophe et sociologue Jean Baudrillard, cité par Carr, "la communauté a été liquidée et absorbée par la communication". Et pourtant, rien n’a contribué autant à votre sentiment de déconnexion du royaume physique que les technologies de la communication. La détox digitale vous a fait apprécier la solitude avec une toute nouvelle intensité.

Si Twitter est le Narcisse des réseaux sociaux par le reflet flatteur qu'il vous renvoie de votre vie quotidienne, Facebook en sera Arachné: votre désir de vanité est plus fort que votre désir d'intimité.

Bienvenue dans le business model de Facebook. Vous vivez dans ce que Carr appelle une « favela chic » : vous pouvez avoir perdu tout ce que vous possédiez, ou aviez comme relation, vous êtes toujours connecté au monde entier via votre compte Facebook.

Les réseaux sociaux - et les innovations technologiques en général - ont pris une importance telle qu'ils créent de nouveaux besoins. Carr a même réussi à adapter la pyramide de Maslow aux innovations technologiques. En allant de bas en haut, vous retrouvez :

– les technologies de la survie ;

– les technologies de l’organisation sociale ;

– les technologies de la prospérité : les technologies des loisirs ;

– les technologies du Moi.

Dans les sociétés développées, ces technologies du Moi peuvent se résumer ainsi : Xanax et Viagra, chirurgie esthétique et crème anti-âge, Facebook, Twitter et Pinterest.

Ces technologies sont tellement ancrées dans votre quotidien que certaines applications peuvent vous aider. Si vous n’avez pas le temps d’effectuer des mises à jour de vos statuts sur tous les réseaux sociaux existants, Google est toujours là pour vous venir en aide. En effet, l’entreprise a développé un logiciel capable de maintenir votre présence sur le Web 2.0 à votre place.

L’entreprise a également travaillé sur la génération automatique de suggestions pour des réactions personnalisées sur un réseau social. Traduction : les réseaux ont tellement d’informations sur vous, qu'ils vous connaissent mieux que vous-même.

Internet vous pousse à la paresse intellectuelle et altère votre mémoire en vous offrant tout sur un plateau d'argent

Aujourd'hui, personne ne semble pouvoir égaler l’érudition du tout-puissant Wikipedia. Le site de partage de connaissances a siphonné de nombreuses sources de qualité établies, à l’image de l’Encyclopédie de philosophie de Stanford, afin d’offrir une source d’informations sans égale.

Dès que vous cherchez une information, peu importe laquelle, vous êtes fortement tenté par le recours à Wikipédia. Il figure en première page, et bien souvent parmi les premiers résultats de recherche, et son contenu est de plus en plus vérifié.

Quel problème y a-t-il, me direz-vous, à vous y fier ? En soi, aucun. Comme dit plus haut, Wikipédia est une source illimitée d'informations.

Le véritable problème est que vous cédez à la facilité et à la paresse en allant sur ce site. En effet, au lieu d’aller chercher l’information plus loin, vous vous arrêtez aux contenus du site et limitez ainsi votre curiosité.

Cette paresse intellectuelle a deux origines :

– Internet vous donne tout ce que vous attendez, et bien plus ;

– Internet regorge tellement d'informations, qu'une seule vie ne serait pas suffisante pour tout consulter.

Toutefois, elle peut être contrée : si vous amélioriez les filtres de recherche, il serait possible d’affiner vos requêtes.

C’est ce que pense notamment Clay Shirky, spécialiste des nouvelles technologies. Elle a expliqué, lors d’une conférence majeure sur la technologie en 2008, que le véritable problème n'était pas une surabondance d'informations, mais un problème de filtres.

A contrario, pour Carr, si vous êtes submergé par l’information, c’est également dû au fait que vous démultipliez les filtres, afin d’obtenir une information qui vous intéresse. Et vous finissez noyé par les notifications et autres informations "push" qui vous sont automatiquement envoyées après que vous avez sélectionné des critères de filtrage.

Une étude menée par Betsy Sparrow, Jenny Liu et Daniel Wegner, psychologues américains, a démontré que l’utilisation du moteur de recherche avait des effets directs sur votre manière de mémoriser.

Cette étude s'intitule "Google Effects on Memory : Cognitive Consequences of Having Information at Our Fingertips" ("Les effets de Google sur la mémoire : les conséquences cognitives d’avoir une information à la portée des doigts").

Elle conclut sur un constat assez accablant : la mémoire humaine - tout comme votre cerveau en général - s'adapte facilement aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Ces études ont également une influence sur les sociétés actuelles, et notamment sur l'éducation. L'une des questions qui se posent est : les écoles, institutions du savoir ne sont-elles pas vouées à disparaître ?

Les années 2000 ont vu l’explosion des cours en ligne, les fameux MOOCs, les ordinateurs portables remplacent les salles de cours : vous pouvez tout apprendre depuis un CD-ROM, des tutos, ou cours en ligne, ou encore avec des cours à distance.

Une étude de l’Université de Yale, menée en 2015, montre comment les personnes pensent qu’Internet vous rend plus intelligent, alors qu’en réalité, il vous abrutit. En effet, vos recherches sur la toile vous fournissent une "illusion de la connaissance" du fait que vous pensez que ce que vous trouvez sur le net est directement intégré dans votre mémoire.

Le chercheur Adrian Ward de l’Université de Chicago ajoute que ce basculement depuis un "stockage biologique de l’information" vers un "stockage digital" aura des effets à grande échelle et à long terme sur les manières de penser.

La philosophie d’Internet peut se traduire sous forme de Tweets

Internet étant un lieu communautaire, il est aussi régi par des principes. Carr s'est demandé s'il était possible de résumer les principes du Web en quelques aphorismes. Il s'est donc livré à cet exercice de style - chaque année - en lui empruntant son langage : la limite des 140 signes du tweet.



Première série (2012)

1. La complexité du média est inversement proportionnelle à l’éloquence du message.

2. L’introduction d’outils digitaux n’a jamais amélioré aucune forme d’art.

3. Dans le monde matériel, faire, c’est savoir ; sur les médias sociaux, c’est l’inverse.

4. Plus la correspondance personnelle gagne en vitesse, plus elle perd en intérêt.

5. L’abondance de l’information fait naître des désillusions de connaissance.

6. Aucune grande œuvre littéraire ne peut être écrite en hypertexte.

7. La télévision est devenue plus intéressante une fois que les individus ont commencé à la payer.

8. Instagram vous dévoile ce qu’est un monde sans art.



Deuxième série (2013)

1. Les recommandations Web sont le meilleur remède à l’orgueil.

2. L’enfer, c’est les selfies des autres.

3. Les publicités personnalisées permettent une critique continue de l’intelligence artificielle.

4. Ce que vous êtes, c’est ce que vous faites entre deux notifications.

5. Les fans de vidéos Youtube sont les fossiles vivants du Web originel.



Troisième série (2014)

1. Tout point d’Internet est un centre d’Internet.

2. Une chose contient infiniment plus d’information que son image.

3. Un livre a beaucoup de pages, un ebook n’en a qu’une.

4. Un message Snapchat n’est lisible qu’après sa disparition.

5. Quand vous allumez votre GPS, vous devenez un cargo.

6. Google vous cherche.



Quatrième série (2015)

1. Les outils vous prolongent, les médias vous confinent.

2. Les gens prennent les faits comme des métaphores ; les ordinateurs prennent les métaphores pour des faits.

3. Vous n'avez pas à avoir peur des robots, du moment qu’ils n’ont pas peur de vous.

4. Vous vous sentez plus léger une fois que vous avez effacé l’historique de votre navigateur.

5. Les choses du monde se manifestent comme une présence ou une absence.



Si Internet donne l'impression d'être un lieu de partage, de liberté et de connaissance, cet exercice met en évidence que ce n'est pas réellement le cas.

Les nouvelles technologies sont à l’origine de pertes d’humanité

Savez-vous quel est le point commun entre l'ampoule et l'électricité d'Edison, Google et les robots ? Chacune de ces quatre inventions a été créée par l'Homme pour faciliter sa vie quotidienne, mais son utilisation lui apporte des effets néfastes.

Plus propre, plus sûre et plus efficace que la flamme, la fée électricité fut une réelle révolution du XIXe siècle. Pourtant, elle a chamboulé les sociétés. Jusqu’alors, la famille se retrouvait au coin du feu afin d’échanger, de partager le quotidien de chacun. Le foyer était l’âme de la maison.

Si les individus ont gagné en intimité et en autonomie grâce à l’électricité, ils ont perdu en cohésion familiale. À la lueur de la bougie, les objets apparaissent différemment, elle leur donne plus de "réalité" alors que l’électricité les illumine trop fort et leur fait perdre leur essence.

Google possède ce même revers : il vous habitue à lire des contenus courts et à laisser de côté tout écrit plus long.

Vos pratiques de lecture évoluent rapidement avec la navigation Internet. Vous ouvrez de moins en moins les pages de contenu, pour vous arrêter aux titres d’articles mis en avant par le moteur de recherche, suite à votre requête.

Il faut ajouter à cela l’utilisation continue de textos et de messages via les réseaux sociaux pour vous rappeler une chose : vous êtes ce que vous lisez.

À l’ère de l’immédiateté et de l’omniprésence de l’information, vous ne prenez plus le temps de vous arrêter sur les choses. En outre, plus vous surfez sur le Net, plus vous laissez de données, et plus vous faites l’objet de publicités ciblées. Ces données informatiques sont appelées des "data".

S'il y a bien une chose que les scandales médiatiques vous ont apprise, c'est que les entreprises raffolent de vos data. Mais pourquoi ?

Tom Owad, un consultant informatique, s’est amusé un jour à extraire les données contenues dans les favoris des clients Amazon afin de cartographier les États-Unis selon les thématiques d’ouvrages commandés ou les idées partagées.

Grâce au big data et à quelques algorithmes, des dataminers peuvent aujourd’hui identifier des caractéristiques individuelles avec une précision extraordinaire. Vous n’avez aucune intimité sur le Net, toute trace laissée sera retournée contre vous !

Si la cohésion familiale a disparu avec l'électricité, et que votre intimité commence à disparaître avec Google, quel revers les robots peuvent-ils apporter ?

En 1956, l’essayiste allemand Günther Anders écrivait que l'Homme avait honte d'être né et préfèrerait fabriquer. Cette honte s’est développée avec le perfectionnement des machines. Tous les jours, la puissance de calcul des ordinateurs puis l’intelligence artificielle (I.A.) vous rappellent vos faiblesses.

Vous êtes en droit de vous poser la question suivante : les robots pourront-ils remplacer les humains ? La réponse est non ; du moins, pas avec les avancées technologiques actuelles.

Hector Levesque, spécialiste de l’I.A., explique que les ordinateurs sont des "idiots savants" qui sont limités par leur programmation. Et que, même si les facultés humaines sont moins circoncises, il ne faut pas oublier que les machines sont conçues par des hommes et connaissent des failles.

C'est d'ailleurs en se reposant sur elles que les accidents les plus terribles peuvent arriver.

Le vol Air France 447 Rio de Janeiro-Paris en 2009 l’illustre bien : en perdant le calcul automatisé de la vitesse de l’avion, dont les capteurs avaient gelé au-dessus de l’Atlantique, les pilotes — pris de surprise et envahis par le stress de la situation — ont commis diverses erreurs qui ont conduit au crash.

C’est ce que les scientifiques appellent le "paradoxe de l’automatisation" : quand un ordinateur s’occupe d’une tâche, l’attention humaine diminue, ses compétences s’atrophient et lorsque l’ordinateur dysfonctionne, l’humain flanche.

Conclusion

Nicholas Carr vous prévient des écueils vers lesquels vous mènent toutes vos prouesses technologiques. Si l’Homme est ingénieux, tel Dédale, vous devez veiller à ne pas jouer les Icare et à vous brûler les ailes. De plus en plus de chercheurs souhaiteraient faire de vous des « hommes augmentés » en modifiant votre morphologie, en développant vos capacités, en altérant votre nature humaine de manière fondamentale. Ce débat opposant transhumanistes, qui cherchent à booster les facultés humaines, et bioconservateurs, qui cherchent à conserver votre essence humaine, se résume à quelques questions insolubles : qui êtes-vous ? Quelle est votre destinée ?

Ce qu’il faut retenir de ce koob :

– le Web 2.0 est une démocratie participative faussée ;

– la vie virtuelle ne fait que reproduire les vices du monde physique ;

– les géants du Web offrent une abondance trompeuse ;

– l’intelligence artificielle vous voit comme un amas de données ;

– votre Moi virtuel tend à remplacer votre personnalité réelle ;

– Internet vous pousse à la paresse intellectuelle et altère votre mémoire ;

– la philosophie d’Internet peut se traduire sous forme de Tweets ;

– les nouvelles technologies sont à l’origine de pertes d’humanité.
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